Congo : trois avocats détenus, la profession se mobilise

Après le barreau de Pointe-Noire, celui de Brazzaville a, à son tour, décidé de suspendre ses activités professionnelles, en réaction à la détention de trois de ses confrères.

 

Le torchon brûle entre les barreaux de Brazzaville et de Pointe-Noire et les autorités judiciaires. Au cœur de la tension, la détention de trois avocats, Bob Kaben Mboko Massouka, Boniface Carle Malalou et Admyrey Mabondzo, que leurs confrères considèrent comme une atteinte aux garanties attachées à l’exercice de la profession.

Après la mobilisation du barreau de Pointe-Noire, le 29 septembre dernier, c’est désormais au tour de celui de Brazzaville de monter au créneau. Réunis en assemblée générale extraordinaire le 2 octobre, les avocats du barreau de Brazzaville ont exprimé leur préoccupation face à la situation de leurs confrères et dénoncé ce qu’ils qualifient d’atteintes répétées au statut de l’avocat.

Au terme de leurs échanges, les membres du barreau de Brazzaville ont notamment mis en avant les garanties prévues par l’article 53 de la loi régissant la profession d’avocat. Pour eux, ces dispositions constituent un socle essentiel à la protection de l’avocat dans l’exercice de sa mission de défense.

La détention de leurs confrères est ainsi perçue comme un signal préoccupant pour l’ensemble de la profession. Au-delà du cas individuel des trois avocats concernés, c’est donc la question de l’indépendance et de la sécurité juridique de l’avocat dans l’exercice de ses fonctions qui est posée.

La réaction des barreaux traduit une volonté de faire bloc. Dans une profession où l’avocat est appelé à défendre les droits et libertés des justiciables, ses représentants estiment que les garanties qui entourent son exercice doivent être scrupuleusement respectées.

La tension pourrait désormais franchir un nouveau cap. Les avocats des deux principaux barreaux du pays menacent en effet de boycotter la prochaine session criminelle si aucune évolution favorable n’est enregistrée dans ce dossier.

Une telle décision ne serait pas sans conséquences sur le fonctionnement de la justice, notamment sur la tenue des audiences criminelles nécessitant l’intervention des conseils pour assurer la défense des accusés.

Pour l’heure, le mouvement apparaît comme une démonstration de solidarité entre confrères, mais aussi comme une interpellation directe des pouvoirs publics et des autorités judiciaires sur le respect des règles encadrant la profession.

En décidant de suspendre leurs activités, les barreaux de Brazzaville et de Pointe-Noire entendent manifestement rappeler que la défense des justiciables ne peut s’exercer pleinement sans la protection de ceux qui l’assurent. Alors que la prochaine session criminelle se profile, les regards sont désormais tournés vers les autorités compétentes.

Congo : les enseignants volontaires menacent de boycotter l’année scolaire 2020-2021

Ils revendiquent le paiement de six mois de bourses impayées et promettent de ne pas reprendre le chemin de l’école au titre de l’année prochaine.

Sous la pluie, devant le ministère des Finances, les enseignants volontaires ont fait un concert de casseroles jeudi 17 septembre 2020. Ils voulaient se faire entendre. Ils revendiquent le paiement de six mois de bourses impayées et promettent de ne pas reprendre le chemin de l’école au titre de l’année scolaire 2020-2021 si la situation n’est réglée.

«Si nos revendications ne sont pas prises en compte, nous n’irons pas enseigner », a déclaré Christian Madila, secrétaire général de la coordination des diplômés des écoles professionnelles de l’enseignement.

Selon le protocole, ce sont au total 4160 enseignants volontaires qui devraient recevoir une bourse de 50 à 75. 000 Fcfa par mois pour attendre leurs intégrations à la Fonction publique qui se feront progressivement. Ceux-ci déplorent la lenteur administrative.

Notons que la rentrée scolaire pour le cycle primaire et secondaire est fixée au 12 octobre 2020.