Congo : nouvel accord de suspension de la dette

La République du Congo vient de bénéficier d’un troisième accord bilatéral de suspension du service de la sa dette à l’égard de la France.

 

Le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Rigobert Roger Andely, et l’ambassadeur de France au Congo, François Barateau, ont signé le 29 novembre à Brazzaville, un nouvel accord. Celui-ci concerne la suspension du service de la dette du Congo à l’égard de la France.

S’inscrivant dans le cadre de l’Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) décidée par le G20 en 2020.  Les ressources libérées par ce troisième accord seront octroyées en priorité au financement des dépenses visant à atténuer l’impact sanitaire et social de la pandémie de covid-19 et contribuer à la relance de l’économie nationale.

« Avec la signature, le 24 août dernier, d’un amendement au protocole d’accord du 9 juin 2020, le Club de Paris a reconnu que la République du Congo était éligible à bénéficier de l’extension finale de l’Initiative. L’accord que nous signons aujourd’hui permet au Congo de bénéficier de la mise en œuvre effective de cet amendement », a indiqué François Barateau.

« En cette période difficile, cette initiative démontre, une fois de plus, l’entière solidarité de la France à l’égard du Congo et de sa population. Elle traduit l’excellence des relations diplomatiques et d’amitié qui lient la France et le Congo », s’est réjoui le diplomate français.

Initialement prévue entre le 1er mai et le 31 décembre 2020, la suspension du service de la dette du Congo à l’égard de la France a été prolongée la première fois au 30 juin 2021 et la deuxième fois au 31 décembre de cette même année.

Lancée le 15 avril 2020 par les Etats membres du G20 et coordonnée par le Club de Paris pour faire face à la crise du covid-19, l’ISSD est un outil de solidarité qui vient en aide aux pays en situation de vulnérabilité face aux impacts de la crise mondiale, ainsi qu’à ses conséquences économiques.

Le soutien apporté par la France à la République du Congo via l’ISSD a permis à ce pays de réorganiser sa dette à hauteur de 38,2 milliards de F CFA, soit 58,3 millions d’euros.

Outre la France, les membres du Club qui participent à la réorganisation de cette dette sont les gouvernements de Belgique, du Brésil et de la Fédération de Russie.

Congo-hydrocarbures : l’Afrique représente 7,3% des réserves mondiales pétrolières

Le Premier ministre de la République du Congo, Anatole Collinet Makosso, a appelé mardi à Brazzaville les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à agir en synergie dans le secteur des hydrocarbures.

 

Les pays de la sous-région doivent « agir en synergie afin d’harmoniser leurs stratégies d’exploitation des ressources pétrolières et gazières », a déclaré M. Makosso lors de l’ouverture du CEMAC Business Energy Forum, un événement visant à favoriser la coopération Sud-Sud et la mise en œuvre des projets énergétiques inter-Etats.

Selon lui, en agissant en synergie, les pays de la CEMAC vont « parvenir à peser sur l’industrie et les marchés pétroliers mondiaux et répondre avec efficacité à la problématique de la pauvreté énergétique africaine ».

« L’Afrique, prise dans son ensemble, représente environ 7,3% des réserves mondiales prouvées de pétrole et 7,2% de réserves de gaz », a-t-il précisé.

Organisée à l’initiative du Congo-Brazzaville et de la Guinée équatoriale, cette première édition du CEMAC Business Energy Forum connaît la participation des compagnies pétrolières opérant dans la CEMAC qui compte six pays membres : le Congo-Brazzaville, le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.

 

Congo-harcèlement en milieu scolaire : les élèves sensibilisés sur le sujet

Le secrétariat exécutif permanent du Conseil consultatif de la femme (CCF) a organisé un atelier d’écoute pour les collégiennes et lycéennes de Brazzaville.

 

A Brazzaville, les ateliers d’écoute organisés en faveur des collégiennes et lycéennes ont été lancés le 28 novembre 2021. C’est une initiative du secrétariat exécutif permanent du conseil consultatif de la femme. Il est question d’entretenir ces jeunes élèves sur le harcèlement en milieu scolaire.

Placée sous le thème « Harcèlement sexuel en milieu scolaire », la série de rencontres qui se poursuivront les 4 et 11 décembre prochains, vise, entre autres, à stopper toutes les violences à l’égard des femmes.

L’activité s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes. Et aussi des seize jours d’activisme contre les violences liées au genre dont le but est de sensibiliser le public à cette question et de lutter contre ce type de violences.

La première secrétaire du CCF, Coralie Steeven Ikia-Dimi, a exhorté les jeunes filles à ne pas hésiter à relever, si possible, les us et coutumes qui impacteraient négativement la vie des femmes dans le pays.

Selon elle, la violence à l’égard des femmes et des filles constitue l’une des violations des droits humains les plus répandues, les plus persistantes et les plus dévastatrices dans le monde. Elle demeure également, a poursuivi Coralie Steeven Ikia-Dimi, l’une des moins signalées en raison de l’impunité, du silence, de la stigmatisation et du sentiment de honte qui peuvent l’entourer.

« Cette violence à l’égard des femmes englobe toutes les formes physiques, sexuelles et psychologiques, dirigées contre le sexe féminin et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances », a-t-elle commenté.

Parlant des violences physiques, la première secrétaire du CCF a cité les coups, les mutilations génitales, sévices ou châtiments corporels. Quant aux violences sexuelles, il s’agit du viol, des abus et actes sexuels forcés. Sur la liste des violences morales, on compte le harcèlement moral, le cyber harcèlement (sur les réseaux sociaux notamment), les avances sexuelles non désirées et persistantes, le harcèlement sexuel (avec parfois du chantage, phénomène dit des notes sexuellement transmissibles).

 

Congo : les handicapés demandent une amélioration de leur situation

Ils se sont exprimés vendredi 26 novembre lors d’une rencontre au cours de laquelle ils ont exigé la relecture du projet de la nouvelle loi d’orientation sociale.

 

Le collectif des Organisation des personnes handicapées (OPH) juge le cadre juridique inadapté. Selon ce collectif, il ne garantit pas l’égalité des droits aux individus vulnérables. L’OPH a organisé un atelier de sensibilisation. Il s’est agi d’alerte au gouvernement sur la situation des personnes vivant avec un handicap. Les membres de l’OPH ont exigé la relecture du projet de la nouvelle loi d’orientation sociale.

Ladite rencontre s’inscrivait dans le cadre du Projet d’appui à la consolidation de la « dynamique nationale Coalition plus 2030 » en vue de l’amélioration de la défense des droits des personnes vivant avec handicap en République du Congo, en partenariat avec le Comité français pour la solidarité internationale, avec le soutien financier de l’Agence française de développement.

L’objectif des échanges, a expliqué Donatien Ibassa, le coordonnateur de la « Coalition plus 2030 », est de renforcer la concertation et le dialogue permanent entre les autorités et les organisations de la société civile, afin d’aboutir à la révision de l’ancienne loi spécifique d’avril 1992 portant statuts, protection et promotion de la personne handicapée, en harmonie avec la convention africaine sur le handicap. « La situation des personnes handicapées au Congo est critique. Le projet de loi initié par le ministère des Affaires sociales se trouvant au Parlement n’a pas pris en compte toutes les conditions sociales des personnes vivant avec handicap. Nous n’avons pas été consultés lors de la préparation de cette loi. Il nous faut une loi spécifique au lieu d’une loi à caractère général », a déploré Donatien Ibassa, avant de rappeler l’État congolais à son obligation de faire respecter les droits humains des personnes handicapées.

La plate-forme des associations de défense des droits des personnes handicapées réclame donc des discussions avec les autorités de tutelle pour pouvoir harmoniser le cadre juridique national relatif à la protection des couches sociales vulnérables.

Congo : le projet de loi de finances exercice 2022 rejeté

Les pensionnés de la caisse de retraite des fonctionnaires (CRF) réaffirment leur désapprobation du budget de l’Etat, exercice 2022.

 

Le projet de loi du budget de l’Etat, exercice 2022 est présentement en examen au Parlement. Celui-ci s’élève à 49, 853 milliards FCFA. Un projet de loi que les retraités de la  CRF ont critiqué. Ils ont réaffirmé leur désapprobation le 29 novembre à Brazzaville dans le bureau du Sénat.

Ces retraités accumulant actuellement trente-huit mois d’arriérés de pensions depuis 2016. Ils menaçaient d’organiser des sit-in devant le Palais des congrès à partir de ce 30 novembre et ont décidé de suspendre leur mouvement en attendant l’aboutissement des négociations.

Notons que malgré leurs multiples plaintes, les représentants des retraités ont accepté la main tendue du président du Sénat, Pierre Ngolo, qui les a rassurés de travailler avec la commission Economie et Finances de cette chambre haute du Parlement.

« Il faut retenir vos adhérents, qu’ils prennent leur mal en patience. Ce n’est qu’un projet, s’il y a possibilité de l’améliorer, nous le ferons. Nous avons déjà rencontré le gouvernement plusieurs fois, mais nous ne baissons pas les bras, nous allons continuer à jouer notre rôle d’encadreur. La commission Economie et Finances va vous recevoir ; le gouvernement mettra en place une commission pour regarder votre situation », a déclaré en substance Pierre Ngolo.

Ces retraités sont regroupés en trois organisations à savoir dont de la Coordination nationale des fédérations des associations des retraités (CNAFARA/CRF) et la Fédération des associations des retraités (FAR/CRF).

Bolloré Transport & Logistics soutient le projet d’installation d’une unité de services essentiels au profit des villages du fleuve Congo

Au mois d’Octobre dernier, Congo Terminal et les Terminaux du Bassin du Congo, filiales de Bolloré Transport & Logistics, ont apporté leur soutien aux associations « Pot@maï » et « Aide à l’Enfance » en prenant en charge tous les frais de transport et de logistique pour faciliter l’installation d’une Unité de Services Essentiels (USE) au profit des villages bordant le fleuve Congo.

Alimentée par une hydrolienne flottante, ce dispositif alimentera toute l’année 3 villages d’environ 3000 personnes autour de Loubassa avec une production de 10kW 24h/24. Elle permettra à ces villages enclavés sur les berges du fleuve Congo d’avoir un accès à l’eau potable, de stocker les produits agroalimentaires et de bénéficier d’une autonomie énergétique pour favoriser l’essor de l’agriculture locale.

« Ce projet est une belle initiative et je suis contente d’y prendre part. Grâce à l’intervention des associations Pot@maï et Aide à l’Enfance ainsi que le soutien de Bolloré Transport & Logistics, le village va pouvoir avoir accès à l’eau potable et à l’électricité ce qui lui permettra de gagner en autonomie » a indiqué Christ Loubelo, bénévole participant à la logistique du projet.

« Nous accompagnons ce projet qui s’inscrit parfaitement dans notre démarche RSE. Il répond ainsi à un double objectif : favoriser la transition énergétique et soutenir les populations locales afin d’améliorer leur qualité de vie. La crise sanitaire mondiale rend tout ceci encore plus indispensable au regard de la dégradation des conditions de vie des plus vulnérables » a réagi Anthony Samzun, Directeur général de Congo Terminal.

À propos de Bolloré Transport & Logistics au Congo

Présent au Congo dans le transport et la logistique, Bolloré Transport & Logistics compte 1500 collaborateurs congolais à travers ses agences et ses filiales portuaires et logistiques. Implanté à Pointe Noire, Brazzaville et Dolisie, l’entreprise déploie des systèmes de management QHSE reposant sur des référentiels reconnus tels que l’ISO 4500. Bolloré Transport & Logistics s’investit dans l’amélioration des compétences de ses collaborateurs et participe activement au développement socio-économique du pays au moyen d’actions de responsabilité sociétale dans les secteurs de l’éducation, la réinsertion sociale, la préservation de l’environnement et l’accompagnement humanitaire.

Congo : au moins 90% des accidents de la route sont causés par les mauvais comportements des automobilistes

C’est un constat récemment fait par Louis Ekina Lebout, directeur des transports urbains et routiers en République du Congo.

 

Entre non-respect des feux rouges, franchissement de lignes blanches et évolution sur les trottoirs, conduire en état d’ivresse, téléphoner en conduisant, l’oublie d’utiliser les clignotants, refus de priorité, vitesse… Ce sont autant de mauvais comportements des automobilistes qui sont à l’origine des accidents de la circulation.

Malgré la multiplication des campagnes de sécurité routière, ils sont de plus en plus nombreux à ne pas respecter l’ensemble des règles du code de la route. Ce constat a été établi récemment par le directeur des Transports urbains et routiers, Louis Ekina Lebout : « Plus de 90% des accidents de la route sont provoqués par le mauvais comportement des automobilistes ».

Rappelons que 30. 782 accidents corporels ont été enregistrés sur le réseau routier national entre 2014 et 2019, selon les statistiques rendues publiques par les Unités spécialisées de la force publique en novembre 2020.

Congo : le syndicat national des pharmaciens entend poursuivre Laborex en justice

Cette décision a été prise le 26 novembre 2021, lors de l’assemblée générale extraordinaire du syndicat national des pharmaciens du Congo (Synaphac).

 

Dans une déclaration rendue publique le 26 novembre dernier, le Synaphac a décidé d’ester Laborex en justice. C’est une mesure arrêtée par les membres dudit syndicat réunis en assemblée générale. Celle-ci fait suite au constat selon lequel Laborex tente d’approvisionner Abdoul Madjid Traoré au mépris des textes règlementaires régissant le secteur de la pharmacie.

Les membres du Synaphac à la fin des travaux ont promis, en outre, d’engager une action de boycott à l’endroit des grossistes-répartiteurs qui ouvriraient leurs portes à Madjid Traoré. Par ailleurs, les syndicalistes leur ont demandé de nommer à la tête de leurs structures des pharmaciens régulièrement inscrits à l’un des tableaux de l’ordre.

Selon les pharmaciens,  Abdoul Madid Traoré n’est inscrit à aucun tableau de l’ordre, pour ce faire, il ne peut exercer le métier de pharmacien et bénéficier des avantages y afférents.

Congo : 67 nouveaux auditeurs de justices en attente d’affectation

Ils ont solennellement prêté serment à la cour d’appel de Brazzaville vendredi 26 novembre 2021, une cérémonie présidée par Christian Oba, premier président de cette institution.

 

L’audience solennelle de prestation de serment, présidée par le premier président de la Cour d’appel de Brazzaville, Christian Oba, a eu lieu le 26 novembre au parquet, en présence du chef du gouvernement, Anatole Collinet Makosso, et de plusieurs professionnels de droit. Une phase décisive qui leur ouvrira la porte de la profession de magistrat.

« Je jure de garder scrupuleusement le secret professionnel et de me conduire en tout temps comme un digne et loyal auditeur de justice ». Cette phrase a été dite 67 fois vendredi dernier par les nouveaux auditeurs de justice. Ils ont prêté serment à la cour d’appel de Brazzaville.

Il faut dire que bien qu’ils aient prêté serment, ces jeunes ne sont pas encore considérés comme des magistrats au sens propre du terme. Ils devront donc êtes affectés dans des cours et tribunaux pour y passer un stage d’imprégnation auprès des professionnels de droit. C’est tout au long de leur stage qu’ils seront fascinés à la profession de magistrat et vont acquérir l’expérience en la matière.

« Je voudrai vous préciser qu’auditeurs de justice vous l’êtes, mais magistrats vous ne l’êtes pas encore. La tentation est souvent grande de confondre l’une des deux fonctions. Auditeurs de justice que vous êtes, vous êtes encore des apprentis », a souligné le président de la Cour d’appel, Christian Oba.

Congo : « Aujourd’hui, encore, le Congo a besoin de se rassembler sur l’essentiel »

C’est qui ressort du discours du Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, à l’occasion du 63e anniversaire de la proclamation de la République célébré le 28 novembre.

 

L’intégralité du discours du Premier ministre, Anatole Collinet Makosso.

Je prends ici la parole au nom de son excellence, monsieur le président de la République, qui m’a chargé de célébrer la République avec tous ceux qui, comme lui, sont au service de la République, notamment les hauts dirigeants à tous les niveaux de responsabilité.

Le président de la République n’oublie pas les élus nationaux et locaux, les préfets, sous- préfets, les administrateurs maires d’arrondissements, de communautés urbaines, les chefs de quartiers, de villages, de zones et de blocs qui, au plus près des populations, veillent quotidiennement au respect des valeurs de la République ;

Nous ne saurons oublier en ce jour particulier, ceux qui font la République, à savoir l’ensemble des fonctionnaires et autres agents de l’État, les cadres du secteur privé et du secteur informel, les chefs d’entreprise, les commerçants, ouvriers, paysans, artistes, artisans, sportifs, culturels, écrivains, musiciens.

Bref !  Nous célébrons la République non seulement avec l’ensemble des citoyennes et des citoyens de la République, mais aussi avec tous ceux de nos amis, ressortissants des pays frères et amis, ayant choisi le Congo comme leur seconde patrie, et qui affrontent avec nous les dures épreuves de la vie ; ainsi qu’avec leurs excellences, mesdames et messieurs les ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques ; mesdames et messieurs les représentants des agences du système des Nations unies.

Enfin, avec tous nos compatriotes vivant à l’étranger sans oublier ceux qui souffrent dans les hôpitaux et ceux qui peinent dans les prisons, ceux qui sont retenus dans les commissariats, ceux qui sont dans le deuil et dans le malheur, je m’adresse donc à vous tous, mesdames et messieurs, pour qu’ensemble, dans ce contexte de crise sanitaire, nous puissions célébrer la République sur le thème « Lutter contre la covid-19, c’est sauver la République ».

La République c’était le 28 novembre 1958.

Tant de souvenirs historiques remontent dans nos esprits et dans nos cœurs.

La vie des peuples, comme celle des hommes, a ses joies et ses peines.

Regarder,  aujourd’hui,  vers  ce  jour  glorieux,  c’est  une source de joie et d’espérance.

La joie du souvenir de notre accession à ce degré de responsabilité politique, où il nous était donné de nous gouverner nous-mêmes dans le cadre juridique que nous avions conquis.

Car la République fut tout d’abord une conquête et notre destin s’est accordé à cette voie que nous avions choisie.

Une conquête oui !  Parce  que,  aussi  loin  que  nous pouvons remonter dans l’histoire, la naissance de la République fut précédée par cinq périodes. Il nous semble important d’y revenir car aimait à le dire Winston Churchill, « Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur ».

Revisitons donc ces cinq grands moments qui ont marqué les différentes étapes de la gestation de notre République.

Premièrement, la fondation du Royaume Kongo par Nimi Lukeni entre le XIVe et le XVe siècle.

Deuxièmement,  la  pénétration  portugaise  avec  la découverte de l’embouchure du fleuve Congo en 1484 par Diégo Cao.

Troisièmement, la colonisation française, en 1880, avec la signature à Mbé, d’un Traité de protectorat français, entre le roi Makoko et l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza.

Quatrièmement, la création d’un espace territorial dénommé Congo, acté par le décret du 26 juillet 1886, puis la création de l’Afrique équatoriale française  par  décret  du  15  janvier  1910 instituant, par la même occasion, le territoire du Moyen-Congo.

Cinquièmement enfin, la proclamation de la République, par l’article 2 de la délibération n°112/58 du 28 novembre 1958 de l’Assemblée territoriale du  Moyen-Congo,   faisant  du  territoire  du Moyen-Congo, un État autonome à la suite du référendum du 28 septembre 1958.

Il y a tant de noms, tant de figures  qu’il faudrait  invoquer pour rendre hommage à ceux qui ont permis cette histoire et qui, par le sacrifice et même le sang versé, ont ouvert la route à la République.

Au-delà de leurs positionnements politiques et des divergences  idéologiques  qu’ils avaient, magnifions aujourd’hui  leur épopée historique qui a forgé une espérance et transmis un legs. Qui sont-ils ?

Emportés par les  échos de l’Histoire,  leurs  noms résonnent   encore   dans   nos   tympans   :   André   Garnier,   Jacques Opangault, Fulbert Youlou, Jean Félix Tchikaya,   Georges Yambot, Ambily, Bouendé, Emmanuel Dadet, Victor Sathoud, Valentin Tombet, Germain Samba, Innocent Odicky, Prosper Gandzion, Zéphirin Moe Poaty, Christian Jayle, Dominique Sambo-Dibele, Valentin Moubouh, Hilaire  Mavioka,  Jean  Biyoudi,  Henry  Itoua,     Kikhounga  N’Got, Stéphane Tchitchelle, Mambéké Boucher, André Kerhervé, Jean Nardon, Vancelli, Zakete, Joseph Vial, Deriaud, Chimier et j’en oublie certainement d’autres.

Car il y a aussi tant et tant de destins de Congolais qui sont mêlés à l’édification de notre République et que l’on ne saurait citer dans cet exercice.

De grands hommes d’État,  chacun selon son tempérament, selon son époque et en fonction des réalités et des vicissitudes du moment, ont tour à tour préservé les fondements de la République au point où il n’est nullement arrivé dans l’esprit d’aucun de nos dirigeants  l’idée de remettre en cause les fondements de la République qui est restée depuis sa naissance, une, indivisible, résiliente et fraternelle.

Quel message pouvons-nous adresser à tous ceux de nos compatriotes qui ne sont plus de ce monde ? Ceux qui se sont battus pour la souveraineté de notre pays ?

Nous voulons leur dire que la Nation leur est reconnaissante. C’est ainsi qu’après les présidents Fulbert Youlou, Alphonse Massamba-Débat, Marien Ngouabi, Jacques Joachim Yhombi Opango, Pascal Lissouba, le président Denis Sassou N’Guesso, luttant contre l’oubli collectif et voulant fixer ce legs dans la mémoire de ses compatriotes, a institué la Journée de la République, celle de la liberté, désormais ancrée dans nos mœurs et moment important pour notre destin et notre prospérité partagés.

C’est, d’ailleurs, ce qu’il nous enseigne dans son ouvrage « Le manguier, le fleuve et la souris », je le cite: « Il est essentiel que nos enfants apprennent ce qu’est  la République, ses règles de fonctionnement, les principes démocratiques sur lesquelles elle repose, faute de quoi ils n’auront aucune raison de la respecter », fin de citation.

La République doit donc continuer d’être conquise.

Nos générations doivent la défendre et transmettre ses valeurs aux générations futures.  Nous devons à notre place nous battre pour défendre durablement notre communauté et ce qui l’unit.

C’est l’occasion pour moi de revenir sur un des symboles dont nous ne parlons pas assez et de faire percevoir à l’ensemble de nos concitoyens et mêmes à nos amis, la portée profonde de nos armoiries.

En effet, les armoiries de la République qui figurent sur tous nos documents officiels sont fixées par le décret n°63-262 du 12 août 1963 et exprimées en termes héraldiques.

Ces armoiries nous rappellent que notre République est représentée  par  « Un  écu  en  or  traversé  par  une  large  bande horizontale ondulée verte, avec un lion, de couleur rouge, la gueule ouverte, et à la langue d’un émail particulier, de couleur verte, autant que sont les griffes, c’est-à-dire de couleur verte. Un lion qui traverse tout l’écu, tenant un flambeau noir, allumé d’un feu rouge. L’écu est supporté par deux éléphants noirs avec des défenses en or, mouvant de chaque côté de l’écu et soutenu par un tronc d’arbre de couleur rouge. Dans le cercle d’or de la couronne forestière, il est écrit en lettre rouge : République du Congo et sur listel en or la devise : Unité Travail Progrès », en rouge.

En réalité, au travers de tous ces signes, de toutes ces images, de toutes ces  couleurs  qu’arborent  nos  armoiries,  en  lien  avec  notre  hymne national et notre drapeau, on retrouve la beauté, la richesse et la force de notre pays avec ses ressources, forestières, minières et fauniques qu’il nous faut à tout prix défendre avec courage et exploiter avec intelligence dans l’unité, au prix du travail, pour espérer le progrès de chacun et de tous.

Défendre avec force et gérer avec parcimonie, car la République veut dire res publica, c’est-à-dire la chose publique.

Dès lors, le Congo cesse d’être une res nullus, c’est-à-dire une chose sans maître. Ce qui implique trois choses :

-D’abord, de la part des gouvernants, un devoir : celui de gérer avec parcimonie et rigueur la chose d’autrui, celle du peuple qui leur a été  confiée  et  de  rendre  compte  au  peuple,  seul  détenteur  et propriétaire de la chose.

-Ensuite, de la part du peuple, un devoir de respect des valeurs de la République, de l’environnement et du bien public ;

-Enfin, de la part des autres Républiques, fussent-elles amies ou sœurs, un devoir de respect et de non-ingérence sous toutes ses formes.

La connaissance de ces symboles constitue un motif légitime de fierté et de respect, en ce qu’ils incarnent  l’âme de la nation congolaise.

Voilà pourquoi, à la faveur de la célébration de cette journée, le pays tout entier se doit d’être habillé aux couleurs de la République. Que chacun de nous, à la maison, dans la voiture et dans les bus, arbore les couleurs de la République.

Car cette commémoration nous interpelle sur le chemin parcouru par la Nation et nous projette dans un cheminement collectif vers de nouveaux horizons, vers de nouveaux sommets à conquérir.

Aujourd’hui, encore, le Congo a besoin de se rassembler sur l’essentiel.

Et l’essentiel en ces moments, ce sont nos valeurs, ce sont nos principes, ce sont nos institutions.

Et l’essentiel en ces moments, c’est aussi la lutte contre la pandémie qui nous invite à l’unité  face à ce virus qui défie l’humanité entière, détruit notre économie, endeuille nos familles et décime notre population.

Je vous invite donc à continuer d’observer les règles de prévention et surtout à vous faire vacciner car si ensemble nous nous faisons vacciner, la pandémie disparaîtra et la République sera sauvée. Alors, nous chanterons toujours à l’unisson :

« Vive la République ! Vive le Congo ! »