Congo : incertitude pour les réfugiés rwandais sans statut

Après le génocide des Tutsi au Rwanda de 1994, quelques milliers de Rwandais se sont réfugiés au Congo, un pays d’Afrique centrale d’environ 5 millions d’habitants.

« On me dit de repartir. Repartir où? Faire quoi là-bas? Tout le monde est mort », murmure Gilbert Bigirimana, 18 ans, réfugié rwandais dans un camp de réfugiés au nord du Congo-Brazzaville qui n’a jamais foulé le sol du Rwanda.

Comme lui, ils étaient encore 10.000 Rwandais fin 2017 au Congo Brazzaville. En majorité Hutus, ils ont fui après le génocide des 800.000 Tutsis et le massacre des Hutus modérés perpétrés par des Hutus (forces de sécurité, milices extrémistes, autorités, population) entre avril et juillet 1994.

Ils se sont d’abord installés en République démocratique du Congo (RDC) avant d’en partir à la fin des années 1990 vers le Congo-Brazzaville, fuyant les deux guerres du Congo, contre-coup du génocide rwandais.

Aujourd’hui, ils attendent dans l’incertitude, et la grande majorité d’entre eux, 9.200, ont perdu leur statut de réfugié début 2018.

« Lorsque les conditions qui ont poussé au départ des réfugiés ont disparu, on invoque la clause de cessation » du statut de réfugié, explique Jean-Claude Kourouma, chef du bureau du Haut-Commissariat de l’ONU (HCR) de Betou, ville du nord du Congo qui accueillait près de 1.900 réfugiés rwandais en 2017.

Critiquée par des ONG congolaises, cette décision de cessation du statut de réfugiés s’est appliquée le 31 décembre 2017 pour les réfugiés rwandais du Congo. « Les personnes n’ayant pas bénéficié de l’exemption se trouvent désormais en situation irrégulière sur le territoire congolais », a ainsi récemment déclaré le gouvernement de Brazzaville.

Avant cette date butoir, une centaine de Rwandais avaient fait le choix du retour. D’autres les ont suivis depuis.

« Cinq familles ont, elles, fait le choix de l’intégration locale », explique Jean-Claude Kourouma: ces familles ont entamé des démarches avec les autorités rwandaises afin d’obtenir un passeport, qui leur permettra ensuite de faire une demande pour être naturalisées congolaises.

« On va nous massacrer »

Pour d’autres, comme Gilbert Bigirimana, l’avenir est encore très incertain.

Pour lui, pas question de repartir dans un pays qu’il ne connaît que par les témoignages – réels ou fantasmés – de ses compatriotes, en majorité des Hutus qui ont fui en 1994 à l’arrivée au pouvoir de la rebellion tutsi du FPR dirigée par Paul Kagame, l’actuel président rwandais.

« Kagame privilégie sa +race+. Si on retourne là-bas, on va nous massacrer », redoute Gilbert, un Hutu. Adoptée en 2003, la Constitution du Rwanda place l’ « éradication des divisions ethnique » au rang de ses principes fondateurs.

« Je suis orphelin de père, je n’ai que ma mère mais elle est très malade, elle dort », raconte ce jeune Rwandais, né en 2007.

Depuis que sa famille et lui ont perdu leur statut de réfugiés, la situation s’est compliquée.

« Ils ont coupé nos rations. C’est moi qui travaille seul, pour nourrir mes cinq petits frères et soeurs. Je cultive un petit jardin, et j’essaie d’aller à l’école. Mais comment je peux tout faire tout seul? »

« Je préfère rester ici jusqu’à ce qu’on m’enterre », conclut le tout jeune homme.

Années d’errances

« Je resterai là tant qu’il y a la paix », jure de son côté Antoinette Mokamakombe, une Rwandaise de 28 ans à l’orée du camps de réfugiés de Betou, à quelques encablures de Gilbert Bigirimana.

Contrairement à ce dernier, elle a pu conserver son statut de réfugié grâce à une exemption de la clause de cessation du statut.

« J’ai eu le droit car mon cas est exceptionnel », raconte la jeune femme de 28 ans.

Exceptionnel, car depuis son départ du Rwanda en 1994, Antoinette n’a fait que fuir ses terres d’accueil, d’une guerre à l’autre : le Rwanda, puis la RDC qu’elle quitte quand la guerre éclate à la fin des années 1990, ensuite la Centrafrique, qu’elle fuit en 2013 quand le conflit embrase le pays.

Difficile d’en savoir plus sur ses années d’errances. Elle ne veut pas s’y attarder, invoquant les fortes migraines qui l’assaillent lorsqu’elle fouille sa mémoire.

Comme elles, quelques 802 réfugiés rwandais du Congo ont pu bénéficier de cette exemption, qui « concerne les personnes visées par leur origine, ou dans une situation particulière qui menace leur sécurité », explique Jean-Claude Kourouma.

« Il n’y a pas de génocidaires qui aurait pu bénéficier du statut de réfugié », précise-t-il.

Après le génocide des Tutsi au Rwanda de 1994, quelques milliers de Rwandais s’étaient réfugiés au Congo, petit pays d’Afrique centrale d’environ 5 millions d’habitants.

Un million avait fui dans l’est de l’ex-Zaïre, l’actuelle République démocratique du Congo. De passage à Goma dimanche, le Haut-commissaire des Nations unies aux réfugiés, Filippo Grandi, a promis de faciliter le retour dans leur pays des Rwandais toujours présents dans l’est de la RDC.

Afrique centrale : la CEEAC prépare la mise en place de l’académie pour l’aviation civile

Cette nouvelle structure va permettre aux États membres de mobiliser les ressources pour la formation dans le but de la sécurisation de l’espace aérien dans la sous-région.

 

Du 6 au 7 avril 2018 à Brazzaville, au Congo, les ministres des Transports, des pays membres de la communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale, ont pris part  à la réunion de lecture du rapport d’étude de faisabilité pour la mise en place de l’Académie pour l’aviation civile en Afrique Centrale.

Cette nouvelle structure va permettre aux États membres de mobiliser les ressources pour la formation dans le but de la sécurisation de l’espace aérien dans la sous-région. L’académie régionale de l’aviation civile est censée pallier l’insuffisance du personnel qualifié, en formant les jeunes aux métiers et en mettant en œuvre les programmes de formations spécifiques nécessaires de l’aviation civile.

Selon le ministre Estelle Ondo, la création de cette institution de formation académique de proximité en Afrique Centrale, dédiée aux métiers d’aviation civile, revêt un caractère prioritaire. Cela est dû, d’après toujours le membre du gouvernement, au fait que l’Académie permettra aux États membres de s’acquitter des obligations qui leur incombent vis-à-vis de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) dans les domaines clés de la sécurité, de la sûreté et de l’environnement.

On sait par ailleurs que cette institution sera réalisée dans le cadre du projet d’appui au renforcement des capacités institutionnelles de la CEEAC par le fonds africain de développement (FAD). La secrétaire générale adjointe de la CEEAC, Marie Thérèse Chantal Mfoula, a, pour sa part, profité de cette occasion pour lancer un appel aux bailleurs des fonds internationaux à s’investir dans la formation des cadres à travers l’académie d’aviation civile.

Enfin, selon le Premier ministre congolais, Clément Mouamba, l’académie régionale d’aviation civile « permettra à l’industrie du transport aérien en Afrique centrale de se doter de personnel en nombre suffisant aux compétences avérées et aptes à répondre aux exigences les plus pointues du transport aérien de notre temps ».

Congo : l’Italie enquête sur un possible dossier de corruption impliquant Eni

Le groupe pétrolier italien est déjà mis en cause dans des affaires de corruption internationale similaires au Nigeria et en Algérie.

La justice italienne enquête sur une possible affaire de corruption au Congo Brazzaville impliquant le groupe pétrolier Eni, qui s’est défendu vendredi de toute conduite illicite.

Le groupe italien est déjà mis en cause dans des affaires de corruption internationale similaires au Nigeria et en Algérie. Bretelle

Suite à des informations du quotidien Il Corriere della Sera, la société a confirmé avoir reçu jeudi “du procureur de Milan une demande de remise de documents en relation avec certaines activités menées au Congo en 2009 et 2014”.

“La requête fait suite à deux autres reçues en 2017″, a-t-elle ajouté, en précisant qu’Eni avait “déjà procédé à la remise de la documentation demandée”.

Le groupe a en outre confirmé des perquisitions dans les bureaux de deux responsables d’Eni.

Il a assuré ”être totalement étranger aux conduites illicites présumées” faisant l’objet de l’enquête, affirmant “opérer dans le plein respect des lois établies par les Etats souverains”, et s’est engagé à continuer à collaborer avec la justice afin que “la plus grande clarté puisse être faite sur cette affaire”.

Selon les médias italiens, six personnes physiques et morales sont visées par cette enquête qui concerne le possible versement de pots-de-vin par Eni au Congo dans le cadre du renouvellement de concessions pétrolières.

Outre la société Eni figurent deux responsables d’Eni: le chef des activités d’exploration et de production, Roberto Casula, et la manager Maria Paduano.

D’après les médias, le groupe italien aurait accepté d’intégrer dans ses contrats des sociétés congolaises indiquées par le gouvernement, dont l’AOGC (Africa Oil and Gas Corporation) de Denis Gokana, conseiller du président du Congo Denis Sassou Nguesso. Et ceci pour au moins 10% de la valeur des contrats estimés à 350 millions d’euros.

Des représentants du gouvernement congolais auraient bénéficié de ces 10% à travers des participations dans des “sociétés écrans”.

Eni est poursuivi pour deux autres dossiers de corruption internationale devant le tribunal de Milan.

Il doit être jugé avec Shell à partir du 14 mai pour corruption au Nigeria. La justice soupçonne le versement de pots-de-vin lors de l’attribution en 2011, pour 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros), d’une licence pour l’exploration du bloc pétrolier offshore OPL-245.

Il comparaît aussi pour corruption en Algérie: une amende de 900.000 euros a été requise le 26 février à son encontre ainsi que plus de six ans de prison contre son ex-patron Paolo Scaroni.

Environnement, société et justice en vedette dans la presse congolaise

Les bonnes perspectives pour le parc Tokou-Pikounda au nord-Congo, la colère des commerçants contre les autorités du ministère du commerce, les interrogations sur les prisonniers qui pourront être jugés lors de la session criminelle ouverte le 29 mars dernier et le rapatriement par le HCR de la première vague des réfugiés centrafricains sont les principaux sujets traités ce vendredi par la presse congolaise.

« Aires protégées : de bonnes perspectives pour le parc Tokou-Pikounda », titre le quotidien Les dépêches de Brazzaville. « Situé à cheval des départements de la Cuvette et de la Sangha, le parc sera désormais cogéré par le Congo et l’Ong internationale WWF, au terme d’un accord conclu par les deux partis (…) le texte prévoit de lutter contre le braconnage, le commerce illicite des espèces de la flore et de la faune sauvage ainsi que l’assurance de la gestion durable des concessions forestières et la promotion de la certification FSC ».

Pour sa part, le bihebdomadaire La Semaine Africaine s’intéresse à la colère des commerçants contre l’administration en charge de la collecte des taxes et écrit à ce propos que « les syndicats des commerçants sont en colère contre la direction départementale de la concurrence, de la consommation et la répression des fraudes à qui ils demandent le respect de la réglementation de recouvrement des taxes».

L’hebdomadaire La griffe revient, lui, sur la session criminelle, ouverte le 29 mars dernier, et, sous ce titre interrogatif : « Session criminelle du parquet de Brazzaville : qui ne sera pas jugé ? », il affirme sur la base de sources concordantes que « certains ne verront pas leurs dossiers traités avant le 20 avril 2018, en citant spécifiquement le cas des prisonniers comme Jean marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa et autres Jacques Banagandzala qui croupissent à la maison d’arrêt de Brazzaville. »

Sur un tout autre plan, Les dépêches de Brazzaville révèlent qu’« une première vague des réfugiés centrafricains au total 32, a quitté Brazzaville le 5 avril par l’aéroport Maya-maya».  Et l’unique quotidien du pays d’ajouter : « Selon le haut commissariat des nations unies(HCR), qui assure la logistique, près de 800 candidatures sont actuellement enregistrées et trois autres convois sont envisagés pour les 12,19 et le 23 avril. »

UNIFAC : le Congo sera face à la RDC, samedi 07 avril

La RDC affronte le Congo Brazzaville, samedi au stade Ahmadou Ahidjo à Yaoundé, en match de la 1ère journée du tournoi de l’Union des fédérations de football de l’Afrique centrale (UNIFFAC).

Le tirage au sort effectué mercredi à Felicia Hôtel de Yaoundé a mis les Diables Rouges du Congo de moins de 20 ans sur le chemin des Léopards de la RDC en groupe B que les deux pays partagent avec la RCA et la Guinée Equatoriale. Les Diables Rouges sont détenteurs du titre.

Le groupe A est composé de : Tchad, Sao Tomé et Principe, Cameroun. Le Gabon, placé également dans ce groupe A, a été disqualifié pour n’avoir pas confirmé sa participation dans le délai. Il en est de même de la Guinée Equatoriale qui s’est déplacée avec des joueurs sans passeports.

Le Congo et l’Unesco envisagent d’approfondir leurs relations

En mission de travail à Brazzaville, le sous-directeur général de l’Unesco pour l’Afrique, Firmin Edouard Matoko, a échangé, le 4 avril, avec plusieurs autorités congolaises, dont le Premier ministre, Clément Mouamba, et le ministre de l’Enseignement supérieur, Bruno Jean Richard Itoua.

Avant de s’entretenir avec le ministre de l’Enseignement supérieur, en sa qualité de président de la Commission nationale pour l’Unesco, Firmin Edouard Matoko et sa délégation ont évoqué quelques aspects de la coopération avec le ministre de la Culture et des arts, Dieudonné Moyongo, la ministre de la Jeunesse et de l’éducation civique, Destinée Hermella Doukaga, et le Premier ministre, Clément Mouamba. « J’ai eu l’occasion de discuter avec les différents ministres, notamment de la Culture, la Jeunesse et l’éducation civique, pour évoquer quelques points de coopération. Vous savez que le ministre de l’Enseignement est également président de la commission nationale congolaise pour l’Unesco. Donc, il est de mon devoir d’avoir des entretiens plus approfondis avec lui, parce que c’est lui qui coordonne les activités de cette agence au niveau du pays », a expliqué le Congolais Firmin Edouard Matoko, à sa sortie d’audience avec Bruno Jean Richard Itoua.

En effet, plusieurs dossiers liés à la culture, notamment les sites du patrimoine culturel, ont été évoqués. Avec le ministre de l’Enseignement supérieur, ils ont discuté des questions liées à la qualité de l’éducation et à la formation des enseignants. Le but étant, a-t-il dit, d’améliorer la qualité de l’éducation qui est un grand défi non seulement pour le Congo mais aussi pour l’Afrique.

« Nous avons aussi évoqué des sujets liés aux nouvelles formes d’éducation, qui s’appuient sur le numérique, notamment la formation à distance et en ligne. Toutes ces questions font évidemment partie du mandat de l’Unesco et nous espérons les approfondir. Nous avons déjà des pistes de collaboration, nous espérons approfondir davantage ces questions et mettre en place des programmes qui vont accompagner le Plan national de développement économique du Congo », a promis Firmin Edouard Matoko.

Notons que lors de son séjour en terre congolaise, le sous-directeur général par intérim de l’Unesco pour l’éducation a, par ailleurs, coupé le ruban symbolique marquant l’ouverture de la bibliothèque numérique de cette agence onusienne à Brazzaville. À la tête d’une forte délégation, comprenant, entre autres, le directeur régional du bureau de Yaoundé pour l’Afrique centrale, Salah Khaled, la représentante de l’Unesco au Congo, Ana Elisa de Santana Afonso, et le représentant de l’Unesco en République démocratique du Congo, Abdourahamane Diallo, Firmin Edouard Matoko a aussi participé à la cérémonie de lancement du projet sur l’éducation à la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Le Congo et le Gabon seront interconnectés

La cérémonie inaugurale de l’interconnexion par la fibre optique entre les deux pays aura lieu le vendredi 06 avril 2018, à Bakoumba.

Ce vendredi 6 avril 2018, se tiendra à Bakoumba, le chef-lieu du département du Lékoko, dans le Haut-Ogooué, la cérémonie inaugurale de l’interconnexion par la fibre optique entre le Gabon et Congo (Brazzaville), en présence du gouverneur et du ministre de l’Économie numérique, Alain Claude Bilié-By-Nzé et son homologue congolais, Léon Juste Ibombo.

Après plusieurs années de travaux, l’interconnexion entre le Gabon et Congo (Brazzaville), par fibre optique sera effective vendredi prochain. Elle engendrera entre autres, comme retombées l’augmentation de l’extension géographique du réseau de fibre optique et la réduction du coût des services de communication.

Né de la volonté des chefs d’État de l’Afrique centrale qui, lors du Sommet de la Cemac de Ndjamena en mai 2007, ont adopté une déclaration commune appelant la mise en œuvre d’un réseau de télécommunications haut débit, en cohérence avec la stratégie d’intégration régionale, le projet communautaire CAB (Central African Backbone) a déjà permis d’interconnecter le Cameroun avec celui du Tchad, ainsi qu’avec la Guinée équatoriale à travers le câble sous-marin NCSCS (Nigeria and Cameroon Sub-marine Cable System).

Education, culture et migration se partagent la Une au Congo

Le lancement d’un projet sur l’éducation en nutrition et sécurité alimentaire, le festival international du livre et des arts plastiques (FILAF) qui bat son plein à Brazzaville, et les 600 réfugiés centrafricains qui sont prêts à rentrer sont au menu de la presse congolaise de ce jeudi.
Les Dépêches de Brazzaville abordent le volet éducation avec le lancement d’un projet conjoint PAM, Unesco et gouvernement congolais sur la nutrition et la sécurité alimentaire.

« D’une durée de deux ans, ce projet lancé le mercredi à Brazzaville par l’Unesco) et le Programme alimentaire mondial (Pam), avec l’appui du gouvernement congolais s’inscrit dans le cadre de la réalisation des objectif de développement durable 2016-2030», explique le journal.

Selon ce confrère, ledit projet vise à améliorer les compétences des personnels du système éducatif, à adapter les programmes d’éducation à celui de la nutrition à celui lié à la nutrition et les compétences des jeunes et des femmes en la matière.

L’hebdomadaire La griffe fait un clin d’œil à l’éducation et constate « encore des promesses de recrutement dans la fonction publique ».

Selon le journal, face aux menaces de grève brandies par les enseignants bénévoles, le vice-premier ministre, Firmin Ayessa, a encore fait des promesses aux prestataires et volontaires de l’éducation.

« Migration : Près de 600 réfugiés centrafricains candidats au retour volontaire», informe Les dépêches de Brazzaville, qui écrit souligne que « le haut-commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR) lance ce jeudi à Brazzaville l’opération de rapatriement volontaire des ressortissants centrafricains réfugiés au Congo».

Nos confrères précisent que parmi ces réfugiés estimés « à plus de 32.508, un peu plus de 600 sont concernés par cette opération».

Le bi-hebdomadaire La semaine Africaine traite de la culture avec « la deuxième édition du festival international du livre et des arts plastiques (FILAF) » qui bat son plein à Brazzaville.

« Plusieurs auteurs et écrivains venus de l’Europe et d’Afrique participent à ce festival qui se déroule du 3 au 7 avril 2018 sur le thème +Penser et raconter l’Afrique, l’Afrique pensée et racontée», indique le journal.

Le HCR entend faciliter le rapatriement des réfugiés centrafricains au Congo

Une première vague de trente personnes a quitté Brazzaville, le 5 avril, par l’aéroport international Maya-Maya sous la coordination de l’agence onusienne qui a assuré la logistique pour ce retour volontaire vers Bangui.

Installés au Congo, notamment à Brazzaville, Pointe-Noire et en grand nombre à Bétou, dans la Likouala, depuis quatre ans pour certains voire plus pour d’autres, les réfugiés centrafricains ont déclaré être ravis de regagner leur pays, en dépit de l’insécurité qui persiste dans certaines zones.

« On est mieux chez soi, c’est pourquoi j’ai décidé de m’inscrire à cette opération. J’invite mes compatriotes qui hésitent encore à se décider. Quant à ceux qui pensent encore rester au Congo, je leur demande de respecter les lois du pays d’accueil », a déclaré Stéphanie Goupandé, tenant à la main sa fille âgée d’environ 4 ans.

Arrivé lui, en 2015 à Brazzaville, Apassi Diak Léo, sourire au rebord des lèvres, affiche une mine joviale. « Je me sens comme un ange qui s’envole de Brazzaville pour Bangui, terre de mes ancêtres », lâche-t-il à la presse.

Saluant en passant l’hospitalité du peuple congolais, notamment des Brazzavillois après avoir passé trois ans avec eux, ce jeune homme, la trentaine révolue, dit devoir sa survie à Brazzaville grâce aux petits métiers.

« Je suis content de repartir au bercail où les conditions s’y prêtent actuellement, précisément à Bangui où vivent mes parents et qui m’ont motivé à décider pour ce retour », ajoute Diak Léo. Il a demandé, en passant, à la force publique congolaise d’avoir plus d’égard vis-à-vis des porteurs de carte de réfugié.

Entre embrassades, consignes et échanges en sango (langue nationale de la Centrafrique) avec les leurs venus les accompagner à l’aéroport Maya-Maya, ces réfugiés ont déclaré que repartir chez eux relève d’une décision personnelle et volontaire, ce qui explique leur joie, au regard du nombre que représente cette colonie en terre congolaise. 

« Actuellement, nous continuons de recevoir des demandes de retour volontaire et avions déjà enregistré quelque huit cents demandes, en dehors des cent premiers partis le 31 mars dernier à partir de Bétou », a précisé le responsable communication du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Congo, Mohamed Ag Assory.

En République du Congo, a-t-il indiqué, le HCR a sous son mandat environ 32 508 réfugiés centrafricains qui vivent à Brazzaville, Pointe-Noire et pour la plus grande partie dans la Likouala, notamment à Bétou, en raison de la proximité avec la République centrafricaine (RCA) qui fait frontière avec le Congo.

Un acte volontaire et sans contrainte

S’agissant des procédures de rapatriement, elles s’enclenchent dès lors que les réfugiés expriment en âme et conscience leur volonté de retourner dans leur pays. Le HCR s’implique simplement pour réunir au maximum les conditions logistiques pour favoriser ce retour, en tenant compte de certains aspects, à savoir la zone d’accessibilité et du niveau de la sécurité du lieu de retour.

Outre ce premier convoi au départ de Brazzaville, trois autres devront s’effectuer les 12, 19 et 22 avril. Pour sa réussite, l’agence onusienne travaille en coordination avec les deux pays (Congo et la RCA), mais également son agence sœur de Bangui qui se charge d’accueillir les réfugiés à l’arrivée.

Pour le HCR, le rapatriement volontaire est l’une des trois solutions durables qui s’offre aux réfugiés, outre l’intégration locale et la réinstallation dans un pays tiers.

Par ailleurs, vu la situation qui, de façon générale, reste délicate en RCA, ce retour concerne essentiellement Bangui, la capitale, et la préfecture de la Lobaye (sud-ouest), précisément dans les localités de Mongoumba où la situation sécuritaire rassure.

Lancement du projet sur l’éducation à la sécurité alimentaire et nutritionnelle

Le projet vise à améliorer les compétences du personnel du système éducatif dans l’adaptation du programme d’éducation à la nutrition à leur contexte.

Fruit de la coopération entre l’Unesco, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le gouvernement congolais, le projet vise à améliorer les compétences du personnel du système éducatif dans l’adaptation du programme d’éducation à la nutrition à leur contexte.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Bruno Jean Richard Itoua, a lancé le 4 avril à Brazzaville, en sa qualité de président de la Commission nationale congolaise pour l’Unesco, le projet portant sur l’éducation à la sécurité alimentaire et nutritionnelle en République du Congo. En effet, outre l’amélioration des compétences, ce projet d’une durée de douze mois vise également à perfectionner les compétences des femmes, des adolescents et jeunes dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Le coordonnateur résident du système des Nations unies au Congo, Anthony Ohemeng Boamah, a rappelé que deux récents rapports sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition confirmaient que des carences nutritionnelles et une mauvaise santé des enfants en âge d’être scolarisés étaient une des causes de faible taux de scolarisation, d’absentéisme élevé, d’abandon précoce et de mauvais résultats scolaires. Selon lui, il est important que ces questions d’alimentation et de nutrition soient traitées de manière efficace à travers les politiques et programmes de santé, d’hygiène et de nutrition destinés aux élèves et au personnel enseignant.

Il a aussi rappelé que des enfants des ménages pauvres étaient plus affectés par la malnutrition chronique que ceux des plus riches. Ils participent, a-t-il ajouté, de moins en moins à l’éducation dans l’échelle des niveaux d’enseignements, sont moins présents dans le secondaire et accèdent difficilement à l’enseignement supérieur. « Les données du PAM relatives aux cantines scolaires en République du Congo révèlent que le taux de fréquentation est en moyenne de 97,74% dans les écoles assistées par le PAM contre 80% au début du projet. Le taux d’abandon est de 3% contre 7% en moyenne au début du projet. Des efforts doivent être entrepris en vue de donner aux enseignants, aux apprenants et aux jeunes des connaissances, des aptitudes et des compétences en vue de la promotion de l’hygiène alimentaire et de l’utilisation de bonnes pratiques alimentaires leur permettant de se nourrir convenablement », a souligné Anthony Ohemeng Boamah.

Des résultats encourageants obtenus

Lançant le projet, le ministre Bruno Jean Richard Itoua a indiqué que le gouvernement est déterminé à assurer une alimentation scolaire durable, de bonne qualité et à base des produits locaux pour tous les enfants inscrits dans les écoles primaires à l’horizon 2025. « L’alimentation scolaire de bonne qualité est indubitablement un des piliers de la stratégie et des politiques qui doivent nous y conduire.  L’intérêt croissant porté par la population pour une éducation de qualité se conjugue désormais avec demande de mise en œuvre d’une alimentation scolaire de même nature, donc de l’implantation des cantines scolaires », a déclaré Bruno Jean Richard Itoua.

Il a, par ailleurs, rappelé que l’alimentation scolaire a eu des répercussions positives sur les indicateurs aussi importants dans les différents départements du pays. Ainsi, s’agissant des taux de fréquentation, ils sont estimés à 94% dans la Bouenza ; 96% dans les Plateaux et le Pool ; des taux de rétention on note 96,50% ; 98% dans la Cuvette et le Pool ; 97% dans les Plateaux. Quant aux taux d’abandon, ils sont de l’ordre de 3,5% dans la Bouenza ; 2% dans la Cuvette et le Pool ; 3% dans les Plateaux. Au regard de ces résultats qu’il juge satisfaisants, Bruno Jean Richard Itoua a remercié l’Unesco et le PAM qui, à travers l’accord conclu avec le Congo, ont permis de tels progrès pour l’ensemble de la communauté éducative et plus spécialement pour les enfants scolarisés à bas âge.

« Le Congo s’engage à mettre en œuvre toutes les déclarations et conventions internationales auxquelles il est partie prenante dans le domaine de l’éducation, de la nutrition et de la sécurité alimentaire dont la Convention internationale sur les droits de l’enfant ; les ODD adoptés par les Etats-membres de l’ONU… pour mettre fin à la sous-nutrition », a-t-il conclu.

Notons que cette cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation technologique, Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou, et du sous-directeur général de l’Unesco pour l’Afrique, Firmin Matoko. Elle a été ponctuée par la remise d’un échantillon des documents pédagogiques sur diverses thématiques, produits par l’Institut national de recherche et d’action pédagogiques, grâce au partenariat entre l’Unesco, le Fnuap, l’Unicef et autres partenaires techniques et financiers.