Congo : compte rendu du Conseil des ministres du lundi 03 novembre 2025

Le Conseil des ministres s’est réuni ce lundi 03 novembre 2025 au Palais du peuple, sous l’autorité de Denis Sassou N’Guesso, président de la République, chef de l’Etat.

 

Les affaires suivantes étaient inscrites à son ordre du jour, soit :

  • Un projet de loi au titre du ministère des Industries minières et de la Géologie ;
  • Un projet de loi et un projet de décret au titre du ministère des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande ;
  • Une communication au titre du ministère de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo ;
  • Des nominations au titre des ministères suivants : ministère de la Santé et de la Population ; ministère du Développement industriel et de la Promotion du secteur privé ; ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation.

      I/- Ministère des Industries minières et de la Géologie   

Invité par le président de la République à prendre la parole, Pierre Oba, ministre d’Etat, ministre des Industries minières et de la Géologie, a soumis à l’examen des membres du Conseil des ministres un projet de loi portant code minier en République du Congo.

Le ministre d’Etat Pierre Oba a rappelé que la République du Congo, notre pays, dispose de ressources minières en abondance. A cet égard, le code minier a pour objet de régir les activités d’exploration, de détention, d’exploitation, de transformation, de commercialisation, d’importation et d’exportation de ces ressources.

Le code minier en vigueur, promulgué en 2005, avait pour principal objectif d’attirer les investisseurs grâce à un régime fiscal et douanier adapté ; il apparaît aujourd’hui dépassé. Le projet soumis ce jour à l’examen des membres du Conseil s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Vision minière africaine et de la Politique minière commune de la zone Cémac. Il s’agit de concilier les intérêts de l’Etat et ceux des partenaires privés, tout en privilégiant la sécurisation des investissements.

Le projet de code minier reprend les principales innovations contenues dans le futur code minier de la Cémac en cours d’adoption, ce qui en fait un instrument d’avant-garde dans le secteur minier.

Le projet soumis à l’examen des membres du Conseil a fait l’objet de travaux et de débats, notamment interministériels, qui se sont déroulés entre 2022 et 2023.

Les principales innovations attendues du projet de code minier sont les suivantes : la consécration du régime de partage de production ; l’ouverture obligatoire de 10% du capital de chaque société de droit congolais détentrice d’un titre ; l’ouverture d’un compte séquestre auprès de la banque centrale regroupant 30% des fonds destinés au  développement des projets miniers ; la mise en place d’un cadastre minier, afin de mieux gérer les demandes de titres miniers et de déterminer le quadrillage des zones d’exploration et d’exploitation minières ; la possibilité de recourir à des appels d’offres dans des cas spécifiques ; le renforcement du centre de recherches géologiques et minières ; la création de permis pour l’exploitation des mines à petite échelle ; la mise en valeur du contenu local ; la promotion de la transformation locale par la réduction des exportations, etc.

Après examen et discussion, le Conseil des ministres a approuvé le projet de loi portant code minier en République du Congo. Il sera transmis au Parlement pour examen et adoption.

      II/- Ministère des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande   

Invitée à son tour par le président de la République à prendre la parole, Mme Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, a présenté aux membres du Conseil deux textes. Le premier est un projet de loi portant création de l’Autorité nationale des enquêtes et d’analyse pour la prévention des accidents et incidents de l’aviation civile (ANEA). 

En 2010, notre pays a créé un bureau chargé des enquêtes dénommé « bureau des enquêtes et des accidents d’aviation ». Une réforme majeure découle, en 2024, dans le secteur aérien, de l’entrée en vigueur du Règlement n°05/23-UEAC-066CM-40 portant adoption du code de l’aviation civile des Etats membres de la Cémac.

Les dispositions communautaires prévoient que chaque « Etat membre doit créer un service chargé des enquêtes, fonctionnellement indépendant, notamment de l’autorité (nationale) de l’aviation civile et de toute autre partie dont les intérêts pourraient entre en conflit avec ses missions ». 

Ainsi, il s’agit de concilier le lien organique de la structure avec le ministère en charge de l’Aviation civile avec le principe d’indépendance dans l’exercice de ses missions.

Sur la base de ce double principe, le « bureau des enquêtes et des accidents d’aviation » existant présente des faiblesses structurelles majeures, notamment l’absence d’indépendance fonctionnelle au sens de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI); l’insuffisance des dotations financières, et des moyens matériels et humains pour mener des enquêtes rigoureuses ;  l’absence d’un mandat clair en matière de prévention et de gestion des données de sécurité ; l’absence de missions claires relatives à l’assistance aux victimes d’accidents d’aviation et à leurs familles ; des pouvoirs techniques et opérationnels insuffisamment définis, etc.

Ces insuffisances ont pour conséquence principale de maintenir le taux de conformité de notre pays aux normes internationales en matière d’enquêtes et d’accidents d’aviation en dessous de la moyenne internationale.

La création de l’ANEA sous forme d’établissement public à caractère administratif a pour but de pallier les insuffisances épinglées, d’assurer un équilibre entre les exigences du service public et la nécessaire autonomie et indépendance fonctionnelle et ce en conformité avec les standards internationaux.

Après examen et discussion, le Conseil des ministres a adopté le projet de loi portant création de l’ANEA. Il sera transmis au Parlement pour examen et adoption.

Poursuivant son propos, la ministre Ebouka-Babackas a soumis aux membres du Conseil un projet de décret portant approbation des statuts de l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac). Créée en 1978 et réorganisée en 2012, l’Anac est un établissement public à caractère industriel et commercial. Il apparaît cependant que les attributions et l’organisation de l’Anac ne sont pas conformes aux dispositions des articles 1.2.9, 1.2.10 et suivants du Règlement n°05/23-UEAC-066 CM-40 du 18 juin 2024 portant adoption du code de l’aviation civile des Etats membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac).

Cette réforme s’inscrit dans le sillage de l’audit de sécurité réalisé dans notre pays par l’OACI du 15 au 17 octobre dernier, examen qui a donné des résultats très positifs ; le présent projet de décret prévoit l’institution, entre autres mises aux normes, d’un conseil d’administration et d’une direction générale aux attributions conformes, notamment aux dispositions de la loi du 14 mars 1981 instituant la charte des entreprises d’Etat complétées par la loi du 6 juillet 1983 et le décret n°2002-369 du 30 novembre 2002 fixant les attributions et la composition des organes de gestion et de tutelle des entreprises et établissements publics.

Après examen et discussion, le Conseil des ministres a adopté le projet de décret portant approbation des statuts de l’Anac.

      III/- Communication

Poursuivant ses travaux, le Conseil des ministres a suivi une communication relative à la participation de la République du Congo au 2e sommet africain sur le climat, à Addis-Abeba (Ethiopie), du 6 au 10 septembre 2025.

La délégation congolaise y était conduite par Mme Arlette Soudan-Nonault, ministre de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo. Notre pays y a réaffirmé sa position comme acteur de solution face aux effets du changement climatique. Le Congo a notamment plaidé pour un financement équitable pour l’adaptation et le besoin d’investissements importants dans les énergies renouvelables ; la délégation congolaise a fortement soutenu le principe de la coopération intra-africaine et la reconnaissance de l’Afrique comme force essentielle dans l’atteinte des objectifs climatiques mondiaux.

D’autre part, notre pays a obtenu une importante victoire diplomatique. En effet, le 3e sommet africain sur le climat se tiendra à Brazzaville en 2028.

Le Conseil des ministres a pris bonne note de ces nouvelles positives. Il a félicité et rendu hommage au président de la République, président de la Commission climat du bassin du Congo pour son leadership, à l’origine de ces avancées diplomatiques notables.

      V/- Nominations  

Enfin, et au titre des mesures individuelles, le Conseil des ministres a procédé aux nominations suivantes.

1/- Ministère de la Santé et de la Population

  • Inspecteur général de la santé : M. Edouard Ndinga, médecin, spécialiste en santé publique.
  • Directeur général de la population : M. Clotaire Itoua, professeur titulaire de gynécologie obstétrique.
  • Directeur général de l’hôpital Adolphe-Sicé : M. Lézin Didier Cyriaque Goubakouly, colonel des Forces armées congolaises, diplômé en comptabilité.
  • Directeur général de l’hôpital de Loandjili: M. Casimir Ondonda, administrateur de santé.
  • Directeur général de l’hôpital spécialisé Mère et enfant de Blanche Gomes: Mme Philestine Clausine Rochelvie Mikolele Bilombo née Ahoui Apendi, médecin, hépato-gastro-entérologue.

2/- Ministère du Développement industriel et de la Promotion du secteur privé 

  • Secrétaire permanent du Comité national de concertation et du dialogue économique entre le secteur privé et les administrations publiques (CNCDE-SPAP) : M. Jean Ignace Tendelet, docteur en sciences économiques, enseignant à l’Université Marien-Ngouabi.
  • Secrétaire permanent adjoint du Comité national de concertation et du dialogue économique entre le secteur privé et les administrations publiques (CNCDE-SPAP) : Mme Gouadi-Bouzimbou Koussiama, master en droit de la propriété intellectuelle.

3/- Ministère de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation

  • Directeur général de l’alphabétisation et de l’éducation non-formelle : M. Rémy Alain Blaise Boumba, professeur certifié des lycées de 13e échelon.

Plus rien n’étant inscrit à l’ordre du jour, le président de la République a clos la réunion et levé la séance.

Commencée à 10h00, la réunion du Conseil des ministres a pris fin à 12h00.

Fait à Brazzaville, le 3 novembre 2025

Pour le Conseil des ministres,

Le ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du gouvernement,

Thierry Lézin Moungalla

 

Congo : le gouvernement adopte un nouveau projet de code minier pour moderniser le secteur

Approuvé, lundi 03 novembre 2025, l’annonce a été faite par le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla.

 

Un projet de loi portant code minier a été adopté lundi en conseil des ministres. « le code minier actuellement en vigueur, promulgué en 2005, avait pour principal objectif d’attirer les investisseurs grâce à un régime fiscal et douanier avantageux. Aujourd’hui, il apparaît dépassé face aux nouveaux enjeux de gouvernance, de transparence et de développement durable », a expliqué le ministre Thierry Moungalla.

Le nouveau texte introduit plusieurs innovations majeures destinées à rendre le secteur minier plus compétitif et bénéfique pour l’économie nationale.

Parmi ces réformes figurent l’adoption du partage de production, permettant à l’État de mieux tirer profit de l’exploitation des ressources; l’ouverture obligatoire de 10 % du capital des sociétés congolaises détentrices de titres miniers; la création d’un compte séquestre à la BEAC, où seront regroupés 30 % des fonds de développement issus des activités minières; la mise en place d’un cadastre minier et la possibilité de recourir à des appels d’offres pour l’attribution des permis ; le renforcement du Centre de recherche géologique et minière (CRGM); l’instauration d’un permis pour la petite exploitation; la valorisation du contenu local et la promotion de la transformation sur place des minerais.

Ce nouveau code, a précisé Thierry Moungalla, s’inspire largement du futur code minier communautaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), actuellement en cours d’adoption. L’objectif étant d’harmoniser les législations minières dans la sous-région et renforcer la transparence, la responsabilité sociale et la durabilité dans la gestion des ressources naturelles.

Hydrocarbures : vers une alliance énergétique solide entre Alger et Brazzaville

Le ministre d’État, ministre algérien des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, a eu, lundi 03 novembre 2025, un entretien avec son homologue congolais et président en exercice de l’organisation, Bruno Jean Richard Itoua.

 

La rencontre qui s’est tenue à la veille de la 48e session ordinaire du Conseil des ministres de l’Organisation des pays africains producteurs de pétrole (APPO), prévue ce mardi 04 novembre 2025, à Brazzaville. Il s’est agi de passer en revue les avancées de la coopération énergétique entre l’Algérie et la République du Congo.

Les échanges ont principalement porté sur la mise en œuvre du protocole d’accord signé en mai 2024 à Brazzaville entre Sonatrach et la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), un partenariat stratégique visant à développer la coopération bilatérale dans les domaines de la recherche, de l’exploration, de la production et du raffinage.

Le ministre Mohamed Arkab a réaffirmé la détermination de l’Algérie à consolider les relations de coopération Sud-Sud, en soutenant les efforts des pays africains producteurs de pétrole pour une transition énergétique juste et équitable, adaptée aux réalités du continent.

Il a mis en avant l’expertise pionnière de l’Algérie dans la recherche et l’exploration pétrolière, la production et le développement des champs, le raffinage, ainsi que dans la production et le transport du gaz naturel liquéfié, soulignant la volonté de partager ce savoir-faire avec les partenaires africains.

Pour sa part, le ministre congolais des Hydrocarbures, Bruno Jean Richard Itoua, a relevé les progrès significatifs enregistrés depuis la signature du protocole d’entente et exprimé la volonté du Congo de s’inspirer de l’expérience algérienne afin de renforcer ses capacités nationales, atteindre la sécurité énergétique et accélérer son développement industriel.

Congo-Brazzaville : des installations électriques délabrées menacent la sécurité des habitants

Poteaux fissurés, câbles pendants et niches éventrées sont observés dans plusieurs quartiers de la capitale, les habitants tirent la sonnette d’alarme et interpellent la société Énergie électrique du Congo (E²C) sur la nécessité d’une intervention urgente.

 

Plusieurs installations électriques à Brazzaville se trouvent dans un état de dégradation avancée, exposant les populations à des risques permanents d’électrocution. Dans le quartier Don Bosco, un poteau électrique effondré sur une toiture depuis plus de quatre ans constitue une véritable bombe à retardement. Le câble qui longe la parcelle, à une hauteur dangereusement basse, met en péril aussi bien les habitants que les passants. Les riverains affirment avoir multiplié les démarches auprès de la société E²C, sans résultat jusqu’à présent.

Le constat est le même dans d’autres zones de la ville. À Sonaco, dans le quartier Moukondo, un poteau en bois rongé par le temps et les insectes menace de céder à tout moment. Dans l’avenue Massina, au quartier Casis, des câbles rafistolés pendent à la hauteur des têtes, frôlant les passants. Partout, les signes d’abandon sautent aux yeux : niches électriques ouvertes, poteaux inclinés, fils dénudés.

Outre ces défaillances structurelles, la qualité du service électrique est également mise en cause. Délestages à répétition et faibles tensions compliquent la vie des habitants et paralysent certaines activités.

Face à ces plaintes répétées, les populations appellent les autorités et la société Énergie électrique du Congo à agir rapidement pour sécuriser les installations et protéger les vies humaines.

Congo : 1000 arbres plantés à Oyo

En séjour de travail à Oyo, le président de la République,Denis Sassou N’Guesso a présidé dimanche 2 novembre, la cérémonie anticipée de la trente-neuvième édition de la Journée nationale de l’arbre, placée sous le thème : « Un arbre, une forêt, une plantation pour un Congo florissant ».

 

En prélude à la célébration de la 39e édition de la Journée nationale de l’arbre, 1 000 plants ont été mis en terre à Oyo, répartis selon un espacement de 5 m x 5 m sur un site de 2,5 hectares au sein du Lycée d’excellence d’Oyo. Cette action initiée par le Programme national d’afforestation et de reboisement (ProNAR), vise à enrichir le patrimoine forestier du Congo et à sensibiliser la jeunesse aux valeurs écologiques.

Selon François Mankessi, coordonnateur par intérim du ProNAR, ce jardin d’ornement de 2,25 hectares, est composé de 900 Terminalia mantaly, une espèce choisie pour son ombrage et son esthétique apaisante. L’espace sera dédié au repos, à la lecture et à la réflexion des élèves.

Un verger pédagogique de 0,25 hectare, réunissant une centaine de plants fruitiers (safoutiers, manguiers, orangers, citronniers, avocatiers) destinés à l’apprentissage et à l’expérimentation des techniques horticoles.

Les plantations ont été réalisées dans des trous enrichis en fertilisant organique, à base de Tithonia diversifolia et Echinochloa pyramidalis, pour améliorer la croissance des plants. Les interlignes seront exploités pour la culture du maïs, dans une logique d’agroforesterie intégrée, associant production vivrière, boisement et protection des sols.

Instituée depuis 1984 et célébrée chaque 6 novembre, cette journée symbolique rappelle à chaque Congolais le devoir de planter un arbre, où qu’il se trouve, pour contribuer à la préservation de l’environnement et à la lutte contre le changement climatique. L’édition 2025 coïncide avec la décennie des Nations unies pour l’afforestation et le reboisement.

CÉMAC : un budget 2026 de près de 86 milliards FCFA pour accélérer l’intégration régionale

Réunis à Brazzaville pour la 44ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), les représentants des six États membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac) ont adopté un budget communautaire de 85,9 milliards FCFA pour l’exercice 2026, en hausse de 2,42 % par rapport à 2025.

 

Placée sous le thème « Vers la mise en œuvre du budget programme communautaire », la session a mis l’accent sur la transparence budgétaire, l’efficacité des dépenses publiques et le renforcement du contrôle financier au sein des institutions communautaires.

Le budget adopté, en progression de 2,42 %, passe de 83,89 milliards FCFA en 2025 à 85,92 milliards FCFA en 2026. Sur ce montant, 18,45 milliards FCFA sont alloués au Fonds de développement de la communauté (Fodec), appelé à évoluer vers un véritable fonds d’investissement destiné à soutenir les projets structurants de la sous-région.

Le président de la Commission de la Cémac, Baltasar Engonga Edjo’o, a souligné que ce budget a été conçu dans un contexte marqué par les difficultés de recouvrement de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), principal levier de financement de la Communauté. Il a plaidé pour une meilleure discipline des États membres dans le reversement de cette taxe, afin d’assurer la mise en œuvre du Plan d’action communautaire et des programmes institutionnels.

Les ministres ont approuvé le renforcement du dispositif d’audit interne et externe, avec la création d’un comité de l’audit communautaire, dont la République gabonaise proposera la structure. Ce comité aura pour mission d’assurer le suivi rigoureux des recommandations issues des audits internes et externes, gage de bonne gouvernance et de crédibilité auprès des partenaires au développement.

Par ailleurs, la Commission de la Cémac a été instruite d’élaborer dans les meilleurs délais les manuels de procédures financières et administratives, qui seront présentés lors d’une session extraordinaire.

Le président du Conseil des ministres de l’UEAC, Ludovic Ngatsé, également ministre congolais de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale, a salué l’esprit de concertation ayant présidé à l’adoption du budget 2026.

« Les résolutions que nous avons adoptées n’auront de valeur que si elles se traduisent par des actions concrètes et des résultats tangibles pour nos populations. Le chemin entre la salle de conférences et le terrain doit être raccourci », a-t-il exhorté, appelant à la mobilisation de tous les acteurs – États, institutions, secteur privé et société civile – pour une mise en œuvre effective des décisions.

Le Conseil a pris acte du rapport de surveillance multilatérale 2024, assorti des perspectives économiques 2025-2026, et encouragé la Commission à poursuivre la mission de terrain prévue dans les États membres pour renforcer l’application des décisions prises.

Concernant le projet Free Roaming dans l’espace Cémac, les ministres ont convenu d’en accélérer la finalisation, reconnaissant les défis techniques et réglementaires encore à surmonter.

Congo-Budget 2026 : cap sur la rigueur budgétaire et la protection sociale

Le ministre des Finances et du Budget, Christian Yoka, a exposé les grandes orientations économiques du pays pour la période 2026-2028, marquée par une gestion plus stricte de la dette et une meilleure allocation des ressources publiques.

 

Dans sa présentation, le ministre a précisé que les excédents primaires dégagés par la politique budgétaire seront orientés vers le remboursement de la dette extérieure et des arriérés intérieurs.

L’objectif est clair : réduire la pression de la dette publique, qui représente encore une part importante du produit intérieur brut, et respecter le plan d’apurement adopté par le gouvernement.

Cette stratégie comprend également : la restructuration des dettes de marché, jugées les plus coûteuses ; la limitation des ressources de trésorerie au seul financement de l’amortissement de la dette publique ; et un suivi renforcé de la période 2026-2028 pour garantir la soutenabilité budgétaire.

« Le gouvernement s’engage à maintenir la trajectoire de stabilité et à consacrer chaque excédent à la réduction du stock de dette », a déclaré Christian Yoka devant les parlementaires.

Sur le plan social, le budget 2026 prévoit l’élévation du seuil d’imposition à l’impôt sur le revenu, une mesure qui permettra d’exonérer plusieurs milliers de travailleurs du secteur informel et des petits métiers.

Cette réforme découle de la transposition d’une directive fiscale communautaire et vise à améliorer le pouvoir d’achat des couches les plus vulnérables.

Les principales dispositions incluent : la révision du mode de calcul de l’IRPP (Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques) ; une exonération totale pour les revenus en dessous du nouveau seuil d’imposition ; un renforcement de la progressivité pour les hauts revenus.

Selon le ministère des Finances, ces ajustements devraient permettre d’alléger la charge fiscale sur plus de 30 % des salariés à faibles revenus, tout en stimulant la consommation intérieure.

Le ministre a toutefois précisé que l’entrée en vigueur de ces nouvelles mesures, notamment celles concernant l’impôt sur les salaires, n’interviendra qu’après une phase transitoire.

« Cette période est nécessaire pour mener les études d’impact et adapter les outils de gestion fiscale », a expliqué Christian Yoka.

Les mesures relatives à l’impôt sur les sociétés, elles, seront appliquées dès 2026, sans délai.

Congo-« Femmes spéciales Brazza » : dix ans d’engagement féminin

Organisé au mémorial Pierre-Savorgnan-de-Brazza, cet événement va se tenir du 5 au 8 novembre 2025.

 

Placée sous le thème « Célébrons les efforts des femmes et l’innovation », cette édition anniversaire entend mettre en lumière les initiatives féminines qui transforment la société. Au-delà de la reconnaissance, il s’agit aussi d’encourager la transmission des savoirs, de renforcer la solidarité entre femmes et de stimuler l’émergence de nouveaux projets porteurs de changement.

Pendant quatre jours, panels, ateliers et expositions rythmeront la manifestation. Des expertes locales et internationales partageront leurs expériences sur des sujets clés tels que le leadership, la gestion de projet, l’innovation sociale et la transition numérique.

Des ateliers pratiques permettront aux participantes de développer leurs compétences, tandis que des expositions artistiques et des stands de promotion mettront en valeur les créations locales.

La cérémonie de remise des trophées, moment phare de l’événement, viendra récompenser les femmes remarquables de l’année dans une ambiance festive et solennelle.

Pour cette 10ᵉ édition, les organisateurs annoncent plusieurs innovations : une scénographie immersive pour valoriser chaque intervention, une retransmission en direct sur les réseaux sociaux afin de toucher un public plus large, et la participation de Noe Mavoungou, ambassadrice de cette édition, dont la présence conférera une dimension symbolique forte.

Ils espèrent mobiliser plus de 500 participantes et participants, favoriser le dialogue intergénérationnel et renforcer les partenariats institutionnels afin de positionner l’événement comme une véritable vitrine nationale de l’innovation féminine.

L’édition précédente, en novembre 2024, avait été placée sous le signe de la résilience post-Covid. Elle avait abouti à la création de coopératives féminines et à la mise en réseau de plus de 300 participantes, posant les bases d’une dynamique durable.

Cette 10ᵉ édition s’inscrit dans cette continuité, avec l’ambition de consolider ces acquis et d’amplifier leur impact.

Congo : l’AN s’engage dans la lutte contre les cancers du sein et du col de l’utérus

La Chambre basse du Parlement a organisé, mercredi 29 octobre à Brazzaville, une journée parlementaire dédiée à la sensibilisation de ces maladies.

 

Des experts médicaux, des parlementaires et des acteurs du secteur de la santé se sont réunis mercredi 29 octobre 2025, autour d’un même objectif : faire de la prévention une priorité nationale. Animée par les professeurs Judith Nsondé-Malanda et Clotaire Itoua du Centre hospitalier universitaire de Brazzaville, cette rencontre a permis d’exposer les caractéristiques, les facteurs de risque et les moyens de dépistage des deux cancers les plus meurtriers chez la femme. Le Pr Donatien Moukassa a, pour sa part, donné des orientations pratiques pour le dépistage précoce, rappelant que la survie dépend largement de la rapidité du diagnostic.

L’initiative a été menée en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le gouvernement. Prenant la parole, le représentant résident de l’OMS au Congo, Dr Vincent Dossou Sodjinou, l’a qualifiée de conforme à la Stratégie mondiale de lutte contre le cancer du sein 2021-2030. Il a toutefois déploré que, dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, les femmes soient souvent diagnostiquées à un stade avancé de la maladie.

Selon lui, ce constat s’explique par le manque d’informations sur le dépistage, la faiblesse du système de santé primaire et l’insuffisance des ressources financières.

Le Dr Dossou Sodjinou a, en outre, rappelé que le gouvernement congolais venait de valider l’introduction de la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), principal agent responsable du cancer du col de l’utérus. Une campagne nationale de vaccination est prévue dans les prochains mois, ciblant les filles âgées de 10 à 14 ans.

« L’OMS espère que les députés ici présents travailleront dans leur circonscription à faire de cette campagne un succès. Votre implication dans la mobilisation des ressources locales et le renforcement des soins de santé primaires sera déterminante pour protéger les générations futures », a-t-il plaidé.

Au nom du président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, le deuxième vice-président, Roland Bouiti Viaudo, a exprimé sa préoccupation face à la persistance de taux de mortalité élevés liés aux cancers féminins en Afrique. Il a également insisté sur la nécessité de briser le silence et la stigmatisation qui entourent ces maladies.

Lutte contre l’insécurité : le Congo suspend l’importation des motos et machettes

Le ministère du Commerce, des Approvisionnements et de la Consommation a annoncé, mardi, la suspension temporaire de l’importation des motos et des machettes sur l’ensemble du territoire national.

 

Selon le communiqué officiel, cette décision s’inscrit dans le cadre du renforcement des mesures de sécurité publique et vise à mieux contrôler la circulation des produits considérés comme sensibles, souvent détournés de leur usage initial à des fins criminelles.

Le ministère a précisé que tous les opérateurs économiques, importateurs, commerçants, transitaires et services techniques concernés doivent strictement se conformer à cette mesure, dont le non-respect pourrait entraîner des sanctions.

Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par la traque des gangs urbains, notamment les tristement célèbres « Kulunas » et « Bébés noirs », qui sèment la terreur dans les grandes villes du pays. Ces groupes criminels, souvent armés de machettes, se livrent à des actes de violence d’une extrême gravité, causant l’inquiétude des populations.

Le chef de l’État avait d’ailleurs donné, le 24 octobre dernier, des instructions fermes aux forces de l’ordre pour éradiquer ces bandes armées. Depuis, les unités d’élite de la sécurité présidentielle mènent une vaste opération de traque à Brazzaville et dans plusieurs localités de l’intérieur du pays.

Parallèlement, les autorités ont renforcé le contrôle des motos utilisées pour le transport des personnes, certains de ces engins ayant servi de moyens de fuite ou d’appui logistique aux délinquants.

Cette suspension des importations apparaît donc comme une mesure d’urgence destinée à endiguer la prolifération des outils et moyens utilisés par les gangs, dans l’espoir de restaurer un climat de sérénité et de sécurité dans les villes congolaises.