Congo : 60 ans après les indépendances les traces sont encore visibles

Faut-il rebaptiser les rues et changer les monuments? La question est au centre des débats en République du Congo.

Le Congo a célébré le 60e anniversaire de son indépendance ce samedi 15 août 2020. De nombreux monuments, espaces ou jardins publics et grandes avenues portant les noms des personnalités françaises en vue pendant la colonisation sont encore très présents dans capitale.

Ses habitants sont très partagés concernant la conservation ou non de ces vestiges du passé. Certains veulent qu’on les détruise ou qu’on les remplace pour faire la place aux résistants par exemple. D’autres par contre tiennent à leur conservation au nom de la perpétuation de l’histoire.

Le Congo entend refondre et moderniser son code général des impôts

La République du Congo s’est donné trois mois pour dépoussiérer et réformer son code des impôts.

C’est un exercice délicat pour un pays : comment imposer avec justesse et équité ses entreprises et ses citoyens. La République du Congo s’est donné trois mois pour dépoussiérer et réformer son code des impôts. L’actuelle date en partie de l’époque coloniale. Sa modernisation vise à rendre le pays plus attractif pour les investisseurs. En la matière les Congolais estiment que la refonte du code ne suffit pas et que la bonne gouvernance doit suivre.

Les experts se sont donnés au total trois mois pour mener les travaux en vue de la refonte du code général des impôts. A cela s’ajoute la rédaction du livre des procédures fiscales. A quoi ressemble le code général actuel ? Ludovic Ngatsé, ministre délégué au budget, répond : « C’est un tas de textes non organisés qui font que les contribuables et même l’administration elle-même perdent beaucoup de temps à retrouver ce qu’il y a de matière à asseoir l’impôt. C’est un ensemble de textes qui datent des indépendances qu’on rassemble dans ce qu’on appelle code, mais qui n’était pas trop clair. »

Les objectifs visés à travers la réforme sont entre autres : « améliorer d’abord le climat des affaires. Ça doit permettre aussi de faciliter les affaires pour tout le monde », a ajouté  Ngatsé.

« Le nouveau code à mettre en place doit être une voie balisée comme dans une ville moderne avec un code de la route connu des conducteurs », a déclaré Ludovic Itoua, directeur général des impôts et des domaines.

Les entreprises installées au Congo l’attendent avec impatience, selon Jean-Jacques Samba, conseiller du président de l’Union patronale et interprofessionnelle du Congo (Uni-Congo). « On a besoin d’un code clair qui n’ouvre pas des possibilités à des interprétations. Qu’il soit bien compris. Qu’il soit compris de la même manière et par les usagers (chefs d’entreprises) et également par l’administration des impôts qui le fait appliquer. Donc, on a besoin clair, simple et facile à comprendre. »

Base légale imposable à tous les établissements, le code général des impôts va subir une mutation pour être adapté au contexte économique actuel, analyse Léon Mayeko, enseignant d’économie à l’université publique. « Au niveau des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) par exemple, il y a beaucoup d’aspects qu’on avait pas pris en compte dans l’ancien code. Il faut donc l’adapter. Il faut aussi regarder les avantages qu’on peut accorder à un certain nombre d’entreprises qui soient bénéfiques pour l’économie. Ça va certainement renflouer les caisses de l’État. »

Léon Mayeko conseille : « Mais, en dehors du code, il faut insister sur la bonne gouvernance. »

Le gouvernement se propose de prendre en ligne de compte ce nouveau code général des impôts dans la Loi des finances 2021.

Congo : les députés de l’opposition absents au vote de la nouvelle loi électorale

L’Assemblée nationale a adopté, le 12 août, en séance plénière, avec amendements, le projet de loi modifiant et complétant certaines dispositions de la loi électorale n°9-2001 du 10 décembre 2001.

Les trois députés de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads) n’ont pas pris part au vote de la nouvelle loi électorale qui était assorti d’une recommandation.

Initiée par le gouvernement, cette loi est conforme et inclut, entre autres, le vote par anticipation des agents de la force publique ainsi que l’établissement d’une liste spéciale. Selon le gouvernement, les militaires, policiers et gendarmes constituent une partie non négligeable du corps électoral et ont droit d’exercer leur droit de vote, dans les mêmes conditions que tous les autres électeurs.

Le but étant de leur permettre de se consacrer uniquement, le jour du vote général, aux opérations visant à assurer la sécurité des personnes et biens. « Pour assurer en mieux la sécurité des électeurs, des populations ainsi que de tout le processus électoral, la solution la plus idoine est de faire voter les agents de la force publique, dûment inscrits sur les listes électorales, quelques jours avant les autres électeurs inscrits », a justifié le gouvernement.

Ainsi, quelques alinéas ont été ajoutés à certains articles avec des amendements. Pour permettre une exploitation plus aisée de la loi électorale, la commission a recommandé au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation de soumettre à la représentation nationale, dès la prochaine session, une transcription de cette loi ainsi que ses modifications dans un texte unique pour adoption. Une suggestion prise en compte par le ministre Raymond Zéphirin Mboulou.

Pascal Tsaty-Mabiala dénonce un affrontement politique

Après avoir pris part aux débats où ils ont été les principaux animateurs, les trois députés de l’opposition politique congolaise, représentée à cette plénière par Pascal Tsaty-Mabiala, Honoré Sayi et Alain Pascal Leyinda, ont boycotté le vote. Ils sont sortis malgré les assurances du ministre Mboulou qui a annoncé la tenue prochaine d’une concertation politique devant permettre d’évaluer le niveau d’exécution des recommandations de Ouesso de 2016.

Selon le chef de file de l’opposition congolaise, le peuple congolais attend la transparence et la fiabilité de la prochaine élection présidentielle et non le vote par anticipation des agents de la force publique. «S’il y a une concertation en vue, pourquoi ne pas attendre ce rendez-vous pour élaborer un seul texte accepté de tous ? Pour cette réforme, nous ne voyons pas l’opportunité. Le groupe de l’opposition ne participe pas à ce vote, nous attendons la concertation annoncée », a déclaré Pascal Tsaty-Mabiala avant de quitter la salle. Défendant le rapport de sa commission, le président de la commission des lois et affaires administratives, Fernand Sabaye, a, quant à lui, qualifié de simple ajustement technique qui vise l’efficacité de la loi en termes d’application.

Notons que l’article 110 alinéa 3 a été modifié dans le sens de restreindre le droit de contester les résultats électoraux qui ne peut être l’œuvre que du candidat lui-même à l’exclusion de la formation politique qui l’a présenté et ses représentants. Outre la nouvelle loi électorale, les députés ont accepté, au cours de cette plénière présidée par Isidore Mvouba, la prorogation de l’état d’urgence sanitaire pour la septième  fois consécutive et bien d’autres textes.

Un congolais trouve la mort à l’hôpital de Melun en France

Rod Alain Calvet Louhoho, 49 ans, a été retrouvé  inconscient sur le quai de la gare RER D DE Cesson, dans la nuit de samedi à dimanche 9 août, par les pompiers du département de Seine-et-Marne, en France.

Pour la petite histoire, ce congolais qui vit en France depuis 5 ans, s’était rendu dans la journée de samedi auprès des amis du côté de Courbevoie près de Paris. Après une journée de réjouissances, comme à l’accoutumée de fin de semaine pour la plupart des Congolais  dans la région parisienne, alors qu’il retournait chez lui, en transport en commun, à destination de Le Mée-sur-seine, sa gare de résidence, il a dû descendre, pour des raisons inconnues, à la gare de Cesson.

Ce congolais a été admis aux urgences de l’hôpital de Melun vers une heure du matin, après qu’il soit retrouvé inconscient. Il décède le 10 août  2020, en début d’après-midi.

Étant sans famille en France, c’est l’un de ses amis congolais qui a été averti pour venir reconnaître le corps. C’est grâce à ce dernier que la communauté a été sensibilisée via la presse et les réseaux sociaux.

Les témoignages de soutien et les marques d’amitié se succèdent, mettant les Congolais dans l’embarras sur la probable organisation des obsèques à la suite de la mort tragique de leur compatriote.

La police française a ouvert une enquête dont elle rendra les résultats à l’issue de celle-ci, confie son compatriote, seul interlocuteur au dossier.

Congo : la santé du général Mokoko s’améliore

La nouvelle a été annoncée par l’épouse de Jean-Marie Michel Mokoko, qui a finalement pu le voir à l’hôpital où il avait été accueilli.

Il y a deux semaines, le 30 juillet, l’opposant congolais Jean-Marie Michel Mokoko, emprisonné depuis 2016, s’envolait vers la capitale turque, Ankara, pour y être soigné. La Turquie était officiellement le premier pays à accéder à la demande du président Sassou Nguesso. Depuis, les informations parviennent au compte-goutte. Les autorités d’Ankara refusent notamment de révéler le nom de l’établissement où est hospitalisé Jean-Marie Michel Mokoko.

Cela fait deux semaines ce jeudi que Jean-Marie Michel Mokoko s’est envolé pour Ankara. L’opposant congolais a quitté Brazzaville à bord d’un avion affrété par la Turquie pour recevoir des soins dans la capitale turque. Depuis, silence radio. L’ambassade turque à Brazzaville précisait simplement en milieu de semaine dernière qu’il s’agit d’une « opération d’évacuation humanitaire et sanitaire à la demande des autorités congolaises ». La diplomatie turque dénonçait en même temps les « théories du complot ».

Il faut dire qu’en l’absence d’informations les proches du général Mokoko s’inquiétaient. L’ancien candidat à la présidentielle, emprisonné depuis 2016, a vu son état de santé se dégrader en juin. Sa compagne avait été autorisée à s’envoler elle aussi pour la Turquie quelques jours avant. Et c’est par elle que les nouvelles ont fini par arriver.

Elle a pu le voir dans l’hôpital où il est accueilli. C’est ce qu’expliquent des proches de l’entourage du général Mokoko. Celle qui partage sa vie depuis près d’une décennie l’a trouvé plus en forme que lorsqu’elle le visitait à Brazzaville avant son départ. Il était alors sous perfusion. Ce n’est plus le cas aujourd’hui selon elle.

L’ancien chef d’état-major devenu opposant marcherait même et pourrait commencer des séances de kinésithérapie la semaine prochaine. Jean-Marie Michel Mokoko est « dans un des meilleurs hôpitaux » d’Ankara assure une source gouvernementale congolaise. Voilà qui apaise les craintes de ses proches.

Ils restent cependant circonspects quant au choix de la Turquie pour accueillir J3M.

Paris était hors de question : le président Sassou Nguesso considère que la France est un soutien du général Mokoko.

Une source officielle indique que parmi les capitales au système de santé performant, Ankara a été la plus rapide à répondre positivement. Brazzaville n’aura en tout cas pas à s’inquiéter de voir l’opposant obtenir l’asile politique en Turquie.

 

CAN-Handball dames : le Congo occupe le 2ème rang au classement général

La république du Congo occupe la deuxième place du classement des cinq équipes féminines qui ont dominé la scène internationale lors des différentes CAN de 1974 à 2018.

Malgré sa contre-performance depuis plus d’une décennie, l’équipe congolaise demeure parmi les cinq meilleures équipes du palmarès du handball continental à côté de l’Angola, la Tunisie, la Côte d’Ivoire et le Nigeria. La première Coupe d’Afrique des nations (CAN) de handball féminin a été remportée par l’équipe tunisienne en 1974, puis en 1976, talonnée de près par les Congolaises qui ont décroché cette année-là la médaille d’argent.  Ces dernières ne sont pas restées  en seconde place bien longtemps avant de détrôner le titre à leurs adversaires en 1979. Fortes de cette réussite, elles ont enchaîné les victoires successivement en 1981, 1983 et 1985.

En 1987 à Rabat au Maroc, c’était le tour des ivoiriennes de prendre la médaille d’Or en laissant la troisième place du classement aux Congolaises et la quatrième aux tunisiennes. Mais, en 1989, elles sont surprises par les Angolaises qui ont fait une remontée fulgurante. Elles sont passées de l’avant-dernière place (5e) occupée au classement durant deux éditions successives (1985 et 1987), au top du classement final. C’était la première victoire de l’Angola qui avait occupé la dernière place lors de sa première participation en 1983.

En 1991, l’Angola a perdu sa place de favorite en faveur du Nigeria mais est revenu au-devant de la scène l’année suivante (1992) puisque la Cahb avait décidé d’organiser ses compétitions les années paires. Pendant ce temps, les Congolaises n’ont pas  baissé les bras. Au contraire, elles ont remonté la pente de médaillées de bronze, pour deux médailles d’argent successivement, de 1991 à 1992.

Mais, contre toute attente, la Côte d’Ivoire reprend du poil de la bête et quitte la sixième place du classement pour la troisième place (durant ces deux ans : 1991 à 1992). Elles sont deuxièmes derrière les Angolaises en 1994 avant de remporter triomphalement la Coupe d’Afrique en 1996. C’était le dernier sacre des Ivoiriennes. En 1998, les Angolaises ont repris la Coupe d’Afrique des nations et sont demeurées championnes d’Afrique jusqu’en 2012.   2014 a été le retour des tunisiennes, premières médaillées d’or de l’histoire du handball africain, longtemps restées loin du trophée. L’Angola qui s’était laissé devancer récupère son titre de championne d’Afrique de 2016 à 2018. La prochaine CAN dames initialement prévue pour décembre 2020 a été reportée au 11 Juin 2021 en raison du coronavirus.

Championnat d’Afrique des nations

Palmarès des équipes

Angola

Médaille d’or : 1989, 1992, 1994, 1998, 2000, 2002, 2004, 2006, 2008, 2010, 2012, 2016, 2018

Médaille d’argent : 1991

Médaille de bronze : 1996, 2014

Congo Brazzaville

Médaille d’or : 1979, 1981, 1983, 1985

Médaille d’argent : 1992, 1998, 2000

Médaille de bronze : 1976,1987, 1989, 1991, 2006, 2008

Tunisie

Médaille d’or : 1974, 1976, 2014

Médaille d’argent : 1981, 2006, 2010, 2012, 2016

Médaille de bronze : 2000, 2002

Côte d’Ivoire

Médaille d’or : 1987, 1996

Médaille d’argent : 1985, 1989, 1994, 2002, 2008

Médaille de bronze : 1992, 1998, 2004, 2010

Nigeria

Médaille d’or : 1991

Médaille d’argent : 1983

Médaille de bronze : 1981

 

Conseil économique, social et environnemental : le budget de l’exercice 2021 fixé à 2,6 milliards FCFA

Le budget adopté devrait permettre à cette structure d’améliorer son fonctionnement et être plus performante.

Les membres de l’institution consultative viennent de boucler, le 10 août à Brazzaville, leur première session ordinaire consacrée à la relance de l’économie nationale affectée par la crise sanitaire du coronavirus.

Une bonne partie du budget du Conseil économique, social et environnemental(CESE) est destinée à son fonctionnement, soit 1,66 milliard francs CFA et environ 975 millions sont prévus pour l’investissement sans plus de précisions. « Le présent projet sera transmis à date à la direction du budget pour arbitrage. Une fois pris en compte dans la prochaine loi de finances, la Commission des affaires économiques et le bureau du conseil dégageront un collectif y relatif », a indiqué le rapporteur du conseil, Louis Patrice N’Gagnon.

Comme lors de l’ouverture des travaux de la session inaugurale, la présidente du CESE, Émilienne Raoul, a insisté sur rôle de son institution dans un contexte de crise économique et sanitaire. Elle a invité les autorités du pays à tirer les leçons de la crise actuelle et à prendre des mesures permettant la transformation profonde de l’économie nationale, l’amélioration des dépenses sociales et la prise en compte des défis environnementaux.

Les recommandations issues de cette session seront transmises au chef de l’État, aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, a assuré la présidente du CESE. « Nous avons compris que face à la crise actuelle, la collaboration entre le gouvernement et le conseil s’impose. Si au préalable la question était « pourquoi nous en sommes arrivés-là », nous devons à présent nous poser la question comment faire pour résoudre les problèmes et sortir le pays de cet engrenage qui met en danger notre économie, la vie de notre population et notre environnement », a-t-elle ajouté.

Notons que pendant deux semaines, les membres du CESE, repartis dans des diverses commissions, ont échangé sur des thèmes liés au plan de relance et de stabilisation de l’économie congolaise ; à la prise en charge des maladies chroniques et la nécessité de recourir aux médicaments génériques ; à l’employabilité des jeunes et à l’élaboration d’un plan environnemental adapté. Des débats ont aussi été organisés autour de « l’impact du coronavirus au Congo et les perspectives économiques, sociales et environnementales » animés par des membres du gouvernement, des représentants d’organismes onusiens et des administrations publiques.

Ce conclave a permis aux membres du conseil de formuler des pistes de solutions aux nombreuses questions liées aux conséquences socio-économiques de la pandémie.

Congo : les retraités de la fonction publique réclament 26 mois d’arriérés de pensions

Ils accusent le ministère des Finances de faire preuve de mauvaise foi parce qu’ils versent régulièrement les salaires des fonctionnaires.

Vingt-six, c’est le nombre de mois d’impayés que réclament les retraités de la fonction publique. Ils accusent le ministère des Finances de faire preuve de mauvaise foi parce qu’ils versent régulièrement les salaires des fonctionnaires. Des accusations rejetées par ce dernier qui évoquent des tensions de trésorerie.

À la tête de la Coordination nationale des associations des pensionnés de la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF), Alphonse Lebva est convaincu que les arriérés de pensions s’accumulent à cause d’un manque de volonté du ministère des Finances de les payer. Il demande un geste « fort » de la part du gouvernement pour soulager tant soit peu les souffrances des retraités.

Une situation économique difficile

« Les salaires sont payés régulièrement et les pensions dépendent de la seule volonté du ministre des Finances. Nous accusons vingt-six mois d’arriérés de pensions. Nous demandons que désormais qu’une solution définitive soit trouvée au problème de la retraite au Congo, parce que notre douleur d’aujourd’hui c’est la mort des actifs de demain », explique Alphonse Lebva.

Les accusations et revendications des retraités ont provoqué la réaction de Ludovic Ngatsé, ministre délégué au budget. Il a indiqué que l’apurement des dépenses sociales fait partie des priorités du gouvernement, mais qui fait face à une situation économique difficile.

« Les recettes budgétaires ont baissé de 50 %, malheureusement dans la même période la masse des pensions de retraité a augmenté aussi de 50 %. En dépit de ces difficultés, nous nous arrangeons chaque mois à payer au moins la moitié des retraités », a expliqué Ludovic Ngatsé.

Le nombre d’anciens fonctionnaires admis à la retraite serait passé de 26 à 39 000 personnes ces dernières années.

Coronavirus : le Congo ouvrira ses frontières le 24 août 2020

C’est du moins ce qui ressort de la 8eme réunion de la coordination nationale de la gestion de la pandémie de coronavirus qui s’est tenue mardi 11 août 2020.

C’est par visioconférence que s’est tenue la 8e réunion de la coordination nationale de gestion de la pandémie de coronavirus, mardi 11 août 2020. Une réunion présidée par le président de la République Denis Sassou N’Guesso.

Plusieurs mesures ont été prises au cours de cet échange notamment la réouverture des frontières nationales au 24 août 2020 avec obligation de test PCR payant pour tous les voyageurs venant de l’étranger.

Voici les différentes recommandations, telles qu’énoncées par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla.

« La Coordination nationale recommande aux autorités compétentes de reconduire toutes les décisions arrêtées en sa session du 24 juillet 2020, à savoir :

  • la prorogation de l’état d’urgence sanitaire pour une nouvelle période de vingt (20) jours, soit à compter du 19 août 2020 pour la période à venir ;
  • la prorogation du couvre-feu à Brazzaville et à Pointe-Noire, de 20 heures à 5 heures du matin ;
  • la prorogation du couvre-feu sur le reste du territoire national, de 22 heures à 5 heures du matin ;
  • l’interdiction des rassemblements de plus de cinquante (50) personnes dans les lieux publics et privés, à l’exception des marchés domaniaux et de la participation à une activité autorisée dans le cadre du déconfinement ;
  • le port obligatoire et conforme du masque de protection individuelle ;
  • l’observation, partout et par tous, de toutes les mesures barrières ;
  • la non-réouverture des établissements d’enseignement fermés, des résidences universitaires et des internats ;
  • la non-réouverture des boîtes de nuit et autres lieux de danse ;
  • l’interdiction des rencontres de sport collectif et des spectacles ;
  • la célébration, dans l’intimité, de tous les événements familiaux, dans le respect de toutes les mesures de prévention ;
  • l’exercice des contrôles sanitaires et de la force publique à l’entrée et à la sortie de toutes les villes du pays. Afin de renforcer la prévention, la Coordination nationale recommande les mesures suivantes :
  • rendre payant (pour chaque voyageur) le test PCR obligatoire réalisé à l’aéroport, à l’arrivée des vols internationaux. Le prix recommandé est fixé à 20.000 frs CFA, soit trente euros (30 €) ou quarante dollars (40 $US) par personne testée ;
  • interdire la pratique du sport individuel et les promenades en groupe de plus de trois personnes sur les voies et espaces publics, notamment la corniche et les alentours des stades de Brazzaville ainsi que les bords de l’océan atlantique à Pointe-Noire et dans le Kouilou ;
  • interdire l’installation sur la voie et les espaces publics des chapiteaux destinés à accueillir des personnes ; limiter à dix (10) le nombre des membres d’une famille appelés à participer à la levée du corps, à la morgue, d’un parent décédé, en voie d’inhumation ;
  • limiter le nombre de corps à inhumer par jour. En vue de contribuer à la redynamisation de l’économie nationale, la Coordination nationale recommande de :
  • rouvrir les frontières aériennes à partir du lundi 24 août 2020.

La Coordination nationale a insisté sur la nécessité de faire respecter les mesures sanitaires et de sécurité pour éviter de nouveaux cas de coronavirus au Congo.

Congo : des doutes après des condamnations dans une affaire de trafic d’êtres humains

Six ressortissants béninois accusés de trafic d’êtres humains ont été condamnés par la cour criminelle de Brazzaville. Un verdict qui semble précipité selon les accusés.

Ces peines vont de 03 à 10 ans de prison ferme pour avoir organisé et entretenu la traite des enfants sur le territoire congolais. Cette condamnation est contestée par les accusés qui estiment que le juge a subi des pressions extérieures, notamment des Américains.

« Les preuves de l’infraction n’ont pas été rapportées. Nous souhaitons que la justice congolaise puisse croître positivement, pas parce qu’il y a une pression américaine que nous sommes obligés de rendre des décisions pour faire plaisir », a déploré Me Kikoro, avocat de la défense.

Il faut noter que dans un tweet publié juste à la fin du procès, l’ambassade des Etats-Unis à Brazzaville avait en effet félicité le juge congolais chargé du dossier pour avoir organisé ce procès et condamné fermement les promoteurs du trafic des êtres humains dans le pays.

L’année dernière, des agents du FBI – la police fédérale américaine – ont formé à Brazzaville une vingtaine de gendarmes et policiers congolais sur ce phénomène. Les Etats-Unis mettent la pression sur le gouvernement congolais pour que celui-ci soit effectivement engagé dans la lutte contre la traite des personnes.

L’enquête de moralité initiée par le juge pendant le procès a révélé que les six ressortissants du Bénin ne disposaient pas titre de séjour régulier. Par ailleurs, quelques enfants touchés par cette traite ont été présentés devant le tribunal. Ils ont tous moins de 18 ans.

Selon une source proche du ministère de la Justice, le chef de l’Etat congolais s’apprête à promulguer la loi contre la traite des êtres humains. Cet instrument juridique est vivement attendu par les acteurs de la société civile.

Dans le procès qui s’est déroulé à la cour criminelle de Brazzaville, la direction générale des Affaires sociales s’était constituée partie civile. Le directeur général Christian Mabiala a encouragé le juge à accompagner son administration dans la traque des trafiquants.

« Ces condamnations ont été prononcées pour faire en sorte que le Congo ne soit plus un pays qui peut héberger ces trafiquants », a réagi Mabiala qui reconnaît par ailleurs que ce trafic se développe dans certaines villes du Congo comme Pointe-Noire, la capitale économique.

Dans la ville pétrolière, les ONG mettent des bouchons doubles, mais la répression ne suit pas. Le coordonnateur de la Commission diocésaine Justice et Paix, Brice Mackosso, appelle les autorités à organiser une traque plus élargie avec d’autres pays concernés par le phénomène.

« Il y a quelques avancées qui sont encore timides. Mais, il faut encore redoubler d’efforts. Il faudrait que les ministères concernés travaillent ensemble pour voir dans quelle mesure stopper ce phénomène depuis les pays d’origine », a-t-il suggéré.