Brazzaville : fermeture des dépôts pharmaceutiques illégaux

A travers une opération qui s’inscrit dans le cadre des actions de lutte contre la vente illicite des médicaments de la rue.

Les vendeurs des produits contrefaits des différents marchés de la ville capitale ont été surpris, le 9 juillet, dans les premières heures de la matinée, par l’opération menée par les services de la sécurité publique, en collaboration avec le ministère de la Santé publique.

L’opération s’inscrit dans le cadre des actions de lutte contre la vente illicite des médicaments de la rue, menées depuis des années par le ministère de la Santé et de la population, en partenariat avec l’Ordre des pharmaciens du Congo et le Syndicat national des pharmaciens du Congo.

Quelques vendeurs interrogés dans plusieurs sites où s’exerce l’activité ont indiqué que cette fois-ci, ils ont été surpris par l’opération dès 4 h du matin pour les uns et 5 h pour les autres. Les tables vides, les commerçants ont été plongés dans un grand désarroi.

Selon eux, aucun commerçant n’a eu la possibilité de sauver ses produits. Les services de la sécurité publique chargés de mener cette opération de destruction avaient déjà quadrillé les lieux. « Au moment où je vous parle, je ne sais quoi faire, parce que ma marchandise a une valeur de deux millions de FCFA. Je suis locataire, marié et père de deux enfants. Que deviendrais-je après tout ceci ? Je vois que l’Etat me renvoie chez mes parents avec cette charge ou dans la rue pour faire le banditisme », a indiqué l’un d’eux.

Une autre a ajouté: « Nous étions surpris hier par le mouvement des policiers autour de 4 h du matin. Nous avons tout perdu car la police passait dans chaque dépôt où elle a ramassé tous nos médicaments. La majorité d’entre nous ne dépend que de cette activité. Certains ont perdu la marchandise de six millions, d’autres de neuf millions de francs CFA ».

Ils ont, en outre, expliqué qu’après cette opération, certains d’entre eux se sont retrouvés à l’hôpital suite à des crises puisqu’ils ne vivaient que de ce commerce qui leur permettait de prendre en charge leur famille. « Nous ne vendons pas de faux médicaments, je suis prêt à me justifier partout parce que ce ne sont pas que des produits indiens ou nigérians mais aussi des produits français qui sont vendus dans les pharmacies. Parmi les vendeurs de ces médicaments, d’autres ont fait des études en pharmacie et en médecine », a déclaré un commerçant.

Pour les usagers de ces produits illicites vendus à ciel ouvert, l’opération menée n’inquiète pas seulement les vendeurs. Elle a des conséquences néfastes sur la vie de la population qui s’en procurait à bas prix.

Elle constitue également un manque à gagner pour certaines administrations, notamment la mairie, les Impôts et les services de commerce. Ils ont estimé que ces administrations seront pénalisées dans la collecte des recettes publiques. Du côté du ministère de la Santé et de la population, aucune autorité compétente n’a voulu donner des éclaircissements sur l’évolution de cette opération de police menée discrètement.

Archives du Congo : la France s’implique

La délégation conduite par l’ambassadeur de France au Congo, Bertrand Cochery, a eu une séance de travail, le 10 juillet, avec le ministre congolais de la Culture et des arts, Dieudonné Moyongo.

La directrice générale du patrimoine des archives de France au ministère de la Culture, Odile Welfelé, séjourne à Brazzaville. Elle a répondu à l’invitation du ministre congolais des arts et la culture, Dieudonné Moyongo.

Pour l’ambassadeur de la France au Congo, Bertrand Cochery, l’objet de cette séance de travail, « c’est d’essayer de voir ce que l’on peut faire en termes de sauvetage, conservation, consultation, présentation, mise en valeur des archives du Congo. Les archives du Congo sont des archives de l’Afrique équatoriale française (AEF), donc c’est un passé qui est important et essentiel pour ce pays et pour d’autres Africains aussi. Il ne faut pas perdre de vue qu’aujourd’hui, nous sommes dans le monde de la numérisation, donc circulation des traces, des images, des textes qui peuvent être ainsi consultables par un plus grand nombre d’internautes, de chercheurs, d’historiens. Ainsi, on peut écrire une nouvelle page de l’histoire de nos relations. De même que cela a été fait en Afrique de l’ouest, on doit le faire aujourd’hui ici au Congo, à Brazzaville ».

S’agissant du bâtiment du Centre de formation et de recherche en art dramatique (Cfrad) écroulé, Bertrand Cochery pense que l’importance c’est d’abord de sauver le contenu, c’est-à-dire les archives et la réhabilitation du mur viendra après. « C’est la raison pour laquelle parmi les différents contacts que j’avais pris à la suite de la visite du Cfrad, pour moi, la chose la plus importante c’était qu’il puisse y avoir une mission des archives françaises pour sauver ce qui est du tout précieux. Les murs, on verra dans un deuxième temps. Le plus essentiel, c’est d’abord la conservation des archives pour qu’il n’y ait pas d’endommagement des papiers qui sont malheureusement fragiles, parce que les papiers ne vieillissent pas toujours bien », a-t-il précisé.

La numérisation et les nouvelles technologies, un atout pour les jeunes générations

La directrice générale du patrimoine des archives de France au ministère de la Culture, Odile Welfelé, a déclaré à l’issue de la réunion qu’elle est venue sur invitation du ministère de la Culture et des arts du Congo, pour étudier et faire un état des lieux sur cette question des archives historiques qui sont à la fois sur la forme papier le trésor national du pays. Au-delà de la simple question des archives de l’AEF, l’ensemble des archives papiers, c’est quelque chose qui permet à la nation de connaître son histoire, a-t-elle indiqué. Elle a ajouté que la numérisation et les nouvelles technologies sont un atout pour les jeunes générations qui, aujourd’hui, n’ont plus trop envie de passer trop du temps sur les livres, sur les journaux qu’ils déplient, ayant envie de tout avoir sur leur téléphone.

« Ce que nous portons comme projet, c’est un renouvellement de cette tradition archivistique de la conservation du mémoire avec un support adapté au bout d’une population de tous les âges depuis les enfants de l’école jusqu’aux étudiants qui seront peut-être des futurs historiens, des futurs hommes politiques qui ont besoin de connaître leur histoire. Cette numérisation permettra cette valorisation et cette construction d’un nouveau chemin vers un patrimoine conservé et communiqué », a-t-elle souligné.

Quant aux archives papiers, Odile Welfelé a fait savoir que les visites des sites qu’elle a éffectuées, le 9 juillet, ont montré une action du ministère de la Culture. Un bâtiment va être mis à la disposition du directeur des archives nationales pour transférer très rapidement ces archives historiques papiers dans ce bâtiment provisoire, qui est en très bon état et qui permettra aux équipes de travailler tranquillement sur cette numérisation et ce reclassement. Les travaux ont déjà été engagés, un bâtiment a été déjà rénové, les conditions sont mises en œuvre pour que ces archives soient conservées.

Enfin, elle a annoncé la tenue, à la fin du mois de novembre, au Cameroun, de la conférence nationale des archives. Cette conférence a lieu tous les ans mais c’est pour la première fois qu’elle va se tenir sur le continent africain. Elle compte bien que les archives nationales du Congo pourront être présentes à cette conférence et montrer déjà un début de travail.

Notons que Laurent Bidet, responsable commercial valorisation patrimoniale, assisté de Panogiotis Poulot, directeur pays AGS, présents à cette séance de travail, ont affirmé qu’ils viennent appuyer l’expertise des archives de France appelées par l’Etat du Congo pour la sauvegarde et la valorisation de ces archives.

« Nous avons une expertise dans la numérisation, puisque c’est un métier qui demande de normes de qualité à des fins de projection de ces documents qui aujourd’hui sont sous formes papiers mais qui demain, seront sous forme numérique pour s’adresser au plus grand nombre. Notre expertise déjà reconnue en France, en Europe et à l’international au travers de la maison mère que nous avons intégrée récemment qui s’appelle AGS bien connue sur la plate-forme africaine … », ont-ils déclaré.

En effet, le premier travail qu’ils auront à faire, c’est de donner les conseils en matière de normalisation et de normes de qualité pour la prise de vue de ces documents, puisque l’objectif c’est de les montrer sur internet. Car une grande partie de la réussite du projet dépend de la qualité des images restituées à la fin. C’est là où interviendra leur savoir-faire.

Boxe : un nouveau départ pour la discipline

Les nouveaux dirigeants de la ligue de boxe ont lancé depuis le 09 juillet dernier, les championnats départementaux au gymnase Henri-Elendé.

Après avoir organisé des séminaires et galas tests, la Ligue de boxe est passé à l’organisation des championnats départementaux. L’occasion est donc donnée à tous les compétiteurs d’exprimer les talents. Il s’agit de leur permettre de gagner des places au sein des sélections de Brazzaville, dans les différentes catégories de poids.

« Nous demandons aux boxeurs de beaucoup plus travailler, parce qu’à l’issue de ce championnat départemental, nous aurons l’ossature de l’équipe départementale prête à répondre à une quelconque invitation », a souligné Elias Mfoudi, actuel président de la Ligue.

« Ce championnat départemental édition 2018, nous l’avons lancé sous le signe de la renaissance. Depuis un certain temps, la boxe au niveau de notre département n’existe plus. Depuis que nous avions pris le commandement, nous sommes en train de faire revivre la boxe comme auparavant. Il y a eu des galas qui ont précédé et aujourd’hui, c’est notre activité phare », a indiqué le président de la Ligue.

Ils sont vingt-quatre clubs affiliés à la fois à la fédération et à la Ligue disputent. Ces clubs vont jusqu’au 13 juillet prochain, disputer les neuf titres départementaux mis en jeu. Seule la catégorie des super lourds ne connaîtra pas son champion, tout simplement parce qu’aucun boxeur ne s’est inscrit.

Le procès de Paulin Makaya renvoyé au 19 juillet

La cour affirme qu’elle dispose désormais d’éléments suffisants pour apprécier. La date du 19 juillet, a été choisie pour les réquisitions du procureur et les plaidoiries.

Le mardi 10 juillet 2018, près d’une dizaine de témoins du procès de Paulin Makaya, ont été entendus. Rappelons que cet opposant est poursuivi pour complicité d’évasion à la prison principale de Brazzaville. La cour dispose désormais assez d’éléments pour apprécier cette affaire, c’est du moins ce qu’elle a affirmé mardi 10 juillet lors du procès. C’est la date du 19 juillet prochain, que la cour a prévu pour les réquisitions du procureur et les plaidoiries.

« L’audience de ce mardi (Hier mardi 10 juillet 2018 Ndr) a été fleuve », estime maître Emmanuel Oko de la partie civile.

Le commandant de police Oba Apounou, directeur de la maison d’arrêt, était le premier à faire sa déposition. Il a reconnu avoir interpellé sur instruction de sa hiérarchie deux militants du parti de Paulin Makaya. Ceux-ci venaient de rendre visite à leur leader quelques temps avant l’évasion du 29 décembre 2016.

Juste après avoir été informé de l’arrestation de ses militants, Paulin Makaya s’est rendu au poste de sécurité, qui se trouve dans l’enceinte de la maison d’arrêt. « C’est quand le responsable du poste de sécurité a réaccompagné Paulin Makaya dans sa cellule qu’il y a eu dysfonctionnement et évasion des prisonniers », a soutenu le commandant Oba Apounou.

Pour la défense, ces déclarations sont fantaisistes. Celle-ci a d’ailleurs exigé le visionnage des vidéos de surveillance de la maison d’arrêt. Mais n’ont pas obtenu gain de cause. « On ne peut plus demander la vidéo car nous avons entendu tout le monde et nous nous sommes fait des convictions », a réagi Ibara Ibombo, le président de la cour.

Recherche scientifique : la deuxième édition du NEF se tiendra en octobre

La Semaine de la science du Next Einstein Forum (NEF) se tiendra du 22 au 26 octobre. La date a été arrêtée par Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou et Mandinga Kosso Etoka-Beka.

A Brazzaville, le ministre de la recherche scientifique, Martin Parfait Aimé Coussoud-Mavoungou, et l’ambassadrice du NEF au Congo, Mandinga Kosso Etoka-Beka, ont convenu, le 7 juillet, d’établir un partenariat pour l’organisation de ladite rencontre, du 22 au 26 octobre.

Placée sur le thème « Jeunes innovateurs de la République du Congo », la Semaine de la science du Next Einstein Forum (NEF) vise la promotion de la culture scientifique dans l’environnement des jeunes congolais en leur présentant les ouvertures qu’offrent les différents domaines des Sciences-Technologie-Ingénierie-Mathématiques (STEM).

Cette deuxième édition de la Semaine africaine de la science du NEF permettra de susciter l’esprit scientifique dans la jeunesse congolaise, en particulier chez les jeunes filles, et de rendre hommage aux innovateurs non connus travaillant dans les zones rurales du pays. L’une des particularités du forum : la moitié des participants est âgée de moins de 42 ans et 40% sont des femmes.

Inauguré en 2013, le NEF est une initiative de l’Institut africain des sciences mathématiques (AIMS), en partenariat avec la Fondation Robert-Bosch le NEF.  Cet évènement a pour objectif étant de propulser le continent sur la scène internationale scientifique. Il vise également à renforcer l’enseignement et la recherche scientifique à travers l’Afrique et mettre en valeur ses meilleurs jeunes scientifiques ; soutenir un développement mené par la science.

Congo/Etats-Unis : une collaboration concrète

Après la présence signalée du virus Ebola à Bikoro en RDC, une localité frontalière à celle de Liranga, dans le département de la Likouala, une équipe médicale américaine est arrivée au Congo pour éviter la propagation de cette malade.

Le ministre de la santé et de la population, Jacqueline Lydia Mikolo, a exprimé sa satisfaction vendredi 06 juillet, face à la « promptitude », de l’appui médical américaine. C’était pendant sa visite au Laboratoire national de santé publique, en compagnie de l’ambassadeur des Etats-Unis au Congo, Todd P. Haskell, à l’occasion de la célébration de la coopération scientifique entre les Etats-Unis et cette structure.

Pour le ministre, le Laboratoire national de santé publique est la matérialisation de la coopération entre les deux pays dans le domaine de la santé. Sa réhabilitation fait partie des priorités du gouvernement congolais.

« Le ministère de la Santé est en train de mener huit réformes importantes dont celle portant sur le Laboratoire national qui devrait, à terme, devenir l’Institut national de santé publique dont le plateau technique sera réhabilité », a-t-elle déclaré.

« Le partenariat marche très bien entre le gouvernement et l’Institut national de santé aux Etats-Unis. Le personnel de cet institut était venu au Congo pour former ceux d’ici, dans le cadre de la maladie à virus d’Ebola, afin de s’assurer de la bonne santé de la population », a indiqué Todd P. Haskell.

Le diplomate américain en visite ce 06 juillet dans cette structure, a, expliqué que le but de sa visite était de montrer la collaboration et l’engagement entre les deux pays dans la lutte contre l’épidémie de la maladie à virus d’Ebola et de se rendre compte du matériel avec lequel les Congolais travaillent pour détecter les autres maladies.

Le Laboratoire national de santé publique coopère avec les Etats-Unis depuis les années 2000.  Une coopération qui a débuté par des échanges et des prises de contact et les liens ont été établis depuis 2001.

Riposte à Ebola : des équipes de surveillance formées

Ils ont été enseignés du 05 au 07 juillet, sur les modalités d’inhumations, les conditions d’hygiène et les généralités de l’épidémie pour intensifier la vigilance.

Tour à tour, Jean Joseph Akouala, Dieudonné Okemou, Jean de Dieu Konongo Babackas et Clément Arnaud Nyanga Koumou ont conseillé aux équipes de ne pas garder longtemps un cadavre mort d’Ebola, d’éviter de consommer la chauve-souris frugivore, ne pas ramasser et manger un animal ou oiseau mort en forêt ou en savane, mettre en quarantaine la personne atteinte ou suspectée.

Par contre, sur les territoires Tékés, les cadavres sont parfois gardés longtemps avant leur inhumation pour des raisons de coutume ancestrale. De telles pratiques, ont dit les formateurs, risquent d’amplifier la maladie au cas où elle se déclarerait dans ces zones.

À ce sujet, le Dr Dieudonné Okemou, un des formateurs, a indiqué : « La coutume, il faut la respecter mais dès lors qu’elle pose problème, il faut essayer de voir comment faire pour éviter le pire au sein de la communauté. Plus l’inhumation de la personne morte dure longtemps, plus le risque de contamination augmente. Nous demandons aux communautés d’être plus prudentes car jusque-là, nous suspectons la chauve-souris frugivore comme étant l’un des foyers de la maladie à virus Ebola ».

Les membres des équipes multidisciplinaires d’intervention rapide venant de Ngo, Mpouya, Makotimpoko, Gamboma, Djambala et Bouemba ont été donc outillés pour détecter et notifier un cas suspect. Ils sont encouragés à informer les communautés sur les inhumations dignes et sécurisées puis à prendre les premières mesures, lorsqu’un cas de maladie à virus d’Ebola se confirme afin d’éviter la propagation.

Les formateurs ont également instruit les équipes à promouvoir, au sein de la communauté, le lavage des mains à l’eau de javel, de garder un environnement propre et éviter le contact avec la sueur ou les habits de la personne atteinte du virus d’Ebola.

Pour réagir de manière proportionnée, les équipes multidisciplinaires d’intervention rapide ont également été informées sur le règlement sanitaire international actualisé ainsi que sur les symptômes de la maladie à virus d’Ebola qui, parfois, sont assimilables à d’autres maladies. Il s’agit, entre autres, de la montée brutale de la température, des vomissements, des douleurs abdominales, de la diarrhée, etc.

« Néanmoins, le diagnostic n’est confirmé qu’à partir des examens de laboratoire. S’il y a suspicion d’un cas, le souhait serait de l’envoyer vers une formation sanitaire car la prévention commence au niveau de la famille avant de s’étendre vers la communauté. Au cas où la maladie se déclarerait, les inhumations ne peuvent qu’être faites par des équipes assermentées », a conseillé le Dr Jean de Dieu Konongo Babackas.

Dans la sous-préfecture de Ngo, située à plus de trois cents kilomètres de Brazzaville, les participants à la formation ont suivi plusieurs thèmes parmi lesquels, la surveillance épidémiologique, prise en charge des cas, gestion des points d’entrée, identification et suivi des contacts, prévention et contrôle de l’infection, lavage des mains, communication, mobilisation et engagement des communautés, la collecte, transport sécurisé des échantillons et gestion du matériel usé.

Rappelons qu’au Congo, le gouvernement n’a pas encore déclaré l’existence de la maladie à virus d’Ebola. Mais dans le passé, l’épidémie s’est déjà déclarée quatre fois dans le pays. Actuellement, l’OMS-Congo et le gouvernement œuvrent à multiplier les actions de sensibilisation, d’information et de formation des communautés dans les zones dites à risque.

Coopération : le Congo et la Belgique renforcent leurs relations

A travers un mémorandum d’entente visant à renforcer et consolider leurs relations de coopération et d’amitié.

Les gouvernements congolais et belge ont signé en fin de semaine à Bruxelles un mémorandum d’entente visant à renforcer et consolider leurs relations de coopération et d’amitié. La signature a eu lieu à l’occasion d’une visite de travail du chef de la diplomatie congolais en Belgique.

Le Congo et la Belgique ont signé en fin de semaine à Bruxelles, un mémorandum d’entente. « Le document a été signé à Bruxelles en Belgique lors de la visite de travail qu’a effectuée le ministre congolais des affaires étrangères, de la coopération et des Congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso du 5 au 6 juillet 2018 », a indiqué le ministère congolais des affaires étrangères, de la coopération et des Congolais de l’étranger. La source précise que l’accord permettra de renforcer et de consolider les relations d’amitié et de coopération entre les deux pays.

Commentant la signature de l’accord, le vice-premier ministre belge, Didier Reynders, qui a paraphé les documents avec le ministre Jean-Claude Gakosso, a déclaré qu’il était « heureux d’avoir signé cet accord sur le renforcement des consultations bilatérales ».

« Ce document permettra de multiplier les contacts politiques qui permettront d’aborder un certain nombre d’autres sujets, dont les relations économiques et les investissements que les entreprises belges entendent réaliser au Congo Brazzaville », a fait ensuite remarquer le vice-premier ministre belge.

Selon lui, le mémorandum d’entente contribuera au développement et à l’élargissement des relations bilatérales, d’amitié et de coopération Brazzaville et Bruxelles.

Des consultations politiques régulières annoncées

Concernant les détails prévus par le mémorandum d’entente, des sources proches du gouvernement congolais ont indiqué que des consultations politiques régulières auront lieu entre les responsables des ministères des affaires étrangères des deux pays. Ces échanges leurs permettront d’évoquer les rapports bilatéraux, les questions internationales et toutes autres questions d’intérêt commun.

L’accord permettra également aux diplomates congolais et belge, lors de ces consultations, d’évoquer les questions d’actualité du continent africain, de l’Europe et du monde. Sur ce point, les questions concernant l’approfondissement de la coopération bilatérale et multilatérale, la gouvernance des océans et la protection de l’environnement seront notamment abordées, soulignent les sources officielles qui ajoutent que les questions de coopération internationale dans le domaine du renforcement de la paix et de la sécurité, ainsi que de la lutte contre le terrorisme, seront aussi inscrites à l’ordre du jour.

Signalons que la signature de ce mémorandum d’entente intervient environ un mois seulement après la signature des accords de coopération dans le domaine des transports le 12 juin dernier à Bruxelles.

 

Daniel Owassa : « Il y a encore beaucoup de choses à explorer dans la coopération sino-africaine »

L’ambassadeur de la République du Congo en République populaire de Chine estime, qu’il existe encore des pistes à explorer dans le cadre des relations entre l’Afrique et la Chine qui ont porté leur coopération en 2015 au rang de partenariat stratégique global.

Les chefs d’Etat d’Afrique et de Chine se réuniront en septembre, à Beijing, dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine. Selon vous, que représentent ces assises pour les deux parties ?

Je pense que c’est un moment très important pour l’Afrique et la Chine d’autant plus qu’aujourd’hui, c’est le cadre de ce forum qui s’occupe de l’essentiel de la coopération entre les deux parties ; même si on doit toujours noter qu’un grand accent est mis sur le volet bilatéral entre la Chine et chacun de ces pays, mais l’essentiel se joue dans ce cadre de la coopération qui a été mis en place depuis 2000. Comme le disent nos amis chinois, 2018 est une année importante réservée à l’Afrique à travers ce sommet des chefs d’Etat, mais aussi en ce sens que la Chine est devenue pratiquement le premier partenaire commercial de l’Afrique. Quand vous notez tout cela, vous pouvez réaliser l’importance que les deux parties accordent à ce sommet qui se tient trois ans après celui de Johannesburg, en Afrique du Sud.

Certains observateurs estiment que la coopération sino-africaine n’est pas gagnant-gagnant. Ce forum peut-il offrir l’occasion aux deux parties d’explorer de nouvelles pistes de coopération ?

Ils sont libres de penser ainsi mais je ne suis pas sûr que ce soit le point de vue des Africains et des Chinois qui vivent cette coopération au quotidien. Ce sommet reste malgré tout un moment important qui permettra de faire le point de ce qui avait été décidé en Afrique du Sud, notamment la mise en œuvre de la déclaration de Johannesburg et du programme d’action. Il s’agira aussi de voir vers quels horizons les deux parties peuvent continuer à développer leur coopération. En Afrique du Sud, il y a eu quelque chose de notable à retenir, la mise en place d’un partenariat stratégique global entre la Chine et l’Afrique. Ce partenariat n’a pas encore atteint toutes ses limites, il y a encore beaucoup de choses à explorer par rapport à ce qui a été fait sur la base des dix mesures de Johannesburg et aux attentes des deux parties.

Nous avons au niveau de l’Afrique, l’Agenda 2063 et la Chine, de son côté, travaille pour réaliser la société de moyenne aisance à court terme et à long terme la réalisation du rêve du grand renouveau de la nation chinoise. Nous avons des ambitions que nous comptons mettre en perspectives pour atteindre les objectifs qui se cachent derrière. Il y a également du côté chinois, l’initiative de la ceinture et de la route du président Xi Jinping qui est en train de courir le monde, de conquérir les espaces. L’Afrique a montré, à travers ses dirigeants, l’intérêt qu’elle peut y trouver et c’est un des points qui pourra certainement s’inviter au prochain forum Chine-Afrique.

Derrière cette initiative du président chinois, il y a aussi cette autre idée qu’il a développée sur la communauté des destins. Il sera en quelque sorte question de continuer à travailler, à consolider l’idée de mettre en commun nos moyens pour développer la communauté des destins. Aujourd’hui, tel que le monde se présente, il est difficile de se développer seul. Le sort des uns et des autres dépend pratiquement de tout ce qui se passe dans le monde. Il suffit qu’il y ait une épidémie quelque part pour que l’on la ressente à des milliers de kilomètres. Vous avez suivi dernièrement la situation d’Ebola en République démocratique du Congo avec des conséquences jusqu’ici en Chine sur le continent asiatique. Donc, le monde est devenu un et je pense que c’est à juste titre que le président Xi Jinping s’emploie à mettre en œuvre cette idée de communauté des destins.

La coopération sino-africaine a-t-elle connu quelques avancées après le sommet de Johannesburg de 2015?

Avant Johannesburg, il n’y avait pas, par exemple, le chemin de fer reliant Addis-Abeba en Ethiopie et Djibouti, de même que celui assurant la connexion entre les villes de Mombasa et de Nairobi au Kenya. Hormis cela, au Congo, nous avons commencé à mettre en place la zone économique spéciale de Pointe-Noire qui est aussi l’un des projets emblématiques de Johannesburg. Il y a plusieurs projets du genre à travers l’Afrique. L’évaluation à mi-parcours qui a été faite de la mise en œuvre des recommandations du sommet de Johannesburg faisait constater que plus de 80% des soixante milliards de dollars que la Chine avait consentis, dans le cadre de la coopération sino-africaine, ont déjà été consommés à travers la réalisation d’un certain nombre de projets. Je crois que beaucoup de choses ont été faites depuis le sommet de Johannesburg. Il y a certains projets qui vont continuer à suivre leur cours quatre à cinq ans après.

Le processus de création de la zone économique spéciale de Pointe-Noire pourra-t-il connaître une accélération au terme du prochain sommet de Beijing?

La zone économique spéciale de Pointe-Noire fait partie des projets de 2015. Le travail va se poursuivre et s’il y a quelques difficultés, elles ne seraient pas nécessairement dues à la partie chinoise. Nous avons eu quelques difficultés à rendre le terrain disponible à cause des occupations. Il faut exproprier ceux qui ont légitimement leurs droits sur la zone retenue pour ce projet. Il y a certainement beaucoup de travaux à faire qui relèveraient plus de la responsabilité congolaise que chinoise. Je ne pense pas que le développement de ce projet dépend du prochain forum, parce qu’il n’y a pas de difficultés de ce côté.

Le forum Chine-Afrique est un cadre qui a l’avantage d’exister et au fil des ans, continue à se nourrir de son dynamisme. Cette fois-ci, nous aurons l’avantage de ce que l’Union africaine, qui était absente à Pékin, pourra ouvrir son bureau. Il y a aussi l’arrivée de trois nouveaux membres au forum dont la Gambie et le Burkina Faso.

Congo: Paulin Makaya poursuivi pour complicité d’évasion

Le procès de cet opposant s’est poursuivi hier jeudi 5 juillet, devant la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Brazzaville.

La justice congolaise juge Paulin Makaya, pour complicité d’évasion des prisonniers à la prison de Brazzaville en fin d’année 2016. Après avoir plusieurs fois été reporté pour des raisons de calendrier, le procès de l’opposant s’est poursuivi jeudi 05 juillet devant la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Brazzaville. L’accusé a fait sa déposition et se dit victime d’un complot.

Cheveux bien rasés, arborant un costume noir, tenant dans sa main gauche un lot de documents classés dans une chemise jaune, Paulin Makaya a fait son entrée dans la salle d’audience sourire aux lèvres. Invité à faire sa déposition, il s’est exprimé après son avocat Me Yvon Eric Ibouanga.

Dans les déclarations de ce dernier, le président de la cour a lu une intention de demande de mise en liberté provisoire du prévenu. « Il a été inculpé d’évasion, de complicité d’évasion et de détention illégale d’armes de guerre. Nous ne pouvons pas lui accorder une quelconque liberté sans l’avoir entendu », a fait savoir Dan Dé Ibombo Ibara, président de la cour.

Paulin Makaya a nié tous les faits qui lui sont reprochés. « Le 29 décembre 2016, jour de l’évasion, j’étais dans ma cellule. C’est de ma cellule que j’ai entendu les armes qui crépitaient dehors. Je suis plutôt victime d’un complot », a-t-il dit.

Paulin Makaya a répondu aux questions des différentes parties tout comme cinq témoins, tous des gendarmes, qui n’ont pas affirmé avoir vu Paul Makaya en action le jour de la mutinerie. L’audience a été renvoyée à mardi pour l’audition du directeur de la maison d’arrêt, les réquisitions et plaidoiries.