Ntokou: la diaspora à Brazzaville collecte plus d’un million pour les victimes d’inondations

L’initiative a été prise le 31 janvier, par Théodore Ikémou, député de la circonscription unique de Ntokou dans le département de la Cuvette, lors de la rencontre citoyenne avec les ressortissants de cette localité résidant à Brazzaville.

Habillés de tee-shirt sur lesquels on pouvait lire : « SOS Ntokou », les filles et fils de ce district ont manifesté leur engouement en venant en aide à leurs parents sinistrés.

Au total, un montant de 1, 750 million Francs CFA collecté dans la salle de mariage de la Mairie de Ouenzé (5e arrondissement de Brazzaville) pour secourir les habitants de leur district.

Les fonds rassemblés sont destinés aux populations des villages Ibaka, Okombé, Okoko, Ibandza et bien d’autres.

Le député du district de Ntokou, Théodore Ikémou, a expliqué dans son allocution que cette cérémonie est liée aux difficultés rencontrées par le district suite à la montée des eaux de pluies diluviennes dans cette partie riveraine.

Le geste des habitants de Ntokou, précise-t-il, a été symbolique ; car il témoigne d’un élan de solidarité légendaire et d’amour envers les autres.  « La population de Ntokou habite avec l’eau qui est notre mère nourricière, mais elle nous a surpris et semblé nous tourner le dos.», a déclaré Théodore Ikémou.

Il a abordé aussi le côté néfaste des inondations qui a engendré des conséquences multiples occasionnant la douleur et la tristesse de sa population. Parmi ces conséquences, figurent la dévastation des plantations, la destruction des villages ainsi que des pistes agricoles plongées dans l’eau. A cela, poursuit le député, s’ajoutent la pénurie de nourriture, la mauvaise qualité d’eau, source de maladies diarrhéiques.

Théodore Ikémou a lancé un appel à tous les ressortissants de Ntokou de manifester l’élan de solidarité parce que la collecte des fonds se poursuit.

Interrogé de sa présence à cette cérémonie, le président du collectif des députés de la Cuvette, Abel Owassa, a indiqué que la collecte ne concerne pas seulement les ressortissants du district de Ntokou. Le geste d’amour doit intéresser tous les enfants du département de la Cuvette ; car il s’agit d’aider les parents qui sont en souffrance après des inondations.

Notons que les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays ont causé plusieurs inondations occasionnant d’innombrables sinistrés, dans les localités de Mossaka, Loukoléla, Liranga, Ntokou, Bokoma, Tchikapika, Bokouandé, et Pikounda.

Congo : le Congo et l’Autriche renforcent les relations

Dans le but de renforcer ses relations avec les parlements africains, une délégation des parlementaires autrichiens, conduite par Axel Kassengger, a échangé le 3 février à Brazzaville avec le bureau de l’Assemblée nationale.

La partie congolaise était représentée par le deuxième secrétaire de la chambre basse du parlement,  Joseph Kignoumbi kia Mboungou.

« L’objectif de notre  tournée se résume à la connaissance  du parlement congolais. Nous envisageons également de  créer des relations entre les parlements de nos  deux pays », a déclaré Axel Kassengger à l’issue des échanges. Pendant les entretiens, la délégation autrichienne a présenté  aux députés  congolais le  fonctionnement de leur  parlement  qui, d’après Axel Kassengger, existe depuis cent ans.

Un film retraçant la composition de celui-ci  a été projeté afin d’édifier les députés congolais sur la place qu’occupe chaque parti politique autrichien  au sein de cette institution.  L’Autriche, a souligné le chef de la délégation,  compte cinq grands partis politiques parmi lesquels le parti socialiste, le parti libéral, le Centre-droit.

Située au centre de l’Europe, l’Autriche a une superficie de 84.000 km2 et compte 8 millions d’habitants avec un budget annuel  qui s’élève à 80 milliards d’Euros.  Elle a pour capitale Vienne.  L’Autriche a une industrie très développée. Après Brazzaville, la délégation autrichienne s’est rendue  à Kinshasa en République démocratique du Congo.

Notons que le chef de la délégation des parlementaires autrichiens est membre de l’association d’amitié entre le parlement autrichien et les parlements d’Afrique au sud du Sahar.

Congo : les cadres du fisc valident l’outil d’évaluation de la performance

Les documents relatifs aux réformes du secteur fiscal ont été approuvés, le 24 janvier, à Brazzaville, et devront contribuer à l’amélioration des recettes de l’Etat.

L’outil d’évaluation de la performance a été validé en République du Congo, le 24 janvier 2020. C’était au cours d’un atelier d’élaboration organisé avec l’appui de la Banque mondiale (BM) à travers le Projet de réformes intégrées du secteur public (Prisp). Cette rencontre a regroupé plusieurs cadres du fisc. Il s’est agi d’obtenir une meilleure appropriation des nouveaux outils et du domaine d’analyse prioritaire.

L’outil diagnostic d’évaluation de la performance de l’administration fiscale (Tadat) permettra de ressortir les forces et les faiblesses du secteur ainsi que sa maturité par rapport aux bonnes pratiques internationales. De même, il servira également de feuille de route pour la direction générale des impôts et des domaines afin d’identifier les actions qui serviront à bâtir les axes prioritaires.

« L’avantage de cette matrice réside en ce qu’elle est décomposée en plusieurs domaines précis et détaillés avec des actions à prendre en compte pour une planification de la politique fiscale et une mise en œuvre des actions prioritaires dans un Etat moderne », a indiqué le représentant du directeur général des impôts et des domaines (DGID), Mathieu Odessi.

Pour lui, la maitrise de cet outil permettra à la direction générale des impôts de s’autoévaluer afin de mesurer ses performances régulièrement, ainsi que de promouvoir un point de vue commun sur l’état du système d’administration fiscale entre toutes les parties prenantes.

À cet effet, au sortir de cet atelier, les cadres du fisc seront aptes à contribuer à améliorer un dispositif de mise en œuvre de la stratégie des réformes de l’administration fiscale du Congo selon les pratiques internationales.

« Je me réjouis de savoir que vous avez maitrisé le processus d’élaboration de la matrice et de la mise en œuvre des actions. Il vous revient à présent de soutenir et de le défendre et vous préparer dans le changement des mentalités afin de l’exécution sans tarder des actions sur le terrain», a indiqué Mathieu Odessi.

« Cette matrice deviendra l’astre lumineux de tout cadre et agent et d’autres parties prenantes de l’administration fiscale qui indiquera la voie à suivre pour l’arrimage de notre administration fiscale aux standards internationaux », a-t-il conclu.

Présidentielle 2021 : l’Upads demande le report des élections

L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) a respectivement rencontré, les 27 et 28 janvier à Brazzaville, la délégation de l’UE et le Pnud pour faire part de ses propositions relative au report de l’élection présidentielle de l’an prochain.

Conduite par son premier secrétaire, Pascal Tasty-Mabiala, la délégation de l’Upads a été reçue au siège de l’UE par le chef de mission de cette institution, Raul Mateus Paula, en présence des ambassadeurs de France, d’Allemagne, d’Italie et de Belgique au Congo. Concernant le Pnud, c’est la conseillère en paix et développement de cette agence onusienne, Angeline Nkwenkam Nguedjeu, qui s’est rendue au siège de la première formation politique de l’opposition congolaise.

En effet, avec ces deux délégations, l’Upads a réitéré ses cinq propositions contenues dans son message du 26 décembre 2019.  Il s’agit, entre autres, de la mise en place d’un gouvernement de consensus et d’union nationale dont la mission s’achèvera avec l’élection d’un nouveau président de la République ; la prolongation de deux ans du mandat du  président de la République jouissant de toutes ses prérogatives constitutionnelles, avec interdiction pour lui de se présenter à la prochaine élection présidentielle.

Le premier secrétaire de l’Upads, Pascal Tsaty-Mabiala, a également proposé le « retour au pays, suscité ou volontaire, de tous les exilés politiques et des autres Congolais de la diaspora qui le désirent, afin de participer librement à la vie politique nationale ; l’adoption d’un Pacte républicain, seul moyen d’élever la conscience nationale et patriotique dans un pays aux relents tribalo-ethniques avérés ; l’organisation groupée de toutes les élections au terme de la transition proposée, c’est-à-dire en 2023 », a détaillé le communiqué de presse du département de la communication de l’Upads.

Ainsi, après avoir suivi la communication du premier secrétaire de l’Upads, l’UE a pris bonne note et s’est engagée d’informer leurs Etats, avant de transmettre aux autorités nationales les doléances de l’Upads. Les deux parties ont, par ailleurs, convenu de se retrouver périodiquement. Quant à l’échange avec le Pnud, Angeline Nkwenkam Nguedjeu entend informer sa hiérarchie avant de transmettre également les doléances de l’Upads aux autorités congolaises.

Notons que les propositions de l’Upads dont le premier secrétaire est le chef de file de l’opposition congolaise ont déjà suscité l’adhésion de certains partis de cette plateforme. Il s’agit, entre autres, du Parti républicain (PR) de Paul Marie Mpouelé, du Comité d’action pour le renouveau (CAR) de Clotaire Mboussa Ellah, de l’Union des démocrates humanistes-Yuki (UDH-Yuki) de Guy Brice Parfait Kolélas et du Rassemblement pour la démocratie et le développement (RDD) de Jacques Joachim Yhombi Opango. Ces deux derniers partis qui ne se sont pas exprimés clairement, comptent sur la convocation du dialogue national pour trancher toutes ces questions.

Cependant, d’autres franges des partis de l’opposition comme la Convention des partis républicains (Copar) de Chris Antoine Walembaud, la Fédération de l’opposition congolaise

Championnat national d’élite direct Ligue 1 : début de la 15eme journée ce le 1er février

Sept matchs seront disputés durant deux jours dans trois stades lors de cette deuxième journée de la phase retour de la compétition.

Le match le plus attendu de cette journée sera joué au stade d’Owando, le 2 février, entre AS Otoho et Diables noirs. Ce derby qui mettra aux prises le leader (trente-six points) au troisième (vingt-cinq points) sera suivi avec beaucoup d’attention par tous les fans du football congolais, surtout qu’au match aller AS Otoho a pris le dessus sur son adversaire sur la plus petite des marques, 1-0, le 22 décembre dernier au stade Alphonse-Massamba-Débat.

Un autre match qui suscite le suspense est celui qui opposera l’actuel deuxième, la Jeunesse sportive de Talangaï (JST) au sixième du championnat, Patronage. La rencontre se déroulera aussi le 2 février au stade Alphonse-Massamba-Debat. Juste avant cette confrontation, l’Etoile du Congo(huitième) qui peine depuis le début de saison à s’affirmer sera face à Interclub, neuvième avec quinze points.

À l’ouverture de cette journée à Brazzaville, le Club athlétique renaissance aiglon (Cara), 5e avec vingt-trois points, défiera les Ponténégrins d’AS Cheminots qui, jusqu’à présent, traînent à la treizième place avec neuf points seulement. Après sa défaite, 0-3 face à FC Kondzo, lors de la précédente journée, Cara pourrait-il se venger devant AS Cheminots qui a fait match nul (0-0) avec la JST ? Le même jour et dans les mêmes installations, FC Kondzo affrontera V.Club Mokanda. A plus de cinq cents kilomètres de Brazzaville, l’AC Léopards de Dolisie accordera son hospitalité à l’équipe de Racing Club Brazza au stade Paul-Sayal-Moukila de la localité. A Pointe-Noire, le seul match prévu mettra aux prises le douzième à la lanterne rouge, Nico-Nicoyé-Tongo FC.

Crise libyenne : les dirigeants africains tentent de trouver des solutions

Ils se sont réunis à Brazzaville en République du Congo, pour prendre des résolutions dans l’objectif de résoudre cet épineux problème de crise.

Lors d’un sommet au Congo-Brazzaville, l’Union africaine a projeté d’organiser un forum inter-libyen en Ethiopie. L’organisation panafricaine tente de prendre en charge la résolution de cette crise qui lui échappait.

Dix jours après une conférence internationale à Berlin, des dirigeants africains tentaient ce jeudi (30.01.2020) à leur tour de « trouver des solutions » au conflit en Libye. La réunion de Brazzaville a eu lieu sous la présidence de Denis Sassou Nguesso que l’Union africaine a mandaté pour diriger un Haut comité sur la Libye.

Les deux protagonistes du conflit, Fayez al-Sarraj le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU et le maréchal Khalifa Haftar, chef autoproclamé de l’armée nationale libyenne étaient absents à l’ouverture des travaux. Cependant, d’après certaines sources diplomatiques, le chef du GNA va participer à une réunion à huis-clos.

Des délégués du maréchal Haftar, qui contrôle l’est de la Libye, devraient également être reçus séparément à huis-clos.

Congo : la crise libyenne au centre d’une réunion de l’UA

Le chef de l’État congolais, Denis Sassou-Nguesso, a accueilli et dirige ce jeudi 30 janvier, la 8e réunion du Haut comité de l’Union africaine (UA) sur la Libye.

Après la Russie, l’Allemagne et tout récemment l’Algérie, c’est au tour du Congo-Brazzaville d’organiser une réunion consacrée à la crise libyenne.

Partant du constat que l’ONU peine à apporter « des solutions probantes » et que « la situation empire », l’Union africaine veut désormais jouer un rôle dans la résolution du conflit libyen. La réunion qui se tient ce jeudi 30 janvier à Brazzaville a pour objectif de « convaincre les protagonistes du conflit d’accepter l’idée d’un forum de réconciliation ».

Le communiqué final adopté à l’issue du récent sommet de Berlin fait mention de cette future rencontre, qui devrait se tenir à Addis-Abeba au cours des six prochains mois. Mais la tâche est « titanesque », de l’aveu même de Jean-Claude Gakosso, le ministre des Affaires étrangères congolais.

Une place pour les pays voisins

Elle n’en est pas moins essentielle, selon un autre diplomate africain, qui rappelle que « les pays voisins – le Niger, le Tchad ou le Soudan – qui ont le plus souffert de la crise » ont, jusque-là, été largement tenus à l’écart de toute médiation. Ce diplomate estime que « leur exclusion est étrange voire insupportable, puisque personne ne peut ignorer le lien intime entre la crise dans le Sahel et la fragmentation de la Libye ».

Les dix pays membres du Haut comité de l’Union africaine sur la Libye sont représentés, aujourd’hui, au Congo. Le président de la Commission de l’UA, Faki Moussa Mahamat est sur place, comme le président mauritanien et le chef de l’État djiboutien, qui ont fait le déplacement en personne. En revanche, si Fayez el-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale basé à Tripoli, est bien arrivé à Brazzaville, son rival, Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, n’a pas fait le déplacement. Il sera représenté notamment par son « ministre des Affaires étrangères ».

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, dont le pays prendra la présidence tournante de l’Union africaine la semaine prochaine, a déjà fait de la Libye l’une de ses priorités.

Brazzaville abritera une table ronde de la CEEAC

La CEEAC annonce l’organisation d’une Table ronde à Brazzaville pour développer le secteur des routes et des transports.

Le Secrétariat général de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), à travers sa Secrétaire Générale adjointe Mme Marie Thérèse Chantal Mfoula, en charge de l’intégration physique, économique et monétaire, ainsi que Jean-Jacques Bouya, ont annoncé jeudi 16 janvier, depuis le Centre international de Conférence de Kintélé, à Brazzaville (Congo), la tenue prochaine d’une Table ronde pour le financement de projets majeurs d’infrastructures dans la région, nommément en République centrafricaine, au Tchad, en République du Congo et en République Démocratique du Congo. Cette table ronde se tiendra au Centre International de Conférence de Kintélé, à Brazzaville avec la participation des bailleurs internationaux.

Malgré d’importants progrès enregistrés ces dernières années, l’Afrique centrale arrive toujours grande dernière au classement des pays africains les mieux équipés en infrastructures routières (à peine 8% du réseau routier total). Même résultat en ce qui concerne le bitumage des routes : seulement 2,2% des axes routiers de la sous-région sont goudronnés.

Forte de ce constat et afin d’accélérer l’intégration régionale en zone CEEAC et de dynamiser la croissance dans une région particulièrement riche en ressources naturelles, les organisateurs ont ciblé trois projets qu’ils présenteront aux bailleurs de Brazzaville, en mars prochain. Parmi ces futures constructions d’infrastructures figurent le pont route-rail reliant Kinshasa (RDC) et Brazzaville (Congo), la construction et la réhabilitation de la route Ouesso/Bangui/N’Djamena, maillon manquant du corridor routier transafricain Pointe Noire/Brazzaville/Ouesso/ Bangui / Ndjamena, ainsi que des travaux d’aménagement fluvial.

La journée du 19 mars est organisée avec le soutien de la Banque Africaine de Développement (BAD) sous le haut patronage du Chef de l’État congolais, Denis Sassou- Nguesso. L’ambition des organisateurs est de lever des fonds pour financer les trois projets phares dont la concrétisation s’étalera sur dix ans, entre 2020 et 2030. Le 19 mars, priorité sera donnée à la mobilisation des fonds pour la Phase d’Investissement Prioritaire ( PIP ), prévue de 2020 à 2024. Une démarche qui s’inscrit dans la prolongement des efforts fournis par les pays membres de la sous-région, véritable carrefour des principaux échanges commerciaux du continent, pour développer les routes et les transports.

«  Nous pouvons être bloquant pour le developpement du continent comme nous pouvons le dynamiser, en developpant ses infrastructures. Aujourd”hui on ne peut pas voyager du Nord au Sud, parce qu’on est bloqués au centre. » Jean-Jacques Bouya, Ministre de

Cette rencontre sera également l’occasion pour ses organisateurs de passer en revue le Plan directeur consensuel des Transports en Afrique centrale (PDCT-AC), conçu pour connecter entre elles les 11 capitales de la zone CEEAC. Il s’agira également d’en mesurer l’impact depuis son lancement en 2004.

A propos de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC)

Congo : vers un outil d’évaluation des actions publiques

Le pays veut recourir au baromètre de la Banque mondiale, appelé CPIA, pour espérer accroître le contrôle de la gestion économique, des politiques structurelles, des actions en faveur de la cohésion sociale et de la modernisation du secteur public.

La ministre du Plan, Ingrid Ebouka-Babackas, a lancé le 29 janvier, à Kintélé, au nord de Brazzaville, les travaux d’un atelier national sur l’appropriation de l’évaluation de la performance des politiques des institutions nationales (CPIA, en anglais). Le conclave regroupe des cadres sectoriels et les membres du comité technique de suivi-évaluation des réformes de la RD Congo venus partager leurs expériences.

Durant trois jours, les participants tenteront d’identifier les principaux défis et d’en formuler des solutions à travers l’adoption des indicateurs de performance des politiques et institutions publiques. Les conclusions de leurs échanges serviront de base de travail d’élaboration du CPIA de la République du Congo. Ce n’est qu’après l’étape de la validation que le pays peut devenir un membre de CPIA et être soumis au rapport annuel de la Banque mondiale.

Selon l’un des conférenciers, Félicien Mulenda, l’outil de la Banque mondiale n’évalue ni les projets, ni les intentions du gouvernement encore moins les lois adoptées. Il note seulement les mesures concrètes ayant contribué à la réduction de la pauvreté, de l’inégalité sociale.

À en croire l’intervenant, les informations collectées via le CPIA aident non seulement à l’allocation des ressources financières au pays, mais également permettent aux acteurs locaux de suivre l’évolution des politiques économiques et des institutions dans leur pays, et de nourrir un débat national sur ces questions. La vulgarisation du contenu de cet outil est indispensable, a-t- il ajouté, afin d’en faciliter l’accès aux acteurs de la société civile.

En lançant les travaux de l’atelier, la ministre du Plan, Ingrid Ebouka-Babackas, entend traduire la volonté du gouvernement à améliorer la gestion de la chose publique. La réforme de la gouvernance est l’une des priorités des autorités, a indiqué la ministre, comme illustre l’adoption de la loi d’octobre 2018 portant approbation du Plan national de développement 2018-2022 et son axe premier sur l’amélioration de la gouvernance, ainsi que de la loi sur l’orientation de la performance de l’action publique adoptée récemment.

Pour Ingrid Ebouka-Babackas, l’outil CPIA va appuyer la mise en œuvre du programme macroéconomique que l’exécutif a signé avec le Fonds monétaire international en juillet 2019. « Notre pays veut mesurer les progrès de façon objective. C’est pourquoi, le gouvernement a appelé de tous ses vœux que le CPIA fasse l’objet d’un atelier de dissémination à Brazzaville », a-t- elle conclu.

Le Congo aurait une dette cachée qui s’élève à 3,3 milliards de dollars

D’après un rapport de l’ONG Global Witness publié le lundi 27 janvier 2020, au Congo, la dette publique de l’Etat pourrait être bien plus importante que prévu.

L’organisation révèle qu’une une dette d’environ 3,3 milliards $, jusqu’alors cachée du grand public, aurait été contractée par la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). Selon les documents récemment fournis par l’entreprise publique et analysés par Global Witness, les principaux créanciers sont les sociétés étrangères de pétrole comme Total et ENI ainsi que plusieurs banques.

Cette nouvelle dette vient alourdir la dette publique du Congo, car étant différente de celle actuellement due par l’Etat à d’autres entreprises telles que Glencore et Trafigura et qui avait été au centre des débats ces dernières années. L’ONG prévient qu’elle risque donc de porter la dette publique totale du Congo à près de 13 milliards de dollars, soit plus de 30% des dernières estimations du FMI.

En plus de leurs dissimulations pendant plusieurs années, l’origine de ces arriérés semble particulièrement peu conventionnelle.

Environ 2,7 milliards de dollars de la nouvelle dette étaient dus par la SNPC uniquement aux grandes compagnies pétrolières, principalement en termes de coût d’exploitation que ces sociétés assument pour le compte de la SNPC. Cependant, l’ONG indique que ces entreprises facturent à la SNPC de nombreuses dépenses qui n’étaient pas censées être prises en compte.

« Notre analyse révèle qu’elles (les dettes) peuvent couvrir un large éventail de coûts, y compris les salaires et les cotisations de retraite des employés, leurs frais médicaux, de transport, de téléphone et de logement, ainsi que les frais de scolarité de leurs enfants », indiquent les auteurs du rapport. Et d’ajouter : « le prédécesseur de Total, Elf, a même réussi à obtenir une « prime à la signature » de 50 millions de dollars – un droit de signature unique et la principale source de revenus pétroliers de l’Etat – qui a été considérée comme l’un de ces coûts, et a facturé des intérêts au Congo sur ce prétendu « prêt » ».

Ces nouvelles révélations traduisent l’opacité du système de gestion des ressources du pays, qui a souvent été dénoncée par de nombreuses ONG. En 2018, le pays avait réussi à négocier un nouvel arrangement financier avec le FMI pour réduire sa dette et diversifier son économie pétro-dépendante. Pour Global Witness, le gouvernement congolais et le FMI doivent « prendre soigneusement en compte les passifs de la SNPC dans les futures planifications fiscales, y compris dans l’analyse de la viabilité de la dette ».