Libye : Denis Sassou N’Guesso fait de nouvelles propositions de sortie de crise

En marge du 30e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA), le chef de l’Etat congolais, en sa qualité de président du Comité de haut niveau de l’UA sur la crise libyenne, a présenté une nouvelle feuille de route de sortie de crise.

Présenté en plénière, le texte porte sur les activités menées par le Comité depuis la présentation du dernier rapport, en fin janvier 2017. En outre, une mission d’information et de consultation dépêchée par Denis Sassou N’Guesso l’an dernier à Tripoli, à Al-Bayda et à Benghazi visait à recueillir des informations plus complètes sur la situation politique et sécuritaire en Libye auprès des principaux acteurs de la crise libyenne. A l’issue des échanges avec les différentes parties, des points de consensus et des exigences propres à chacune des parties avaient été soulignés.

Après s’être félicité de l’évolution du processus de sortie de crise, le chef de l’Etat congolais s’est tout de même inquiété du sort réservé à la feuille de route de Brazzaville. Aussi a-t-il exhorté ses pairs à faire entendre la voix de l’Afrique et à adopter une solution commune. Pour lui, la voix de l’Afrique doit être écoutée, et la place de l’UA, notamment celle de son comité de haut niveau dans le règlement de la crise Libyenne doit être précisée.

« Les pays africains doivent être solidaires des décisions de notre institution continentale. Il est impérieux de prendre en considération des opinions libyennes qui demandent à l’Afrique de ne pas abandonner la Libye », a indiqué le chef de l’Etat.

Il convient, a-t-il proposé, « de tenir une rencontre entre les Nations unies et l’UA, en vue d’établir des passerelles pour la gestion conjointe UA-ONU du dossier Libyen », ajoutant qu‘« Il est nécessaire de préparer d’ores et déjà le forum réunissant les acteurs politiques, militaires et la société civile libyenne pour mieux organiser les élections ». « Le cri de cœur des acteurs Libyens doit interpeller l’UA », a conclu Denis Sassou N’Guesso.

Depuis la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye peine à retrouver le chemin de la paix et de la réconciliation nationale. Le pays demeure dans un état déplorable et vit au rythme imposé par des milices qui s’affrontent, selon qu’elles sont rattachées ou non aux différentes tribus ou aux grandes composantes du pays.

Crise du Pool : Prince Nsana satisfait de l’accord de cessez-le-feu

Le président du PDR a également émis le souhait de voir toutes les armes ramassées restituées à l’autorité publique.  

Le président du Parti des démocrates pour le renouveau (PDR) s’est réjoui, le 31 janvier à Brazzaville, de l’accord de cessez-le-feu et de cessation des hostilités ainsi que du projet d’amnistie en cours à l’endroit du pasteur Ntoumi en vue de ramener la paix dans le département du Pool.

« Le PDR salue cet accord puisque nous pensons que c’est déjà un pas vers le dialogue, lequel d’ailleurs a commencé bien avant quand le chef de l’Etat a reçu les sages de ce département et, en tant que parti du centre, nous en sommes satisfaits. Nous avons condamné avec force ces hostilités et le centre dont nous faisons partie n’est pas un va-t-en-guerre. Nous sommes là pour jouer à la modération », a laissé entendre Prince Nsana, avant d’espérer que l’opération de démobilisation, désarmement et réinsertion des combattants soit efficace.

Le président du PDR a également émis le souhait de voir toutes les armes ramassées restituées à l’autorité publique.  « La question du Pool ne doit pas être mystifiée. Evitons surtout les amalgames »,a-t-il conclu.

Pool : plus de cinq cents personnes déplacées reçoivent des ballots de friperie

L’objectif de ce don est pour l’ONG une façon d’apporter tant soit peu sa contribution aux personnes du 3e âge du département du Pool déplacées après les émeutes des miliciens ninjas.

Les bénéficiaires identifiés depuis le mois de novembre dernier ont reçu, le 28 janvier, des mains du coordonnateur national de l’ONG « Livre du Congo Blanc », Garcel Dubblon, un don de vêtements au siège de l’organisation à Mfilou-Ngamaba, le 7e arrondissement de Brazzaville. 

 

Le don a été composé de ballots de friperie, de vivres ainsi que de frais de transports. Il permettra à ces personnes vulnérables d’exercer un petit commerce par le biais de leurs familles d’accueil, a expliqué Garcel Dubblon.

Peu avant la distribution, il a exprimé son amour envers cette catégorie de personnes. « L’organisation ne pouvait pas rester indifférente à votre souffrance causée par la bêtise humaine. Les hostilités organisées dans ce département ont conduit à l’arrêt brutal de vos activités quotidiennes. Nos portes sont ouvertes pour vous accueillir et bien d’autres personnes au cas où, vous éprouveriez le besoin de nos services », a-t-il indiqué.

Après avoir réceptionné le don, Bernard Mafoua, un agriculteur de Kibouendé âgé de 75 ans, a salué l’initiative de l’ONG. Le geste est très grand, a-t-il expliqué, avant d’ajouter que cela leur permettra de vendre ces vêtements d’occasion et tirer le maximum de bénéfices pour survivre avec leurs familles d’accueil.

Notons que l’organisation « Livre du Congo Blanc » est une association créée en 2010. Elle œuvre dans le cadre social entre les institutions de développement socio humanitaire et de préservation de l’environnement. Son action s’inscrit dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie de la vieillesse au Congo en apportant des aides sanitaires et administratives. Parmi ses activités menées, figurent des dons en faveur de ces personnes, des formations de jeunes en langues étrangères au Congo, en médecine, ainsi que l’organisation de conférences sur l’impact socio-économique du vieillissement au Congo et bien d’autres.

Fifi Tamsir Niane Cochery fait un hommage à Jean Rouch

Durant presque tout le mois de février, l’Institut français du Congo (IFC) organisera une exposition dénommée Boulevard d’Afrique sur le thème : « Boulevard Jane et Jean Rouch ». Elle est consacrée à l’œuvre cinématographique du grand cinéaste français, Jean Rouch et son épouse.

L’une des artistes formées par Jean Rouch, Fifi Tamsir Niane Cochery, invitée à l’exposition de Brazzaville, évoque, avec forts souvenirs, dans un entretien exclusif avec Les Dépêches de Brazzaville, celui qui lui a donné le goût de devenir actrice du cinéma.

Assise dans son luxueux salon de la case De-Gaulle dans le deuxième arrondissement de Brazzaville, Bacongo, Fifi Niane Cochery nous reçoit jovialement pour réaliser une interview sur un personnage qui l’a beaucoup marquée. D’entrée de jeu, elle nous demande d’être plus détendus que d’habitude, parce qu’elle va parler de son « père spirituel », presque tuteur.

A la question de savoir comment elle s’était rencontrée avec Jean Rouch, Fifi Cochery répond, toute souriante : « J’avais à peine 22 ans, en 1986, quand je regardais l’émission de télé Le cinéma de minuitet je tombe sous le charme de Moi un noir, un film de Jean Rouch.  J’ouvre le bottin téléphonique et je trouve le numéro du réalisateur, je l’appelle et je tombe sur Jane, son épouse. Je prends un rendez-vous et ainsi commence ainsi notre relation professionnelle ».

A cette époque, poursuit-elle, Niane n’avait l’idée ni l’ambition de devenir cinéaste. Après quelques années de fréquentation de Jean Rouch et la participation comme figurante dans les films de Rouch, elle prend goût du cinéma.

Le premier film de Niane sous la conduite de son mentor est sa première pièce de théâtre dénommée: Bac ou mariage réalisée en 1988. Ce film traite d’une histoire d’amour. En effet, à Dakar, Soukey qui vient d’obtenir son brevet apprend que son père a choisi pour elle entre le baccalauréat et le mariage, en lui faisant épouser un vieux polygame directeur d’usine. Soukey se révolte et tente de s’enfuir, aidée par ses amis.

Evoquant la forte implication de Jane dans les œuvres de son époux, Niane Cochery a constaté que pendant le centenaire d’hommage à Jean Rouch, rendu dans beaucoup de pays, notamment en France, on a parlé peu de son épouse, Jane.

Niane se donne le plaisir, a-t-elle indiqué, de rendre hommage à cette femme de culture qui lui a permis de rencontrer son époux. « Son regard de l’Afrique est bien souvent associé, et les gens ne le savent pas, à celui de son épouse », a-t-elle expliqué.

De son vivant, Jean Rouch a visité plusieurs pays africains, a laissé entendre Niane avant d’ajouter, cela reste à vérifier que Jean Rouch était également au Congo et aurait son studio de montage ou de réalisation à Pointe-Noire, la ville économique. « C’est bien dommage, parce que le temps ne m’a pas permis de vérifier l’exactitude de cette information », a-t-elle indiqué.

Notons que du 3 au 23 février, il est prévu à IFC, entre autres activités :  une projection du « Petit à petit », un film hommage à Jean Rouch et une conférence-débat sur le thème : « Jean Rouch et le cinéma », avec la participation de Fifi Tamsir Niane Cochery (artiste), Pierre-David Fila (cinéaste), Véronique Joo’ Aisenberg (responsable de la cinémathèque Afrique à l’Institut français de Paris) et Ana Lisa de Santana Afonso (représentante de l’Unesco au Congo).

Retenons que Jean Rouch est décédé en 2004 et son épouse Jane Rouch en 1987.

Crises dans le Pool : Pascal Tsaty Mabiala propose la tenue d’une table ronde

Le premier secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale ( Upads) estime que seul un colloque peut aider à cerner l’origine des conflits récurrents que connaît le département depuis 1963.

Le premier secrétaire de l’Upads a donné son point de vue sur la résolution définitive de la situation du Pool devant les militants et sympathisants de son parti, le 27 janvier, lors de l’assemblée générale de la coordination départementale de Brazzaville. « Il faut une table ronde sur le Pool pour voir pourquoi des crises à répétition dans ce département. Tous les régimes qui se sont succédé dans ce pays depuis Youlou ont eu des problèmes avec le Pool. Il faut qu’on s’asseye pour voir cela. », a-t-il martelé.

En ce qui concerne Frédéric Bintsamou, Pascal Tsaty Mabiala a signifié que « ce dernier doit venir à Brazzaville en homme libre, le faire asseoir, parler avec lui pour reconstruire le Pool ».

Outre le problème du Pool, le premier secrétaire de l’Upads a évoqué d’autres questions, notamment celle de l’alternance démocratique en rappelant aux militants que leur parti doit réfléchir sur les moyens de reconquerir le pouvoir.

 « Voilà  vingt ans que nous sommes à l’opposition et il nous faut maintenant réfléchir sur les moyens de repartir au pouvoir. Depuis 1997, la réalité politique a fait que nous restons à l’opposition pour préparer l’alternance et c’est cela le fonctionnement démocratique. On est à l’opposition pas pour y demeurer et même au pouvoir pas pour y rester indéfiniment non plus, il faut l’alternance. Nous sommes des démocrates convaincus, des républicains et il faut qu’on s’en donne les moyens mais pas par la violence. », a-t-il souligné.

La tâche ne sera pas facile, a reconnu Pascal Tsaty Mabiala qui compte surtout sur les jeunes et les femmes du parti. « C’est notre responsabilité, c’est votre responsabilité », a-t-il lancé.

Abordant le volet économique du pays, le premier secrétaire de l’Upads s’est, entre autres, appesanti sur le programme de municipalisation accélérée qui a été, selon lui, une mauvaise politique pour développer l’arrière-pays. Certes, a-t-il souligné, beaucoup de réalisations ont été faites mais de façon trop rapide. « En six ou douze mois, il fallait un stade, un aéroport, un palais dans une même localité. Il fallait au contraire procéder par la décentralisation. C’est par le biais de la décentralisation qu’on allait voir nos départements se reconstruire avec tous les secteurs multiplicateurs d’emplois. », a argumenté le premier secrétaire de l’Upads, désormais chef de file de l’opposition congolaise. Il a enfin appelé les militants de son parti à l’unité et la cohésion pour d’autres victoires à l’avenir. 

Coopération sanitaire : le Congo et l’Ordre de Malte liés par un protocole d’accord

La signature du document a eu lieu le 30 janvier à Brazzaville par la ministre de la Santé et de la population, Jacqueline Lydia Mikolo, et le président des Œuvres hospitalières françaises de l’Ordre de Malte, Yann Baggio.

Le protocole d’accord signé entre le Congo et l’Ordre de Malte fixe les axes de coopération sanitaire. Il s’agira, pour les Œuvres hospitalières françaises de l’Ordre de Malte, de contribuer à la réalisation des campagnes de vaccination, à la prise en charge médicale des patients souffrant de la lèpre, du paludisme, de la tuberculose, de la malnutrition, des maladies tropicales négligées et celles liées à la mortalité infantile. L’Ordre de Malte participera également au plan de riposte contre les endémies, la formation du personnel de santé, et approvisionnera les structures de santé en équipements, en médicaments, en vaccins et consommables. « Au niveau de la Likouala notamment, cet accord nous permettra de renforcer notre action dans la prise en charge sanitaire de la population autochtone, dans la réduction du taux de mortalité infantile et améliorer la protection maternelle à travers la gestion de Saint Kisito à Brazzaville », a expliqué le président Œuvres hospitalières françaises de l’Ordre de Malte, Yann Baggio.

La ministre de la Santé et de la population s’est dit satisfaite de la signature de cet accord d’autant plus que l’Ordre de Malte est disposé à aider le Congo dans l’offre des soins de santé de qualité à la population vivant dans des contrées reculées, parfois difficilement accessibles. Le cas du département de la Likouala, dans la zone septentrionale du pays, où le partenaire du Congo est à pied d’œuvre sur plusieurs projets actuels et futurs.  Dans le cadre de ce protocole d’accord, le ministère facilitera l’obtention des conditions spéciales sur les biens d’équipements hospitaliers, les médicaments et produits de laboratoire, les travaux de construction ou de réhabilitation des bâtiments…

L’Ordre de Malte mène depuis plusieurs années déjà des projets de santé au Congo, notamment dans le département de la Likouala. L’accord qui vient d’être signé est le deuxième du genre.  Le premier, à en croire Yann Baggio, était moins précis sur des axes vers lesquels l’action devrait être menée. Ce nouvel texte, par exemple, en mentionnant expressément les programmes de santé concernés, pallie les insuffisances du premier.  Le Congo n’est pas l’unique pays d’Afrique à travailler main dans la main avec l’Ordre de Malte dans le domaine sanitaire. Vingt-et-un autre pays d’Afrique subsaharienne sont concernés, selon les explications du président des Œuvres hospitalières françaises de l’Ordre de Malte.

Extension du réseau d’eau potable : trois sociétés soumissionnent à l’appel d’offres

Le groupement Sogea, Satom, SGEC congo et Razel puis Eiffage et Denys se portent candidats pour réaliser les travaux d’extension, de renouvellement du réseau de distribution et de branchement à Brazzaville.

L’ouverture des plis relatifs au projet a eu lieu le 30 janvier, à Brazzaville. Les montants proposés par les soumissionnaires varient entre dix-neuf et quarante-six milliards de FCFA.

Les travaux se focaliseront sur la fourniture et la pose de canalisation d’eau potable assortie de branchement et d’accessoires. Il s’agit notamment du réseau d’adduction d’eau potable à étendre sur 690 km, du renouvellement du réseau sur 211km et de l’extension à hauteur de 62 631 branchements. Parmi les compléments opérationnels du projet portant sur l’extension en zone périphérique et le renforcement du service d’eau potable à Brazzaville, figurent la fourniture et la pose de câble électrique souterrain de 20kv, de canalisation sur 2,8 km et de deux réducteurs de pression.

Trois pompes seront remplacées pour un débit total de 225 m3/h. 83 vans du réseau primaire de distribution d’eau de Brazzaville y compris divers accessoires. De même, il est prévu la construction d’une station de pompage de 37m3/h.

« La problématique du développement durable conduit à la réorganisation des services de proximité. Celle-ci se traduit par une amélioration substantielle des prestations offertes à la population aux nombres desquelles la mise en place d’un arsenal d’infrastructures de base de dispositifs susceptibles de la mettre à l’abri des maladies hydriques », a indiqué la coordonnatrice des marchés publics et de la réglementation, Caddy Elisabeth Ndala.

Signalons que l’Agence française de développement accompagne financièrement le gouvernement dans son programme visant à augmenter la capacité de production d’eau et à moderniser les réseaux de sa distribution en zone périphérique et à Brazzaville.

Marchandises : difficile approvisionnement de Brazzaville

Le trafic sur la Route nationale 2 (RN2) devient de plus en plus difficile à cause des multiples taxes routières et de la détérioration des routes. Ces difficultés sont en partie à l’origine de la flambée des prix de certains aliments sur les marchés de la capitale.

Une grande quantité de poisson boucané (fumé) ou frais, des sacs de manioc, de l’huile de palme et autres aliments de base consommés à Brazzaville empruntent la RN2. Des marchés forains ont été créés pour faciliter la distribution de ces produits alimentaires, à savoir les marchés Bouemba, Liranga, Bokouele, Bohoulou, Makotipoko, Ngabé et Mongolo.

Jeanne Kanga, une commerçante au marché Bouemba, à Brazzaville, connaît bien les conditions de transport sur la RN2 pour avoir effectué plusieurs voyages entre la capitale et cette localité, à bord des gros véhicules. A l’époque, a-t-elle confié, le transport d’un panier de poisson boucané lui coûtait sept cents francs CFA, mais il a subitement galopé à mille francs C FA.

« Les prix du poisson varient en fonction du marché, on peut trouver à quinze mille francs CFA ou vingt mille francs CFA. Le transport est devenu trop cher, car il faut encore payer mille francs FCFA sur chaque panier de poisson », a expliqué la commerçante. Pour trouver du poisson frais, elle traverse à Makotipoko en pirogue en compagnie d’autres commerçantes.

Deux autres commerçants, Amadou Souley et Hugues Lenga, rencontrés respectivement sur les marchés Liranga et Boukouele, évoquent les mêmes difficultés. Ils accusent les transporteurs d’avoir augmenté les coûts de transport sous prétexte de pénurie de carburant et de tracasseries routières. « Les camions n’arrivent plus à temps. Les produits s’abîment parfois pendant les trajets, c’est finalement nous qui sommes des perdants », a décrié Hugues Lenga.

L’un des responsables du syndicat des transporteurs, Sylvestre Okana, pose les réels problèmes que connaît le secteur. D’après lui, c’est d’abord les nombreuses taxes arbitraires et l’état de la route. A l’époque, les transporteurs payaient les taxes une seule fois au lieu du chargement soit à Oyo, Bouemba ou Ollombo, la même quittance était valable jusqu’à Brazzaville. Mais actuellement, chaque camion peut dépenser plus de cent mille francs CFA tout le long du voyage.

Entre Brazzaville et le Port d’Oyo, a expliqué le syndicaliste, chaque camion doit verser au moins trente-six mille francs CFA aux différents postes de gendarmerie. A Oyo, il paie douze mille francs CFA ; à Ollombo, on demande cinq mille francs FCFA ; à Gamboma, cinq mille, à Ngo sept mille et PK 45, sept mille également, a dénoncé Sylvestre Okana. Presque les mêmes montants sont versés au conseil départemental, aux différents postes de police à Gamboma, Ngo, Lefini, Djiri, y compris aux routiers rencontrés le long de la RN2.

« Nous sommes obligés de payer ces taxes, parce que le cas échéant nous ne pouvons pas passer.Alors un commerçant achète un panier de poisson boucané ou un sac de manioc, par exemple, à quinze mille francs CFA sans les nombreuses dépenses, il sera obligé de revendre à plus de quarante mille afin de gagner quelque chose », a estimé Sylvestre Okana.

La route est devenue presque impraticable, surtout entre Massa et Ingah; entre Inga et Ngo, ainsi qu’entre Gamboma et Ollombo. Dans ces conditions, les camions enlisés perdent toute une journée pour s’en sortir. Le syndicat exhorte les autorités à prendre des mesures draconiennes pour mettre un terme à ces tracasseries et réhabiliter les routes dégradées et pleines de bourbiers.

Brazzaville : accroissement du phénomène « Bébés noirs »

Alors qu’on le croyait éradiqué ou maîtrisé par les forces de l’ordre, le spectre continue de faire parler de lui dans la ville capitale où des paisibles citoyens sont parfois tués ou agressés à longueur de journée.

Le dernier acte en date est l’agression, le 29 janvier, d’un adolescent de 16 ans dans le 6e arrondissement, Talangaï. Alors qu’il tentait de rallier le cimetière de la Tsiémé, le jeune Mardochée a été agressé dans l’après-midi par un groupe de bandits appelé « Les Américains », usant des lames de rasoir et des marteaux. Demeurant sur l’avenue de l’Intendance, à Talangaï, Mardochée, fréquente une école privée située dans la rue Mossaka.

En effet, par manque d’aire de jeu, les élèves de cet établissement ont choisi le cimetière de la Tsiémé comme terrain par excellence pour les cours d’Education physique et sportive (EPS). Le 29 janvier, cet adolescent que nous avons surpris dans un commissariat de police de la place avec des cicatrices aux bras et au dos, en compagnie de son père, un adjudant des Forces armées congolaises (FAC), a été victime d’une agression de la part des « Bébés noirs ».

« Apparemment, c’est un condisciple qui les a orientés vers moi, parce qu’il me reprochait de ne plus lui donner de l’argent ces derniers temps. C’est aux environs de 16 h, hier, que j’ai été agressé. Ils m’ont d’abord ligoté avant de me donner un coup de marteau sur la nuque et de griffonner sur mon corps, tout en soulignant que si tu cries, on te tue », raconte Mardochée, dont les deux bras portent les écrits « GPC » et le dos » les USA/GPC » pour désigner les « Américains ».

Dans le lot, l’adolescent a pu retenir le visage de « Gorza », un sujet ouest-africain qu’il estime être le chef du groupe. Informé de la situation, son père et autres membres de la famille auraient averti le commissariat central de police de la Tsiémé sur un éventuel affrontement qui pourrait les opposer à ce groupe de bandits. C’est aux environs de 18 h qu’ils ont mis la main sur quatre des cinq malfrats dans une maison inachevée située au bord de la rivière Tsiémé, avant de les conduire au commissariat de police de Ouenzé- Mandzandza ( situé dans la rue Mbochi), réputé dans ce genre d’opération. « Nous les avons surpris en train de prendre les stimulants parmi lesquels du Tramadol et du chanvre », a témoigné l’adjudant.

Selon des témoignages, des dizaines de jeunes délinquants sont actuellement dans ce commissariat de police, en attendant probablement leur transfèrement à la Maison d’arrêt de Brazzaville. Pour rappel, il y a quelques semaines, une femme de ménage a été abattue par un autre groupe de bandits au quartier lycée Thomas-Sankara, dans le 9e arrondissement, Djiri, en pleine journée. Les présumés auteurs arrêtés par les services de police ont été récemment présentés au public par le directeur général de la police, le général Jean François Ndenguet.

Que faire des « bébés noirs » ?

La question mérite d’être posée d’autant plus que le phénomène prend de plus en plus l’ampleur dans la ville capitale. En effet, si dans tous les quartiers de la ville ils sont regroupés au sein des écuries portant des noms comme « les Américains » ou « les Arabes », les actes odieux sont souvent observés dans la partie nord et ouest, notamment Talangaï, Djiri et Mfilou.  Ce sont des insoucieux surtout lorsqu’ils se retrouvent en face de ceux qu’ils considèrent comme des adversaires. Les paisibles passants y font souvent des frais. Ces violences sont également signalées en milieu scolaire où des élèves des établissements différents s’affrontent. Il fut un moment où la population était même obligée de se faire justice devant ces citoyens inciviques qui agressent des gens avec des armes blanches.

« Que devons-nous faire des bébés noirs ? », s’est interrogé un commissaire de police, pointant du doigt le parquet de Brazzaville qui parfois libère  les auteurs de ces actes crapuleux, une fois transférés à la Maison d’arrêt.

Le comportement des jeunes congolais a récemment interpellé le président de la République, dans son message sur l’état de la nation en 2017. « Les jeunes doivent s’imprégner des grands principes de la République et du respect de l’Autre et du bien public, pour garantir l’avènement d’une société plus fraternelle qui éloigne, aujourd’hui et demain, de la violence et de l’incivisme en prônant l’observation stricte des valeurs morales », indiquait Denis Sassou N’Guesso.

Sécurité, gouvernance et délestage au menu des journaux congolais

La volonté des Nations Unies d’apporter leur aide au Congo dans le cadre du processus de démobilisation, désarmement et réinsertion dans le pool, les problèmes de gouvernance et les nombreux délestages de courant font ce mercredi la une des journaux congolais.

« Processus de démobilisation ,désarment et réinsertion dans le pool :l’ONU entend apporter son aide au Congo »,titre le bihebdomadaire La semaine Africaine d’après qui : « une dévaluation technique et d’appui des Nations Unies, chargée des questions de désarmement, de démobilisation et dé réinsertion des ex combattant, qui séjourne depuis le 22 janvier à Brazzaville a rassuré le président de l’assemblée congolaise, Isidore Mvouba le 27 janvier à l’issue d’une audience de sa volonté d’aider le Congo dans son programme de DDR ».

« Recensement physique des agents de la fonction publique : où sont passés les huit milliards F.CFA pour recenser des agents fictifs de l’Etat en 2016? », s’interroge l’hebdomadaire Polélé-Polélé  avant de souligner que : « ces huit(8) milliards de F.CFA n’ont pas été utilisés à cette fin. En affirmant que seuls près de cinq milliards FCFA ont été décaissés pour le dénombrement physique ou virtuel des agents de la fonction publique en 2016.».  « Mais qu’en –a-ton fait du reste ? », s’interroge à nouveau le journal.

S’intéressant à l’insécurité à Brazzaville , les Dépêches de Brazzaville, sous le titre : « Recrudescence du phénomène « Bébés noir », écrivent : « alors qu’on le croyait éradiqué ou maîtrisé par les forces de l’ordre, le spectre continue de faire parler de lui dans la ville capitale où les paisibles citoyens sont parfois tués ou agressés à longueur de journée».

Selon l’unique quotidien du pays, « le dernier cas en date est l’agression le 29 janvier d’un adolescent de 16 ans dans l’arrondissement six Talanguaï au nord de Brazzaville alors qu’il traversait un cimetière».

La Semaine Africaine parle, pour sa part, de santé en s’intéressant à la résurgence des cas de lèpre dans le département de la Likouala (Nord  Congo) et au dépistage de deux cas à Brazzaville et Nkayi (dans le Niari au sud du Congo) .

Ce bihebdomadaire se fait l’écho de l’énervement des clients de la Société nationale d’électricité (SNE) face aux délestages dont ils sont victimes et il écrit à ce propos : « l’énervement de ces clients atteint son comble le samedi soir et ensuite le dimanche soir en plein match Nigéria-Angola comptant le CHAN 2018 au Maroc et le match Congo-Libye».

Et le confrère de se demander si la SNE ne devrait pas déduire de ses factures les dommages causés aux appareils de ses abonnés par les brusques coupures de courant.