Le nouvel ambassadeur de Chine promet de porter plus haut l’étendard de l’amitié sino-congolaise

Nouvellement affecté au Congo, Ma Fulin a été reçu en audience, le 20 avril à Brazzaville, par le président du Sénat, Pierre Ngolo.

La première rencontre de l’ambassadeur de Chine au Congo avec le président du Sénat s’inscrivait dans le cadre d’une visite de courtoisie. Faisant le point de la coopération entre les deux Etats, déjà fructueuse, Ma Fulin a promis de porter encore plus haut le flambeau de cette collaboration, au bénéfice des deux peuples.

« Je dois vous promettre que notre coopération doit absolument aller de l’avant. Nous n’avons aucune raison de ralentir ou d’arrêter ces relations de coopération qui vont dans l’intérêt des deux pays. Nous continuerons à travailler avec le Congo sur la manière, le mode et le rythme de cette coopération afin qu’elle chemine à un rythme plus durable et raisonnable, dans la mesure des possibilités », a indiqué Ma Fulin.

Au cours de leur entretien, les deux personnalités ont évoqué aussi la nécessité de renforcer et de développer la coopération entre le parlement congolais et celui de la Chine. Selon Ma Fulin, cette collaboration devrait être confortée et élargie dans tous les domaines.

Parlant du développement économique du Congo, le diplomate chinois est resté confiant. A cet effet, il a estimé que le Congo, à travers la coopération avec la Chine, a déjà posé les jalons nécessaires, capables d’entraîner et soutenir un essor économique tous azimuts.

« Au temps où l’économie marchait bien, le Congo a eu beaucoup d’argent. Le gouvernement a bien fait de construire beaucoup d’infrastructures qui contribuent au développement économique du pays », a apprécié Ma Fulin.

Répondant à la question sur la dette congolaise, pour laquelle le pays est en négociation avec le Fonds monétaire international, l’ambassadeur chinois a fait savoir qu’aucun problème n’est insurmontable.

 

Des kits médicaux pour des malades des hôpitaux de Talangaï et Makélékélé

Un don composé de glucoses, Nacl, alcool, seringues, cotons, Ringers et de Clavicin, etc., a été offert, le 19 avril à Brazzaville, par Ninon Gouamba, président d’honneur de la fondation éponyme, aux patients des services de chirurgie des deux hôpitaux.

« Cette action s’inscrit dans la dynamique du libre partage et d’altruisme que nous avons lancé depuis six ans. Ce que je voudrais, c’est que les questions de solidarité et de cohésion ne soient pas la seule responsabilité du chef de l’Etat et des gouvernants. Il faudrait que tous les Congolais puissent se sentir solidaires et avoir effectivement l’obligation de s’organiser pour que les choses aillent pour le mieux », a déclaré Ninon Gouamba, à l’issue de l’activité de bienfaisance.

Réceptionnant le don, le Dr Roland, médecin au service de chirurgie de l’hôpital de Talangaï, représentant le médecin chef empêché, a qualifié ce geste humanitaire de grandiose. « Je remercie la Fondation Ninon-Gouamba », a-t-il déclaré, souhaitant la continuité de cette solidarité.

Depuis sa création, la Fondation Ninon-Gouamba a déjà réalisée plusieurs activités parmi lesquelles, un don de sang dans plusieurs hôpitaux de la place et l’appui constant aux malades dans certains hôpitaux de Brazzaville.

Accord entre le FMI et Brazzaville pour relancer l’économie du Congo

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a annoncé jeudi 19 avril, la conclusion « positive » d’un accord avec les autorités du Congo Brazzaville sur un programme pour relancer l’économie du pays, mais qui sera soumis à des « exigences de gouvernance » pour rompre avec « les pratiques du passé ».

« Je suis contente qu’au terme de longues discussions et de laborieux travaux, l’équipe chargée de travailler sur le projet de programme ait conclu de manière positive sa mission hier », a affirmé Mme Lagarde lors d’une conférence de presse à l’occasion des réunions de printemps du FMI, précisant que ce « projet » d’accord devait encore être ratifié par le conseil d’administration du Fonds.

« C’est à l’issue du conseil d’administration que l’on saura exactement quels sont les financements et quelles sont les conditions associées à ce programme », a-t-elle ajouté, après l’aboutissement des négociations avec le Congo Brazzaville, pays dont l’économie a été fortement touchée par la chute du cours du pétrole et qui avait masqué une partie de sa dette, estimée à 117% de son PIB.

Ce « programme proposé vise à promouvoir une croissance soutenue et inclusive notamment en rétablissant la viabilité budgétaire et en améliorant la gouvernance », a expliqué le FMI dans un communiqué diffusé après la conférence de presse, qui a mis en évidence une « dette insoutenable » et une « accumulation d’arriérés (…) qui nuisent à la confiance des investisseurs, la stabilité du système financier, ainsi qu’aux services sociaux ».

« Les autorités devront entreprendre des réformes audacieuses et immédiates dans le domaine de la gouvernance pour traduire en action la rupture avec les politiques et pratiques du passé proclamé par le gouvernement », a affirmé Abdoul Aziz Wane, le directeur de la mission du FMI, cité dans le communiqué.

A ce propos, Mme Lagarde a fixé des conditions: « Nous avons des exigences en matière de gouvernance qui devront être mises en place très vite après l’approbation du conseil d’administration et qui nous paraissent de nature à garantir une bonne utilisation des finances publiques et la bonne réalisation des objectifs du programme », a-t-elle expliqué.

Selon une enquête du quotidien français Le Monde, publiée début avril, le Congo-Brazzaville aurait par ailleurs contourné des règles du FMI dans les années 2000 à l’aide d’un montage financier mis sur pied par Total, des affirmations démenties par ce groupe français.

Concernant le secteur du pétrole, la mission du FMI a salué « les efforts des autorités pour améliorer la transparence du secteur pétrolier en vue d’accroître de manière significative la part de l’Etat dans les ressources naturelles de la nation ».

« La première étape sera de développer la capacité de l’État à réconcilier systématiquement toutes ses transactions relatives aux ressources naturelles », a expliqué Abdoul Aziz Wane, qui s’est félicité de « l’intention des autorités de donner à toutes les entreprises exploitant les ressources naturelles un délai pour déclarer tous droits dont elles pourraient se prévaloir sur la part du gouvernement dans ces ressources ».

Franc CFA: que propose Dominique Strauss Kahn ?

Si la Zone franc réalise d’importantes performances du point de vue macroéconomique, l’ancien directeur général du Fonds monétaire international, le Français Dominique Strauss-Kahn, pense que ces succès sont liés à la garantie de convertibilité et à la stabilité dont bénéficie cette monnaie.

Selon Jeune Afrique, l’économiste devenu conseiller du Congo Brazzaville, souligne que «le problème politique devient de plus en plus sensible comme l’ont montré les protestations de l’été 2017». D’où la sonnette d’alarme qu’il tire afin de réformer cette monnaie commune aux 14 Etats membres de la zone Franc.

Pour lui, la Zone franc présente plusieurs défauts «qui en limitent les potentiels bienfaits». Les limites au fonctionnement optimal de cette monnaie résident selon l’ancien ministre de l’Economie de France, dans la quasi-impossibilité d’aboutir à une modification de la parité fixe avec l’euro, la mise des destins des deux sous-régions que sont la Cemac et l’Uemoa, le dépôt des réserves auprès du Trésor français ou encore la faiblesse de l’intégration régionale.

«Le marché commun est encore inachevé en Afrique de l’Ouest (région dotée de traditions d’échanges) et il est demeuré en grande partie nominal en Afrique centrale (régions de forêts aux échanges traditionnellement limités et, aujourd’hui, sous l’empire de la rentre pétrolière. », indique l’économiste dans une étude analytique de 29 pages intitulée « Zone franc, pour une émancipation au bénéfice de tous », publiée le 13 avril dernier.

Ainsi, pour que l’on n’aboutisse pas à une réforme cosmétique du fonctionnement du CFA, dont les conséquences fragiliseraient davantage les économies faibles, DSK préconise une réforme en profondeur.Celle-ci passe par la réattribution des sièges détenus par la France dans les conseils d’administration des banques centrales africaines à des administrateurs internationaux indépendants étrangers, l’élargissement de l’ancrage de la monnaie à des devises autres que l’euro, l’assurance d’une meilleure coordination économique des économies de la région, et l’’élargissement de l’Uemoa au Ghana. Cela passe par la promotion de la coopération entre la Banque centrale européenne et les banques centrales de la zone Franc car, seule l’Union européenne est seule habilitée à discuter des accords de change.

Au-delà, il faut améliorer le dialogue avec les autorités africaines, associer les partenaires européens aux négociations et mettre l’accent sur le renforcement de la monnaie.

Droit maritime : le public congolais édifié sur la convention de Montego Bay

Des membres du gouvernement, des universitaires, des étudiants et autres amoureux de la connaissance ont été éclairés, le 18 avril à Brazzaville, sur les dispositions de la convention des Nations unies sur le droit de la mer, grâce à une conférence académique animée par le Pr Philippe Delebecque.

Adoptée en 1982, la Convention de Montego Bay a modernisé certaines dispositions du droit de la mer. Elle est, en quelque sorte, la Constitution du domaine des océans, a indiqué le spécialiste en la matière, ajoutant qu’elle suscite des contestations sur la délimitation des frontières maritimes et l’arraisonnement des navires.

Ce document a le mérite de définir les délimitations des espaces, de la zone économique exclusive, de la mer territoriale, de la haute mer et de la zone contiguë. La zone économique exclusive, a signifié le Pr Philippe Delebecque, ne dépasse pas 200 milles marins. La mer territoriale, quant à elle, peut s’étendre sur 12 milles marins.

« La mer est un trait d’union entre les générations ; elle est source de droit… », a lancé le conférencier. Pour lui, en effet, la haute mer fait partie du patrimoine commun. Concernant la piraterie maritime, il a précisé qu’elle était « un crime contre l’humanité dans la mesure où l’acte est commis en haute mer ».

La zone de haute mer fait l’objet du principe de liberté. Elle ne peut être soumise à un contrôle exclusif d’un Etat, conformément à la convention de Montego Bay. C’est la zone de la liberté de navigation, l’endroit où l’on peut poser les câbles sous-marins, effectuer un survol ou réaliser la recherche scientifique.

Mais, l’Etat du pavillon peut exercer sa souveraineté sur un navire se trouvant en haute mer. La convention de Montego Bay impose aussi aux Etats d’assurer la protection de l’environnement marin.

Cette conférence académique a été organisée par l’Association congolaise du droit maritime (Acodm) et le Centre de recherche en sciences sociales et humaines (Cressh). Le ministre de la Recherche scientifique et de l’innovation technologique, Martin Parfait Aimé Coussoud Mavoungou, a fait observer que le droit de la mer n’était pas assez connu du public congolais. « En organisant cette journée scientifique sur le droit de la mer, le Cressh veut aider la société congolaise à mieux connaître les arcanes de cette discipline », a-t-il renchéri.

De son côté, le président de l’Acodm, Eric Dibas-Franck, a estimé que « c’est avec beaucoup d’intérêt que cette conférence-débat s’est déroulée, ce qui augure d’une dynamique nouvelle en ce qui concerne les questions maritimes dans nos enceintes académiques ». C’est en janvier 2008 que la République du Congo, membre de l’Organisation maritime internationale, a ratifié la convention de Montego Bay.

Le ministre de l’Enseignement supérieur, Bruno Jean Richard Itoua, a pris part à cette conférence, de même que le ministre délégué, en charge de la Décentralisation, Charles Ngamfouomo, qui s’est dit flatté par l’événement avant de souligner la complexité des questions de délimitation des frontières.

Lutte contre les érosions : une ONG collecte du ciment pour réparer les dégâts

L’association « Le Livre blanc du Congo » a lancé, le 17 avril dans le 7e arrondissement de Brazzaville, un projet nommé « Un sac de ciment pour sauver Mfilou et ses habitants ».

L’ONG « Le Livre blanc du Congo » se propose de collecter, pendant trois mois, du ciment et autres matériels de construction auprès de la population de Mfilou et celle d’autres quartiers de Brazzaville pour traiter les érosions qui naissent çà et là dans cet arrondissement.

« Nous appelons la population de Brazzaville, en général, et celle de Mfilou, en particulier, à mettre la main à la pâte. Nous ne demandons qu’un seul sac de ciment par volontaire, rien de plus. Ce ciment nous permettra de réparer les dommages causés par ce phénomène. Mobilisons-nous pour sauver notre environnement », a déclaré le responsable de cette ONG, Garcel Dubblon, initiateur du projet.

Avec ce ciment, l’association procédera à la réparation des dégâts causés par la pluie, notamment le traitement des érosions hydriques et bien d’autres catastrophes naturelles nées de l’occupation anarchique des terrains. Sur les grandes artères, ce ciment permettra de boucher les nids de poule qui empêchent la population de circuler librement.

« Mfilou n’a plus de voies praticables. Depuis plus de deux ans, pour aller d’un coin à un autre, la population éprouve d’énormes difficultés à cause des embouteillages et du phénomène des demis terrains. Certains quartiers tels Mouhoumi, Sadelmi et Moutabala sont devenus inaccessibles. Au quartier L’Ombre, par exemple, l’ensablement a englouti les habitations, causant parfois mort d’hommes. D’autres ont fui simplement le quartier », a-t-il conclu.

Pour garantir la réussite de ce projet, Garcel Dubblon a sollicité l’implication de tous.

CEMAC : la Banque mondiale souligne l’urgence de diversifier les sources de croissance

L’urgence de diversifier les sources de croissance se pose avec plus d’acuité aujourd’hui dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), présentée comme la région africaine où la croissance économique peine à s’accélérer, estime la Banque mondiale.

A cause principalement de l’effondrement des cours mondiaux du pétrole, la principale source de recettes budgétaires de la plupart de ses pays membres, survenu en 2014, cette organisation régionale, composée du Cameroun, du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine (RCA) et du Tchad, a été frappée par une grave crise économique.

Négative de l’ordre de -0,1% en 2017, la croissance prévoit de rebondir à 2,1% cette année, selon les récentes projections publiées par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).

Selon Albert Zeufack, l’économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique, cette croissance reste cependant « faible parce que malheureusement c’est la région (africaine) qui est la plus dépendante des ressources naturelles », au rang desquelles notamment le pétrole, que seule la RCA sur les six pays membres de la CEMAC ne produit pas pour l’instant.

Cette difficile conjoncture a entraîné de lourds déficits budgétaires pour chacun des six pays qui avaient décidé lors d’un sommet extraordinaire tenu fin 2016 à Yaoundé, au Cameroun, de conclure avec le Fonds monétaire international (FMI) des programmes

D’ajustement structurel assortis d’importantes aides financières.

Ce contexte, estime Zeufack, économiste de nationalité camerounaise, est suffisant pour souligner l’urgence de diversifier les sources de croissance pour cet espace communautaire, pour permettre d’atténuer les chocs que subissent ses différentes économies nationales, surtout du fait de la volatilité des cours des matières premières illustrée aujourd’hui par la chute des prix du baril de pétrole.

Cette recommandation, qui n’est pas nouvelle, a été reprécisée à l’occasion de la présentation tenue par vidéoconférence mercredi avec plusieurs pays africains depuis Washington, le siège de la Banque mondiale, de la dix-septième édition du rapport semestriel Africa’ s Pulse consacré aux perspectives économiques du continent.

Les pétroliers invités à s’intéresser au secteur minier

Un appel du ministre des Hydrocarbures, Jean-Marc Thystère Tchicaya, lors de la réunion des prix des hydrocarbures produits en République du Congo au premier trimestre de 2018.

Les entreprises pétrolières évoluant en République du Congo sont invitées à s’inscrire à la deuxième phase de promotion des blocs libres du secteur minier qui sera lancée lors de la conférence « Africa Oil Week » prévue en octobre, en Afrique du Sud.

« L’industrie pétrolière se doit d’être exemplaire et imaginative pour recréer de la valeur ajoutée et permettre la relance de l’économie », a déclaré le ministre des Hydrocarbures, Jean-Marc Thystère Tchicaya, lors de la réunion des prix des hydrocarbures produits en République du Congo au premier trimestre de 2018, organisée par la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), le 18 avril à Brazzaville.

La valorisation du gaz au Congo figure également parmi les priorités de ce département ministériel. « Ilnous faut donc rapidement, mettre en place un cadre juridique et fiscal permettant de structurer ce volet important de notre secteur », a souligné le ministre des Hydrocarbures.

A ce sujet, notons qu’un projet de loi portant code gazier est en cours de rédaction. Par ailleurs, à propos des cours du pétrole au premier trimestre 2018, il a été observé, de façon générale, une hausse de prix du baril à 5,6 dollars, par rapport au trimestre précédent.

Le Brent daté a, pour la première fois, depuis décembre 2014, dépassé le seuil de soixante-dix dollars par baril. Il a débuté le trimestre à 66, 6 dollars le baril pour se clôturer à 67, 3 dollars le baril, avec une valeur moyenne de 66,8 dollars.

« Le comportement général des cours de pétrole au premier trimestre est consécutif aux évènements haussiers et baissiers, à savoir l’augmentation de la production américaine dépassant dix barils par jour depuis quatre-sept ans », indique le communiqué sanctionnant la réunion.

Le strict respect de l’accord sur la réduction de la production des pays Opep et non membres, le déclin prolongé de la production du Venezuela, la réduction de la demande en raison de la maintenance des raffineries dans l’hémisphère Nord, puis les tensions géopolitiques au Moyen-Orient en sont les causes.

Ainsi, les moyennes trimestrielles des prix fixés des hydrocarbures produits au Congo, en dollars par barils, se présent comme suit : Djéno mélange : 64, 8 ; Nkossa Blend : 67,1 ; Yombo : 60 ; Nkossa butane : 47,1 et Nkossa propane 32,3.

Par ailleurs, les moyennes des différentiels des prix des bruts congolais, en dollars par barils, sont les suivantes : Djéno mélange : -1,8, Nkossa Blend : -0,1 Yombo : -7,2 tous par rapport au Brent daté. Nkossa butane : 6,5 par rapport au butane North West Europe enfin Nkossa propane est à -3,2 par rapport au propane Mont Belvieu.

« Cette embellie, certes, encore fragile, est due notamment à la politique de stabilisation des marchés pétroliers opérée par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), au travers de l’accord de coopération conclu entre les pays membres et les non membres du cartel », a déclaré Jean-Marc Thystère Tchicaya.

L’adhésion du Congo à l’Opep, en juin, traduit selon le ministre la volonté du gouvernement de placer le pays au rang des leaders mondiaux. En tant que pays exportateur de pétrole, le Congo devra participer à la définition des politiques et la prise de décisions au sein de cette organisation.

Signalons qu’au deuxième trimestre de l’année en cours, les perspectives indiquent que le marché pétrolier reste dépendant de la politique de FED qui prévoit un taux de 2% d’inflation à long terme et 4,6% de chômage.

Ce marché dépend également de la poursuite, par les pays membres de l’Opep, du respect, de l’accord de réduction de la production jusqu’en fin 2018, de l’éventuelle guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que l’escalade de menaces de barrières protectionnistes par les Etats-Unis.

La ville de Brazzaville bientôt dotée d’une salle de projection

L’infrastructure sera construite par Canal+ Olympia, une filiale du groupe Bolloré, sur le site de l’ex-Luna Park, dans le troisième arrondissement, Poto-Poto.

Le coup d’envoi du chantier a été donné, le 17 avril, par Lionel Labarre, directeur du développement de Canal+ Olympia. Les travaux, dont le coût n’a pas été révélé à la presse, ont une durée de six à sept mois. La salle cumulera 298 places assises y compris celles réservées aux personnes handicapées.

« Nous avons créé, ici au Congo, une société qui s’appelle Talents et spectacle, une filiale du groupe Vivendi et nous déployons une salle de cinéma à Brazzaville qui s’appellera Canal+ Olympia », a indiqué Lionel Labarre.

Trois directeurs de cabinet, notamment ceux des ministères de la Jeunesse et de la Culture, et celui de la mairie de Brazzaville, ont représenté leurs administrations lors du lancement des travaux. Situé en plein cœur de la commune de Poto-Poto, le site où sera érigée cette salle cinématographique présente de nombreux atouts d’attractions et de loisirs.

« Ce site redeviendra, après l’érection de la salle de cinéma, un lieu de distraction lors des week-ends pour les familles et les enfants. Les meilleurs films du monde seront projetés sur les écrans géants au prix de 1500 FCFA pour les adultes et 1000 FCFA pour les enfants. Il y aura aussi autant de concerts, de matchs de football sur les écrans extérieurs, etc. », a commenté Lionel Labarre.

Le site ne pose aucun problème technique ou administratif. Et le fonctionnement de cette salle va attirer plusieurs jeunes car les infrastructures du genre manquent à Brazzaville depuis plusieurs décennies.

« Nous avons déjà écrit à tous les tenanciers qui, d’ailleurs, ont libéré le site, et nous sommes venus le présenter aux bailleurs », a indiqué Matthieu Mouloungi, directeur de cabinet au ministère de la Jeunesse.

Dès que les travaux de construction seront achevés, la salle de cinéma contribuera également à la renaissance de cet art à Brazzaville. « Nous ne pouvons qu’être comblés de joie car Brazzaville est une ville de mémoire, de savoir, la capitale africaine de la musique. Le cinéaste congolais était orphelin depuis la fermeture du cinéma Vog, au centre-ville. Une telle initiative nous comble », a déclaré Romain Pindou, directeur de cabinet par intérim au ministère de la Culture et des arts.

Depuis plusieurs mois, ce projet de construction de la salle de cinéma est fortement appuyé par la mairie de Brazzaville. « La mairie est une administration de développement comme l’a montré le maire, il y a peu de temps. Ainsi donc, nous accompagnons tous les investisseurs qui se présentent dans la ville de Brazzaville. Ce projet de Canal + Olympia est un exemple concret », a indiqué François Apoko, directeur de cabinet à la mairie de Brazzaville.

«Le procès du général Mokoko aura lieu dans quelques semaines»

Voilà deux ans que les opposants Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa sont derrière les barreaux sans être jugés. Quant à Paulin Makaya, il reste en prison alors qu’il a purgé sa peine depuis plus de quatre mois ! La longue détention de ces trois opposants ne ternit-elle pas sérieusement l’image du régime du président Sassou Nguesso ? De passage à Paris, son ministre de la Communication et des Médias, Thierry Moungalla, répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

Thierry Moungalla, quatre mois après la signature d’un cessez-le feu la situation reste toujours très tendue dans le Pool. Le 24 mars dernier un rebelle Ninja a interpellé les délégués de la commission mixte paritaire en leur disant : « Si vous voulez la paix, commencez par libérer nos amis qui sont en prison ».

Je crois que beaucoup de Congolais et beaucoup d’observateurs étrangers ont été assez surpris de l’accord de cessez-le-feu qui a été conclu le 23 décembre dernier. La situation s’est brusquement débloquée. Pour quelle raison ? Parce qu’il y a eu une volonté politique commune. Celle des autorités, et en tête desquelles le président de la République, et celle du pasteur Ntumi.

Cette étape, qui était essentiellement opérationnelle, avec la cessation des hostilités, la reprise du trafic routier, la reprise attendue dans quelques jours du trafic ferroviaire et le retour progressif des populations. Cette phase est derrière nous. Il y a, à partir d’aujourd’hui, une phase qui est plus politique et qui est incarnée dans la commission paritaire qui a été mise en place, avec à égalité, les représentants du pasteur Ntumi et ceux du gouvernement. Et c’est au cours de cette phase que l’ensemble des questions politiques qui sont pendantes, la situation personnelle du pasteur Ntumi, la réinsertion effective des ex-combattants et les problèmes judiciaires, vont trouver leur solution.

Donc, pas de libération des Ninjas pour l’instant ?

Non. Je dis que c’est un processus dans lequel ce problème sera résolu dans le cadre de la commission mixte. Dans quelques semaines, dans quelques mois, ils pourront être libérés. Cela peut prendre quelques semaines. Cela peut prendre quelques mois.

Pas de paix sans le retour des populations du Pool qui se sont réfugiées à Brazzaville. Où en est-on ?

On en est déjà de la volonté de l’Etat, qui, malgré les difficultés financières que vous connaissez, a débloqué des crédits dans le cadre du budget 2018 qui a été voté fin 2017. Et cette somme débloquée, d’un milliard de francs CFA, permet déjà le retour progressif des populations. Il y a aujourd’hui des populations qui repartent dans leur localité d’habitation d’origine.

Oui, mais c’est au compte-gouttes.

C’est sûr que, compte tenu du fait qu’il y a à peu près 100 000 personnes qui ont été déplacées par les événements, c’est un processus long, pour lequel, d’ailleurs, l’Etat a demandé le concours et obtenu le principe de l’aide des Nations unies, lors d’une visite d’un des représentant des Nations unies au président de la République en janvier.

On a l’impression, monsieur le ministre, que pour l’instant on annonce le DDR – le désarmement -, mais que pour l’instant il n’est pas effectif.

Il y a deux aspects dans le DDR. Il y a le ramassage effectif des armes, qui est un processus que le président a annoncé depuis le mois d’octobre, quand il avait rencontré les notables du Pool. C’est-à-dire qu’on remet son arme et on reçoit un petit financement symbolique pour l’arme. Et il y a la seconde étape, qui est en fait l’étape la plus complexe, le financement de cette réinsertion qui nécessitera probablement l’apport de la communauté internationale.

Donc, pour l’instant, faute de moyens financiers, l’Etat n’arrive pas à convaincre les Ninjas de rendre leurs armes ?

Non, ce sont deux aspects différents. L’atmosphère aujourd’hui est à la restitution des armes. Il n’y a absolument plus aucune tension. Si vous voyez les convois de véhicules qui aujourd’hui ont ouvert la voie – comme on dit -, dans le Pool, ils sont mixtes. Ils sont composés de représentants de la force publique, de l’administration et des Ninjas.

A la tête de ces rebelles Ninjas il y a le pasteur Ntumi. D’un côté, la justice congolaise a émis un mandat d’arrêt contre lui, et de l’autre, l’accord de cessez-le-feu du 23 décembre stipule qu’il doit recouvrer ses droits et libertés. Alors, où en est-on ?

Tout est entre les mains de la commission mixte dont j’ai parlé. Je crois qu’il faut inscrire l’ensemble des questions d’ordre juridique, y compris la situation personnelle du pasteur Ntumi, dans le cadre des discussions qui sont en cours, qui ne cessent pas. Je peux comprendre l’impatience, notamment du pasteur Ntumi et de ses partisans les plus proches. On le comprend. Mais les choses sont sur la bonne voie et elles devraient se résoudre dans les prochaines semaines et les prochains mois.

Oui, mais en pratique il est toujours poursuivi en ce moment par la justice.

Je crois que la poursuite a totalement cessé sur un plan opérationnel. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, le pasteur Ntumi n’est, ni traqué, ni recherché.

Etes-vous en contact avec lui ?

Certainement de la part des autorités qui sont en discussion directe avec ses représentants.

Une amnistie est-elle possible ?

Tout est possible. Et je crois que tout est possible.

Le 30 décembre dernier, dans son message sur l’état de la nation, le président Denis Sassou-Nguesso a annoncé que les procès des opposants Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa s’ouvriraient d’ici le 31 mars. Rien ne s’est passé. Pourquoi ?

Il faut distinguer les deux situations rapidement. L’instruction du dossier concernant le ministre Okombi Salissa n’est pas encore arrivée à son terme. Donc, l’instruction se poursuit. Pour ce qui concerne le général Mokoko, vous avez dû entendre il y a quelques jours le renvoi qui a été effectué de son dossier vers la cour criminelle. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, sauf s’il exerce un recours, c’est-à-dire la possibilité de demander que ce renvoi soit annulé, dans les quelques semaines qui viendront, il y aura le procès du général Mokoko.

Ces deux prisonniers emblématiques ont exercé – exercent -, toutes les voies de recours. Donc, plus on conteste une procédure et une instruction et plus elle ralentit. Donc, les deux ans que nous venons de passer s’expliquent par le fait que l’instruction a été à la fois sérieuse de la part du magistrat instructeur et suffisamment ouverte et respectueuse des droits de monsieur Mokoko, puisqu’il a exercé à chaque étape les garanties que lui fournit la loi.

Selon l’un de ses avocats, le général Mokoko ne peut pas être poursuivi devant les juridictions de droit commun, du fait de son élévation à la dignité de Grand officier de l’Ordre du Mérite congolais.

Là, je ne rentre pas dans le débat juridique, qui est complexe, et je dis que ses conditions d’incarcération sont tout à fait normales, sur le fait qu’il s’agirait d’une infraction politique, je viens de vous dire que le Code pénal prévoit l’incrimination d’atteinte à la sécurité intérieure. Il n’y a donc, du point de vue de l’Etat, aucun élément qui justifie cette volonté de décrédibiliser le procès à venir.

Autre opposant politique en prison, Paulin Makaya. Il y est depuis octobre 2015. Et depuis le 1er décembre 2017 il a purgé sa peine. Et pourtant, il est toujours derrière les barreaux. N’est-ce pas un scandale judiciaire ?

Non. Il a purgé sa peine, effectivement. Simplement, il y a aujourd’hui une incrimination qui pèse sur monsieur Paulin Makaya. C’est que, fin décembre 2016, il y a eu une tentative d’évasion dans laquelle il a été impliqué et pour laquelle il a été de nouveau inculpé par le parquet. Et de nouveau, parce que dans quelques semaines il y aura certainement ce procès également, de nouveau conduit à s’expliquer devant la Cour criminelle.

Pour l’avocat de Paulin Makaya, l’ordonnance de renvoi pour tentative d’évasion est un moyen de maintenir en prison son client.

Son avocat le défend. Je comprends qu’il essaie de trouver tous les subterfuges. Simplement, je vous rappelle qu’il y a eu mort d’homme. Il y a deux agents de la force publique – deux gendarmes en l’occurrence -, qui ont trouvé la mort lors de ces événements.

Jean-Marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa, Paulin Makaya… Avez-vous conscience que, tous ces prisonniers politiques font beaucoup de mal à l’image de votre pays à l’étranger ?

Je crois qu’un Etat – un Etat organisé -, qui constate des infractions de droit commun – je le rappelle, de droit commun –, il a deux options. Soit la faiblesse : considérer que tout est dans tout et on peut se permettre de faire que l’Etat se délite. Soit, de poursuivre conformément à la loi. La qualité d’homme politique ne donne aucune immunité pour commettre des crimes ou des délits de droit commun.

Trois opposants politiques en prison cela ne fait pas beaucoup ?

Il y en a des centaines, des milliers d’autres, qui ne sont pas en prison et qui exercent leurs activités d’opposants.

Mais vous savez bien que Mokoko, Okombi et Makaya ne sont pas n’importe qui.

Parfait Kolélas n’est pas n’importe qui, il est libre. Tsaty Mabiala à la tête du premier parti de l’opposition confère les dernières élections législatives, n’est pas n’importe qui non plus. Madame Munari, que vous recevez souvent sur vos antennes, n’est pas n’importe qui. Charles Zacharie Bowao n’est pas n’importe qui. Vous voyez que l’on peut ne pas se limiter à trois exceptions qui confirment une règle. C’est que, au Congo, on est en emprisonné quand on commet un crime ou un délit de droit commun.

Ceux qui sont en prison sont ceux qui sont le plus radicaux dans leur opposition et qui ont notamment refusé de reconnaître les résultats de la dernière présidentielle. Est-ce seulement un hasard ?

Non. Monsieur Mokoko avait lancé des appels à l’insurrection. Après cette fameuse histoire de vidéo dont tout le monde a entendu parler, il y a eu, juste après la proclamation des résultats ou juste avant – je ne sais plus -, un appel public à l’insurrection. Vous voyez que l’on est dans une autre logique. Vous parlez de radicalité. Je crois que, quand vous recevez monsieur Bowao ou madame Munari qui ne reconnaissent pas les institutions, ils le disent et ils le proclament tous les jours. Ils ne sont pas poursuivis. Ils sont libres.

Le 13 décembre dernier le président Denis Sassou-Nguesso est venu à Paris pour un sommet climat. Il a souhaité rencontrer son homologue français Emmanuel Macron. Mais finalement il n’a pu rencontrer que le ministre de l’Economie et des Finances. N’est-ce pas le signe que votre régime est tenu à distance ?

Je ne suis pas dans les méandres protocolaires, j’étais membre de la délégation. Je n’ai pas entendu dire que le président de la République souhaitait rencontrer le président Macron. Je vous rappelle qu’ils se sont rencontrés dans le cadre du sommet.

Il n’y a pas eu tête à tête ?

Il n’a pas eu de tête à tête non plus avec les dizaines de chefs d’Etat qui étaient arrivés ce jour-là pour ce sommet.

Le président Sassou ne souhaitait pas rencontrer le président Macron ?

C’est vous qui le dites. Moi, je vous dis simplement que le président a participé à un sommet multilatéral, que, comme tous les autres chefs d’Etat, il a pu pleinement faire part de la position du Congo sur les questions de climat et il était venu pour cela. Par contre, il y a eu un entretien, qui lui, était spécifique à la situation financière du Congo avec le ministre des Finances Bruno Le Maire.

Mais vous n’y avez pas vu tout de même une mauvaise manière de la part du président Macron ?

C’est vous qui spéculez.

Cette rencontre avec Bruno Le Maire, en effet, c’était sur la situation financière de votre pays qui est très difficile. Sa dette est de 120 % du Produit intérieur brut. Et il y a six mois, le FMI a confirmé l’information de RFI, qui révélait que la moitié de cette dette avait été dissimulée. Est-ce que vous ne craignez pas que vos partenaires ne vous fassent plus confiance ?

Un pays en difficulté financière est un pays qui ne dissimule pas. C’est un pays qui, par la multiplicité des créanciers, peut avoir – ça peut arriver aussi à une personne privée – besoin d’un peu de temps pour rassembler l’ensemble des informations à mettre à disposition du FMI. C’est ce qui a été fait. Et aujourd’hui, nous pensons que l’ensemble des éléments sont sur la table. D’ailleurs, une mission du FMI est actuellement à Brazzaville. Elle est en train d’achever sa mission et nous venons de passer une étape essentielle qui était celle de la détermination des termes de référence. Il fallait que nous parlions le même langage avec le FMI – c’est fait -, sur les questions essentielles, la gouvernance, la restructuration de la dette.

Sur la gouvernance il y a un accord qui a été établi sur la base d’un mémorandum lié à la gouvernance économique et financière, dont les termes de référence de base. Ce document est un document commun aujourd’hui. Et pour ce qui concerne la restructuration de la dette il y a eu le recrutement courant mars du cabinet Ernst & Young, qui aujourd’hui est à pied d’œuvre et va nous permettre d’avancer le plus vite possible.

Ce que nous pouvons dire, c’est que cette phase étant terminée, nous entrons dans une phase un peu plus technique, qui consiste à ce qu’en interne le FMI examine et fasse son miel de toutes les données recueillies et propose à l’Etat congolais ou indique à l’Etat congolais le moment où le dossier passera en Conseil d’administration du FMI pour l’accord final. Donc, toute la phase antérieure aujourd’hui est terminée. Et il y a un accord global satisfaisant pour les deux parties.

Et vous souhaitez passer, évidemment, devant un Conseil d’administration dans pas trop longtemps ?

Ce serait le souhait.

C’est à dire ?

Je crois que le prochain est en juin. Croisons les doigts.