Congo : des entrepreneuses formées sur la rédaction d’un business plan

Après six mois de formation, des femmes porteuses de projet d’entreprise ont reçu leur diplôme le 28 juin dernier, à Brazzaville. Une initiative de la fondation Sounga ngaï.

La fondation Sounga ngaï ambitionne d’éradiquer l’inadéquation entre la formation et l’emploi, ainsi que les difficultés d’obtention des prêts. Pour Danièle Sassou Nguesso, président de ladite fondation, les femmes en créant leurs entreprises, elles vont contribuer à la réduction du chômage et encourager leurs proches à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

Les projets proposés au cours de cette formation, abordaient les questions de collecte des matières premières, de traitement des produits alimentaires, de la distribution, de la vente des articles et de la restauration. Le péché

Selon la ministre des PME, cette activité participe aux projets du gouvernement qui fait de l’entrepreneuriat un levier pour la diversification de l’économie nationale.

« Les femmes doivent s’inscrire à la bourse de sous-traitance dont le projet vient d’être voté au Sénat car l’Etat ne peut tout produire. Vous devez accompagner l’Etat dans la lutte contre le chômage et la création d’emplois. Continuez à travailler, soyez créatives et constituez-vous en groupes afin de pérenniser vos projets », a-t-elle conseillé.

Joseph Kignoumbi Kia Mboungou est contre le mémorandum de l’opposition

Le 30 juin au cours d’une conférence de presse à Brazzaville, le président de la Chaîne a critiqué le texte de l’opposition, signé le 23 juin.

Joseph Kignoumbi Kia Mboungoua, donnant la position de son parti face au mémorandum de l’opposition, a déclaré: « La Chaîne ne désapprouve pas la démarche entreprise par le groupe des partis de l’opposition signataires qui ont résolu de travailler ensemble pour parvenir, un jour, à une alternance politique démocratique ; mais condamne l’idée de signer un pacte majorité-opposition qui doit aboutir à un gouvernement d’union nationale qui ne se justifie pas », a-t-il relevé.

Par cet acte, a-t-il ajouté, les partis de l’opposition, signataires du mémorandum du 23 juin, se lancent dans la perspective de la mise en place d’une large majorité présidentielle à laquelle la Chaîne n’envisage pas d’adhérer.

De même, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou a précisé que l’idée de sceller un pacte entre la majorité et l’opposition est corroborée par un détail qui annonce l’élaboration d’un recueil devant contenir les valeurs fondamentales servant de socle républicain entre les deux obédiences politiques.

Selon le conférencier, le meilleur pacte est la Constitution congolaise du 25 octobre 2015 qui engage aussi bien les partis politiques que le peuple congolais. Par ailleurs, le président de la Chaîne a présenté à l’auditoire les autres points contenus dans le règlement intérieur de l’opposition qui n’épousent pas la vision de son parti. Il s’agit, a-t-il noté, des articles 12, 16, 19 et 20.

L’article 12 précise que le conseil des partis politiques de l’opposition est ouvert aux personnalités désignées par le chef de cette obédience. Cette disposition est en contradiction avec la loi sur les partis politiques, selon Kignoumbi. À en croire le président de la Chaîne, l’article 16 est un véritable diktat en ce qu’il indique que l’ordre du jour des réunions extraordinaires est de la seule compétence du chef de l’opposition et il est communiqué séance tenante.

Quant à l’article 19, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou a noté que bien qu’il permet aux partis politiques de garder leur autonomie de fonctionnement, cet article ajoute en son alinéa 2 que les formations politiques sont tenues, dans leur prise de position publique, au respect des engagements contenus dans le mémorandum et le règlement intérieur.

En ce qui concerne l’article 20, le conférencier a relevé que le chef de l’opposition a l’ambition implicite de vouloir régner en maître absolu, parce que cette disposition note « qu’en cas de négociation politique ayant trait au mémorandum, les membres du conseil des partis politiques de l’opposition désignés consensuellement peuvent accompagner le chef de l’opposition ».

Notons que la Chaîne avait pris part aux travaux d’élaboration des documents fondamentaux de la plate-forme de l’opposition congolaise. Selon son président, les amendements que son parti avait apportés n’ont pas été pris en compte.

 

Extra-Musica fête 25 ans d’existence

L’événement qui s’est déroulé samedi 30 juin au Palais des Congrès et à mobiliser des milliers fans.

Le 30 juin, Extra-Musica a célébré ces 25 années d’existence au Palais des Congrès de Brazzaville. Occasion pour ce célèbre groupe congolais de passer en revue tout son répertoire. Le leader Roga Roga a invité les mélomanes à partager ces moments de joies avec le groupe.

Extra-Musica a communié avec ses milliers de fans décidé de marquer un temps d’arrêt. Le groupe va ainsi passer en revue son répertoire de musical. Selon certaines sources, les billets d’entrée se sont vendus comme des petits pains et le Palais des Congrès de Brazzaville était plein à craquer.

Cette célébration a commencé selon le leader du groupe en Afrique de l’Ouest. En suite en France où Extra-Musica mobiliser le maximum de fans.

. En rappel Extra-Musica est composé de Roga-Roga, Guy Guy Fall, Espé Bass, Ramatoulaye, Regis Touba, Durel Louemba, Quentin Moyascko.

La SNPC veut améliorer ces performances

Le sujet était à l’ordre du jour à la séance plénière des sénateurs le mercredi 27 juin dernier.

Mercredi 27 juin à Brazzaville, les sénateurs ont examiné et d’adopté deux textes.  L’un porte sur les nouvelles dispositions de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), pour permettre l’améliorer des performances de ladite société.

Pour Pierre Mabiala, ministre des Affaires foncières et du domaine public, chargé des relations avec le parlement, ce projet de loi ne portait pas sur l’examen du statut juridique de la SNPC mais plutôt sur la modification et le complément de quelques dispositions de la structure afin d’introduire une notion importante liée au contrôle.

« Nous avons besoin de la transparence, de la bonne gouvernance. Et puisque ce contrôle est exigé par le gouvernement qui est le propriétaire de l’EPIC, alors il faut se mettre en rapport avec d’autres structures qui peuvent venir nous aider. Voilà l’urgence. Celle d’introduire dans la loi de création de la SNPC la notion d’audit externe annuel afin de renforcer les conditions de transparence et nous sommes en contingence », a-t-il déclaré.

Pierre Mabiala a signifié : « Le temps nous est compté et c’est pour cela que vous avez été appelés en urgence pour examiner ce projet de loi.  Alors, allons droit au but, et le but ici, c’est l’introduction dans la loi de création de la SNPC de cet audit externe avec ses conséquences à récolter qui nous permettront d’être en conformité avec nos partenaires qui souhaitent que les résultats financiers soient audités par un troisième œil ».

Les Sénateurs  ont également adopté le projet de loi portant création d’un établissement public à caractère administratif dénommé « Bourse de sous-traitance et de partenariat d’entreprises » qui va, de manière pratique, travailler sur la base d’un profilage gérer par deux fichiers, à savoir le fichier des donneurs d’ordre, c’est-à-dire les grandes et moyennes entreprises, et où seront consignés leurs besoins ou leurs demandes, et le fichier des receveurs d’ordre des moyennes, très petites et petites entreprises devant certifier leurs capacités d’exécuter les commandes.

La Bourse de sous-traitance et de partenariat d’entreprises est un centre d’information technique de promotion, de développement, d’organisation et de gestion de la sous-traitance et du partenariat d’entreprises. Un espace de mise en relation entre les grandes entreprises dites principales et celles dites sous-traitantes. Ce projet de loi a été expliqué devant les sénateurs par la ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’artisanat et du secteur informel, Yvonne Adélaïde Mougany.

Congo : les entrepreneurs partagent leur expérience

La plate-forme Oukaley a organisé une causerie débat entre les entrepreneurs et les porteurs de projets d’entreprise, le 27 juin à Brazzaville.

Mercredi 27 juin à Brazzaville, les entrepreneurs et les porteurs de projets d’entreprise, se sont regroupés autour d’une table. C’était au cours d’une causerie débat organisé par la plateforme Oukaley, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des micros, petites et moyennes entreprises.

Occasion pour les participants d’échanger avec les entrepreneurs expérimentés et représentants des grandes entreprises évoluant au Congo. Les thèmes développés ont fait l’objet de panels, notamment le développement des compétences pour l’employabilité, la formation qualifiante et certifiante, de l’incubateur des start-ups aux notions de leadership.

Les participants à cette causerie ont par ailleurs, soulevés des difficultés liées à la création d’entreprise, les initiatives en cours au ministère des Petites et moyennes entreprises, le système de l’Ohada, les payements des taxes et des services publics ont été aussi évoqués.

Le directeur de l’Agence congolaise de la création d’entreprise a indiqué que le gouvernement met en place, de façon progressive, plusieurs réformes afin d’améliorer le climat d’affaires dans le pays. « Ces réformes faciliteront la création et la gestion des entreprises. Mais pour une bonne exécution de ces réformes, les Congolais en général et les entrepreneurs en particulier doivent changer leur manière de faire. Ils devraient miser sur le travail au lieu de passer le temps à chercher les circuits de faciliter ou de falsification des documents » a-t-il lancé.

Brazzaville abritera le forum sur la gouvernance forestière régionale

La rencontre qui se tiendra les 30 et 31 octobre prochain, regroupera des participants venus des centres spécialisés des deux Congo, du Cameroun et du Gabon.

Il sera question au cours de ce forum, d’un moment d’échanges et partage d’expériences entre les intervenants, sur la gouvernance forestière régionale ; l’utilisation des terres et le processus Redd+ (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) et la foresterie participative.

Près de deux cents participants sont attendus les 30 et 31 juillet à Brazzaville. Ils seront constitués des personnels des pouvoirs publics, de la société civile, du secteur privé, des communautés dépendantes des forêts, des peuples autochtones, de la communauté académique, des partenaires tels que le Projet de renforcement de la gouvernance forestière en Afrique et le Centre international pour le développement et la formation.

Les conclusions de ces assises du projet Observation forestière dans le Bassin du Congo, vont orienter les travaux de la conférence prévue à Bruxelles, un mois plus tard.

Les thématiques qui seront évoquées pendant ces assises s’articuleront autour des : « Processus législatifs en matière forestière dans le Bassin du Congo » ; « Redd+, zéro déforestation, agrobusiness » ; « Synergies entre Flegt, Redd+ et la gouvernance de l’utilisation des terres » ; et « Foresterie participative, régime foncier et droits des peuples ».

Insertion sociale : 4500 jeunes seront formés dans divers métiers

Cette formation entre dans le cadre du projet de développement des compétences pour l’employabilité (PDCE), cofinancé par le gouvernement congolais et la Banque mondiale.

C’est mercredi 27 juin 2018, qu’a commencé la collecte des données des jeunes âgés de 16 à 30 ans ayant abandonné le chemin de l’école depuis plus de deux ans. L’objectif est de permettre à cette couche juvénile d’apprendre divers métiers de son choix en vue de son insertion dans la vie sociale.

Ce sont au total quatre mille cinq cents jeunes qui seront recrutés dans les villes de Brazzaville, Pointe-Noire et leurs périphéries. Le projet PDCE prévoit une répartition suivante : les deux capitales auront chacune un effectif de deux mille deux cent cinquante jeunes éligibles.  Le projet est cofinancé par le gouvernement congolais et la Banque mondiale.

Le processus de collecte qui a commencé le 27 juin dernier se poursuit jusqu’au 03 juillet prochain, se fait aux gymnases Maxime-Matima à Makélékélé, dans le premier arrondissement, gymnase Henri-Elendé à côté du stade Massamba-Débat, gymnase Nicole-Oba à Talangaï, ainsi qu’au Centre de formation professionnelle Don- Bosco à Djiri.

Les métiers retenus, figurent ceux de l’électricité, la restauration, la coiffure-esthétique, la maçonnerie, la mécanique, l’agropastorale, la coupe-couture, la plomberie, le carrelage, la pâtisserie, la liste n’est pas exhaustive.

 

Congo: les proches du pasteur Ntumi libérés

Au moins quatre-vingt personnes proches de l’ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, ont été libérées mardi 26 juin à Brazzaville.

Conformément aux accords de cessez-le-feu de décembre 2017, quatre-vingt proches de l’ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou ont été libérés mardi 26 juin 2018. Après deux d’affrontement qu’a connu le Pool, cet accord a été signé entre le gouvernement et les rebelles Ninjas, pour marquer le retour de la paix dans ce département.

Il s’agit des plus importantes libérations obtenues après les accords de cessez-le-feu et de cessation des hostilités conclus en décembre dernier entre le gouvernement et les représentants du pasteur Ntumi. Ces libérations permettent non seulement de décongestionner la prison mais aussi sont conformes à l’esprit de cet accord entre les Ninjas et le Gouvernement, c’est du moins ce qu’a expliqué une source proche du dossier

Ces personnes qui ont recouvré leur liberté sont des ex-combattants ninjas. Dans l’ensemble ils attendent un cantonnement et le lancement de l’opération DDR dont la date reste à déterminer. Si ses proches ont été libérés, le Pasteur Ntumi quant à lui attend toujours d’être fixé sur son statut, six mois après ces accords. Le mandat d’arrêt émis contre lui n’a toujours pas été formellement levé.

Notons que, des partis d’opposition qui signaient un mémorandum au cours d’une rentrée politique ont souhaité que l’ancien chef rebelle soit totalement impliqué dans le processus de rétablissement de la paix dans le Pool.

 

Congo : l’Acat dit non à la torture

L’organisation non gouvernementale a fustigé la pratique de la torture dans le pays, le 26 juin à Brazzaville, au cours d’une conférence-débat organisée au Centre d’information des Nations unies.

L’activité s’est déroulée dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des Nations unies pour le soutien aux victimes de la torture. Afin de permettre aux acteurs de la chaîne pénale d’évaluer leurs insuffisances et leurs réussites dans des partenariats déjà engagés entre différents professionnels, et de chercher des moyens nécessaires pour fédérer leurs intelligences ainsi que leurs énergies dans la promotion du respect des garanties judiciaires, les participants ont débattu sur la pratique de la torture au Congo et les moyens d’agir conjointement en vue d’enrayer ces traitements cruels inhumains.

Dans son mot de circonstance, le président de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture au Congo (Acat-Congo), Christian Loubassou, a rappelé que cette journée constituait pour son association un moment important en vue d’ interpeller tous les acteurs concernés par l’adoption du nouveau code pénal incriminant la torture, l’adoption de la loi organique de la CNDH, la création d’un mécanisme national de prévention consécutive à la ratification du protocole facultatif à la convention contre la torture effectuée en avril 2016. Question de rendre effectifs des programmes de réparation et de réhabilitation des victimes de torture ; de mettre fin à l’impunité des auteurs des actes de torture ; et d’améliorer les conditions de détention des détenus.

Pour sa part, Loamba Moke, président de l’Association des droits de l’homme et de l’univers carcéral, a fait une communication centrée sur « L’assistance aux victimes de torture : réalités et perspectives ». Cette assistance, au fil des temps, doit commencer aux portes des commissariats de police et des brigades de la gendarmerie, a-t-il dit. D’après lui, le Congo doit mettre en place un comité de lutte contre la torture et créer un institut des droits de l’homme qui permettra à tous les cadres de bénéficier d’une formation continue, afin que la culture des droits de l’homme soit effectivement installée dans le pays.

Cette conférence a été un grand moment d’échange entre les animateurs et l’auditoire. A l’issue de la séquence des questions-réponses, les participants ont quitté la salle, satisfaits et informés.

Notons que pour l’Acat-Congo et la Fédération internationale de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture, cette journée a été l’occasion d’une prise de conscience de responsabilité collective des acteurs de la chaîne pénale. Elle a été célébrée au Congo sur le thème « Renforcement des synergies pour le respect des garanties judiciaires : un pari gagnant pour l’Etat et la société civile en République du Congo ».

Francophonie : Michaëlle Jean obtient un satisfecit de la CCP pour son bilan

Les représentants des États et gouvernements membres de la Francophonie réunis à la 149e session de la Commission de coopération et de programmation (CCP), le 20 juin 2018, à Paris, ont donné unanimement un satisfecit à Michaëlle Jean pour tout son travail à l’OIF.

À quelques trois moins presque du sommet de la Francophonie et la fin de son actuel mandat qui expire le 31 décembre 2018, Michaëlle Jean et ses équipes mettent la dernière main au Rapport d’activités qui sera soumis aux chefs d’État et de gouvernement membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), en octobre prochain à Erevan.

Cet exercice, qui est une obligation institutionnelle à laquelle se soumet le secrétaire général de la Francophonie à la veille du Sommet, dresse un panorama synthétique des principales actions mises en œuvre et des progrès liés aux activités menées pour atteindre les objectifs généraux de l’Organisation. Elle présentera le bilan complet des réalisations à la fin de sa mandature.

Au moment où ce Rapport sera rendu public, ceux qui l’on porté à la tête de l’OIF à Dakar en novembre 2014, pourront alors mesurer l’ampleur du travail accompli par l’actuelle Secrétaire générale, en dépit de toutes attaques récurrentes, souvent injustes et malveillantes dont elle a fait l’objet durant tout son mandat.

Nous avons le privilège d’accéder de première main à l’ébauche préliminaire d’un document concis mais combien édifiant, qui dresse les grandes lignes des actions menées par l’actuelle secrétaire générale durant les quatre années passées à la tête de l’OIF. C’est un document qui mérite d’être lu par tous ceux qui s’intéressent aux activités de l’Organisation et connu par le plus grand nombre de francophones avant de spéculer sur le bien-fondé ou non du renouvellement de son mandat.

Évoquons premièrement son action politique et diplomatique avant de revenir, plus tard, dans la cadre d’autres articles à paraître dans les prochaines semaines, sur ses innovations dans la Francophonie économique en tant qu’espace de solidarité et de coopération ; dans le domaine de la langue française et de la diversité culturelle et linguistique ; mais aussi, et cela est très important par ces temps de recul démocratique, des droits et libertés fondamentales, qui sont au fondement même de la Francophonie.

Action diplomatique qui répond aux défis du monde actuel

En 2014, l’on s’en souvient, Michaëlle Jean, alors en campagne pour le poste de secrétaire générale de la Francophonie, avait mené un plaidoyer fort auprès des États membres de l’OIF pour présenter sa vision de la Francophonie de demain, qui devait, de son point de vue, s’adapter à la complexité des nouvelles réalités et aux défis du monde contemporain. Elle avait alors compris, avant bien d’autres observateurs, que le monde dans lequel nous vivons, a muté, et que ce monde-là est de plus en plus marqué par l’insécurité grandissante, les nouvelles formes de violence, la montée du terrorisme et, enfin, la violation, de plus en plus massive, des droits et libertés de la personne.

Son projet, pour ainsi dire, le contraignait à l’action. En accédant au poste de secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean ne devait pas, ne pouvait pas, se contenter que de s’inscrire dans la continuité des actions de ses illustres prédécesseurs. Elle se devait également de rester fidèle à ses engagements et avoir les ambitions de son temps.

Durant les presque quatre années passées à la tête de la Francophonie, Michaëlle Jean aura posé des actes fort et surtout mené des réformes courageuses et ambitieuses visant à assainir les finances de l’Organisation qui, comme on peut l’imaginer, ne seraient pas sans conséquences. En effet, la Francophonie, sous son magistère, devait, comme elle l’affirme elle-même « être présente là où on ne l’attendait pas ».

Dans une lettre publiée il y a plus de deux semaines, dans les journaux canadiens Globe and Mail et La Presse, portant le titre « Pourquoi je veux continuer de diriger la Francophonie? », Michaëlle Jean a défendu éloquemment son bilan à maints égards et dressé un inventaire de ses réalisations au cours des quatre dernières années. Elle a mis en évidence la nécessité, pour l’OIF, d’agir au rythme d’un monde de plus en plus fracturé où des crises politiques et humanitaires font rage, où des défis technologiques et de développement se posent avec beaucoup d’acuité, où les populations sont exposées et déstabilisées par le terrorisme, où les effets dévastateurs du réchauffement climatique menacent la survie même de l’humanité, où des exodes forcés et des mouvements migratoires d’une ampleur jamais égalée sont légions.

C’est, en réalité, la nature troublée de ce monde qui éclaire son action politique et diplomatique. La lecture de son bilan le prouve à suffisance. Et ce bilan des quatre années, parce qu’il est ambitieux, nous projette immédiatement vers l’avenir, si les chefs d’État et de gouvernement membres de l’OIF lui renouvelaient leur confiance pour un second mandat. Car la Francophonie est une continuité. Demain, il faudra continuer de porter, comme elle le fait déjà, la voix de la Francophonie partout où l’exigent les enjeux, partout où se prennent les décisions qui vont impacter l’espace francophone et au-delà.

Michaëlle Jean a démontré qu’elle savait s’y faire. Elle aura positionné, de manière significative l’OIF dans l’espace multilatéral et renforcé les liens de coopération et de partenariat, à la fois, avec le système des Nations unies et les autres organisations internationales, régionales et sous-régionales. En effet, depuis 2015, l’OIF a signé une quinzaine d’accords de partenariat stratégique avec des grandes institutions et organismes tels que la Banque mondiale, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Centre du commerce international (CCI) ou encore le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCR), pour faire avancer les priorités de l’organisation qu’elle dirige.

L’actuelle secrétaire générale aura visité plus d’une quarantaine de pays membres de l’OIF et rencontré, en tête-à-tête, 75 des 84 Chefs d’État et de gouvernement membres. Elle aura été présente, partout où cela a été possible, dans les enceintes où les principaux décideurs de la planète se réunissaient et discutaient de l’avenir de l’humanité, de la paix et de la sécurité mondiale, tant au Conseil de sécurité que dans d’autres instances internationales importantes. Et, à chaque fois, elle a tenu à organiser des concertations ministérielles pour des prises de position communes et des déclarations conjointes des États membres de l’OIF sur les enjeux qui les concernent. La Francophonie est de plus en plus présente sur la scène internationale.

Action politique accès sur la gouvernance démocratique

Au registre des actions politiques, Michaëlle Jean a, d’une voix forte, appelé au respect des engagements contenus dans la Déclaration de Bamako et exhorté les États à respecter les droits de la personne, les principes démocratiques et l’État de droit. Son approche a consisté essentiellement au soutien et à l’accompagnement des États membres dans le processus démocratique, pour consolider et approfondir les valeurs démocratiques prônées par l’Organisation.

Près d’une soixantaine de missions électorales, d’assistance technique, d’évaluation, d’audit, d’appui à la consolidation des fichiers électoraux et d’observation des élections, ont été dépêchées dans plusieurs pays, à la demande de ceux-ci, en vue des élections libres, transparentes et apaisées.

De plus, Michaëlle Jean a mobilisé des Envoyés spéciaux de haut niveau et des chefs de mission, au service de la diplomatie préventive notamment dans des pays en proie aux guerres civiles internes et crises politiques pouvant conduire aux conflits armés, pour encourager la mise en place d’espaces de dialogue inclusif et de compromis.

Au regard de ce qui précède, nul esprit objectif et sincère, ne peut nier l’évidence que Michaëlle Jean a été à la hauteur des enjeux et des ambitions de la Francophonie de l’avenir. Elle a donné une envergure à la diplomatie francophone, renforcé la coopération avec les pays membres, assuré une présence francophone effective et influente au sein des instances multilatérales.

C’est à la lumière de ces faits et d’eux seuls, qu’il conviendrait d’analyser et commenter, voire même comparer le projet de Michaëlle Jean avec ceux d’autres candidat(e)s, s’ils en ont de plus intéressants pour l’Organisation. Sans quoi, toute tentative de vouloir abruptement mettre fin au mandat de l’actuelle secrétaire générale ressemblerait, non seulement à un acharnement contre une femme qui a consacrée toute son énergie au service de la notoriété de la Francophonie, mais surtout à une volonté délibérée d’anéantir les efforts déployés par l’Organisation en vue de promouvoir la langue française et consolider les valeurs démocratiques dans l’espace francophone.