« Mon avenir politique je ne sais pas de quoi il sera fait »

C’est une déclaration de Denis Christel Sassou Nguesso, suite à de nombreuses rumeurs sur ses ambitions présidentielles.

Après la publication de son ouvrage intitulé « Ce que je crois » en mai dernier, les rumeurs sur l’ambition présidentielle de Denis Christel Sassou Nguesso sont de plus en plus ascendantes. Dans une interview qu’il a accordé à nos confrères de La Tribune Afrique, le fils du président actuel de la République du Congo, a affirmé qu’il ne présentera pas à la présidentielle de 2021. Il répondait à la question de savoir s’il sera candidat à la prochaine magistrature suprême. « Non, je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle en 2021 ! Par ailleurs, mon ouvrage « Ce que je crois » n’est en rien un programme, mais plutôt l’opportunité pour moi de partager avec mes concitoyens ce que j’ai réalisé avec ma fondation à l’endroit des personnes issues des milieux les plus défavorisés en matière d’éducation et de santé. Pour mémoire, certains cadres de mon parti dans un passé récent ont écrit des ouvrages que personne n’a qualifiés étrangement de « programme électoral » ! Je pense simplement qu’il existe au sein de la majorité présidentielle et au PCT, certains acteurs politiques qui nourrissent des ambitions présidentielles et veulent se cacher derrière de fausses polémiques. Croyez-moi vous les verrez sortir du bois dans pas longtemps et je serais disposé, si vous le souhaitez, à refaire ce débat. », a-t-il répondu.

Fondateur de la fondation Perspectives d’Avenir, une plateforme où beaucoup y voient une machine au service de ses ambitions présidentielle.

« Je n’ai pas créé cette fondation dans le but de faire carrière, mais plutôt parce que mon empathie naturelle m’a toujours amené à me tourner vers les autres. Alors disons-le clairement, je n’ai jamais imaginé mon avenir politique à partir de cette structure. Cela étant, vous me donnez l’occasion de rappeler ce que sont nos actions et notre bilan : des vaccinations à grandes échelles, des campagnes communautaires de santé, des formations qualifiantes ou des bourses d’études pour des jeunes parmi les moins favorisés.

Concernant les ambitions présidentielles dont vous parlez, je mets au défi quiconque de se présenter devant moi et affirmer que je lui en ai déjà fait part. Cette rumeur est faite pour susciter des oppositions inutiles au sein de ma famille politique, ce qui n’apporte rien au débat démocratique. », a-t-il affirmé.

Pour Denis Christel Sassou Nguesso, le Congo a encore besoin de son père comme président de la république. « Je pense que le Congo ne peut se passer du Président Denis Sassou Nguesso comme candidat en 2021, pour des raisons qui sont nombreuses et c’est la raison pour laquelle je souhaite qu’il soit candidat en 2021 et je travaille d’ailleurs avec d’autres depuis quelques mois pour l’aider à être réélu en 2021. », déclare-t-il.

Qui de Michaëlle Jean ou de Louise Mushikiwabo prendra les rênes de la Francophonie ?

En moins de trois ans mois, le XVIIe Sommet de la Francophonie s’ouvrira à Erevan, du 11 au 12 octobre 2018. À l’issue de celui-ci, les chefs d’État et de gouvernement membres devront, soit renouveler le mandat de l’actuelle secrétaire générale, soit désigner un nouveau, pour les quatre prochaines années.

La secrétaire générale sortante fait face à une concurrente de taille, que certains considèrent déjà comme gagnante, parce qu’ayant le soutien de la France. En effet, l’annonce de la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo, par le président français, que d’aucuns n’ont pas vu venir, a autant surpris bon nombre de chefs d’État africains, qu’elle n’a laissée aucune marge de manœuvre à ceux qui avaient l’intention de présenter également des candidats.

Il est certes vrai qu’Emmanuel Macron a publiquement annoncé son soutien à Louise Mushikiwabo, mais il est très important de clarifier que ce n’est pas la France qui présente officiellement une candidature, c’est bien le Rwanda. Et donc, si Mme Mushikiwabo ne réussit pas à se faire élire, ce ne sera aucunement considéré comme un échec de la France.

Par contre, si Michaëlle Jean ne réussit pas à se faire réélire, cela pourrait être considéré comme un échec sanglant du Canada et un affront pour sa diplomatie qui n’a pas su bien négocier le renouvellement de sa candidate, dans une organisation où il contribue, avec ses trois provinces membres, à plus de 50 millions de dollars annuellement, soit environ un tiers du budget total de l’Organisation. Le Canada ne se laissera donc pas humilier de la sorte, sans conséquences. Car un tel échec pourrait, d’une façon ou d’une autre, retentir dans le débat politique national, à une année des élections fédérales.

Quelles sont les chances de Louise Mushikiwabo ?

Depuis l’annonce de sa candidature au poste de secrétaire général, on ne connaît pas grand-chose sur le programme et la vision de Louise Mushikiwabo pour la Francophonie de demain. Toutefois, on sait et il est de notoriété publique que cette candidature n’est pas issue de la volonté première du Rwanda, ni même de l’Afrique. Elle aurait été concoctée, en coulisse, sur les bords de la Seine.

Le magazine panafricain Jeune Afrique qui a été mis au parfum, le premier, de la candidature rwandaise, a révélé les dessous de cette manigance. On y apprend que l’idée de la candidature rwandaise a germé au cours d’une rencontre, en février dernier à Bruxelles, en marge du sommet sur le G5 Sahel, entre le président de la Commission de l’Union africaine et le président français accompagné de son ministre des Affaires étrangères et son conseiller Afrique.

Cette révélation de Jeune Afrique vient confirmer quelque peu les préoccupations que nous exprimions déjà dans nos précédentes publications à l’effet que Louise Mushikiwabo n’avait pas une vision claire de ce qu’elle voudrait faire, tant pour le rayonnement de la langue française dans le monde, que pour la promotion des valeurs communes fondées sur le respect des droits de la personne, les principes démocratiques, les libertés fondamentaux et l’État de droit, tels que décrit dans la Déclaration de Bamako. Pas plus qu’elle n’a des projets spécifiques et novateurs pour la Francophonie. Si elle venait à être désignée, ce serait par la seule volonté de la France.

S’agissant de l’accord dégagé par les chefs d’État africains au sommet de Nouakchott, d’appuyer Mme Mushikiwabo, il y a lieu de faire une observation suivante : l’appui du bloc africain à la candidature rwandaise n’est qu’une déclaration de principe à prendre avec des pincettes, puisqu’aucun chef d’État ne s’est exprimé publiquement à ce sujet. Et, connaissant bien le culte du silence de chefs d’État africains, personne ne serait prête à gager un centime que cette résolution tiendra bon jusqu’à Erevan. Les Africains choisiront en fonction de leurs intérêts nationaux.

Selon toute vraisemblance, on aurait appris que l’inscription de ce sujet à l’ordre du jour du sommet africain de Nouakchott, par la maîtresse de céans, elle-même candidate à ce poste, a laissé planer un malaise perceptible dans le chef de certains dirigeants africains non-membres de l’OIF. Il en était de même de certains dirigeants africains membres de l’OIF, qui ne se sentaient pas à l’aise de commenter sur cette candidature.

Toutefois, répondant à la question d’un journaliste de RFI : « Est-ce que, selon vous, la candidature de la ministre des Affaires étrangères du Rwanda a ses chances ? », l’ancien président de l’Union africaine et président guinéen Alpha Condé n’a pas mâché ses mots :

 » Ça c’est une autre chose. Déjà qu’il y a beaucoup de controverses. Mais nous avons défendu un principe : l’Afrique doit parler d’une seule voix. Maintenant, évidemment, tous les États africains ne sont pas membres de la Francophonie. Donc, il n’y a pas 50 États africains dans la Francophonie. Cela veut dire qu’on n’est pas majoritaire au point de vue de voix de la Francophonie. Donc, cela dépendra de comment les autres pays vont se comporter.  »

Cette réaction de l’ancien président de l’Union africaine, bien qu’enjolivée dans un langage diplomatique extrêmement policé, résume bien le sentiment général ressenti par beaucoup d’Africains sur cette candidature, présentée hors des terres africaines.

Un autre élément, non négligeable, qui peut s’avérer déterminant dans le choix possible du prochain secrétaire général de la Francophonie, est celui de la contribution financière des États au bon fonctionnement de l’Organisation. En effet, tous les États membres doivent s’acquitter, en temps opportun, de l’obligation qui leur incombe d’apporter leur contribution financière au budget de l’Organisation. Sur ce point, le Rwanda n’est pas non plus un élève modèle de la Francophonie. En effet, depuis quelques années, il ne s’est pas acquitté, dans les temps requis, de ses obligations financières envers l’Organisation, et ce, pour une modique somme renégociée.

Ceci étant, il ne faut pas se faire d’illusions quant à l’issue de cette désignation. Ce qui est certain, c’est que le poids politique et financier de certains États membres pèsera certainement lourd et fera pencher la balance en faveur de telle ou telle autre candidate.

Ceci dit, on ne sait pas encore de quel côté vont se pencher les autres contributeurs majeurs de l’Organisation, notamment la Suisse, la Belgique – Wallonie-Bruxelles, le Luxembourg et la Principauté de Monaco. Leurs voix pourront être déterminantes pour concilier les points de vue diamétralement opposés entre le président Macron et le premier ministre Trudeau, sur la prochaine locatrice du 19-21 avenue Bosquet à Paris.

Quelles sont les chances pour Michaëlle Jean ?

Le Canada, le Québec et le Nouveau Brunswick ont une mission assurément délicate de convaincre les États membres de la nécessité et du bien-fondé de renouveler le mandat de Michaëlle Jean pour assurer la continuité des actions entreprises durant les quatre dernières années.

Au regard des faits exposés ci-dessus, une seule certitude, c’est que, ça va jouer dur à Erevan. Les deux candidates, Louise Mushikiwabo et Michaëlle jean, ont leurs chances intactes. Alors que certains laissent à Mme Mushikiwabo le bénéfice du doute, d’autres croient que le bilan de Mme Jean plaide activement en faveur de sa reconduction.

De toute façon, depuis la création du poste de secrétaire général en 1997, lors du VIIe Sommet d’Hanoï, il n’y a jamais eu une élection au sens propre du terme. Le secrétaire général a toujours été désigné par consensus. Il a été ainsi en novembre 2014 et il en sera ainsi en octobre 2018. Tout dépendra bien évidemment de comment le président Macron et le premier ministre Trudeau, deux dirigeants de plus importants pays contributeurs au budget de la Francophonie, vont gérer leurs ambitions, tout en veillant au meilleur intérêt de l’Organisation.

C’est donc le positionnement stratégique de ces deux leaders clés de l’OIF qui va influer sur le choix final. En effet, Emmanuel Macron et Justin Trudeau se sont déjà rencontrés, en tête-à-tête, d’abord à Paris, puis à Ottawa. Au menu de leurs discussions, il était question, entre autres, de la Francophonie. Mais apparemment, pour des raisons évidentes que nous n’avons pas l’intention de développer, les deux sont restés campés sur leurs positions respectives et ne se sont pas entendus sur le choix du prochain secrétaire général.

Pour l’intérêt supérieur de l’Organisation, il serait souhaitable que l’un d’entre eux fasse machine arrière. Eu égard aux mandats ambitieux qui sont ceux de l’OIF et qui sont au cœur des principales priorités de son action, objectivement parlant, Louise Mushikiwabo n’apportera pas une plus-value, pas plus qu’elle ne fera autant pour le rayonnement de la langue française et la promotion des valeurs communes, que ne l’a fait la secrétaire générale sortante.

De son côté, si elle venait à être reconduite à son poste, ce qui semble probable, Michaëlle Jean ne doit pas s’enfermer dans ses certitudes, en croyant que tout a été merveilleux durant son premier mandat. Elle devra reconnaître que, contrairement au premier, le deuxième mandat a été obtenu dans la douleur et le déchirement. En conséquence, elle devra opérer un changement significatif pour contenter ceux qui exigent une plus grande transparence dans la gestion et l’administration. Surtout, elle devra s’efforcer de se rapprocher également de certains chefs d’État, notamment africains, qui sont restés distants depuis sa désignation en novembre 2014. Ainsi, elle pourra faire taire l’avalanche de critiques dont elle a été l’objet et qui ont pourries ses quatre années passées à l’OIF.

Congo : une délégation de la Banque mondiale attendue à Brazzaville en septembre

Cette mission entre dans le cadre du projet Développement urbain et de restructuration des quartiers précaires.

L’objectif de cette mission consiste notamment à suivre de près la mise en œuvre des recommandations de la dernière mission de supervision conduite par la Banque. La délégation de cet institut séjournera est attendue dans la capitale congolaise, Brazzaville du 1er au 8 septembre 2018, dans le cadre du projet Développement urbain et de restructuration des quartiers précaires (DURQUAP).

Cette mission de l’institution de Bretton Woods sera conduite par Dina Ranarifidy, spécialiste en développement urbain. Les sources proches de la Banque Mondiale précisent que la délégation de la Banque lors de son séjour sera en charge de suivre la mise en œuvre des recommandations de la dernière mission de supervision effectuée en février dernier, de la mise en œuvre des aspects environnementaux et sociaux du projet, mais aussi de la gestion, la coordination et le suivi évaluation du DURQUAP. L’équipe se penchera également sur le plan d’action pour les trois prochains mois, les aspects relatifs à la passation de marchés et la gestion financière

Pour rappel, c’est en 2017 que le DURQUAP a été lancé et placé sous tutelle du ministère congolais de l’aménagement du territoire et des grands travaux. Le DURQUAP vise à faciliter l’accès aux infrastructures et services de base dans les quartiers précaires de Brazzaville et Pointe-Noire.

«Il constitue aussi la première étape d’une approche programmatique qui intègre une dimension curative qui consiste à restructurer les quartiers précaires et une dimension proactive afin de prévenir leur formation», a souligné Djibrila Issa, le représentant de la BM au Congo.

Rapatriement : 208 centrafricains vivant au Congo retourne dans le pays d’origine

Ces réfugiés qui avaient fui la Centrafrique pour se réfugier en République du Congo, ont volontairement décidé de rentrer dans leur pays.

C’est ce jeudi 23 août, que reprendra l’opération de rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains au Congo. Celle-ci est menée par le gouvernement centrafricain et celui de la République du Congo avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Ces 660 réfugiés centrafricains vivaient dans les villes congolaises de Bétou (nord), Pointe-Noire (ouest) et la capitale Brazzaville. L’information a été donné mercredi 23 août 2018, par le bureau de la représentation du HCR.

Dans un communiqué du HCR, un premier convoi terrestre de 208 personnes sur 660 réfugiés opté volontairement de retourner à Mongoumba (ville centrafricaine frontalière avec le Congo). Ils seront ensuite reconduits dans des villages et villes longeant le tronçon Moungouma-Bangui long de 161 kilomètres.

Notons que, ces Centrafricains qui avaient fui leur pays d’origine se sont prévalus de la stabilité dans les villages, communes et villes d’origine le long du tronçon concerné. Ils ont davantage été rassurés par leurs prédécesseurs, soit au total 617 rapatriés volontairement fin mars et mi-avril derniers.

« Le rapatriement volontaire étant la meilleure solution durable aux problèmes des réfugiés, le HCR se réjouit de ce développement et notre agence facilite cette opération avec les gouvernements centrafricain et congolais », a déclaré Buti Kale, représentant du HCR en Centrafrique.

Des kits de réintégration leurs sont remis, pour leurs permettre, entre autres, de lancer des activités génératrices de revenus et de recommencer une nouvelle vie.

Gymnastique : les entraîneurs en recyclage

Un cours technique a été lancé le 20 août, au gymnase Maxime-Matsima, par la Fédération congolaise de gymnastique (Fécogym), en vue de rehausser la discipline.

Ils sont treize entraîneurs nationaux, qui prennent part à cette formation organisé par la Fédération congolaise de gymnastique. Ils sont venus des sept ligues notamment Brazzaville, Pointe-Noire, Kouilou, Niari, Lékoumou, Bouenza et Cuvette ouest pour y prendre part.

« Nous avons bénéficié, du Comité national olympique et sportif congolais, de ce cours technique de la gymnastique, grâce à la Solidarité olympique et à la Fédération internationale. Les deux structures ont mis à notre profit un expert canadien, Guy Lavoie. Il a déjà formé les Congolais au Canada et est à sa troisième présence au Congo », a commenté François Bakana, président de la Fécogym.

La gymnastique, a-t-il indiqué, a intégré dans son programme de développement pour le compte de l’olympiade 2017-2020 des mouvements gymniques tels que : la gymnastique pour tous, la gymnastique rythmique, la gymnastique aérobic, la gymnastique artistique féminine et masculine.

Brice Merlin Lepebé, le directeur général des Sports, a salué la politique de formation de la Fécogym qui s’inscrit, selon lui, dans la vision du ministre des Sports et de l’éducation physique. Cette formation s’achève le 26 août prochain.

Concert : Cœur d’adoration offrira un show à Brazzaville

Le groupe livrera un concert live, le 26 août à partir de 15 h, en l’église MEJ située au quartier OCH, pour la promotion de son premier album éponyme résultant de quatre années de travail intense.

Créé en 2014, le groupe religieux « Cœur d’adoration » se fait remarquer avec son premier album. Pour les amoureux de la musique chrétienne, cet opus apporte la joie de l’évangile aux chrétiens. Joint au téléphone, le coordonnateur de ce groupe, Patrick Ababea, a rappelé que ce concert est un moyen pour eux de prouver non seulement de quoi ils sont capables mais également de faire la promotion de leur premier album prévue pour décembre prochain. « Pour l’instant, un titre promotionnel intitulé YHWH Schammah est en train d’être diffusé dans toutes les chaînes de télévision de la place. Avec ce titre, le groupe a montré sa maturité musicale au public», a-t-il dit.

En effet, ce titre promotionnel a profondément ému les mélomanes. Avec des musiciens surdoués et dotés de voix exceptionnelles, ce jeune groupe est capable de passer du chant lyrique au répertoire inattendu des chants religieux les plus écoutés. Ces artistes ont quelque chose d’unique dans le paysage des groupes de louange qui se développent en République du Congo. Pendant ce concert, le public sera immédiatement transporté par la formidable énergie déployée par les artistes, suscitant une émotion omniprésente jusqu’à la dernière note. La louange gagnera le cœur de tout le monde.

Congo: l’opération de désarmement dans le Pool peine à commencer

Le calendrier de la commission mixte, chargée de la mise en œuvre de ce désarmement prévoyait que le pasteur Ntumi devait s’adresser à ses partisans pour leur demander d’y adhérer.

Lancé officiellement le mardi 7 août à Kinkala, la préfecture du département du Pool au Congo, l’opération de ramassage des armes des ex-combattants partisans du pasteur Ntumi peine encore à se concrétiser. Le calendrier de la commission mixte, chargée de la mise en œuvre de ce désarmement prévoyait que le pasteur Ntumi devait s’adresser personnellement à ses partisans pour leur demander d’y adhérer, mais cela n’a pas pu se faire pour le moment.

Du côté du ministère de l’Intérieur on reconnaît que le ramassage des armes est « timide ». Des sources humanitaires affirment même qu’il est au point mort. Le jour de la levée du mandat d’arrêt contre le pasteur Ntumi, l’un de ses représentants, Philippe Ané, a bien appelé les ex-combattants à participer à l’opération. Mais le jour de son lancement effectif, le camp Ntumi brillait par son absence. La faute à des « malentendus » explique-t-on de part et d’autre.

Parmi les points de blocage : la sécurité du pasteur Ntumi. Il était prévu que le 12 août, il fasse sa première sortie officielle depuis la levée du mandat contre lui et se rendent à Mayama, pour rencontrer le ministère de l’Intérieur et s’adresser à ses partisans. Mais pour cela, il exige notamment que les militaires qui se trouvent toujours le long de la route qu’il doit emprunter se retirent. La méfiance règne encore. Or cette sortie publique officielle est indispensable, car les ex-combattants attendent un appel de leur chef en personne pour rendre leurs armes.

Finalement, quelques jours plus tard dans une déclaration manuscrite diffusée sur les réseaux sociaux, le pasteur dénonçait « une opération unilatérale ». Déclaration jugée « malvenue » et « tapageuse » du côté du ministère de l’Intérieur alors que des discussions entre les deux parties sont engagées depuis décembre. « Le calendrier reste valable. Dans tout processus de paix, il faut du temps pour rétablir la confiance », tempère Anthony Kwaku, coordonnateur du système des Nations unies au Congo-Brazzaville.

Dimanche soir, de part et d’autre, on assurait néanmoins que les discussions se poursuivaient pour permettre au processus de désarmement d’avancer.

Dialogue et justice

L’opposant Mathias Dzon estime quant à lui que la résolution de la crise du Pool – née de la contestation des résultats de la présidentielle de 2016 – passe avant tout par un dialogue inclusif et par la justice. Pour cet ancien ministre des Finances, la levée du mandat du Pasteur Ntumi et le ramassage d’armes ne sauraient apporter une solution durable à cette crise qui remonte en réalité à 1998.

« C’est un vieux problème et il faut le résoudre, s’y attaquer à la racine. Dans un dialogue national inclusif, nous règlerons définitivement la question du Pool. Mais ramasser les armes ne signifie rien du tout parce qu’il y a beaucoup à faire dans le Pool. Il faut crever l’abcès. Il faut régler le fond du problème. Pourquoi il y a toujours la guerre dans le Pool depuis 1998 ? Ça n’en finit pas. Mais il faut les sanctions. Ce qui garantit la sécurité dans le pays, c’est les sanctions. Les auteurs doivent être sanctionnés. On ira en justice pour que la chose soit bien comprise. Autant de morts, de déplacés, il faut bien que la justice regarde, la vraie justice, et qu’elle regarde exactement ce qui s’est passé et qui sanctionner. Si on lève les mandats, comme ça, et que personne n’est sanctionné, alors ça recommencera. »

Plan d’urgence

Mais pour un règlement durable du conflit dans le Pool, le pasteur Ntumi a réclamé de son côté dans une lettre diffusée début août un « plan d’urgence de relance économique et de développement ».

En réponse, la ministre des Affaires et de l’action humanitaire assure que c’est un objectif poursuivi par le gouvernement. L’an passé déjà le plan d’urgence pour le Pool prévoyait qu’une partie de son budget soit consacré à ce qu’on appelle le « relèvement précoce » c’est-à-dire des mesures permettant aux populations déplacées parfois depuis deux ans de reprendre une activité économique et de reconstruire leur habitat.

A l’époque, la situation sécuritaire ne le permettait pas encore. Le nouveau plan 2018, présenté en mars, prévoit lui aussi que plus de 47 millions de dollars doivent être consacrés à ce relèvement. L’aide se met en place, explique la ministre Antoinette Dinga Dzondo, à mesure que les populations déplacées reviennent et que les bailleurs étrangers annoncent des contributions financières.

États-Unis et Chine

« Les États-Unis ont déjà donné trois millions de dollars à une association française, Acted, qui est en train de préparer des activités de relèvement dans quelques villages pour environ 9 000 personnes. C’est-à-dire la réparation des points d’eau, la reprise des activités génératrices de revenus, la distribution des articles ménagers et de dollars, qui vont transiter par le Pam [Programme alimentaire mondial] », assure la ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire.

Outre les États-Unis, Antoinette Dinga Dzondo explique que « la Chine s’est manifestée et va aider avec le matériel pour préparer la terre ». « En ce moment c’est la saison sèche donc les populations bénéficiaires vont pouvoir préparer la terre pour pouvoir commencer à cultiver dès que les premières pluies tombent », précise-t-elle.

Selon la ministre, le budget du gouvernement de Brazzaville, voté en 2017, en pleines négociations avec le FMI et alors que le pays connait de graves difficultés financières, prévoit un milliard de francs CFA pour le relèvement précoce. Un montant qui pourrait augmenter assure la ministre, si la situation économique du pays s’améliore.

Festival Couleurs du Congo : la caravane donne le coup d’envoi

Les festivités de la deuxième édition de ce rendez-vous ont débuté par une caravane qui s’est déroulée le 14 août, à la veille de la commémoration de la fête de l’indépendance en République du Congo.

Noyé dans la ferveur de la fête de l’indépendance, le festival couleurs du Congo (Coco) a ouvert ses portes mardi 14 août 2018. La veille déjà (Le 13 août 2018 ndr), une conférence de presse a été tenue par les organisateurs. Il s’est agi de dérouler au congolais la programmation de cet évènement culturel.

Pour cette deuxième édition, le thème choisi est « Rythmes et danses du terroir, découvertes et interpénétration des identités culturelles congolaises ». Pour le promoteur de l’évènement, ce festival est rendez-vous des congolais. « On fait de la part belle aux groupes folkloriques, aux artistes musiciens tradi-modernes, mêlant l’âme congolaise aux instruments de musique modernes pour le rythme à la croisée des chemins d’ici et d’ailleurs », a-t-il indiqué.

Il poursuit son propos en faisant savoir que « Le Congo est un vivier et un potager culturel… ». Mais il s’est indigné du comportement désintéressé des autorités nationales pour la culture. Selon lui, les culturels sont délaissés alors que « quand il s’agit de la recherche scientifique, de la diplomatie, du pétrole, la nation se mobilise ».

Les festivités ont débuté par une caravane qui est partie de la mairie de Mfilou, le septième arrondissement, jusqu’à la préfecture de Brazzaville. Dans une logique de célébration de la fête de l’indépendance, une pièce de théâtre relatant l’histoire de l’indépendance du Congo a été jouée, le 13 août, par le groupe du comédien Fortuné Bateza.

Le mercredi 15 août, au Boulevard Alfred-Raoul, une soixantaine de spectacles était de mise pour le plaisir des congolais. Un concert a été donné par des artistes de tous les arrondissements de Brazzaville, des groupes folkloriques, traditionnels, tradi-modernes, religieux et urbains.

Pool : l’opposition demande l’indemnisation des victimes de la crise

Plus de 100 000 familles déplacées regagnent leurs villages dans le département du Pool, après plusieurs mois d’absence.

A l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance de la République du Congo, l’opposition reste unanime. Celle-ci, conduite par Pascal Tsaty Mabiala, exige au gouvernement, dans une déclaration, que soit pris en compte la question de l’indemnisation des victimes de la crise du Pool (sud).  Estimés à plus de 100 000, les déplacés du Pool regagnent peu à peu leurs villages. Après une période de soulagement, les «retournés» continuent de vivre dans la précarité.

Les familles déplacées, de retour chez elles après plusieurs mois, voire plus d’un an, retrouvent des maisons détruites, des biens pillés, des champs détruits…

La question sanitaire est tout aussi mise en cause tout comme de l’eau potable. Les quelques rares puits que l’on trouve dans les villages sont insalubres et vecteurs de maladies.

Plusieurs déplacés se débrouille à reconstruire, petit à petit et à ses frais car aucun programme de dédommagement des sinistrés n’a encore été mis en place.

Message à la Nation : Sassou content du retour de la paix dans le Pool

Dans son message adressé aux congolais le mardi 14 août 2018, à l’occasion de la fête de l’indépendance de son pays, le président Sassou se dit confiant en ce qui concerne l’avenir.

À l’occasion de la célébration du 58ème anniversaire de l’indépendance du Congo, le président Denis Sassou N’Guesso a adressé mardi soir, un message à ses compatriotes. En dépit de la crise économique qui mine le pays, le génie congolais reste à son entendement une force pour le sursaut national.

Douze minutes, c’est le temps qu’a duré le message du président de la République. Axé sur les fondements même de la République autour des valeurs qui traduisent la devise : Unité Travail Progrès, le chef de l’État a traduit en cet anniversaire, un haut moment d’hommage aux pères de l’indépendance et des martyrs de la République.

Par delà les difficultés économiques actuelles, Denis Sassou N ‘Guesso a salué le peuple congolais pour sa patience et sa maturité.

De même, il a salué le retour de la paix dans le département du Pool (sud), la paix sans laquelle, rien de durable ne peut se réaliser, car l’avenir n’est nullement dans la violence. Aussi met-il l’accent sur les processus de désarment démobilisation et réinsertion.

Par delà les difficultés que connaît le pays, l’espoir est permis. Les avancées actuelles invitant à plus d’optimisme et de sérénité. Au prix d’efforts persévérants et opiniâtres, le Congo va se relever.

S’inscrivant dans la logique de son adresse du 30 décembre 2017, le président de la République a réaffirmé que sans complaisance, les dispositions en vigueur s’appliqueront dans la lutte contre les antivaleurs et il y veillera personnellement.