Congo : l’hôpital spécialisé Blanche-Gomez s’arrime au digital

La Fondation Congo Assistance a fait  un don de matériel informatique à la direction générale de l’hôpital mère-enfant, le mardi 10 mars 2020.

L’hôpital spécialisé Blanche-Gomez est au cœur de l’action de la première dame du Congo, présidente de la Fondation Congo Assistance (FCA) qui tient à ce qu’il devienne le centre de référence au Congo, concernant la mère et l’enfant.

« La première dame a estimé qu’il fallait porter un appui aux techniques pour que l’exigence de modernité se matérialise dans cet hôpital. Ce matériel informatique permettra à Blanche Gomez de se digitaliser et de faire en sorte qu’il y ait un suivi réel des patients et qu’il y ait une traçabilité sur les soins à administrer», a déclaré le secrétaire général de la Fondation, Michel Mongo, au cours d’une cérémonie, en présence des responsables de l’hôpital et ceux de Congo Assistance.

« Nous sommes convaincus que le directeur général de l’hôpital, sur la supervision de son président, fera un usage approprié de ce matériel. Ce qui nous donnera plus d’élan à vous accompagner davantage. C’est un long voyage qui commence à travers ce petit geste », a-t-il ajouté.

Le directeur général de cet hôpital a, au nom du personnel de l’hôpital, exprimé sa joie : « C’est avec beaucoup d’émotion et une grande satisfaction que je reçois ce présent de la part de la FCA que dirige notre mère. C’est un établissement que nous dirigeons certes avec beaucoup de difficultés, mais, je crois que nous saurons compter avec cette Fondation qui vient de marquer un pas important. C’est un grand plaisir que cette dame qui a pour principal cheval de bataille la santé de la mère et de l’enfant puisse penser à Blanche Gomez ».

Ce matériel, a-t-il dit, « nous permettra d’informatiser la gestion de Blanche-Gomez. Le système de gestion était encore manuel, c’était un travail pénible pour les acteurs qui s’occupent de ce département, mais, avec ce matériel, la gestion sera informatisée et nous pourrons prendre l’engagement que nous en ferons bon usage », a indiqué Jean Robert Mabiala Babela, ajoutant que « Lorsque nous avons présenté les difficultés de Blanche-Gomez, la FCA avait réagi. Elle avait fait la promesse de nous offrir des ordinateurs. Pendant que nous attendions cinq ordinateurs, elle nous en donne le double. C’est une satisfaction ».

Signalons que le don du matériel informatique fait suite à la promesse faite par la FCA lors de la deuxième session du comité de direction de l’hôpital au cours de laquelle les autorités avaient exprimé leurs besoins.

Congo : vers un accord entre le gouvernement, Glencore et Trafigura

Un accord qui permettra une restructuration d’une dette de 1,7 milliard de dollars.

Le gouvernement de la République du Congo espère conclure un accord avec les négociants de pétrole Glencore et Trafigura pour restructurer une dette de 1,7 milliard de dollars avant une réunion avec le Fonds monétaire international (FMI) qui se tiendra le mois prochain. L’information a été donnée par Maixent Raoul Ominga, le patron de la société publique du pétrole (SNPC).

La restructuration des prêts garantis par le pétrole congolais accordés par les négociants suisses est une condition préalable à de nouveaux décaissements du FMI. Ceci, conformément au programme de prêts de 449 millions de dollars sur trois ans, conclu en juillet dernier entre l’institution et Brazzaville. Déjà 45 millions ont été débloqués sur l’enveloppe totale.

Des sources proches du dossier ont confié à Reuters, il y a quelques semaines, que les pourparlers entre la République du Congo et les négociants en énergie suisses avaient échoué après que les entreprises eurent rejeté une réduction de la dette. Dans le cadre des nouvelles négociations, si les négociants acceptent une valeur inférieure par rapport au marché des actifs, le Congo dépensera moins pour le service de la dette.

Le FMI a estimé le fardeau de la dette de la République du Congo à près de 9,5 milliards de dollars, soit 85,5 % de son PIB, lorsqu’il a approuvé son programme de prêt triennal.

Pont-Route-Rail Brazzaville-Kinshasa : une table ronde prévue jeudi 19 mars

Il va s’agir de mettre sur pieds un cadre sous régional commun de négociation en vue de la mobilisation des ressources et des financements nécessaires à l’amélioration des infrastructures des transports.

La capitale congolaise Brazzaville va abriter une table ronde pour le financement des projets d’infrastructures en Afrique Centrale le jeudi 19 mars 2020. L’annonce a été faite au cours d’un point de presse tenu mardi 10 mars 2020, à Kinshasa, par le Vice-Premier ministre, ministre en charge des ITP, Willy Ngoopos et ses homologues du Plan, Elysée Munembwe, ainsi que du transport Didier Manzinga.

Il sera question de poser les bases d’un cadre sous régional commun de négociation en vue de la mobilisation des ressources et des financements nécessaires à l’amélioration des infrastructures des transports. Notons que quatre projets importants concernant la République Démocratique du Congo (RDC) ont été retenus parmi les 55 projets phares du programme des Investissements pour le Développement des Infrastructures en Afrique (PIDA).

Parmi les quatre projets qui concernent la RDC, on note la Construction du Pont-Route-Rail sur le fleuve Congo entre les villes de Brazzaville et Kinshasa.

Le coût estimatif de la construction du PRR s’élève à 550 millions USD. La BAD, positionnée comme chef de file des bailleurs va intervenir avec un montant de 220 millions dans son guichet privé, le gap sera couvert par le partenaire stratégique retenu à l’issue de la Table ronde du 19 mars 2020. Mais les travaux pour la construction du PRR ne pourraient démarrer qu’en 2023 et la mise en exploitation en 2028.

Rappelons que l’accord interétatique a été signé depuis le 11 novembre 2019, à Johannesburg.

Congo : chiffres-clés de l’usage d’Internet

La République du Congo enregistre près d’une cinquantaine de FAI pour le bonheur des internautes et des entreprises.

Il y a quelques années encore, une étude menée par des experts a affirmé que le Congo figure parmi les pays de l’Afrique où le taux d’accès à l’internet haut débit est un des plus faibles. Mais, au fil des années, de plus en plus d’Africains sont inclus dans le numérique et de nombreux opérateurs ont fait leur apparition sur le marché.

Une cinquantaine de fournisseurs d’accès Internet

Aujourd’hui, la concurrence bat son plein dans le secteur d’Internet au Congo. Le pays enregistre près d’une cinquantaine de FAI pour le bonheur des internautes et des entreprises. Parmi les plus grands fournisseurs de services Internet dans le pays figure Microcom RDC. L’opérateur est d’ailleurs le premier ayant proposé des services Internet sans fil dans le pays. Un sondage mené par Eventsrdc.com le place à la tête des meilleurs fournisseurs d’accès à Internet en 2019. Il est suivi par Kin Wifi et Orion Com.

Actuellement, les opérateurs dans le pays utilisent des technologies différentes pour proposer leurs services. Il y a d’abord la technologie 3G/4G proposée notamment par les opérateurs de téléphonie mobile locaux. Les accès Internet peuvent être directs en utilisant un smartphone, ou indirects via l’utilisation d’un modem comportant une carte SIM. Ensuite, il y a la technologie Wireless. Celle-ci repose sur une Boucle Locale Radio (WiFi ou Wimax). Puis, on trouve la technologie VSAT qui permet aux utilisateurs de se connecter à un satellite pour accéder à Internet. Enfin, la fibre optique permet de se connecter directement au backbone Internet mondial sans relais satellite.

Parmi les FAI proposant des accès 100 % fibre optique figure GBS Optical Fiber et Élite Neworks Premium. Le principal avantage de cette technologie est qu’elle est très peu sensible à la météo. En fonction des besoins des utilisateurs, les opérateurs proposent une offre bande passante dédiée et partagée, ainsi que des services au volume, illimités et limités. Le pays compte également un grand nombre de FAI proposant des accès Internet par satellite à ne citer que VSAT Satellite Broadband, BusinessCom VSAT, OneWeb Broadband Satellite, SpaceXBroadband Satellite et Thuraya IP. La technologie satellitaire offre une couverture très large. En revanche, comparée à la fibre optique, elle est un peu plus sensible à la météo. Des fournisseurs tels que Ajywa Telecom Standard Plus Internet quant à eux proposent aux internautes des accès web via la technologie DSL. Airtel Congo, Africell, Orange et Vodacom sont aussi présents sur le marché et proposent des accès Internet au grand public. Selon les chiffres, ces 4 opérateurs ont enregistré en 2019 une hausse de 18,47 % des souscriptions aux services Internet mobile. En termes de revenus, leurs services Data mobile ont généré 53,63 79,94 millions USD durant le second trimestre de l’année 2019.

Une autre étude effectuée en ligne par Target révèle que 84 % des utilisateurs sondés accèdent à Internet en se servant d’un appareil mobile (tablette, ou Smartphone). Selon cette même étude, les applications sociales, dont Facebook et Whatsapp, sont les plus utilisées par les internautes. En revanche, l’écoute de la musique en ligne fait partie des activités qui les intéressent le moins. Opéra Miini reste le navigateur le plus prisé par les utilisateurs.

Internet a ouvert le champ à de nouveaux métiers au Congo

L’arrivée d’Internet dans le paysage des entreprises dans la RDC a fait naître de nouveaux métiers. Cela a ouvert le champ à de nouvelles formes de communication en entreprises. Ce qui les a contraint à proposer de nouveaux postes comme : webmarketeur, social media strategist, traffic manager, etc.

Internet a également permis à ceux qui rêvent d’exercer en indépendant de lancer leur propre business. Il existe aujourd’hui un grand nombre de métiers pouvant être exercés en freelance. On peut par exemple devenir référenceur web, assistant virtuel, formateur en ligne, etc. Grâce à Internet, on peut même voyager et parcourir le monde tout en travaillant. Lancer une boutique en ligne figure par exemple parmi les activités que peuvent lancer un digital nomad. Pour cela, il peut créer une boutique shopify et vendre des produits en ligne en optant pour le dropshopping. Grâce à cette technique, il n’est pas nécessaire d’avoir une importante somme d’argent pour pouvoir lancer sa boutique. En effet, l’entrepreneur n’a pas besoin d’acheter des produits en stocks. Il doit juste passer par un dropshipper ou un fournisseur et sélectionner les produits qu’il souhaite proposer sur son site e-commerce. Il lui transfère également les commandes reçues et c’est le fournisseur qui se charge du packaging et de la livraison des clients.

Le blogging est une autre activité que peut exercer un digital nomad. Il suffit de trouver des thèmes qui intéressent les internautes. Puis, quand le blog commence à générer du trafic, le blogueur peut commencer à le rentabiliser via l’affiliation, la vente d’articles sponsorisés, la mise en place de bannières publicitaires, etc. Pour augmenter ses revenus, il peut créer plusieurs blogs.

Congo : la Dynamique mwana ya lobi entend offrir des formations aux jeunes

Ladite association que dirige Cédric Reich Dekambi, envisage de former gratuitement la couche juvénile dans le domaine du développement personnel, de l’informatique et de l’impression 3D.

L’ambition de pouvoir former ces jeunes a été dévoilée lors du lancement officiel des activités de l’association organisées récemment à Brazzaville sur le thème « Orientation, formation et insertion professionnelle des jeunes ».

La cérémonie avait regroupé les jeunes entrepreneurs et artisans évoluant dans le secteur informel représentant des administrations publiques ainsi que les acteurs de la société civile.

Cédric Reich Dekambi a défini à cette occasion l’orientation comme un moyen consistant à réduire l’échec scolaire et la déscolarisation qui vise à la fois à l’amélioration des systèmes éducatifs et celle des rapports entre l’éducation et la vie professionnelle. « L’insertion professionnelle n’a pas pour but principal de créer un emploi et d’offrir un salaire à une personne, mais plutôt de lui enseigner le savoir-faire pour lui fournir un accompagnement qui lui permettrait de trouver un emploi durable », a-t-il dit.

Christ Okandzé de l’association Académix a, pour sa part, souligné que la formation spécialisée sur la modélisation 3D permettra aux jeunes congolais férus du multimédia de dessiner à travers les logiciels tel que « Blender » plusieurs objets afin d’en imprimer en 3D. A partir de cette formation, poursuit-il, les apprenants seront également formés au montage vidéo.

Les représentants des administrations ont présenté des stratégies et projets qui consistent à encourager la jeunesse. A cet effet, ils ont invité les jeunes à contacter les ministères, notamment de la Jeunesse et de l’Education ainsi que celui de la Promotion de la femme pour présenter leurs doléances en matière de création d’entreprises.

Interrogé sur la participation des jeunes à cette cérémonie, Séraphin Yoan Ibiliki, également premier vice-président de La Dynamique mwana ya lobi, a loué l’engouement des jeunes à débattre des questions qui les concernent. Il a, par ailleurs, sollicité l’appui de tous les citoyens de bonne volonté à venir en aide à l’association pour leur permettre d’échanger encore de plus avec les jeunes.

Notons que la cérémonie a été marquée de la remise des diplômes d’honneur aux membres d’association ainsi qu’à une exposition des articles produits par les jeunes artisans. Parmi ces articles figurent les produits culinaires, vestimentaires, objets d’arts « Made in Congo » et bien d’autres.

L’association « La Dynamique mwana lobi » a été créée en janvier de l’année en cours. Elle regroupe en son sein plusieurs associations des jeunes. L’objectif est de promouvoir les métiers numériques, de l’audiovisuel et de l’artisanat ainsi que la science, l’innovation et l’entrepreneuriat.

Elle favorise également l’orientation scolaire et professionnelle ainsi que la synergie entre les organisations non gouvernementales des jeunes.

Salon de l’artisanat féminin : timide mais riche en produits

Ouvert le 4 mars dernier, cet espace culturel présente une variété immense de produits, résultat du génie des femmes.

Les femmes présentent leur génie créateur aux yeux du monde à travers le salon de l’artisanat qui se tient à Brazzaville depuis le 04 mars dernier. Ce rendez-vous de la découverte a commencé timidement mais les visiteurs arrivent avec le temps.

« Nous avons lancé officiellement cette exposition-vente, le 4 mars, par l’ouverture technique des stands. Plus de cinq cents personnes ont déjà visité les stands, et les artisanes ont fait un chiffre d’affaires d’environ deux millions francs Cfa.», a précisé Serge Gaston Mondélé, directeur général de l’Agence nationale de l’artisanat (ANA).

Pour plusieurs de ces exposantes, l’essentiel n’est pas de faire des chiffres tout de suite mais de faire découvrir les richesses du Congo, et bien sûr leur créativité.

« Les gens visitent les stands mais achètent timidement les articles. Mais nous sommes bien conscientes que cela est dû à la crise économique qui continue de sévir dans le pays. Le plus important pour nous est que le public découvre notre génie créateur et notre savoir-faire », a confié Lydie Solo.

Pour l’Agence nationale de l’artisanat, cette exposition qui prend fin le 14 mars prochain, s’inscrit dans le cadre du plan stratégique de la promotion de l’artisanat initié par le gouvernement, dont de nombreuses activités sont en gestation.

Congo : Extra musica revient avec un maxi single « Patati-Patati »

Le groupe musical congolais a profité de la journée internationale des droits de la femme pour présenter officiellement son single.

Patati-Patati, c’est le nouveau single du groupe Extra Musica. Sa présentation officielle a eu lieu dimanche 08 mars, jour de la commémoration de la journée internationale de la femme. Il faut le dire ce n’est pas un choix anodin.

Le concert  de Roga Roga est intervenu après deux autres  donnés par son  groupe le 1er Janvier de cette année à la Corniche de Brazzaville et le 1er mars au bord de la Mer à Pointe-Noire. Si les deux premiers ont été des spectacles grand public (gratuits), celui du 8 mars a été  payant,  question de tester la popularité du groupe après sa dislocation au dernier trimestre de l’an 2019.

Devant un public venu très nombreux (en majorité les femmes), l’orchestre a fait un show dont on le sait capable. Le groupe Extra Musica a été à la hauteur des attentes du public.

Le Congo désormais relié au Cameroun par un tronçon routier de 300 km

La route dite d’intégration, inaugurée par le chef de l’État congolais, relie la localité de Ketta, au Congo, et le poste frontière de Ntam. Elle fait partie du corridor Brazzaville-Yaoundé.

Sous un soleil de plomb juste après avoir coupé le ruban marquant la mise en service de ce tronçon routier, le président Denis Sassou Nguesso a parcouru sans encombre les 63 kilomètres qui séparent la ville de Souanké et le poste frontalier de Ntam où il est arrivé sous une menace de pluie.

« Le village que vous voyez de l’autre côté, c’est Ntam Cameroun. Et, nous étions tout à l’heure à Ntam Congo. Le Congo relié au Cameroun, nous y sommes », se réjouit le président congolais.

Restaurateur de nationalité camerounaise installé au Congo depuis presque quinze ans, Méféré Mohamed, salue la réalisation du projet.

« Grâce à Dieu, aujourd’hui c’est comme un rêve qui se réalise. Nous pouvons aujourd’hui quitter Souanké (au Congo) à 6h du matin et qu’on se retrouve à Yaoundé à 15h. Cette route de la CEMAC (Communauté économique des États de l’Afrique centrale) nous rend la vie plus légère et plus facile », se félicite  Mohamed.

Député à l’Assemblée nationale, Henri Zoniaba invite les jeunes des villes et villages desservis par la route au travail de la terre, afin de donner sens à son statut de route d’intégration et d’intérêt économique.

« J’invite les populations de la Sangha [région congolaise traversée par la route, ndlr] à tout faire pour viabiliser cette route, sinon à quoi elle nous servirait », dit Zoniaba.

Après le Gabon en 2014, le Cameroun est le deuxième pays de la sous-région relié au Congo par une voie bitumée.

Cette voie de communication destinée au désenclavement de l’hinterland des deux pays a coûté 103 milliards de FCFA. La Banque africaine de développement (BAD) l’a préfinancée à 90%.

Morgue de Brazzaville : plus de 400 corps abandonnés

Le président de l’Union des syndicats des mairies du Congo (Usymco), Bertin Essami,  déplore le nombre élevé des corps abandonnés dans les morgues de la capitale congolaise.

« Le nombre des corps abandonnés dans les morgues de Brazzaville est de 473 dont 382 à la morgue municipale, 57 à Makélékélé et 34 à Talangaï », s’est plaint Bertin Essami, précisant que « ces corps sont abandonnés par les familles dont le revenu ne répond pas aux coûts élevés d’inhumation et d’autres se sont des inconnus ».

Bertin Essami s’est également dit préoccupé du fait que la mairie ne disposait plus actuellement de cimetière public puisque la portion de terre achetée à Mayitoukou, département du Pool, au sud du pays, tend vers sa saturation.

« D’ici à quelques jours, on ne parlera plus de cimetière public à la mairie de Brazzaville. La population est obligée de se rabattre sur les cimetières privés où elle est contrainte de débourser d’énormes sommes d’argent », a-t-il encore déploré, annonçant que des démarches entreprises actuellement par les autorités municipales en vue d’acquérir quelques terrains supplémentaires pour étendre la superficie du cimetière de Mayitoukou.

Après l’échec dans l’ouverture du cimetière public de Matari, dans le septième arrondissement de Brazzaville, Mfilou, la mairie a annoncé récemment l’acquisition des espaces à Ignié, dans le département du Pool, où des Brazzavillois pourraient enterrer les leurs à des coûts assez raisonnables. Mais, l’initiative tarde à se concrétiser.

Explosion de Brazzaville : huit ans après, les victimes demandent toujours réparation

Le 4 mars 2012, une explosion dans un dépôt de l’armée au cœur de Brazzaville secoue la ville, faisant des centaines de victimes et plus de 2000 blessés. Les victimes attendent toujours d’être indemnisées.

Les habitants de Brazzaville se sont souvenus ce 4 mars de l’explosion du dépôt de munitions de Mpila qui a officiellement tué 300 personnes et fait quelque 2.300 blessés.

Quelques semaines après cette explosion en 2012, le gouvernement avait alloué une prime de relogement de 3 millions de francs CFA à chaque famille touchée. Ce soutien financier devait être suivi d’autres actions, telles la reconstruction des maisons ou l’indemnisation des parents des victimes. Huit ans plus tard, ces promesses ne sont pas réalisées.

Huit ans après, les victimes attendent toujours d’être indemnisés.

Si certaines réclament la reconstruction de leurs maisons qui ont été rasées lors du désastre, d’autres n’ont toujours pas reçu le dédommagement d’un proche tué dans cette explosion. Nombreux parmi ceux qui ont été blessés disent attendre à ce jour des soins médicaux appropriés. Des amputés lamentent le fait qu’ils n’ont pas reçu de bonnes prothèses.

Pourtant le temps passe vite. Sylvie Mbon, relogée à Kintele, à une quarantaine de kilomètres du centre-ville, est revenue voir les ruines de ce qui autrefois était sa belle maison familiale. « C’est ici que j’ai grandi. Là-dedans, mon père et mon petit frère ont disparu. Nous avons pu retrouver et enterrer les restes de papa, mais pas le cadet », témoigne-t-elle entre deux sanglots.

« Mais je ne pleure pas à cause des disparus, c’est parce que l’Etat nous a abandonnés. Notre maison n’est pas reconstruite et la mort de notre frère n’est pas dédommagée. C’est triste », ajoute-t-elle.

Sylvie n’est pas seule dans son cas.

« C’est l’Etat qui avait stocké ses explosions ici dans un quartier populaire. Nous avons perdu les parents, les maisons et autres biens. Le gouvernement ne dit rien », déplore Alphonse Mobali, une autre victime, habitant le quartier Kanga Mbandji.

Dans le voisinage de l’ancien quartier Mpila rasé par l’explosion, une société chinoise a achevé la construction de quelque 800 logements sociaux. Ce projet, lancé en 2009, a coûté 29,3 milliards de francs CFA à l’Etat congolais.

Mais ces nouvelles maisons ne sont toujours pas occupées.

Elles coûtent trop cher, entre 14 et 42 millions de francs CFA, selon l’une des agences immobilières qui les gèrent. Selon la loi, les victimes du drame du 4-mars sont prioritaires pour l’occupation de ces logements sociaux.

« Ils savent que nous n’aurons jamais les fameux 40 millions pour accéder à ces maisons. Elles sont là, elles traînent », fait constater Sylvie Mbon.

Un montant hors de portée en effet si on considère qu’en République du Congo un homme gagne en moyenne 119 000 francs CFA par mois – et une femme beaucoup moins, soit 60 000 francs – selon un rapport de la Banque mondiale datant de 2017.

En juin 2013, les autorités ont organisé un procès qui a abouti à la condamnation de six personnes dont un officier supérieur, le colonel Marcel Ntsourou, condamné à cinq ans de travaux forcés. Un verdict qui n’avait pas totalement satisfait les victimes, car sur le civil, la justice ne s’était pas prononcée sur des indemnisations.

Le gouvernement avait pris en charge les obsèques des personnes décédées dans cette explosion, et l’inhumation avait eu lieu dans un cimetière spécial au centre-ville. Les premières années, un hommage officiel a été réservé à leur mémoire. Depuis deux ans, ce rituel n’est plus observé.