CEEAC : une réunion des ministres de la Culture prévue en novembre au Congo

L’information a été donnée par le représentant de l’Unesco dans le pays, Vincenzo Fazzino, à sa sortie de l’audience que lui a accordée, le 31 août à Brazzaville, le ministre de la Culture et des arts, Dieudonné Moyongo.

Les deux personnalités ont évoqué au cours de leur tête-à-tête plusieurs sujets d’intérêt sous-régional, entre autres, la conférence des ministres de la Culture de l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) que la République du Congo organisera en fin novembre prochain.  Au cours de celle-ci, tous les aspects de la culture et du patrimoine seront débattus.  « La question des industries culturelles est très importante pour replacer la centralité de la culture dans la diversification économique des différents pays », a indiqué Vincenzo Fazzino.

Le représentant de l’Unesco et le ministre de la Culture ont également abordé la question du patrimoine mondial, immatériel, tangible ainsi que l’importance du patrimoine documentaire. « Le Congo abrite des archives très importantes de l’Afrique équatoriale française qui sont non pas seulement le patrimoine de ce pays mais un patrimoine à partager avec d’autres pays. L’Unesco a des instruments juridiques et des programmes comme le programme mémoire du monde qui permet de projeter ce patrimoine documentaire », a-t-il fait savoir, avant d’ajouter: « Nous avions déjà eu l’expérience sur deux aspects, à savoir comment accompagner l’Etat congolais dans la rédaction des textes de loi qui permettent de protéger ce patrimoine, le processus marche déjà parce qu’il y a la rédaction des textes juridiques, notamment sur la notion du patrimoine.  Nous allons aussi partager l’expérience des textes de loi d’autres pays qui contiennent cette notion de patrimoine documentaire. Nous avons également l’expérience de l’identification des archives historiques qui méritent d’être protégées pour lesquelles il y a la possibilité de les inscrire sur un registre international ou encore sur la liste de mémoire du monde ».

Aussi, la question sur le musée national et celui de Loango a été aussi examinée au cours de cet entretien. « Ce sont les sujets sur lesquels nous allons faire le suivi et travailler ensemble avec ce ministère », a promis Vincenzo Fazzino.

Rappelons que le secrétaire général de la CEEAC, l’ambassadeur Ahmad Allam-Mi, a signé, le 3 août dernier, à Libreville au Gabon, avec le ministre Dieudonné Moyongo, le cahier de charges relatif à l’organisation prochaine à Brazzaville de ce premier Conseil des ministres de la Culture de la sous-région.

Coopération, justice et migration au menu de la presse congolaise

Le partenariat technique entre le Congo et le Japon, une Ong des droits de l’homme qui dénonce le scandale judiciaire au Congo et le début la régularisation de la situation des réfugiés rwandais au Congo font ce jeudi la une des journaux.

« Coopération : le Congo et le Japon envisagent un partenariat dans le domaine technique » titre le quotidien Les Dépêches de Brazzaville qui précise que « L’annonce de ce partenariat a été faite par le président de la ligue parlementaire japonaise, Yoshitaka Sankurada, le 29 août à Brazzaville, lors d’une séance de travail avec le président de l’Assemblée nationale congolaise, Isidore Mvouba. »

Abordant le volet judiciaire, La Griffe relaie le cri du cœur du président l’Association pour les droits de l’homme et l’univers carcéral (ADHUC), Loemba Moké, au sujet trois personnes encore détenues de la maison d’arrêt de Brazzaville, malgré la relaxe prononcée par le juge d’instruction et le parquet après avoir constaté un vide dans leur dossier.

Le président de l’ADHUC cité par La Griffe parle de « scandale judiciaire » là où La semaine Africaine dénonce le défaut de subvention des maisons d’arrêts dans le département de la Bouenza, au sud de Brazzaville.

Les maisons d’arrêt de ce département « ressemblent à des mouroirs », estime le journal, ajoutant que « les prévenus et les condamnés dorment à même le sol et vivent dans des conditions dégradantes. »

Sur un tout autre plan, le quotidien Les dépêches de Brazzaville annonce le début de la régularisation de la situation des réfugiés rwandais au Congo. « Un échantillon de neuf anciens réfugiés (sur les huit mille) s’est vu attribuer hier des passeports et titres de séjours en vue de faciliter leur intégration locale, conformément aux dispositions de la loi congolaise en matière d’entrée et de sortie des étrangers », renseigne le journal.

Le Congo reçoit l’appui du Brésil pour le développement du football et du volleyball

La rencontre de l’ambassadeur du Brésil au Congo avec le ministre des Sports et de l’éducation physique, le 29 août à Brazzaville, témoigne la volonté des deux pays de stimuler le développement des sports au Congo.

Le Congo et le Brésil entretiennent de bonnes relations dans le domaine des sports. C’est ainsi que le ministre des Sports et de l’éducation physique, Hugues Ngouélondélé, a passé dix jours dans le pays du roi Pelé juste dans le cadre de la mise en œuvre de la convention de coopération entre le Congo et le Brésil signée à Brasilia, le 15 mars 2007, sur instruction personnelle du président de la République.

Hugues Ngouélondélé n’y est pas revenu brédouille du Brésil.  Il a paraphé, le 21 août à Brasilia, la capitale brésilienne, avec son homologue brésilien, le programme de la Convention de coopération portant essentiellement sur l’encadrement et la formation des techniciens congolais dans le domaine du football et du volleyball pour la période 2019-2020.  À peine rentré, il a échangé avec Raul de Tauney, le diplomate brésilien, sur la suite à donner à ces accords.  « C’est la deuxième rencontre que j’ai eue avec le ministre. La première date de trois à quatre mois. Elle a abouti à une visite du ministre des Sports au Brésil, à Brasilia, où il a échangé avec son homologue brésilien pour approfondir des certitudes de coopération dans le domaine du football et du volleyball », a déclaré à sa sortie de l’audience l’ambassadeur du Brésil au Congo.

Les bases d’un véritable échange d’informations et d’expertises techniques étant posées, les deux parties ont décidé ensemble de passer à l’essentiel. Il est prévu, en effet, la création des académies de football dans tous les départements du pays ainsi que celle d’un centre national de développement de volleyball. « J’ai choisi le Brésil pour sa réputation. Nous sommes venus ici parce qu’il s’agit de la formation au niveau du football et du volleyball. Le Brésil est bien placé à travers le monde par ces deux disciplines. Nous devons profiter de son expérience et de sa coopération », expliquait au Brésil Hugues Ngouélondélé.

Dans la capitale brésilienne, le ministre des Sports a aussi reçu un appui de taille. L’organisation « Viva Rio » est disposée à aider l’Etat congolais à relever le défi du développement du sport national par la formation et l’encadrement des jeunes. « Il y aura une continuité dans cette coopération avec la venue prochaine d’une délégation de Viva Rio. C’est une organisation qui viendra à Brazzaville en novembre.  Nous travaillerons ensemble pour avoir une bonne concrétisation de tout cela dans le domaine de la formation des cadres », a souligné Raul de Tauney. L’objectif de cette organisation est d’amener les techniciens, les entraîneurs au Congo pour pouvoir développer le football des jeunes sans pourtant écarter la possibilité d’élargir son champ au volleyball. « Nous allons commencer avec le football et cette mission qui va venir visitera les installations au Congo. Le ministre des Sports et de l’éducation physique m’a invité à cette tournée », a indiqué l’ambassadeur.

Technologie: le Congo et le Japon projettent de signer un partenariat

À travers un accord que les deux pays vont signer bientôt, le gouvernement japonais entend apporter son aider au Congo à s’arrimer à la modernité de la technologie.

Le président de la ligue parlementaire japonaise, Yoshitaka Sankurada, a émis le vœu, le 29 août à Brazzaville, lors d’une séance de travail avec le président de l’Assemblée nationale congolaise, Isidore Mvouba.

Le responsable japonais n’a pas détaillé le contenu du projet en vue ainsi que ses avantages. Tout de même, il a signifié qu’il vise notamment à appuyer le Congo dans le domaine de la technique, à travers la formation de ses cadres.

« Les relations de coopération entre le Congo et le Japon sont au beau fixe, elles avancent très bien. Sur cette base, les deux parties entendent ouvrir, très bientôt, des négociations dans ce sens, qui vont aboutir à la conclusion d’un accord de coopération technique », a précisé Yoshitaka Sankurada.

Le Japon, d’après la ligue d’amitié parlementaire, entend aussi accompagner le Congo dans plusieurs autres secteurs d’activités, à savoir celui de la transformation de bois sur place.

Le président de l’Assemblée nationale a, pour sa part, annoncé la mise en place d’un projet économique d’envergure qui sera développé par les Japonais. Celui-ci concerne la production au Congo du betanol à base duquel on peut fabriquer plusieurs articles.

Dans son mot liminaire, Isidore Mvouba a salué les fruits de la coopération bilatérale entre les deux pays, vieille de cinquante ans. Le président de la chambre basse du parlement a indiqué que de 2012 à ce jour, le gouvernement japonais a soutenu celui du Congo dans divers projets d’assainissement.

Lors de la crise du Pool, a-t-il souligné, le Japon a débloqué 1,5 milliard FCFA au profit des sinistrés. Il a aussi évoqué l’implication du Japon dans la construction de la route d’intégration sous-régionale Ketta-Doum, dans le département de la Sangha, ainsi que celle qui partira de Dolisie, dans le Niari, au village Ndéndé, à la frontière du Gabon.

Après avoir émis le vœu de voir une ambassade japonaise installée à Brazzaville, Isidore Mvouba a rassuré la délégation japonaise du soutien du Congo dans l’organisation de l’Expo universel 2025.

En tant que président de l’Assemblée nationale, il a profité de l’occasion pour présenter à cette délégation l’institution dont il a la charge.

« Les cigognes sont immortelles » d’Alain Mabanckou, déjà dans les librairies

Avec un douzième roman qui vient de paraître, le romancier franco-congolais se hisse au niveau des Kourouma, des Sony Labou Tansi et autres grands conteurs du continent africain. Au menu de ce nouvel opus : dictatures, apories de l’Histoire et une Maman Pauline intrépide.

Le nouveau roman d’Alain Mabanckou Les cigognes sont immortelles est un récit initiatique dans lequel la petite histoire se mêle à la grande mettant en scène un émouvant récit d’apprentissage de la vie dans le Congo postcolonial. L’histoire s’étend sur trois jours fatidiques de juin 1977 qui ont suivi la disparition dans des conditions tragiques du chef de l’Etat congolais le capitaine Marien Ngouabi et la prise de pouvoir à Brazzaville par un comité militaire dirigé par un certain colonel… Denis Sassou Nguesso.

Abattu à bout portant

Le petit peuple vit ces événements avec incompréhension et désarroi, s’interrogeant sur les lendemains forcément sombres que ces violences préparent. C’est le cas de Maman Pauline et Papa Roger et aussi de Michel, leur fils adolescent d’une dizaine d’années, qui est le narrateur de ce récit.

Michel est aussi le personnage principal des Cigognes sont immortelles. L’adolescent partage sa vie entre l’école et sa maison à Pointe Noire, dans le quartier Voungou. Il évolue au sein d’une famille aimante et soudée, qui n’a certes pas beaucoup de moyens, mais entoure son fils de sa chaleur et sa sollicitude pour le protéger des violences qui s’exercent à l’extérieur du cercle familial. Mais avec l’annonce de l’assassinat du président, la vie s’accélère faisant remonter à la surface les tensions intercommunautaires entre le Nord et le Sud.

La tragédie frappe les protagonistes de plein fouet avec l’oncle maternel de Miche, le capitaine Luc Kimbouala-Nkaya, abattu à bout portant par les rebelles nordistes parce qu’il était proche de l’ancien pouvoir issu du Sud. Michel et les siens vivent désormais dans la crainte d’être eux aussi un jour arrêtés par la police. Mais c’est lorsque Maman Pauline décide de porter ostensiblement le deuil de son frère, défiant ses voisins partisans des putschistes et responsables à ses yeux de l’assassinat de son frère, que l’enfer se déchaîne dans la tête du jeune Michel, confronté au plus grand dilemme de sa vie… Ainsi se terminent l’enfance et sa candeur.

Faussement naïf

Raconté à travers le regard faussement naïf du héros, Les Cigognes sont immortelles est sans doute l’un des romans les plus aboutis d’Alain Mabanckou. Une narration subtile, toute en suggestions et métaphores, caractérisée par une remarquable économie de moyens. En atteste l’équilibre réussi entre l’autobiographique et le romanesque, la petite et la grande histoire, la critique sociale et l’humour aussi âpre que cathartique devenu la marque de fabrique de l’auteur de African psycho (Le Serpent à Plumes, 2002). Il y a dans ce livre du Candideet du Pauvre Christ de Bomba du romancier camerounais Mongo Beti. Ce dernier ouvrage qui raconte, on s’en souvient, les heurs et malheurs de l’Eglise en Afrique à travers le point de vue innoncent d’un boy-enfant de choeur, a sans doute été l’un des modèles des Cigognes sont immortelles pour l’effet esthétique du décalage entre le regard tranquille du narrateur et la réalité historique scandaleuse du coup d’Etat contre le président Marien Ngouabi, qui structure le récit.

Ce décalage est porté dans le roman de Mabanckou par le petit Michel qui est à la fois le double de l’auteur et un procédé rhétorique efficace, servant à dire la gravité d’une situation donnée sans en avoir l’air. A travers ce personnage d’adolescent un peu rêveur, récurrent dans l’œuvre d’Alain Mabanckou, le romancier rend hommage à sa propre enfance, se remémorant les lumières et les ombres de son passé ponténégrain, ce qu’il avait déjà fait, plus directement, dans son beau livre Lumières de Pointe Noire (Seuil, 2013), à mi-chemin entre le journal intime et du reportage.

Indépendance cha-cha

Mais, le regard de Michel sur les événements, c’est aussi une grille de lecture, une formidable machine pour décrypter les forces sombres à l’œuvre dans le Congo postcolonial où l’indépendance n’est qu’un masque. Tout comme les camions militaires qui foncent dans les rues de Pointe Noire au lendemain de l’assassinat de Marien Ngouabi ne sont pas là pour protéger la population. Ils sont au contraire symptomatiques des violences nouvelles prêtes à s’abattre sur les habitants. Dans les dernières pages du roman où l’on voit l’adolescent courir comme un forcené à travers la ville pour sauver sa mère désormais dans les mains de la police militaire, il devient d’une certaine façon la métaphore même de l’homme africain rattrapé par un passé d’esclavage et de colonisation, que l’on croyait révolu.

« Mon dos toujours bien rond, je serre les dents, j’accélère, s’écrie Michel, tout essoufflé, courant comme un dératé à travers sa ville qu’il ne reconnaît plus. Cette avenue est plus tranquille que l’avenue Paillet, avec des banques et des restaurants très chers qui ne sont fréquentés que par des Blancs et les capitalistes noirs. Ce n’est pas parce que c’est calme ici qu’il faut que je ralentisse ma course. Non, non et non ! » Et si l’indépendance célébrée le 15 août 1960, sur la musique chaloupée du cha-cha-cha n’était qu’un leurre ?

« revenir à l’essentiel »

Alain Mabanckou est aujourd’hui un des grands noms de la littérature africiane. Il est venu tardivement à la littérature. Il fut juriste dans une autre vie, tout en écrivant la nuit, a-t-il raconté. S’il a reçu, il y a vingt ans, le « Grand Prix de l’Afrique noire » pour son premier roman Bleu, Blanc, Rouge (Présence Africaine, 1998), c’est avec son cinquième roman Verre cassé (Seuil, 2005) qu’il s’est imposé comme le chef de file incontestable de la nouvelle génération de romanciers africains, héritiers des Mongo Beti, des Cheikh Amadou Kane, des Amadou Kourouma. Les Cigognes sont immortelles est son douzième roman. Ce roman est peut-être un nouveau tournant dans la carrière littéraire de l’auteur qui a déclaré en présentant son opus qu’ « à travers ‘Les Cigognes sont immortelles’, je reviens à ce qui est essentiel à moi. Je ressens de plus en plus le besoin de dire ce qu’est mon continent et de montrer pourquoi le continent est aujourd’hui à la dérive ».

La grande force de ce livre est d’avoir su raconter la dérive, non pas à travers des grands discours, mais par le vécu réel des gens. Cette dérive est portée par des personnages incarnés et lumineux comme Maman Pauline. Nouvelle Mère courage, celle-ci est aussi fille et petite-fille des personnages de femmes inoubliables de la littérature africaine moderne: la Grande Royale (Cheikh Hamidou Kane), Perpétue (Mongo Béti),  Salimata (Ahmadou Kourouma), des Chaïdana (Sony Labou Tansi), des Aissatou et des Ramatoulaye (héroïnes de Maraiama Bâ)… Livre refermé, elle continue de vous hanter, inoubliable Maman Pauline !

Les Cigognes sont immortelles, par Alain Mabanckou. Editions du Seuil, 296 pages, 19,50 euros.

Congo : 23 réfugiés rwandais reçoivent un passeport et un titre de séjour

Ces bénéficiaires font partie d’un groupe de 8.463 rwandais qui ont perdu le statut de réfugié le 31 décembre 2017.

Ils sont vingt-trois rwandais réfugiés au Congo, à avoir reçu un passeport et un titre de séjour, le mardi 28 août 2018. Ceux-ci avaient perdu leur statut le 23 décembre 2017.  « Ce passeport va servir à obtenir des documents d’intégration locale », a expliqué Jean-Baptiste Habyalimana, ambassadeur du Rwanda au Congo.

Les 23 bénéficiaires font partie d’un groupe de 8.463 Rwandais. Et 804 autres sont exemptés de l’application de la clause de cessation, selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Pour Rappel, ces réfugiés sont arrivés au Congo au lendemain du génocide des Tutsi et du massacre des Hutu modérés en 1994 qui a fait 800.000 morts, selon les Nations unies. Depuis le 31 décembre 2017, le HCR a pu rapatrier seulement 14 réfugiés rwandais dans leur pays.

Congo : des ONG exigent la libération de trois anciens responsables du CHU

Bernard Ovoulaka, ancien directeur général du CHU, et deux de ses collaborateurs sont maintenus en prison alors que leur mandat de dépôt a été levé le 2 août dernier.

Des organisations non gouvernementales de défense des droits de l’homme ont demandé, mardi 28 août, à la justice congolaise de libérer ces anciens responsables du Centre hospitalier et universitaire (CHU) de Brazzaville. Bernard Ovoulaka, ancien directeur général du CHU, et deux de ses collaborateurs sont en détention préventive depuis janvier 2018.

Ils sont cités dans un présumé détournement de plus de 706 millions de FCFA destinés à l’application de la peinture sur les bâtiments du CHU de Brazzaville. Après une enquête préliminaire, la chambre d’accusation a décidé, dans une ordonnance datée du 2 août, de leur libération provisoire et de les placer sous contrôle judiciaire. Mais ils sont toujours maintenus en prison. Ces ONG dénoncent alors une prise en otage de ces trois hommes arrêtés depuis janvier.

« En ce moment, ces personnes sont arbitrairement détenues à la maison d’arrêt parce qu’elles n’ont aucun titre de détention. Qu’est-ce qui justifie aujourd’hui leur détention à la maison d’arrêt ? Il y a eu déjà la main levée », a dit Armel Malela de la Convention nationale des droits de l’homme (Conhado).

Kisangani: la femme artiste au centre de la 8è édition du Festival International Ngoma

Ce rendez-vous culturel qui s’est ouvert depuis le 26 août dernier, regroupe plusieurs pays d’Afrique et d’Europe.

Jusqu’au 1er septembre 2018, des pays tels que le Congo Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Burundi, le Rwanda, l’Italie et la Belgique et bien sûr la RDC, vont partager mutuellement leur culture. A cela s’ajoutent les compagnies de théâtres en RDC venues Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Bukavu et Kisangani.

Pour cette 8è édition Festival International Ngoma, accorde place importante à la femme artiste. « La femme est mal perçue dans la famille et la société quand elle fait le théâtre », a souligné Olivier Maloba, Président du comité d’organisation.

Ce sera aussi l’occasion de promouvoir les jeunes orchestres de Kisangani qui agrémentent les soirées. Outre les spectacles, ce rendez-vous multidisciplinaire va organiser un atelier culturel pour les artistes comédiens. Il sera animé par Pierre Claver qui vient de Pointe-Noire au Congo Brazzaville. C’est dans le cadre de jumelage entre les deux villes Kisangani et Pointe Noire.

La huitième édition du Festival International Ngoma bénéficie de l’appui financier et en équipement de plusieurs sponsors.

La ligue de boxe de Brazzaville fait son bilan

La structure a tenu, le 26 août au siège du Comité national olympique et sportif congolais, son assemblée générale ordinaire au cours de laquelle elle a fait le bilan de la saison écoulée tout en projetant la nouvelle qui pointe à l’horizon.

« La saison écoulée était très satisfaisante parce que nous avons réalisé à 100% toutes nos activités. Nous avons commencé par la tenue du conseil départemental avant d’enchaîner avec les galas de boxe, les séminaires puis le championnat départemental que nous avons organisé au mois de juillet », a expliqué Elias Mfoudi, le président de la ligue de Brazzaville.

Il a souligné que la coupe de la ville, reportée pour les raisons de calendrier, lancera la nouvelle saison en octobre. En dehors des compétitions de routine, la ligue de Brazzaville entend organiser d’autres activités en s’appuyant surtout sur des journées de réflexion, en vue de définir les rapports qui lient la fédération, les ligues et les clubs car ils ne sont pas au beau fixe.

« C’est souvent ce genre de situations qui nous pose problèmes. Car certains dirigeants n’ont pas la maîtrise des relations existantes entre les fédérations, la ligue et les clubs », a-t-il justifié.

Elias Mfoudia n’est pas allé loin pour en trouver une belle illustration.  Le président de la ligue de Brazzaville s’est plaint des absences répétées des membres de la Fédération congolaise de boxe lors des différentes manifestations que la ligue a organisées pendant la saison 2017-2018.

« Nous le constatons encore aujourd’hui. Depuis que la ligue organise ses activités, nous n’avons jamais été assistés par les membres de la fédération alors que nous envoyons régulièrement des correspondances. Et pourtant nous organisons des compétitions pour l’honneur de la fédération », s’est-il plaint.

Denis Christel Sassou Nguesso : « Non, je ne suis pas candidat à la présidentielle 2021 ! »

Depuis la parution de son livre «Ce que je crois», en mai dernier, les rumeurs sur l’ambition présidentielle de Denis Christel Sassou Nguesso ont pris de l’épaisseur. Ses paroles rares et très scrutées n’en prennent que plus d’importance. Celui qui se dit citoyen congolais avant d’être le fils du Président a choisi La Tribune Afrique pour répondre en exclusivité et sans équivoque aux questions qui entourent son engagement politique, mais aussi pour livrer sa vision pour l’émergence du Congo. Entretien à bâtons rompus.

Comment voyez-vous votre avenir politique au Congo et quelle place occupe votre fondation dans votre dispositif de carrière ? Sachant que beaucoup y voient une plateforme au service de vos ambitions présidentielles….

Mon avenir politique je ne sais pas de quoi il sera fait. J’ai créé cette fondation en 2013 et j’ai été élu député en 2012. Est-ce que j’ai utilisé cette plateforme pour servir jusqu’à présent mes ambitions politiques ? Non et ces dates le prouvent.

Je n’ai pas créé cette fondation dans le but de faire carrière, mais plutôt parce que mon empathie naturelle m’a toujours amené à me tourner vers les autres. Alors disons-le clairement, je n’ai jamais imaginé mon avenir politique à partir de cette structure. Cela étant, vous me donnez l’occasion de rappeler ce que sont nos actions et notre bilan : des vaccinations à grandes échelles, des campagnes communautaires de santé, des formations qualifiantes ou des bourses d’études pour des jeunes parmi les moins favorisés.

Concernant les ambitions présidentielles dont vous parlez, je mets au défi quiconque de se présenter devant moi et affirmer que je lui en ai déjà fait part. Cette rumeur est faite pour susciter des oppositions inutiles au sein de ma famille politique, ce qui n’apporte rien au débat démocratique.

Vous avez affirmé en Janvier 2014 qu’avant d’être le fils du Président Sassou Nguesso, vous vous définissez d’abord comme un citoyen Congolais, est ce que cela signifie que vous êtes capable de distance critique vis-à-vis du bilan de votre père ?

Je pense même l’avoir affirmé bien avant 2014, qu’en effet je suis avant tout un citoyen ayant les mêmes droits et devoirs que tout Congolais.

La question ne se pose pas en termes de critiques ou pas de son bilan, mais il faut simplement être conscient que tout ce que nous avons fait n’est pas parfait et le rôle de sa majorité à laquelle j’appartiens est justement de l’aider à corriger ce qui a été mal fait et d’apporter des solutions pour contribuer à régler les problèmes auxquels les congolais sont confrontés, car ne l’oublions pas, c’est cela le travail d’un homme politique et rien d’autre.

L’on dit que c’est sous la pression du FMI que vous avez été contraint à quitter votre poste au sein de la SNPC, votre nom ayant été abondamment cité comme étant un ayant-droit économique caché de nombreux contrats pétroliers au Congo Brazzaville. Qu’avez-vous à répondre à cela ?

Je voudrai rappeler que le Congo est un pays souverain. Quand nos responsables négocient avec le FMI, je puis vous assurer que les enjeux et les questions ne sont pas au niveau des personnes. Quel était l’objet de cette négociation si ce n’est d’assurer une reprise de la croissance économique fondée sur un équilibre budgétaire pérenne et de restructurer notre dette pour la rendre soutenable ?

Il n’y a donc eu aucune pression pour ma nomination en 2011 et parallélisme de formes faisant, il n’y en a pas eu non plus pour que je m’oriente vers une autre opportunité professionnelle.

Au de-là, Je tiens à rappeler qu’il n’y a jamais eu de malversations dans cette entreprise en ce qui concerne les contrats, ceux qui affirment le contraire n’ont qu’à en apporter la preuve.

Depuis plusieurs mois, et notamment la publication de votre livre aux allures de programme électoral «Ce que je crois», le tout-Brazzaville bruisse de votre probable candidature à la présidentielle de 2021. En parallèle, beaucoup de vos partisans font planer cette hypothèse et entretiennent le mystère sur vos intentions. Pouvez-vous nous dire si vous serez candidat en 2021 ?

En premier lieu je pense que le Congo ne peut se passer du Président Denis Sassou Nguesso comme candidat en 2021, pour des raisons qui sont nombreuses et c’est la raison pour laquelle je souhaite qu’il soit candidat en 2021 et je travaille d’ailleurs avec d’autres depuis quelques mois pour l’aider à être réélu en 2021.

Pour répondre donc de façon précise : non, je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle en 2021 !

Par ailleurs, mon ouvrage «Ce que je crois» n’est en rien un programme, mais plutôt l’opportunité pour moi de partager avec mes concitoyens ce que j’ai réalisé avec ma fondation à l’endroit des personnes issues des milieux les plus défavorisés en matière d’éducation et de santé.

Pour mémoire, certains cadres de mon parti dans un passé récent ont écrit des ouvrages que personne n’a qualifiés étrangement de «programme électoral» !

Je pense simplement qu’il existe au sein de la majorité présidentielle et au PCT, certains acteurs politiques qui nourrissent des ambitions présidentielles et veulent se cacher derrière de fausses polémiques. Croyez-moi vous les verrez sortir du bois dans pas longtemps et je serais disposé, si vous le souhaitez, à refaire ce débat.

Les différentes tentatives de diversification du tissu économique congolais pour le sortir du piège des matières premières n’ont visiblement pas donné leurs fruits, et le pays semble aujourd’hui pris en étau. Qu’est ce qui n’a pas marché selon vous ?

Il y a des facteurs exogènes qui expliquent cette difficulté à diversifier l’économie et ne plus être tributaire de la ressource pétrolière. On ne balaie pas d’un trait de plume une histoire, celle d’une économie qui a reposé depuis des décennies sur cette activité. Je pense humblement que nous ne sommes pas allés assez loin dans ce que nous avons entrepris pour développer une économie alternative afin de sortir du tout pétrole.

Des voies de diversification sont possibles. Je les évoque dans mon livre et j’insiste sur la condition première qui est de disposer d’une jeunesse formée. A cet égard, je vous renvoie aux actions de ma Fondation. En attendant, le gouvernement s’est engagé pour le développement de certaines filières, jusqu’à des activités de transformation, comme pour l’agriculture, la forêt, l’élevage.

Nous devrions profiter de la beauté de certains de nos sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO afin de développer le tourisme et faire de notre pays une destination touristique incontournable dans la sous-région avec tout ce que cela peut apporter comme bienfaits et notamment en matière de créations d’emplois pour les jeunes ou d’apport en devises étrangères.

A Maloukou (au nord de Brazzaville), une zone industrielle avec 16 usines devrait entrer en activité dans un avenir proche, sans oublier le projet de développer trois autres «zones économiques spéciales» à Pointe-Noire, à Oyo-Ollombo et à Ouesso. Les perspectives, vous le voyez bien, sont là, on peut donc rester valablement optimiste, concernant cette question de la diversification économique.

Quelles seraient les pistes pour permettre au pays de retrouver une croissance plus soutenue, plus inclusive, permettant de réduire le chômage des jeunes et d’aspirer à l’émergence

Dans le cadre de ma Fondation, nous venons de créer un Think tank, HorizonS, pour réfléchir à ces questions et rechercher les meilleures voies pour nous conduire vers l’émergence. Cela étant vous évoquez des sujets complexes. La croissance est un indicateur, l’important est de voir comment redistribuer le plus équitablement les fruits de cette croissance.

Pour ma part, je pense qu’il faudrait en urgence que nous diversifions notre économie d’une part en développant des secteurs, à fort potentiel pour le pays, qui créent de la richesse et qui emploient une main-d’œuvre importante : Agriculture, le secteur du bois, développer les métiers de service, l’économie numérique, Tourisme,…

Il faut investir massivement dans le développement du capital humain à travers l’éducation, la formation professionnelle. Nous devons favoriser l’entrepreneuriat et aider les jeunes à créer leurs entreprises pour éviter qu’ils n’ambitionnent que d’entrer dans la fonction publique, de devenir ministre ou de passer leur temps à créer des associations à caractère politique ou simplement des partis politiques. C’est l’entreprise qui crée de la richesse nationale et des emplois pour les jeunes.