Congo : Ulsan Mining vise 2 millions de tonnes d’acier à Pointe-Noire

L’entreprise prévoit la construction d’une usine de fonderie destinée à transformer le minerai de fer en acier.

 

La société Ulsan Holding, à travers sa filiale Ulsan Mining Congo, a annoncé le 6 avril la poursuite de ses investissements en République du Congo. Song objectif est de lancer la production locale d’acier après le développement du minerai de fer de Mayoko-Mossendjo, dans le département du Niari.

À Pointe-Noire, capitale économique du pays, l’entreprise prévoit la construction d’une usine de fonderie destinée à transformer le minerai de fer en acier. Cette unité industrielle affichera une capacité de production estimée à deux millions de tonnes par an, avec pour ambition d’approvisionner le marché national et d’exporter vers d’autres pays d’Afrique et au-delà.

Des délégations venues de Turquie, de Singapour et de Chine ont récemment visité le site prévu pour accueillir la future usine. Des études de faisabilité sont en cours en collaboration avec des partenaires internationaux afin de concrétiser ce projet structurant.

Au-delà de l’usine, le programme prévoit également la construction d’un port autonome à Pointe-Noire, en partenariat avec la Plateforme industrielle du Congo, ainsi que la réhabilitation du corridor Mayoko–Pointe-Noire. Signée en août 2024, la convention minière de trente ans avec l’État congolais encadre cet ambitieux investissement.

Selon Oguzhan Odabasi, directeur général d’Ulsan Holding, le projet pourrait générer plus de 10 000 emplois et contribuer significativement à la diversification et à la croissance de l’économie congolaise.

Congo-Relance du football : vers la fin de la crise ?

Réunis samedi à Brazzaville, le Ministère de la Jeunesse et des Sports, des dirigeants de clubs, des techniciens et des chroniqueurs sportifs ont exprimé une volonté commune, restructurer et relancer durablement le football congolais.

 

Au cœur des échanges, la nécessité d’un sursaut collectif. Pour Hugues Ngouélondélé, le redressement ne peut être l’œuvre d’un seul acteur. « Il s’agit de reconstruire des institutions crédibles et de restaurer la confiance des partenaires ainsi que du public », a-t-il souligné, insistant sur l’importance d’un dialogue inclusif pour sortir de l’impasse.

Depuis deux ans, le football congolais traverse une zone de turbulences marquée par des divergences persistantes entre le ministère et la Fédération congolaise de football. Cette crise institutionnelle a entraîné l’arrêt des compétitions nationales et la fermeture de plusieurs stades, plongeant clubs et joueurs dans l’incertitude.

Les conséquences ont été lourdes : compétitions suspendues, carrières freinées, sponsors frileux et supporters désabusés. De nombreux jeunes talents se sont retrouvés sans cadre d’expression, dans un contexte où le football demeure pourtant l’un des principaux vecteurs de cohésion sociale et de visibilité internationale du pays.

Face à cette situation, les autorités annoncent la reprise prochaine du championnat national, assortie d’une réouverture progressive des stades. Cette relance, présentée comme une priorité, vise à redonner un souffle nouveau au football congolais et à restaurer son rayonnement sur la scène régionale et continentale.

Au-delà de la reprise des compétitions, l’enjeu est désormais structurel : poser les bases d’une gouvernance apaisée, transparente et conforme aux standards internationaux. Les acteurs du football congolais semblent conscients qu’il en va de la crédibilité du sport roi et de l’avenir de toute une génération de joueurs.

La balle est désormais dans le camp des institutions. Le succès de cette relance dépendra de la capacité des différents protagonistes à privilégier l’intérêt supérieur du football congolais sur les querelles internes.

Congo : Jean Jacques Mouanda inhumé à Dolisie

La cérémonie s’est déroulée au siège fédéral du parti, réunissant cadres, militants, parents et proches venus saluer la mémoire d’un homme au long parcours politique et administratif.

 

Décédé le 5 avril à Djambala à l’âge de 69 ans, le préfet des Plateaux, Jean Jacques Mouanda, a reçu le 11 avril à Brazzaville les hommages du Parti congolais du travail (PCT), en présence du président de la République, Denis Sassou N’Guesso.

Né le 4 novembre 1957 à Dolisie, Jean Jacques Mouanda a consacré plus de quatre décennies à la vie publique. Ancien président du Conseil départemental du Niari (2008-2017), député de Kimongo (2017-2022), préfet de la Likouala (2022-2025), puis des Plateaux depuis 2025, il était également membre du Comité central du PCT. Militant de la première heure, il s’est illustré par son engagement constant au sein du parti, notamment comme directeur de campagne dans le Niari lors de plusieurs scrutins présidentiels.

Dans son oraison funèbre, Michel Mahinga, membre du bureau politique du PCT, a salué un « homme de terrain », artisan du rapprochement entre l’administration et les populations, et acteur de la cohésion sociale. Jean Jacques Mouanda était aussi engagé dans la vie associative, fondateur de l’Association Bana Dol et ancien président du Rotary club de Dolisie.

Décoré à plusieurs reprises, notamment chevalier dans l’Ordre du mérite congolais et dans l’Ordre de la paix, il laisse le souvenir d’un serviteur fidèle de l’État. Il sera inhumé ce 13 avril à Dolisie, sa ville natale.

Congo : la société civile exige des actes sur la forêt

Le président Denis Sassou Nguesso prêtera serment le 16 avril à Brazzaville pour inaugurer son cinquième mandat consécutif. Alors qu’un nouveau gouvernement est attendu, plusieurs organisations de la société civile appellent à placer la gouvernance forestière au cœur des priorités.

 

Le Congo est engagé dans plusieurs processus internationaux de gestion durable des forêts, notamment les Contributions déterminées au niveau national (CDN), le mécanisme REDD+, l’Initiative pour la forêt d’Afrique centrale (CAFI) et l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Des engagements salués par Nina Cynthia Kiyindou Yombo, directrice exécutive de l’Observatoire congolais des droits humains (OCDH), qui insiste toutefois sur leur application effective au niveau national.

Selon elle, il est urgent d’harmoniser le cadre juridique et de mettre en œuvre des actions concrètes pour lutter contre la déforestation et l’exploitation illégale des forêts.

De son côté, Christian Mounzeo, de la Rencontre pour la paix et les droits humains (RPDH), reconnaît les avancées du précédent quinquennat, notamment la révision du code forestier, l’adoption d’un code de transparence dans la gestion des finances publiques et la loi sur le registre des bénéficiaires effectifs. Mais il estime que ces réformes doivent désormais être complétées par des textes d’application.

Les organisations plaident également pour l’adoption d’une loi sur l’accès à l’information et d’un cadre de protection des défenseurs des droits humains et des lanceurs d’alerte. Objectif, garantir plus de transparence, de traçabilité et de redevabilité dans l’exploitation forestière, afin que la gestion des ressources naturelles bénéficie réellement aux populations.

Congo-emploi : 265 jeunes en quête de formation à Gamboma

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, de l’éducation civique, de la Formation qualifiante et de l’Emploi, Hugues Ngouélondélé, a inauguré le 8 avril, la « Maison de la jeunesse pour l’emploi »

 

À Gamboma, chef-lieu de la Nkeni-Alima, la question de l’emploi des jeunes n’est plus une abstraction, 300 jeunes sont déjà inscrits à l’Agence congolaise pour l’emploi (ACPE) dans le département, dont 265 en attente de formations qualifiantes. Des chiffres révélateurs de l’urgence sociale à laquelle entend répondre la toute nouvelle Maison de la jeunesse pour l’emploi, inaugurée le 8 avril par le ministre Hugues Ngouélondélé.

Cette infrastructure moderne en R+1, financée sur fonds propres par le ministre avant d’être léguée à l’État, marque un tournant pour la jeunesse locale. Désormais, plus besoin de parcourir des centaines de kilomètres jusqu’à Brazzaville pour accéder aux services liés à l’insertion professionnelle.

Le centre fonctionne comme un guichet unique regroupant quatre structures majeures : l’Agence congolaise pour l’emploi (ACPE), le Fonds national d’appui à l’employabilité et à l’apprentissage, l’Agence congolaise pour la création d’emploi et l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises. Cette synergie vise à proposer une prise en charge complète, de l’orientation à la formation qualifiante, jusqu’à l’accompagnement entrepreneurial.

« Ce guichet unique facilitera une meilleure coordination entre les services techniques pour soutenir les initiatives entrepreneuriales », a souligné Hugues Ngouélondélé lors de la cérémonie officielle.

Au regard des 300 jeunes déjà recensés et des 265 dossiers en attente de formation, la Maison de la jeunesse pour l’emploi apparaît comme un levier stratégique pour réduire le chômage et offrir des perspectives concrètes à la jeunesse de la Nkeni-Alima.

Congo-Pont effondré à Itsotso : un camion se renverse, la route Dolisie-Mossendjo coupée

L’ouvrage, fragilisé par le temps et les intempéries, a cédé sous le poids du véhicule, provoquant l’accident et paralysant aussitôt la circulation sur cet axe stratégique.

 

Un camion chargé de marchandises, en provenance de Dolisie et à destination de Mossendjo, s’est renversé après l’effondrement soudain d’un pont vétuste au niveau du village Itsotso. Selon des témoignages recueillis sur place, le drame a été évité de justesse. Conscients de la dangerosité de certains tronçons, notamment les ponts vieillissants et les montées de côtes glissantes en saison des pluies, les passagers avaient été invités à descendre du véhicule pour franchir à pied cette portion jugée risquée. Une précaution qui s’est révélée salutaire parce que le bilan fait état uniquement de contusions légères parmi le personnel de bord, qui a pu sauter avant que le pont ne s’effondre complètement. Aucune perte en vie humaine n’est à déplorer.

Si le soulagement domine quant à l’absence de victimes, l’incident met une fois de plus en lumière la fragilité du réseau routier congolais. L’effondrement du pont d’Itsotso a entraîné l’interruption brutale du trafic entre Dolisie et Mossendjo, immobilisant voyageurs et transporteurs de marchandises. Sur place, plusieurs véhicules sont restés bloqués de part et d’autre du pont, dans l’attente d’une solution de contournement ou d’une intervention des autorités compétentes.

Au-delà de l’accident, cet événement relance le débat sur l’état de dégradation avancée de certaines infrastructures routières du pays. Ponts vétustes, routes défoncées, absence d’entretien régulier : autant de facteurs qui exposent usagers et transporteurs à des risques permanents, tout en freinant les échanges économiques.

En attendant une éventuelle réhabilitation de l’ouvrage effondré, les populations riveraines et les opérateurs économiques redoutent les conséquences d’une coupure prolongée de cet axe vital.

Congo : MTN et Airtel mis en demeure par l’ARPCE

L’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARPCE) a adressé, mercredi 8 avril, une mise en demeure aux opérateurs MTN Congo et Airtel Congo, à l’issue d’une vaste campagne de contrôle de la qualité de service menée en février 2026 dans vingt localités de l’intérieur du pays.

 

Conduite du 6 au 23 février par les équipes de la Direction des réseaux et services de communications électroniques (DRSCE), cette campagne de « drive test » a couvert un large éventail de zones, du Kouilou à la Likouala, en passant par le Niari, la Bouenza, la Sangha et les Plateaux. Les tests ont porté sur les technologies 2G, 3G et 4G, aussi bien pour les appels voix que pour la navigation internet.

Les experts de l’ARPCE ont évalué plusieurs indicateurs techniques clés : taux d’établissement des appels, qualité sonore, temps de connexion, débit internet et continuité du signal lors des déplacements. Chacun de ces paramètres est encadré par des seuils réglementaires fixés par décision de l’autorité de régulation. Un système de notation par codes couleur permet par ailleurs de comparer les performances d’un semestre à l’autre et de repérer les localités où les engagements de couverture et de qualité ne sont pas respectés.

La réunion de restitution des résultats, présidée par le directeur de la DRSCE, Benjamin Mouandza, en présence des représentants des deux opérateurs, n’a pas été qu’un simple exercice de présentation. Elle a débouché sur une mise en demeure formelle accordant aux entreprises un délai de six mois, correspondant à la prochaine campagne d’évaluation, pour corriger les insuffisances relevées.

À travers cette décision, l’ARPCE entend rappeler aux opérateurs leurs obligations en matière de qualité de service et de couverture nationale. Dans un contexte où l’accès fiable aux communications électroniques est devenu un levier essentiel de développement économique et social, l’autorité de régulation affiche sa volonté de veiller à une amélioration tangible des prestations offertes aux usagers, notamment dans les zones de l’intérieur du pays souvent confrontées à des dysfonctionnements récurrents.

La prochaine campagne de contrôle sera déterminante pour mesurer les efforts consentis et, le cas échéant, envisager des mesures plus contraignantes.

Congo : adoption d’une loi mémorielle sur la traite négrière

Le texte a été initié par le député de Poto-Poto, Ferréol Constant Patrick Gassakys.

 

L’Assemblée nationale a adopté, le 8 avril 2026, la proposition de loi relative à la reconnaissance historique de la traite négrière transatlantique et à l’accès exceptionnel à la nationalité congolaise pour les Afro-descendants.

Présentée par la commission des Affaires étrangères, coopération et des Congolais de l’étranger, cette loi reconnaît la qualité de victime aux millions d’Africains déportés vers les Amériques et les Caraïbes durant la traite négrière. Elle consacre une reconnaissance morale, historique et symbolique de cette tragédie, tout en précisant qu’elle n’ouvre droit à aucune réparation ni indemnisation.

Le texte prévoit également la mise en place d’un cadre national de commémoration, d’éducation et de recherche afin de préserver la mémoire de cette histoire. Il vise à renforcer les liens culturels, académiques et humains entre la République du Congo et les Afro-descendants.

Autre innovation majeure : l’instauration, à titre exceptionnel et strictement encadré, d’un mécanisme d’accès à la nationalité congolaise pour certains Afro-descendants. Cette démarche devra reposer sur la preuve de liens mémoriels durables, d’un engagement personnel et du respect des valeurs républicaines.

Une loi pour propulser la recherche et l’IA

Adopté au début du mois d’avril 2026, le projet de loi portant orientation et développement de la recherche scientifique marque un tournant majeur pour le pays.

 

Présentée et défendue devant les parlementaires par le ministre Jean-Luc Mouthou, au nom de son collègue Rigobert Maboundou, cette loi dépasse le cadre d’une simple réforme administrative. Elle établit un socle juridique solide destiné à structurer durablement le secteur de la recherche et à en faire un levier stratégique de développement.

Au cœur de cette nouvelle orientation figure la promotion de l’Intelligence artificielle comme moteur de transformation économique et sociale. Agriculture, santé, éducation, télécommunications ou encore administration publique : tous les secteurs stratégiques sont appelés à bénéficier des retombées de l’innovation technologique.

Le texte prévoit le renforcement des centres et instituts de recherche, l’amélioration des mécanismes de financement, ainsi que l’encouragement de partenariats entre universités, entreprises et institutions publiques. Il met également l’accent sur la formation et la valorisation des compétences locales, afin de favoriser l’émergence d’une expertise nationale capable de répondre aux défis contemporains.

À travers cette loi, les autorités entendent réduire la dépendance aux solutions importées et promouvoir une croissance fondée sur la connaissance et la créativité.

En inscrivant la recherche scientifique au cœur des priorités nationales, le gouvernement affiche sa volonté de bâtir une économie plus compétitive, innovante et souveraine.

Congo : Brazzaville accueille la première édition d’Event Expo Africa

Initié par Jeanne Alexandra Ngoya, ce rendez-vous ambitionne de repositionner l’événementiel comme un véritable levier de développement économique et un vivier d’opportunités pour la jeunesse congolaise et africaine.

 

Les 24 et 25 avril prochains, Brazzaville va accueillir la toute première édition d’« Event Expo Africa ». Placée sous le thème « L’innovation des services, des métiers de l’événementiel et du spectacle », cette rencontre entend déconstruire les idées reçues qui réduisent encore l’événementiel à sa seule dimension festive. Pour sa fondatrice, il s’agit avant tout d’un secteur stratégique, riche en compétences et en perspectives.

« L’événementiel est un véritable écosystème. Il ne se limite plus à l’organisation de manifestations ponctuelles mais s’impose aujourd’hui comme un moteur de croissance, d’innovation et de structuration économique », explique Jeanne Alexandra Ngoya. Derrière chaque événement réussi se cache en effet une chaîne de métiers souvent méconnus : graphistes, techniciens son et lumière, logisticiens, scénographes, communicants, médias, traiteurs ou encore spécialistes du digital.

Malgré son dynamisme, le secteur demeure peu structuré au Congo. C’est précisément pour répondre à ce défi qu’Event Expo Africa se veut un espace de réflexion stratégique et de concertation. L’objectif est double, rassembler les professionnels pour analyser les réalités du terrain, identifier les freins et proposer des pistes concrètes de structuration ; mais aussi ouvrir le champ des possibles aux jeunes en quête d’orientation professionnelle.

Au programme, une réflexion approfondie sur le rôle de l’événementiel dans le développement des économies africaines. Les discussions porteront sur les enjeux structurels du secteur, son potentiel de transformation ainsi que les opportunités qu’il représente pour les entrepreneurs, les institutions, les investisseurs et les créatifs.

La première journée sera dédiée aux professionnels, avec des échanges axés sur les pratiques, les défis et les perspectives de développement à court, moyen et long terme. La seconde journée, ouverte aux entreprises et au grand public, proposera conférences, masterclasses, panels interactifs et un walking dinner favorisant le réseautage. Des intervenants venus de Brazzaville, Pointe-Noire, Kinshasa et d’autres villes de la sous-région partageront leurs expériences et expertises.

Au-delà de l’événement lui-même, la vision est claire, faire de Brazzaville un hub de l’événementiel en Afrique centrale. « L’idée est de positionner la capitale congolaise comme une plateforme de référence, capable d’attirer des talents et des partenaires internationaux », souligne la fondatrice. À terme, Event Expo Africa pourrait s’exporter dans d’autres pays, tout en consolidant son ancrage local.