Culture




Archives du Congo : la France s’implique

La délégation conduite par l’ambassadeur de France au Congo, Bertrand Cochery, a eu une séance de travail, le 10 juillet,…

La délégation conduite par l’ambassadeur de France au Congo, Bertrand Cochery, a eu une séance de travail, le 10 juillet, avec le ministre congolais de la Culture et des arts, Dieudonné Moyongo.

La directrice générale du patrimoine des archives de France au ministère de la Culture, Odile Welfelé, séjourne à Brazzaville. Elle a répondu à l’invitation du ministre congolais des arts et la culture, Dieudonné Moyongo.

Pour l’ambassadeur de la France au Congo, Bertrand Cochery, l’objet de cette séance de travail, « c’est d’essayer de voir ce que l’on peut faire en termes de sauvetage, conservation, consultation, présentation, mise en valeur des archives du Congo. Les archives du Congo sont des archives de l’Afrique équatoriale française (AEF), donc c’est un passé qui est important et essentiel pour ce pays et pour d’autres Africains aussi. Il ne faut pas perdre de vue qu’aujourd’hui, nous sommes dans le monde de la numérisation, donc circulation des traces, des images, des textes qui peuvent être ainsi consultables par un plus grand nombre d’internautes, de chercheurs, d’historiens. Ainsi, on peut écrire une nouvelle page de l’histoire de nos relations. De même que cela a été fait en Afrique de l’ouest, on doit le faire aujourd’hui ici au Congo, à Brazzaville ».

S’agissant du bâtiment du Centre de formation et de recherche en art dramatique (Cfrad) écroulé, Bertrand Cochery pense que l’importance c’est d’abord de sauver le contenu, c’est-à-dire les archives et la réhabilitation du mur viendra après. « C’est la raison pour laquelle parmi les différents contacts que j’avais pris à la suite de la visite du Cfrad, pour moi, la chose la plus importante c’était qu’il puisse y avoir une mission des archives françaises pour sauver ce qui est du tout précieux. Les murs, on verra dans un deuxième temps. Le plus essentiel, c’est d’abord la conservation des archives pour qu’il n’y ait pas d’endommagement des papiers qui sont malheureusement fragiles, parce que les papiers ne vieillissent pas toujours bien », a-t-il précisé.

La numérisation et les nouvelles technologies, un atout pour les jeunes générations

La directrice générale du patrimoine des archives de France au ministère de la Culture, Odile Welfelé, a déclaré à l’issue de la réunion qu’elle est venue sur invitation du ministère de la Culture et des arts du Congo, pour étudier et faire un état des lieux sur cette question des archives historiques qui sont à la fois sur la forme papier le trésor national du pays. Au-delà de la simple question des archives de l’AEF, l’ensemble des archives papiers, c’est quelque chose qui permet à la nation de connaître son histoire, a-t-elle indiqué. Elle a ajouté que la numérisation et les nouvelles technologies sont un atout pour les jeunes générations qui, aujourd’hui, n’ont plus trop envie de passer trop du temps sur les livres, sur les journaux qu’ils déplient, ayant envie de tout avoir sur leur téléphone.

« Ce que nous portons comme projet, c’est un renouvellement de cette tradition archivistique de la conservation du mémoire avec un support adapté au bout d’une population de tous les âges depuis les enfants de l’école jusqu’aux étudiants qui seront peut-être des futurs historiens, des futurs hommes politiques qui ont besoin de connaître leur histoire. Cette numérisation permettra cette valorisation et cette construction d’un nouveau chemin vers un patrimoine conservé et communiqué », a-t-elle souligné.

Quant aux archives papiers, Odile Welfelé a fait savoir que les visites des sites qu’elle a éffectuées, le 9 juillet, ont montré une action du ministère de la Culture. Un bâtiment va être mis à la disposition du directeur des archives nationales pour transférer très rapidement ces archives historiques papiers dans ce bâtiment provisoire, qui est en très bon état et qui permettra aux équipes de travailler tranquillement sur cette numérisation et ce reclassement. Les travaux ont déjà été engagés, un bâtiment a été déjà rénové, les conditions sont mises en œuvre pour que ces archives soient conservées.

Enfin, elle a annoncé la tenue, à la fin du mois de novembre, au Cameroun, de la conférence nationale des archives. Cette conférence a lieu tous les ans mais c’est pour la première fois qu’elle va se tenir sur le continent africain. Elle compte bien que les archives nationales du Congo pourront être présentes à cette conférence et montrer déjà un début de travail.

Notons que Laurent Bidet, responsable commercial valorisation patrimoniale, assisté de Panogiotis Poulot, directeur pays AGS, présents à cette séance de travail, ont affirmé qu’ils viennent appuyer l’expertise des archives de France appelées par l’Etat du Congo pour la sauvegarde et la valorisation de ces archives.

« Nous avons une expertise dans la numérisation, puisque c’est un métier qui demande de normes de qualité à des fins de projection de ces documents qui aujourd’hui sont sous formes papiers mais qui demain, seront sous forme numérique pour s’adresser au plus grand nombre. Notre expertise déjà reconnue en France, en Europe et à l’international au travers de la maison mère que nous avons intégrée récemment qui s’appelle AGS bien connue sur la plate-forme africaine … », ont-ils déclaré.

En effet, le premier travail qu’ils auront à faire, c’est de donner les conseils en matière de normalisation et de normes de qualité pour la prise de vue de ces documents, puisque l’objectif c’est de les montrer sur internet. Car une grande partie de la réussite du projet dépend de la qualité des images restituées à la fin. C’est là où interviendra leur savoir-faire.

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