Des réseaux sociaux braqués contre les autorités à Brazzaville

Il ne se passe pas un jour sans que les Congolais ne découvrent un grand déballage sur la vie d’un dignitaire du pouvoir ou de l’opposition et de leurs familles.

Les opposants, mais surtout de simples citoyens, publient des informations plus ou moins fausses sur la vie des autorités qu’ils traitent avec beaucoup de liberté de « corrompus ». Ces informations distillées sur les réseaux sociaux sont souvent prises avec beaucoup de sérieux.

Il ne se passe pas un jour sans que les Congolais ne découvrent un grand déballage sur la vie d’un dignitaire du pouvoir ou de l’opposition et de leurs familles. Affaire de corruption, de comptes offshores ou les scènes de dispute dans les réunions officielles de ménages dans les cours des autorités, etc. tout est rapporté. Aucun dirigeant n’est à l’abri de ce qui devient de plus en plus à prendre au sérieux.

Destin Eloi Sikoula, responsable de « Unis pour le Congo », le parti de l’opposant Paulin Makaya, trouve plutôt qu’il faudrait inventer les réseaux sociaux s’ils n’existaient pas.

« Les populations pensent que c’est là qu’il faut s’exprimer librement, ils sont obligés de le faire par les réseaux sociaux. Les gens ont en marre. Il faut laisser les réseaux sociaux. Est-ce que ce qui se dit sur les réseaux sociaux est faux ? », s’interroge-t-il avec ironie.

Pour Laurianne Mpouki, une usagère des réseaux sociaux, mais aussi coordonnatrice d’une plateforme de sites internet, il y a trop d’abus sur internet.

« C’est juste une volonté de nuire. Les gestionnaires de ces pages n’ont rien d’autre à faire qu’à rechercher du buzz en transformant les vérités en de faussetés pour salir les gens », dénonce-t-elle.

Idriss Bossoto est un enseignant de nouvelles technologies à l’université Marien Ngouabi de Brazzaville. Il a retenu une publication émouvante sur les réseaux sociaux.

« Nous avons constaté une montée en puissance des fake news pour déstabiliser les politiques et les populations », explique-t-il.

Il poursuit : « c’est le cas du fichier audio attribué à un certain caporal chef Masson qui a circulé sur les réseaux, parlant d’une intervention militaire à Brazzaville. Cela a mis toute la ville en psychose pendant près d’un mois. Tous les Congolais étaient affectés. Raison pour laquelle nous ne cessons de sensibiliser depuis plus de dix ans sur les dangers des réseaux sociaux », indique-t-il.

Mais qu’est-ce qui peut bien justifier un tel accaparement presque agressif des Congolais sur les réseaux sociaux ? Alphonse Ndongo, un journaliste sur les réseaux sociaux tente une explication.

« Lorsque ceux qui sont censés donner la vraie information gesticulent pour le faire, évidemment ça donne court à pondre des fake news. Il y en a qui estiment que pour mettre les autres en difficulté politiquement, il faut inventer les informations ou carrément les grossir », explique-t-il, soulignant cependant qu’il y a toujours une bonne part de vérité dans ces posts sur les réseaux sociaux.

Depuis un moment, la plupart des membres du gouvernement se dotent des comptes Facebook ou Tweeter pour essayer de répondre à toutes ces attaques.

Le Congo et le HCR veillent à la santé des réfugiés

Le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Congo, Cyr Modeste Kouamé, s’est entretenu, le 26 avril à Brazzaville, avec la ministre de la Santé et de la population, Jacqueline Lydia Mikolo. Au sortir de l’audience, le représentant de l’agence onusienne a indiqué :« Nous avons fait le point sur la situation sanitaire des réfugiés dans la Likouala ainsi que des déplacés internes (le cas du Pool) pour voir dans quelle mesure le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) peut intervenir ».

Les deux personnalités ont, par ailleurs, échangé sur le plan de contingence à diligenter en cas d’afflux. « Sur le plan de la réponse globale contre toute épidémie, nous avons été rassurés quant aux dispositions déjà prises par le Congo à travers le ministère de la Santé », a révélé Cyr Modeste Kouamé.

La ministre de la Santé a, pour sa part, annoncé un déplacement dans le département du Pool dans les prochains jours. L’objectif étant de poursuivre la revitalisation des districts sanitaires afin de permettre aux personnes déplacées et celles qui reviennent progressivement dans leurs localités de bénéficier des soins de santé sur place avec l’appui du HCR. Son représentant a rassuré que la structure onusienne apportera son expertise. Le Congo et le HCR, selon lui, continueront à mutualiser leurs efforts pour relever les défis qui se présentent à eux.

Transport aérien : le Congo doté d’un centre de contrôle régional

La structure dont l’inauguration est prévue ce 27 avril aura pour mission de permettre aux avions de rester en communication permanente avec la tour de contrôle, afin de suivre leur route sans risque de se perdre.

Le directeur général de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna), Mohamed Moussa, a livré l’information le 26 avril à Brazzaville, à l’issue d’une audience avec le ministre des Transports, Fidèle Dimou.

« Ce projet est le résultat des décisions prises par les ministres des Transports des pays membres de l’Asecna. Après près de huit ans, il vient d’être achevé complètement tant en infrastructures qu’en équipements. J’espère que le Congo ouvrira d’autres nouveaux centres à partir desquels nous serons en mesure d’assurer la sécurité aérienne sur cette zone », a déclaré le directeur général de l’Asecna,

Outre le volet inauguration, les deux personnalités ont fait l’état des lieux de la situation de cette agence au Congo. Ils se sont félicités d’avoir réalisé des progrès importants. Récemment, l’Asecna a lancé le projet de construction de la tour de contrôle. Elle compte également démarrer, sous peu, la construction du bureau technique de cette tour. 

L’Asecna a pour mission d’assurer la sécurité de la navigation aérienne sur les 16 000 000 de km² des Etats membres. Pour relever un tel défi, elle est en train de se doter des moyens techniques spécialisés. C’est dans cette optique qu’elle vient de développer un système de communication vaste constitué de cent vingt-huit stations terriennes implantées sur les quatre continents. Elle dispose désormais des équipements lui permettant de visualiser les avions.

Cette année, l’Asecna a déjà rendu opérationnel le guidage radar des avions dans trois pays membres. Le Congo est l’une des prochaines cibles.  A ce propos, une mission y arrivera sous peu pour une étude de faisabilité.

Congo : que fait Mohammed VI chez Sassou N’Guesso

Le roi du Maroc, Mohammed VI, est attendu en République du Congo ce week-end. L’information a été donnée par la ministre congolaise de l’Environnement et du Tourisme, Arlette Soudan-Nonault.

Selon une annonce faite à l’agence de presse économique américaine Bloomberg, ce jeudi 26 avril 2018, par la ministre congolaise de l’Environnement et du Tourisme, Arlette Soudan-Nonault, le roi du Maroc, Mohammed VI, est attendu en République du Congo ce week-end.

Mohammed VI, qui doit participer à un sommet de dirigeants africains prévu du 27 au 29 avril à Brazzaville pour discuter du Fonds bleu pour le Bassin du Congo, précise la ministre, devrait signer une série d’accords d’investissement. La ministre a ajouté que le souverain rencontrera le Président congolais, Denis Sassou N’Guesso lors de sa visite.

Arlette Soudan-Nonault a précisé que « des accords seront signés sur des secteurs tels que la technologie, les transports, l’agriculture, la pêche, l’exploitation minière et la santé ». Lancé en mars 2017, rappelle Bloomberg, le Fonds bleu vise à réduire la dépendance de la région à l’égard des combustibles fossiles et à faire un meilleur usage des ressources renouvelables sur le fleuve Congo et ses affluents.

Le journal précise que les pays signataires sont le Maroc, l’Angola, la République du Congo, le Burundi, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, le Tchad, le Gabon et le Rwanda.

Festival Maloba : des auteurs africains et caribéens à l’honneur

Le groupe Grace Art Théâtre a présenté, le 25 avril à l’Institut français du Congo(IFC) de Brazzaville, la pièce « Encre noire », dans le cadre de la poursuite de la première édition du festival international de théâtre, de danse et du cirque qui a débuté le 22 avril.

La pièce théâtrale, riche en son et en image, est un hommage aux grands noms de la litterature comme Nelson Mandela, Aimé Césaire, Guy Tirolien , Léopold Sédar Senghor et autres. L’histoire de cette pièce est un cri des hommes de part et d’autre de l’océan, qui ont décidé de briser les chaînes pour dire non à la soumission et la peur. « Encre noire » réunit les pensées des écrivains africains et caraïbéens qui se sont positionnés dans la littérature francophone et ont souvent été persécutés, décriés, emprisonnés voire assassinés.

La scène dramatique se déroule à l’approche de la fête de Noël, dans une cellule de prison où se développe le quotidien des prisonniers, marqué par des tracasseries et de fantasmes. Là, surgit aussi la crainte de perdre toute inspiration par la pression carcérale.

Cette pièce, mise en scène par Éric Checco, a plongé le public dans un univers artistique où les auteurs sont privés de liberté pour l’engagement de leurs textes contre le pouvoir colonial et l’oppression.« La pièce relate l’histoire de deux frères qui n’ont pas grandi dans la même maison mais qui sont emprisonnés un soir de Noël à cause de leurs écrits engagés », a indiqué le comédien guadeloupéen d’origine camerounaise, Nicolas Mouen.

Interprétée par quatre comédiens de la Guadeloupe, notamment Isabelle Menal, la gardienne de prison, Nicolas Mouen, Filip Calodat et Didier Andenas qui ont joué le rôle d’écrivains détenus, cette pièce a émerveillé le public. Présente dans la salle, Patricia Kancel, directrice du centre culturel Marie-José- Emmanuel-Albon-du-Raizet de la ville d’Abymes, en Guadeloupe, a déclaré : « Ma mission ici consiste à établir un lien entre le Congo et la ville d’Abymes à travers ce festival. Son déroulement m’inspire des projets que j’irai présenter à mon maire et à mes responsables culturels. Nous avons de belles choses à consolider entre Brazzaville et notre ville en matière culturelle ».

« Nous voulons donc susciter l’envie des jeunes à faire du théâtre car, passer deux heures dans une salle de théâtre, c’est deux heures sans boire de l’alcool », a précisé l’un des organisateurs du festival. Dans les jours qui viennent, les acteurs venus de plusieurs pays du monde iront jouer dans les quartiers, afin de sensibiliser les Brazzavillois à l’importance de l’art dans la vie.

Le grand enjeu du sommet sur le Fonds bleu du Bassin du Congo

Brazzaville abrite du 27 au 29 avril, le tout premier sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission du Bassin du Congo et du Fonds bleu. L’opérationnalisation du Fonds pourrait être selon toute vraisemblance, la principale préoccupation.

Des programmes très chargés ces derniers temps pour Denis Sassou-Nguesso. Le chef de l’État congolais ne fait qu’accueillir ses homologues africains. Parmi eux, le Libérien George Weah qui a eu droit hier à un accueil des plus honorables à l’aéroport international Maya Maya de Brazzaville. En attendant l’arrivée demain de “l’invité spécial”, le Roi Mohammed VI du Maroc, ils seront au total 19 présidents d’Afrique centrale et de l’Est y compris ceux du Niger et du Sénégal à fouler le sol brazzavillois et y séjourner pendant près de trois jours.

Une mobilisation à la mesure de l‘événement qui pointe à l’horizon du majestueux fleuve Congo. Ce matin s’ouvre en effet le tout premier sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission du Bassin du Congo et du Fonds bleu. Un fonds créé à la faveur d’un accord conclu le 9 mars 2017 à Oyo au nord du Congo, par douze pays d’Afrique centrale.

Selon ses créateurs le Fonds bleu pour le Bassin du Congo est un fonds international de développement visant « à permettre aux États de la sous-région du bassin du Congo de passer d’une économie liée à l’exploitation des forêts à une économie s’appuyant davantage sur les ressources issues de la gestion des eaux, et notamment de celle des fleuves ». Ce, conformément à l’esprit de la déclaration de la COP 22 de Marrakech en 2016.

Tenir un même discours face aux “pollueurs”

C’est ainsi que le sommet qui s’ouvre ce matin sera axé autour de ces objectifs dévoilés lors d’une conférence de presse animée le 12 avril dernier à Brazzaville par Arlette Soudan-Nonault, ministre congolaise de l’environnement et du tourisme : « s’approprier la Commission Climat Bassin du Congo et le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo pour une croissance inclusive en Afrique Centrale et de l’Est ; susciter un ensemble d’engagements pour mobiliser les ressources nécessaires au financement de l’Unité de démarrage du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ; adopter la Déclaration des Chefs d’Etat sur l’opérationnalisation de la Commission Climat du Bassin du Congo et du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ».

Mais, ces objectifs ont beau être nobles, le principal défi à relever est celui de rendre opérationnel le Fonds bleu. Une opérationnalisation qui requiert à l‘évidence un financement conséquent. Lequel devrait venir en grande partie des « pollueurs » sur lesquels l’Afrique devrait, selon Denis Sassou-Nguesso, mettre davantage de pression pour répondre à leurs obligations et devoirs.

L’Afrique gagnerait ainsi à continuer de parler le même langage lors de ce sommet. L’avenir des 220 millions d’hectares de forêt du Bassin du Congo dépend en grande partie de l’opérationnalisation du Fonds bleu.

La SNPC soutiendra sa filiale en charge de la distribution des produits pétroliers

L’appui annoncé par le directeur général de l’entreprise publique, Maixent Raoul Ominga, le 25 avril à Brazzaville, vise à parer aux pénuries des produits pétroliers liquides et gazeux dans les stations-service.

« Nous avons parlé des problèmes et des solutions à apporter au sein de cette société. On fera en sorte qu’il y ait la régularité des produits au niveau de notre propre filiale avant d’en assurer chez les autres. Nous allons travailler la main dans la main pour atteindre cet objectif », a déclaré Maixent Raoul Ominga.

S’exprimant à l’issue d’une visite des locaux de la SNPC distribution, il a signifié que des investissements importants étaient consentis dans le réseau de distribution. « Cette année et les années à venir, nous devons faire en sorte que les produits soient disponibles dans les stations », a renchéri le directeur général de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC).

Lors de sa prise de fonction, le 5 mars dernier, le directeur général de la SNPC avait fixé un certain nombre de priorités parmi lesquelles la lutte contre les pénuries de produits pétroliers dans le pays. Pour réussir ce challenge, la SNPC est tenue d’appuyer les efforts de sa filiale en charge de la distribution.   

« C’est un honneur de recevoir notre nouveau directeur général groupe qui est en même temps notre président du conseil d’administration. La SNPC distribution est une filiale appartenant à 100% à la SNPC holding. Nous avons échangé sur tous les sujets, notamment les plus brûlants qui concernent la pénurie des produits ainsi que les perspectives et certains projets », a indiqué le directeur de la SNPC distribution, Teddy Christel Sassou N’Guesso.

« Nous nous sommes totalement accordés. Je fais confiance à notre nouveau directeur général groupe pour nous accompagner et nous amener vers l’excellence pour que la SNPC distribution prenne sa place dans le pays en étant le numéro 1 de la distribution des produits pétroliers liquides et gazeux », a-t-il ajouté. 

Charles Richard Mondjo :  » Le Congo est respectueux de ses engagements internationaux »

Alors que s’est ouvert à Brazzaville, le 25 avril, le procès des militaires congolais du contingent de la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique) cités dans des affaires de meurtre en 2014 dans la localité de Boali, le ministre de la Défense nationale, Charles Richard Mondjo, explique, que le Congo ne peut pas se soustraire à ses obligations internationales en matière des droits humains. Il rappelle que les soldats congolais répondent dans le cadre de cette mission à un objectif de solidarité internationale et de sécurité collective, mais que la justice congolaise s’est saisie de ces affaires pour faire que la vérité éclate.

Monsieur le ministre, la Cour criminelle a ouvert, le 25 avril 2018, à Brazzaville, une audience dans l’affaire des militaires congolais pour des crimes présumés commis au cours de leur mission en République centrafricaine. Qu’en est-il exactement ?

Ce procès est l’aboutissement de toutes les procédures judiciaires engagées à la suite des allégations de violation des droits de l’homme portées contre certains militaires du contingent congolais qui étaient en mission en République centrafricaine, à Boali, en 2014. Pour votre gouverne, nos forces armées ont pris part à la Misca et prennent part, actuellement, à la Minusca, qui sont des forces de maintien de la paix en République centrafricaine, d’abord sous le commandement de l’Union africaine puis celui des Nations unies.

Leur présence dans ce pays, on ne le dira jamais assez, répond à un objectif de solidarité internationale et de sécurité collective. Le Congo a toujours assisté la République centrafricaine dans sa quête de stabilité. L’exécution d’une mission comme celle qui était la leur comporte des exigences particulières et des risques. C’est en cela que dans la préparation des troupes, nous insistons toujours sur le fait que l’exécution des missions de sécurité doit être faite dans le respect des lois et règlements en vigueur, de la discipline militaire et du respect des droits humains, du droit international humanitaire ou droit de la guerre. Nous avons toujours réaffirmé le principe de tolérance zéro tant dans la formation des militaires que dans la conduite de l’action des forces sur le terrain.

Dans l’accomplissement de cette mission de maintien de la paix, chaque fois que des fautes ont été commises, elles ont été sanctionnées au plan disciplinaire. Cependant, les fautes relevant de l’action judiciaire ont été portées devant les juridictions nationales, conformément aux dispositions du mémorandum signé avec l’Union africaine puis avec les Nations unies, qui donne la primeur des poursuites judiciaires au pays contributeur de troupes. C’est dans ce cadre que la justice de notre pays s’est saisie du dossier.

D’autres soldats congolais continuent de remplir leur mandat en République centrafricaine, dans le cadre de la mission onusienne (Minusca). Ce procès peut-il être considéré comme celui de l’exemple ?  

Nos troupes ont participé à la Misca et participent à la Minusca, comme je venais de le dire, sur la base des accords entre le Congo en tant que pays contributeur de troupes et ces organisations en tant qu’utilisatrices de troupes.  Dans le cadre de ces accords, les responsabilités sont définies. Les fautes réprimées ici sont celles qui se réfèrent aux engagements internationaux auxquels notre pays a souscrit. Le Congo est signataire des conventions de Genève et ses protocoles additionnels sur le droit des conflits armés.  Je rappelle que le Congo est membre de l’Union africaine et des Nations unies comme bon nombre d’Etats. Il est de ce point de vue lié par les engagements souscrits au niveau de ces organisations. Nous devons nous assurer que les prescriptions édictées par ces organisations internationales sur les droits de l’homme sont appliquées et respectées.

C’est pour cela que la justice de notre pays s’est saisie de ces affaires relevant de son engagement international pour dire le droit et contribuer ainsi à la manifestation de la vérité.

Les accusés jouissent-ils de tous leurs droits dans ce procès qui concerne tout de même des militaires accomplissant une mission internationale commandée ?

Je voudrais insister sur le fait que les militaires mis en cause bénéficient, comme tout citoyen, de la présomption d’innocence et de tous les droits de la défense, tels qu’ils résultent de nos lois. Ayant été mis en mission internationale par le gouvernement, il incombe à celui-ci de leur assurer une assistance judiciaire et de les protéger contre tout acte arbitraire, conformément au statut des militaires et gendarmes. A ce titre, des avocats ont été mis à leur disposition. Leurs autorités hiérarchiques immédiates devront être présentes pour leur soutien moral.

Tout compte fait, nous continuons de penser que la force publique a exécuté cette mission de paix en RCA avec dévouement, sens du devoir et esprit de sacrifice. Je vous rappelle que près d’une quinzaine de nos militaires ont perdu leurs vies pour cette noble cause de la paix. Malgré tout, nous sommes déterminés à continuer d’assumer cette responsabilité pour le bien de la sécurité régionale et internationale.

La quatrième édition du Makutano se tiendra dans les deux Congo

L’évènement aura lieu du 14 au 15 septembre à Kinshasa sur le thème « Local content ». La journée « BtoB », prévue le deuxième jour, aura lieu à Brazzaville et réunira entre cinq cents et six cents opérateurs économiques des deux pays.

Le Sultani Makutano, « fair business network for a congolese empowerment », est un réseau d’affaires qui regroupe plus de quatre cents chefs d’entreprises congolais ou issus de la diaspora congolaise. Sa quatrième édition, expliquent les organisateurs, est celle du renouvellement de la forme de l’événement, notamment la soirée de gala ou la journée de business meeting qui se déroulera à Brazzaville. Une innovation qui affirme la ferme volonté du Makutano d’œuvrer activement au renforcement d’une dynamique économique entre les deux Congo et, plus largement, d’œuvrer à la dynamique économique panafricaine.

Selon Nicole Sulu, fondatrice et présidente du réseau Makutano, ce déploiement vers Brazzaville répond à la vocation africaine de cet évènement et c’est tout naturellement que cette ville capitale, la plus proche de Kinshasa, soit la première à être en partie le théâtre de cette quatrième édition. « Il était temps pour nous de commencer le pèlerinage par ce qui est le plus proche et le plus fusionnel : un même peuple, une seule culture et un même espace économique. Il s’agit pour le Makutano de faire un plaidoyer sur la restructuration économique des échanges commerciaux laissés pour la grande partie à ce jour à l’informel, afin de donner plus de chance à nos économies de profiter positivement des avantages liés à la proximité et même à la promiscuité. C’est l’occasion pour les uns et les autres d’évaluer les accords légaux et réglementaires qui existent entre les deux rives afin de traduire en opportunités économiques réelles la volonté politique de réaliser une intégration régionale susceptible d’influer sur l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Dans tous les cas, tout le réseau se réjouit de ces retrouvailles dans l’autre chambre de la même maison », souligne Nicole Sulu.

Par ailleurs, à l’heure des échéances électorales, cette nouvelle édition du Makutano se propose de servir de cadre au premier débat préélectoral en analysant les propositions en la matière des futurs dirigeants du pays après les élections. Ainsi, Sultani Makutano 4 favorisera le débat démocratique en invitant les cinq principaux candidats à la présidentielle 2018 à échanger publiquement sur ce thème du « Local content ». Un thème qui, selon les organisateurs, est éminemment politique au sens large et non partisan du terme. « La mise en œuvre d’une politique de « local content » est transversale à de nombreux secteurs de l’économie et, dans le cas de la RDC, tient de la révolution. Base indispensable au processus de réappropriation de l’économie par les nationaux, elle présuppose une politique volontariste et ambitieuse en termes de formation des cadres supérieurs et dirigeants, experts, etc., dans de multiples domaines. Elle suppose nécessairement un plan stratégique de développement des territoires visant à en assurer l’attractivité à terme. Elle implique un passage de relais consensuel avec les grandes firmes étrangères, naturellement peu disposées à transmettre les technologies et le savoir-faire dont l’économie nationale a tant besoin », fait-on savoir.

Une économie congolaise avec les acteurs locaux

Promoteur d’un processus de reconquête de l’économie nationale par les acteurs locaux, le réseau s’est engagé dans un travail de réflexion constructive avec les investisseurs nationaux ou internationaux ainsi que dans un nouveau dialogue avec les autorités, afin de se positionner en tant que force d’action et de proposition au niveau national pour ancrer la RDC dans la voie de l’émergence. Ainsi, la première édition du Makutano a permis à deux cents chefs d’entreprises congolais, locaux ou issus de la diaspora de se rencontrer dans un cadre nouveau, convivial et d’échanger. La seconde édition avait accueilli plus de trois cents participants pendant deux journées de réflexion, de détente et de rencontres « B2B » qui ont permis de mieux cerner le rôle que pourrait jouer le Makutano Network pour amplifier le « Congo empowerment ». Parmi les principaux constats effectués, l’absence d’une économie de transformation en RDC avait particulièrement retenu l’attention. La troisème édition s’est déroulée, l’année dernière, et a réuni quatre cents participants. Les débats ont principalement porté sur l’industrie de transformation dans le pays.

Le réseau organise également des rencontres mensuelles sur des thématiques variées (Leadership, femmes et entrepreneuriat, Makutano jeunes, santé…) et ses membre sont présents lors de nombreuses rencontres internationales (Africa CEO Forum, Indaba). Makutano a co-organisé avec le ministère des Mines, via Promines, la première plénière de la Plate-forme de dialogue et de suivi participatif entre l’État, la Fédération des entreprises du Congo et la société civile, autour de la question des industries extractives et forestières. Makutano est aussi un réseau qui appuie les projets de création d’entreprise tout au long de l’année (plus de cent projets en trois ans).

Pour Nicole Sulu, Makutano est le rassemblement des héros qui ont compris que la RDC et l’Afrique ont davantage besoin d’entrepreneurs que de slogans. « Chacun de nous peut être un héros. Héros, parce que nos initiatives font reculer la pauvreté de notre pays, réduisent les inégalités et permettent à la jeunesse congolaise d’accéder à l’éducation et à l’emploi, seul gage du développement durable », conclut la fondatrice et présidente du réseau d’affaires Sultani Makutano, « fair business network for a congolese empowerment ».

Universités du numérique : Brazzaville prête à accueillir la quatrième édition

La rencontre permettra aux participants de plancher sur l’usage responsable et citoyen des réseaux sociaux, a indiqué, le 24 avril, l’initiateur du projet, le Dr Antonin Idriss Bossoto, enseignant chercheur à l’Université Marien-Ngouabi, expert en technologies de l’information et de la communication.

La démarche de cette année, comme les précédentes, va donner la possibilité de réfléchir sur certaines thématiques car, les Universités du numérique (Univ2.0) constituent une plate-forme à travers laquelle un bon nombre d’acteurs du secteur peuvent échanger et faire du lobbying. L’objectif global est, d’une part, de sensibiliser les citoyens congolais aux enjeux relatifs à la transformation Digital, c’est-à-dire, son impact dans tous les secteurs d’activité, notamment de l’économie numérique, de la formation, la presse, la gestion, de l’audiovisuel et de la statistique, et, d’autre part, de sensibiliser les acteurs aux transformations découlant de l’introduction des Nouvelles technologies de l’information et de la communication dans la société congolaise.

« Pour cette quatrième édition, la particularité est que nous nous pencherons sur la problématique des réseaux sociaux numériques, c’est-à-dire l’usage responsable et citoyen des réseaux sociaux,  après avoir constaté que l’introduction de l’internet et l’adoption des réseaux sociaux se sont faites sans politique de sensibilisation aux dangers, notamment sur tout ce qui est relatifs aux atteintes à la personne ou bien à la dépravation des mœurs, je dirais même aux actes de diffamation », a déclaré le Dr Antonin Idriss Bossoto. « Je constate, en effet, que les réseaux sociaux sont devenus aujourd’hui une plate-forme de liberté de l’information au Congo mais qui dit une plate-forme d’expression, ne veut pas forcément dire, liberté de nuire ; liberté de diffamer ou liberté d’atteinte à la personne. A travers cette thématique des réseaux sociaux, nous voulons attirer l’attention, non seulement des étudiants mais aussi du grand public sur les attitudes à adopter face aux contenus textuel, vidéo sonore, visieux que nous publions sur les réseaux sociaux », a-t-il expliqué.

L’initiateur du projet Univ2.0 s’est réjoui de la participation de l’Institut français du Congo qui trouve en cet événement une plate-forme de sensibilisation innovante et a tenu à remercier le seul partenaire qui a bien voulu le parrainer, à savoir l’Agence de régulation des postes et de communications électroniques et son directeur général, Yves Castano.

Ce concept Univ2.0, rappelons-le, est constitué des rencontres ouvertes à tous les publics. L’événement connaîtra la participation des étudiants, chercheurs, acteurs du numérique et du grand public en général.