Coopération : Félix Tshisekedi attendu à Brazzaville

D’après une source proche de la présidence de la République, le chef de l’Etat Félix Tshisekedi, est attendu ce mercredi 15 juillet 2020 à Brazzaville pour un entretien avec son homologue congolais Denis Sassou nguesso.

La même source indique que, le président Félix Tshisekedi prévoit dans son agenda, plusieurs entreprises avec les autorités du Congo en dépit de son entretien prévu avec le chef de l’État Denis Sassou Nguesso.

Il sied de noter que, la question de sécuritaire qui prévaut dans la région des grands lacs est parmi les points saillants, de cette rencontre de ces deux hommes d’État. C’est la deuxième fois depuis son accession à la magistrature suprême de la République Démocratique du Congo que Félix s’est rend à Brazzaville.

Congo : le gouvernement s’engage à améliorer les capacités de résilience des jeunes

C’est une affirmation du ministre en charge de la jeunesse, Destinée Hermella Doukaga, à l’occasion de la célébration ce 15 juillet de la journée mondiale de développement des compétences des jeunes.

Dans le cadre de la Journée mondiale de développement des compétences des jeunes, célébrée le 15 juillet de chaque année, la ministre en charge de la Jeunesse, Destinée Hermella Doukaga, a rendu public un message dans lequel elle a exprimé la détermination du gouvernement à améliorer les capacités de résilience de la couche juvénile face aux défis du coronavirus (Covid-19).

Cette journée constitue une opportunité de réflexion collective sur la place des jeunes dans le processus de développement et les moyens à leur portée, favorables à la libération de leur potentiel, en cette période de Covid-19, a souligné la ministre de la Jeunesse.

« … Acquérir et développer les compétences dans différents domaines demeurent pour les jeunes eux-mêmes et pour les gouvernants, une préoccupation permanente, car il faut tout mettre en œuvre pour garantir aux jeunes l’emploi et en même temps améliorer leur employabilité face au défi de la crise sanitaire… », a indiqué Destinée Hermella Doukaga.

Selon elle, il est question d’impliquer les jeunes en tant que couche majoritaire de la population et acteurs dynamiques de la société dans la quête des solutions de lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19 qui touche 60% de la population estudiantine dans le monde.

Conscient de la place de la jeunesse dans l’émancipation des Etats, le gouvernement congolais a placé cette sixième journée de développement des compétences des jeunes sur la thématique : « Développer les compétences des jeunes face aux défis liés à la pandémie de Covid-19 ».

« Un thème qui nous interpelle tous à plus d’un titre au moment où notre pays fait face à une crise sanitaire sans précédent, doublée d’une crise économique et financière, alors qu’il s’était engagé sur plusieurs chantiers pour relancer sa croissance économique et garantir sa cohésion sociale », a déclaré la ministre Doukaga.

Instituée en 2014 par l’Organisation des Nations unies, cette journée a pour but de promouvoir le potentiel des jeunes par la concrétisation de l’enseignement et la formation technique et professionnelle, en vue d’accélérer leur transition vers la vie active.

Ponton Awards 2020 : le vote est ouvert au public depuis 13 juillet 2020

Le comité d’organisation a publié la liste des nominés par catégorie de la première édition de Ponton Awards 2020, la soirée du mérite ponténégrin qui a lieu le 15 août au Lagon en bordure de mer.

Organisé par l’agence Prescom Media, l’évènement Ponton Awards 2020, qui a pour crédo « Vos actions ne seront plus ignorées », récompense les meilleurs qui se distinguent dans leurs domaines respectifs. Et l’excellence entrepreneuriat primera les entreprises congolaises pour leurs idées novatrices, leur impact social et leur passion; l’engagement jeunesse distinguera des acteurs qui s’impliquent dans l’orientation de la jeunesse et participent à leur développement; les sociétés culturelles qui accompagnent les projets culturels recevront aussi une récompense tout comme les modèles artistiques; l’excellence sport, la cinquième catégorie, honorera des acteurs qui ont des idées novatrices, un impact social et une passion pour le sport.

Afin de garantir la transparence et l’équité des chances à tous, plusieurs votes sont prévus. Le premier vote du jury se prononcera sur les candidats par catégorie avant le vote final. Les avis du grand public sont également pris en compte. Le public va faire son choix via whatSapp au : 05 663 63 63 avant le 13 août. Les nominés par catégories sont désormais connus au terme d’un travail ardu et méticuleux effectué après l’appel à candidatures et les propositions du jury. Que du beau monde et des valeurs sûres à départager avant le vote final.

En modèle artistique, les nominés ont pour noms : Henri-Gelase Bouckety, écrivain, dramaturge, poète; Richi Mbebelé, acteur-réalisateur; Michael Gandoh, réalisateur et formateur; Achille Mouebo, artiste-musicien; Adriana Talansi, styliste, créatrice de mode. En excellence sport, le jury va choisir entre Achley Moi-Bayonne, fondateur de l’association Génération dorée (Projet sportif); Hussein Rihan, président directeur général du Club Natalys; Coach Lena, coach sportif. En catégorie engagement jeunesse ont été nominés Cedric Sehossolo, promoteur culturel, journaliste-chroniqueur; Malolo Matouala, initiateur de la Plateforme « Le travail est précieux »; Kriss Brochec, entrepreneur, e-consultante, formatrice Ceo de l’AMID; Avelin Malonga, Ceo de la charcuterie le Saucissier Congo; Grâce Bitemo, promotrice de la société artisanale 2GB Production; Emmanuel Nketé, entrepreneur culturel, initiateur du magazine Jeunes Emergents; Dr Guy, DGP Group, premier fabricant de tuiles en résine au Congo. Le jury se prononcera en catégorie Sociétés culturelles entre Cowbell, Total E& P Congo, Eni Congo, Congo Terminal. Le trophée, l’attestation et les bons d’achats des appareils électroménagers sont les principales récompenses que recevront les distingués le 15 août au Lagon.

Congo : le projet ville bio lancé à Pointe-Noire

Ledit projet vise à la production des produits bio, dans la zone de maraîchage du quartier Mbota Bissongo, banque de vie de l’arrondissement 4 Loandjili.

Jean François Kando, président du Conseil départemental et municipal, député maire de la ville océane, a procédé le 11 juillet au lancement dudit projet destiné à la production des produits bio, dans la zone de maraîchage du quartier Mbota Bissongo, banque de vie de l’arrondissement 4 Loandjili.

Initié par le député maire, le projet Pointe-Noire ville bio s’inscrit dans le cadre du maintien de l’élan de solidarité, vis à vis des personnes vulnérables, enclenché dans le pays à la suite de l’Etat d’urgence et au confinement de la population  instaurés pour lutter contre la pandémie du coronavirus. «Nous avons remarqué que pendant la période de confinement, nos populations ont souffert le martyr parce que beaucoup avaient faim et n’avaient pas de moyens de subsistance. Je pense que l’action que nous avons commencée aujourd’hui et qui produira certainement ses effets pourra renforcer l’offre de nourriture dans notre pays et dans notre ville, réduire les prix et aménager le panier de la ménagère et faire à ce que chacun ait accès à des produits bio et propres à la consommation», a expliqué Jean François Kando.

En effet, ce projet a été lancé à travers le soutien du Conseil départemental et municipal à l’association Le Grand rassemblement pour la terre (GRT) qui a initié un projet de maraîchage dans la zone marécageuse de la rivière Mbota Bissongo CQ 413 et qui regroupe un nombre important de jeunes maraîchers. Le lancement du projet a aussi été marqué par celui de la première pelle de la planche du département de Pointe-Noire, projet de cette association. Jean François Kando a indiqué : «Ce projet va être expérimenté et implémenté dans tout le périmètre de la ville si le premier objectif est atteint, c’est-à-dire faire de telle sorte que Pointe-Noire atteigne l’autosuffisance alimentaire à ce niveau».

Pour permettre aux jeunes de bien mener leurs activités de maraichage, Jean François Kando a fait un don des kits agricoles (matériel aratoire, arrosoirs, bottes, chapeaux, pesticides, gilets verts, semences…). Il  les a invités à prendre bien de ce matériel. «Le président de la République qui a une attention particulière vers la jeunesse a demandé à chacun de nous de repartir vers la terre. Et la première couche concernée, c’est la couche juvénile», a rappelé le maire de la ville.  Ce dernier a informé de la mise en place d’une commission chargée de suivre l’évolution du projet.  « Mon souhait serait que ce projet aille jusqu’au bout. Que les premiers fruits soient récoltés pour donner l’exemple à d’autres jeunes», a-t-il dit.

Congo : mise en demeure de la société Congo Dejia Wood industry

La sanction a été prononcée lors de la visite des installations de cette société forestière par la ministre du Tourisme et de l’Environnement, Arlette Soudan-Nonault, dans le district de Kellé, département de la Cuvette Ouest, du 7 au 8 juillet.

La notion de la protection de l’environnement a des procédures que toute société doit respecter. Certes, il y a aussi le fait que ces sociétés créent des emplois, payent des taxes au niveau de l’État, mais cela n’empêche pas qu’ils se conforment à la loi, dans le cas d’espèce, aux normes environnementales. C’est dans ce contexte qu’interpellée sur la non-conformité des documents, par la société Congo Dejia Wood Industry, la ministre du Tourisme et de l’Environnement, Arlette Soudan-Nonault, a effectué une visite de terrain sur le site de cette société.

D’une superficie de 613 hectares, la société d’exploitation forestière Congo Dejia Wood Industry, située à environ 100 km de Kellé, a signé un contrat de partenariat avec l’État congolais en date du 2 août 2007. Paradoxalement, cette unité forestière d’aménagement de Mbomo – Kellé dans la zone 4 Cuvette Ouest, du secteur forestier nord, ne respecte pas les normes environnementales. « …  Je ne peux pas comprendre que nous percevons des taxes alors que la structure n’est pas en conformité avec des textes environnementaux », s’est-elle interrogée.

La ministre du Tourisme et de l’Environnement est claire là-dessus. Nul n’est censé ignorer la loi dans le pays dans lequel il s’implante, dit-elle. La société Congo Dejia Wood Industry est implantée au Congo en 2007. Depuis lors, elle n’a jamais réalisé un plan d’aménagement, ni réalisé une étude d’impact environnemental et social comme l’exige la loi 003⁄⁄91 du 23 avril 1991 sur la protection de l’environnement qui stipule à son article 2 : « Tout projet de développement économique en République populaire du Congo doit comporter une étude d’impact sur l’environnement… ».

En cela, cette société ne dispose pas le certificat de conformité environnementale qui est la pièce administrative délivrée par le ministre en charge de l’Environnement après validation du rapport de l’étude d’impact environnemental et social. Au regard de ce qui précède, la ministre a mis en demeure la société Congo Dejia Wood Industry  conformément aux articles 45, 46 et 47.

Avant de regagner Brazzaville, la ministre du Tourisme et de l’Environnement a échangé avec les élus locaux présents à Kellé, les représentants des administrations et de la force publique, les chefs de quartier. Elle a profité de l’occasion pour les informer de la levée de la mesure de mise en demeure prononcée à l’endroit de la société AGIL Congo en 2019 et en même temps de la fermeture provisoire de la société Congo Dejia Wood Industry.

Notons qu’après la sanction de Congo Dejia Wood Industry, le préfet du département de la Cuvette Ouest a instruit ses services, séance tenante, de laisser des agents de la force publique sur les lieux. Ensuite, il prendra des dispositions selon la loi pour fermer tous les bureaux ainsi que le portail.

Congo : Michel Innocent Peya élevé au rang de Doctor Honoris Causa à Lyon

Lors de la célébration d’un double événement à l’Ecole de Commerce de Lyon, l’écrivain-chercheur Michel Innocent Peya a reçu la distinction doctorale Honoris Causa.

C’était à l’occasion de la remise du trophée Gaïa 2020 de la Conférence internationale pour l’Afrique attribué à Denis Sassou N’Guesso, président du Congo, pays dans lequel est domicilié le Fonds bleu pour le développement durable du Bassin du Congo. Ce Fonds répond à de nombreuses exigences dont deux majeures pour cette sous-région d’Afrique : « préserver les forêts de cette zone du continent, deuxième réservoir de carbone du monde après celui du Bassin de l’Amazonie, tout en garantissant un développement économique permettant à population de la région d’améliorer sa qualité de vie ».

En parallèle de cette cérémonie, en tant qu’ambassadeur de la « la vision verte » chère au Chef de l’État Denis Sassou N’Guesso, et auteur, entre autres, de l’ouvrage « Le Fonds Bleu / Mécanisme de financement et de gestion du Bassin du Congo pour la protection de l’environnement mondial », Michel Innocent Peya a reçu la distinction de Doctor Honoris Causa, en présence de  Michel Roussin, ancien ministre de la Coopération de France, Jean Claude Lassalle, directeur du Groupe de Presse le Progrès, Hervé Diaz, président de l’École de Commerce de Lyon, les députés Michel Terrot et Julien Aubert, Jean Jacques Ndomba le Géomètre, ancien international des Diables Rouges et de nombreuses personnalités institutionnelles africaines et françaises.

Pour l’ancien ministre de la Coopération, cette rencontre était essentielle compte tenu des efforts qui ont été fournis par le Congo depuis des années pour sensibiliser l’opinion internationale à ce problème de l’environnement. « Il fallait qu’ici à Lyon l’on reconnaisse les mérites de l’un des apôtres du développement durable et de l’ambassadeur, personne dont nous avons reconnu les travaux et élevé aujourd’hui au rang de Honoris Causa », s’est-il justifié.

Avant Michel Innocent Peya, cette distinction avait déjà honoré plusieurs personnalités dont Faustin-Archange Touadéra, Président de la République Centrafricaine, ou Clément Mouamba, Premier ministre de la République du Congo-Brazzaville, l’ayant reçu de Driss Guerraoui, il y a deux ans le mardi 6 février 2018 lui-même, Doctor Honoris Causa de l’École de Commerce de Lyon, établissement scolaire ouvert vers l’international, désireux d’entretenir un trait d’union déjà établi avec la République du Congo.

Profitant de son périple pour la promotion de la vulgarisation des idées protectrices de l’environnement, idées émises par le Chef de l’État Denis Sassou N’Guesso depuis plusieurs années, l’écrivain-chercheur s’est rendu entre autres, au siège de la Fondation Charles de Gaulle où les responsables ont réaffirmé la reconnaissance de Brazzaville, ancienne capitale de France Libre.

Congo : des ONG insiste sur l’évacuation de Jean Michel Mokoko

Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme demandent la libération et l’évacuation sanitaire de l’opposant Jean-Marie Michel Mokoko, hospitalisé à Brazzaville depuis deux semaines.

Le général Jean Michel Mokoko, candidat malheureux à la présidentielle de 2016 a été condamné à 20 ans de prison en 2018, pour « atteinte à la sûreté de l’État », détention d’armes et trouble à l’ordre public. Depuis deux semaines, cet homme politique aurait une santé fragile et est hospitalisé à Brazzaville. Plusieurs demandent son évacuation à l’étranger sans succès.

« Refuser une évacuation sanitaire au général Mokoko alors que de nombreux compatriotes, y compris ceux ayant des démêlés avec la justice, en bénéficient, c’est faire le choix de le voir mourir à petit feu », ont dénoncé ces organisations devant la presse, mettant en garde les autorités contre « une exécution extrajudiciaire planifiée ».

« Nous craignons pour sa santé parce que son pronostic vital est bien entamé », a dit Trésor Nzila, de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH).

Selon l’avocat du général, Me Yvon Eric Ibouanga, il a été admis à l’hôpital militaire de Brazzaville le 2 juillet pour raisons de « fatigue et manque d’appétit ».

La BDEAC entend aider le Congo à financer son programme économique

Le conseil d’administration de la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) a validé, le 10 juillet, le document de stratégie d’intervention en faveur de la République du Congo.

Cet appui cible uniquement les projets à fort impact économique du Plan national de développement (PND) 2018-2022.

Le document constitue un cadre de référence des interventions de la BDEAC au Congo pendant les trois prochaines années. Depuis l’an dernier, les deux parties mènent des discussions sur le financement des travaux de construction d’un port minéralier, de réhabilitation du Chemin de fer Congo océan et d’érection du barrage de Sounda dans le département du Kouilou. L’objectif est de booster la diversification de l’économie congolaise, en favorisant la dynamique du secteur privé et la création d’emplois.

De ce fait, le Congo a été retenu parmi les bénéficiaires des treize propositions de financement de projets approuvés à l’issue du conseil d’administration de la BDEAC tenu en visioconférence le 10 juillet. Ces projets englobent les secteurs de la santé, de l’eau et de l’assainissement, de l’agro-industrie, des transports et des finances. « Concernant le document de stratégie d’intervention en faveur du Congo, il s’agit d’une feuille de route propre à ce pays. Ce document a été validé par la banque et le gouvernement congolais pour que les interventions de la banque soient visibles et prévisionnelles », a déclaré le président de la BDEAC, Fortunato Mbo Nchama.

Les membres du conseil d’administration ont également planché sur la situation financière de la banque dans un contexte de crise sanitaire due au coronavirus. « La BDEAC se porte bien », a assuré Fortunato Mbo Nchama. Les indicateurs clés de la banque sont en hausse, avec un bénéfice de 15,2 milliards FCFA en 2019, contre 11,5 milliards FCFA un an plutôt, soit une hausse de 32% ; le produit net bancaire en hausse de 4% ; le total du bilan s’établit à 459,8 milliards FCFA contre 428,6 milliards FCFA à la clôture de l’exercice précédent, soit un accroissement de 7%.

L’institution financière communautaire qui se veut un partenaire de référence pour le développement humain et l’intégration régionale en Afrique centrale, entend jouer sa partition dans la gestion de l’après Covid-19. Dès le début de la pandémie, elle a réagi par le décaissement d’une enveloppe de 3 milliards FCFA pour soutenir les pays membres dans la lutte sanitaire. « La banque sera obligée de revoir les calendriers d’exécution de certains projets et le report des échéances de remboursement des crédits », a martelé le patron de la banque.

Le conseil a approuvé une enveloppe de 155 milliards FCFA, soit 90 milliards FCFA destinés à la lutte contre la pandémie et ses effets économiques et 65 milliards FCFA pour le financement des projets de développement. À noter que les décisions adoptées au cours de ce conseil d’administration seront soumises à l’assemblée générale de la banque prévue ce 13 juillet.

Coronavirus : des commandes de matériels médicaux du Congo bloquées en Chine

La République du Congo avait commandé du matériel médical et de protection contre le coronavirus mais ces commandes peine à être livrées. Les autorités congolaises évoquées des difficultés liées au transport aérien.

L’ambassadeur de Chine au Congo, Ma Fulin a confirmé le 10 juillet à Brazzaville que le Congo avait bel et bien passé une « importante commande » de matériels médicaux et de protection contre la Covid-19 en Chine. Mais, selon les sources bien renseignées, cette commande peine à être livrée à Brazzaville, faute d’avion.

Dans un échange avec les journalistes, Ma Fulin a souligné que c’était « une grosse commande, une commande vraiment importante ». Le gouvernement a en effet acheté en Chine du matériel médical et d’autres articles de protection à deux entreprises chinoises de renom.

Il s’agit d’une entreprise de Jack Ma, le milliardaire chinois qui a fait preuve d’une grande générosité envers les pays africains en y envoyant des tonnes de matériels de protection contre la Covid-19. Le Congo en a reçu par deux fois. Certainement, en guise de gratitude, une bonne commande lui avait été confiée par les autorités congolaises. La deuxième commande a été passée à une entreprise chinoise publique. D’après l’ambassadeur, il s’agit également d’une société qui jouit d’une grande crédibilité en Chine.

Les commandes sont prêtes à livrer et le colisage déjà bouclés, attend-on appris. Mais le Congo doit lever sa marchandise dans un aéroport de province chinoise pour l’acheminer vers Brazzaville. La crise sanitaire qui sévit dans le monde a poussé les États à fermer leurs frontières et a paralysé les compagnies aériennes. Plusieurs avions, connus pour ce genre de trafic, sont cloués au sol depuis des mois.

L’ambassadeur de Chine estime que son pays, « dans le cadre de la communauté de destin », pourrait aider le Congo à transporter ses commandes jusqu’à Brazzaville. La Chine pourrait trouver un avion.

En début de semaine, les autorités congolaises ont également évoqué cette difficulté liée au transport aérien. Il semble que le chef de l’État a demandé que le cargo congolais Illiouchine-76 soit dépêché en Chine pour faire cette course.

Par ailleurs, dans les hôpitaux, quelques matériels comme les respirateurs ont commencé à être réceptionnés. Le gouvernement assure qu’ils vont être vite montés et mis en service. Entre temps, des malades Covid-19 continuent de mourir suite à la détresse respiratoire, faute justement de ces appareils de grande nécessité.

Malgré le retard accumulé dans la livraison de ces commandes, la population reste éveillée pour voir, non pas seulement la réception de ce matériel à l’aéroport international Maya Maya, mais surtout leur mise en service immédiate dans les centres de prise en charge des cas Covid-19.

Cependant, la Chine reste sceptique à l’ouverture des vols commerciaux vers les pays africains. Ce pays qui applique une quarantaine de 40 jours au lieu de 14 comme au Congo, redoute l’excès de liberté dont font montre plusieurs peuples d’Afrique face à la pandémie. « Pour le moment, nous ne pouvons organiser que des vols spéciaux », a conclu le diplomate chinois.

Biens mal acquis présumés: Christel Sassou-Nguesso visé par une procédure aux États-Unis

Deux procureurs fédéraux de Floride ont engagé une procédure au nom du département américain de la Justice en vue de saisir une luxueuse propriété en Floride estimée à 3 millions de dollars qui serait acquise par Denis-Christel.

Un nouveau volet judiciaire s’est ouvert dans le dossier dit des « biens mal acquis » présumés de la famille présidentielle de la république du Congo, aux Etats-Unis cette fois. Deux procureurs fédéraux de Floride ont engagé le mois dernier une procédure au nom du département américain de la Justice en vue de saisir une luxueuse propriété en Floride estimée à 3 millions de dollars, et dont ils affirment qu’elle aurait été acquise par Denis-Christel Sassou-Nguesso, le fils du président congolais, avec de l’argent public détourné, entre 2011 et 2014, à l’époque où il était numéro 2 de la SNPC.

C’est une « illustration rare du cycle complet de la kleptocratie » autrement dit de la façon dont « le membre d’une famille présidentielle aurait volé, blanchi et dépensé des fonds publics à des fins personnelles », écrit Global Witness dans un communiqué. L’ONG anti-corruption s’est procuré la requête des procureurs américains. Ce document, également consulté par RFI, détaille étape par étape la façon dont Denis-Christel Sassou-Nguesso aurait agi pour acquérir la propriété de Miami visée par cette procédure dite de « confiscation civile », mais aussi d’autres biens.

Première étape selon les procureurs américains : détourner l’argent du compte de la SNPC vers ceux de l’une de ses sociétés écrans. Pour cela, « en tant que cadre dirigeant (…) et fils du président », il aurait « suffi » selon eux à Denis-Christel Sassou-Nguesso « d’ordonner » au PDG de la BGFI, qui héberge les comptes de la SNPC, « de transférer cet argent vers les comptes de ses propres » sociétés écrans. « Cela s’est produit plusieurs fois », peut-on lire dans leur demande de saisie de la propriété du 900 boulevard Biscayne à Miami. Les procureurs retranscrivent des e-mails auxquels ils disent avoir eu accès à l’appui de cette accusation.

Deuxième étape : envoyer cet argent « volé » aux Etats-Unis, sur les comptes d’un prête-nom, un certain « Associé A » décrit dans le document de la justice américaine comme le « fils d’une ancien haut-fonctionnaire gabonais » dont l’identité n’est pas dévoilée. Pour justifier ces transferts et dissimuler l’origine des fonds, il aurait fourni de factures. L’associé aurait ensuite versé une partie de l’argent à un avocat en Floride, et le reste lui-même en vue d’acquérir une propriété en vente à l’époque à 2,8 millions de dollars. « Pour ne pas apparaître » comme le véritable propriétaire du bien, écrivent les procureurs, le fils du chef de l’Etat congolais aurait enfin fait rédiger dans un premier temps l’acte de vente au nom de son associé, avant à la dernière minute de s’y substituer sous l’alias de « Denis Christelle », une fausse identité, qu’il aurait également utilisée pour ouvrir des comptes bancaires aux Etats-Unis et au nom de laquelle il possèderait un « second passeport congolais », selon ce document de la justice américaine.

Seule la propriété de Miami est visée par le procédure de confiscation. Au stade actuel de leur enquête, les procureurs américains notent toutefois qu’un procédé identique aurait également servi à acquérir une autre résidence à Coral Gables, près de Miami pour 2,4 millions de dollars au nom de sa première femme, Danielle Ognanosso, ainsi que d’autres biens en France.

Plus largement, ils disent avoir trouvé la trace qu’entre 2007 et 2017, Denis Christel aurait dépensé plus de 29 millions de dollars en articles de luxe et pour « financer le train de vie somptueux de sa famille et de lui-même » « Cette somme correspond à environ 10 pour cent du budget congolais de la santé en 2020 », souligne l’ONG anti-corruption Global Witness.

Ces dépenses sont « largement supérieures » écrivent les procureurs à ce que Denis-Christel Sassou-Nguesso prétendait alors gagner. Ils disent avoir la preuve par exemple que le fils du chef de l’Etat congolais aurait dépensé une somme de plus de 550 000 dollars pour une nouvelle cuisine dans une résidence en France en 2012, et autant l’année suivante dans un hôtel de Los Angeles.

Toujours d’après les procureurs, le fils du chef de l’Etat congolais aujourd’hui député aurait également accepté plus de 1,5 million de dollars de « pots de vin » en provenance de sociétés pétrolières, en échange de l’attributions de contrats pétroliers.

Il faut préciser qu’il s’agit d’une procédure civile à ce stade de « confiscation ». Si les mis en cause n’arrivent pas prouver que la propriété n’a pas été acquise illégalement, elle sera saisie au profit du Trésor américain. Le département de Justice pourra ensuite décide ou non de poursuivre sur le plan pénal cette fois les auteurs du détournement présumé. Ni Denis-Christel Sassou-Nguesso ni ses avocats français n’ont répondu aux sollicitations de RFI à ce propos. Pas plus que le porte-parole du gouvernement congolais ou que la présidence congolaise.

Pour Natasha White, chercheuse sur l’Afrique Centrale à Global Witness, cette enquête des procureurs américains offre une parfaite et « rare » illustration du « cycle complet » de ce qu’elle appelle la « kleptocratie » congolaise.

« J’aurais pensé que cette procédure aurait pu donner des informations sur de nouveaux mécanismes de corruption mais en fait non. Il aurait utilisé les mêmes techniques, les mêmes types de facilitateurs que plusieurs kleptocrates et businessman corrompus ont utilisé au cours de la dernière décennie, c’est à dire : des hommes de paille, des sociétés écrans, des avocats et de banquiers. Donc c’est toujours les mêmes pratiques et des choses qui sont assez simples à notre avis à résoudre. Du coup, nous formulons toujours les mêmes recommandations : que les avocats, les banquiers et les agents immobiliers doivent connaître leurs clients, notamment les bénéficiaires effectifs de leur société et aussi la source de leur financement et qu’ils doivent être tenus d’effectue des contrôles anti blanchiment d’argent. Et s’ils ne le font pas, ils doivent être sanctionnés ».

« Les États ne doivent plus servir de refuge et de terrain de jeu aux kleptocrates du monde entier. Le système financier international devrait bloquer, et non pas faciliter le mouvement de fonds détournés. Les banquiers, avocats et agents immobiliers doivent cesser de s’enrichir sur le dos de citoyens d’autres pays, privés d’un accès aux services élémentaires de santé et d’éducation », réagit également l’ONG anti-corruption.

Interrogée par Global Witness, la SNPC a de son côté assuré vouloir « examiner attentivement » les allégations de détournement, et que concernant l’attribution des perms pétroliers relevait du gouvernement et du Parlement. BGFIGroup n’a pas répondu à la demande de commentaires de l’ONG.

« Selon les rapports de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et le cadastre pétrolier du MAETGT, le Congo a délivré ou renouvelé 26 permis de recherche et de production pétrolière entre 2014 et 2016. Les bénéficiaires de ces permis étaient, entre autres, les majors pétrolières Eni et Total », rappelle enfin Global Witness. Contactée par RFI, la multinationale pétrolière française n’a pas réagi pour le moment.

Ces nouvelles allégations surviennent alors que le Congo-Brazzaville, surendetté malgré l’abondance de ses ressources pétrolières, a vu fin 2019 le FMI suspendre les versements prévus dans le cadre d’un programme d’aide conclu en juillet 2019 après d’âpres négociations. L’institution financière internationale reproche aux autorités congolaises de ne pas avoir honoré leur promesse de négocier une décote de 30% sur la dette contractée par le pays auprès de plusieurs négociants en pétrole comme elle s’y était engagée.