La Beac abaisse ses taux directeurs pour soutenir la croissance en zone Cemac

Réuni le 29 juin 2026 à Yaoundé, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a décidé d’abaisser plusieurs de ses principaux taux directeurs afin de soutenir l’activité économique dans la CEMAC. Tout en soulignant la résilience de la sous-région face aux incertitudes internationales, le gouverneur de la BEAC a également tenu à clarifier la décision de suspendre temporairement les nouvelles opérations de refinancement.

 

Réuni en session ordinaire le 29 juin, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a décidé d’assouplir sa politique monétaire en réduisant plusieurs de ses principaux taux directeurs. Cette décision intervient dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques internationales, la hausse des prix des matières premières et le ralentissement attendu de la croissance mondiale.

Présidant la conférence de presse, le gouverneur de la BEAC a indiqué que « l’environnement économique mondial demeure caractérisé par un niveau élevé d’incertitude », évoquant notamment les tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les marchés de l’énergie et le commerce international.

Malgré ce contexte, les perspectives de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) restent globalement favorables. La BEAC prévoit une croissance régionale de 3,2 % en 2026, contre 3,4 % en 2025, avec une inflation contenue à 2,4 %, en dessous du seuil communautaire de 3 %. Les réserves de change devraient également progresser pour atteindre 7 962,3 milliards de francs CFA, soit près de 4,7 mois d’importations.

Au regard de ces indicateurs, le Comité a décidé de ramener le taux d’intérêt des appels d’offres de 4,75 % à 4,50 %, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal est abaissé de 5,75 % à 5,25 %. Le coefficient des réserves obligatoires est également réduit, passant de 7 % à 6,5 % pour les dépôts à vue et de 4,5 % à 4 % pour les dépôts à terme. En revanche, le taux de la facilité de dépôt demeure inchangé.

Le gouverneur est également revenu sur les informations relayées au sujet du refinancement des banques. Il a tenu à préciser que « le refinancement n’a pas été suspendu », expliquant que seule la réception de nouvelles opérations sur ce guichet a été temporairement gelée afin d’évaluer et d’améliorer le dispositif.

Selon lui, « cette évaluation vise à renforcer son efficacité et son articulation avec les autres instruments de financement ». Il a assuré que le financement de l’économie réelle demeure une priorité de la Banque centrale, notamment dans les secteurs de l’industrie, des télécommunications, des mines et des infrastructures.

La prochaine réunion du Comité de politique monétaire devra déterminer si cette politique d’assouplissement sera poursuivie, en fonction de l’évolution de l’inflation et du niveau des réserves de change.

 

 

CEMAC : les nouvelles pièces de monnaie seront disponibles à partir du 5 avril

L’annonce a été faite lors de la première session du Comité de politique monétaire de la Banque des Etats de l’Afrique centrale qui a eu lieu le 24 mars 2025 à Malabo en Guinée Equatoriale.

 

Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Beac a présidé la première session du comité de la politique monétaire (CPM) de la sous-région le 24 mars 2025. Au cours de cette rencontre, le gouverneur de la Beac a annoncé que la mise en circulation de nouvelles pièces de monnaie est prévue pour le 5 avril 2025. Des pièces de monnaies dont la nouveauté sera celle de 200 FCFA.

Ainsi, la nouvelle gamme présentera plusieurs modifications notables, à commencer par une augmentation de la taille des pièces afin de les rendre plus facilement acceptables par les commerçants et les usagers. Les coupures existantes de 1, 2, 5 et 10 FCFA, souvent boudées, seront maintenues, mais agrandies, tout comme celles de 25, 50, 100 et 500 FCFA. Une nouveauté majeure réside dans l’introduction d’une pièce de 200 FCFA, inspirée de l’ancienne pièce de 50 FCFA des années 1960.

Les nouvelles pièces de monnaie sont destinées à résoudre la pénurie qui affecte la sous-région et à améliorer la fluidité des échanges commerciaux. L’initiative s’inscrit dans le cadre des réformes monétaires visant à garantir un approvisionnement suffisant en petite monnaie et à renforcer l’intégration économique des pays membres de la Cémac. Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a souligné l’importance de cette initiative visant à répondre aux difficultés rencontrées par les populations et les commerçants dans leurs transactions quotidiennes. « La Banque centrale a pris en compte toutes les difficultés enregistrées au niveau sous-régional en ce qui concerne la pénurie de pièces de monnaie. Ces nouvelles pièces vont apporter non seulement la réponse, mais aussi fluidifier les échanges commerciaux », a-t-il déclaré lors de son passage au Gabon.

CPM

Au cours du comité de politique monétaire où le gouverneur a échangé par visioconférence avec les journalistes de la sous-région, il est ressorti que la situation économique de la zone CEMAC sera meilleure en 2025 qu’en 2024. Selon les prévisions de la BEAC, la croissance sera de 2,9% contre 2,6% l’année dernière. Un renforcement de la croissance en lien avec « la bonne tenue des activités non pétrolières », souligne Yvon Sana Bangui. Concernant l’inflation, elle sera en baisse selon les prévisions, passant de 4,1% en 2024 à 2,9% en 2025.