Congo : Averda reprend du service

La société en charge de la gestion des ordures a annoncé avoir mobilisé, le 27 décembre, ses véhicules et agents pour la reprise des activités.

 

Averda entend reprendre du le ramassage des ordures ménagères. La société a mobilisé une vingtaine de véhicules pour faire face à la recrudescence des déchets. C’est du moins ce qu’a expliqué Sirine Chehaidi, la directrice de développement des Affaires.

« Averda ayant alerté les autorités se trouve aujourd’hui devant ce défi qui est hors de son contrôle. Toutefois, les équipes de la société voudront réassurer les Brazzavillois et Ponténégrins que des mesures correctives ont été prises pour rétablir les services dans les plus brefs délais. Elles travaillent en étroite collaboration avec les autorités en charge de ce dossier pour trouver une solution à ce défi et pour éviter que le problème ne se répète », a indiqué Sirine Chehaidi.

Le débordement des poubelles a été observé notamment dans la ville de Brazzaville et de Pointe-Noire. Les déchets s’accumulent partout et inondent les rues. Une situation incommode qui porte préjudice non seulement à l’image des deux grandes agglomérations du pays mais aussi à l’environnement urbain et à la santé de la population exposée à des odeurs répugnantes.

Dans certaines artères et d’autres places publiques de Brazzaville, notamment sur l’avenue de l’Intendance, l’avenue de la Paix, l’avenue Marien-Ngouabi, l’avenue Trois martyrs, au marché Poto-Poto…, les bacs sont pleins à craquer d’ordures ménagères. Les résidus étalés sur la chaussée occasionnent ainsi un rétrécissement de la voie, ce qui provoque parfois des embouteillages qui mettent à mal la circulation.

En effet, la prolifération de ces tas d’immondices s’entassent sur plusieurs mètres. Du côté de la décharge transitoire de Mpila, située derrière les locaux de la Société des transports publics urbains, le constat est pire avec un débordement et une accumulation des ordures non évacuées vers les décharges de Lifoula.

L’arrêt du travail des 2 200 agents de la société a entraîné, depuis des jours, une accumulation des immondices polluant les artères de Brazzaville et Pointe-Noire.

Congo : les immondices envahissent plusieurs quartiers de Brazzaville

Avant, pendant et après les fêtes de fin d’année et du Nouvel An, Brazzaville avec son million et demi d’habitants ploie sous les ordures qui jonchent les artères et polluent plusieurs endroits.

Les Brazzavillois ne comprennent pas le silence de la municipalité. Tandis que les travailleurs de la société privée Averda, chargée de ramasser ces ordures entassées dans des bacs bleus, affirment que la plupart de leurs camions sont hors service.

Sur l’avenue Marien Ngouabi dans le sixième arrondissement, du carrefour dit « Keba na virage » au terminus de Mikalou, sur environ 3 kilomètres, aucun bac ne respire. Tous ces bacs débordent d’ordures.

« Sur les avenues, il y a vraiment des poubelles, de la saleté. Les gens ne peuvent plus respirer. Maintenant là, ça ne va pas du tout. Tout ce que nous constatons ici est un danger. On n’a jamais supporté cela. Mais nous sommes obligés de le supporter parce que l’État est défaillant », dénoncent tour à tour les riverains.

Les bacs bleus de la société Averda contenant ces ordures sont placés pour certains devant des endroits très fréquentés tels les débits de boissons ou encore les marchés à ciel ouvert. En cette période pluvieuse, les Brazzavillois craignent l’apparition des épidémies. « Toutes ces ordures nous emmènent des maladies. Les maladies, ce ne sont pas seulement le choléra et le paludisme. Il y en a plusieurs », lâche un citoyen.

Un des bacs les plus débordants se trouve à zéro pas de la maison de la radio et de la télévision. Le mini restaurant de Juliana, une dame qui propose des cuisses de poulet et des côtelettes braisées à la tombée de la nuit, fait face à ce bac à ordures. « Les gens profitent également pour pisser dans ces ordures. Mes clients refusent parfois de manger sur place à cause des odeurs. Ça dérange vraiment », se plaint-elle.

Quelques agents d’Averda rencontrés sur le terrain affirment que plusieurs camions de collecte d’ordures de leur société sont en panne. La société en a commandé d’autres et attend la livraison.

Journée mondiale du nettoyage : des opérations de salubrité organisées dans des écoles à Pointe-Noire

Une opération de salubrité a été organisée à Pointe-Noire par la mairie de Pointe-Noire en partenariat avec la Société Averda, et la collaboration de certaines associations.

La célébration de la Journée internationale du nettoyage a été couplée à celle de la Journée internationale de la paix. Une opération de salubrité a été organisée à Pointe-Noire par la mairie de Pointe-Noire en partenariat avec la Société Averda, et la collaboration de certaines associations.

C’est la deuxième fois que cette activité est organisée. Il a été lancé l’année dernière au niveau national lors de la première édition du World clean up day. Des activités ont été menées à Pointe-Noire (Ngoyo et Tié-Tié) et à Brazzaville par la Jeune chambre internationale (JCI) qui s’est engagée à œuvrer pour l’accomplissement des objectifs du développement durable.

«A travers le World clean up day, nous touchons six des dix-sept objectifs. Nous avons pu toucher les communautés qui n’étaient pas sensibles à la préservation de l’environnement. Il est important de rappeler que des communautés propres aident à avoir une population propre et en bonne santé. Notre planète doit-être débarrassée de tous les déchets pour un développement durable de nos communautés et de notre environnement », a souligné Fernand Moukengué, président national de la JCI 2019.

Cette année, les actions de sensibilisation de la population au respect de l’environnement ont été axées sur Loandjili. «Nous sommes en action pour sensibiliser et conscientiser les concitoyens sur le danger des déchets dans l’environnement. Notre action ne s’arrêtera pas là, nous signons des partenariats avec d’autres associations pour la pérenniser», a expliqué Exaucée Makosso, secrétaire générale de la JCI.

Averda Congo: le calme s’installe après la colère

Dans la matinée du 31 janvier, les agents de la société d’assainissement des voiries urbaines ont manifesté leur indignation sur l’instabilité des salaires qui, selon eux, varient d’un mois à l’autre. Après les pourparlers engagés avec la hiérarchie, le calme est revenu. Les véhicules de collecte des déchets ont repris service à travers la ville capitale, en début d’après-midi. Il ne s’agissait pas d’arriérés de salaires.

Massés à l’entrée du siège de la base-vie de l’entreprise et aux alentours, les manoeuvres d’Averda, en colère, ont pris position pour défier la hiérarchie sans s’attaquer aux biens publics encore moins aux biens d’autrui. « Nous devons trouver un compromis avec la direction sur nos salaires qui ne sont pas stables », s’écriaient-ils. Selon les dires de quelques employés, ayant requis l’anonymat, leurs salaires sont variables. Ceux qui gagnent 150 000 F CFA ou 100 000 F CFA se retrouvent parfois avec la moitié de ce qu’ils perçoivent d’habitude. « Notre situation sociale se dégrade. Nous ne pouvons plus joindre les deux bouts du mois, payer les études de nos enfants encore moins épargner un seul franc par rapport à ce que nous gagnons aujourd’hui »,a expliqué un des employés indignés. Par ailleurs, depuis trois mois, ils sont payés sans bulletin. Ce qui renforce leurs inquiétudes.

Pour éviter les troubles à l’ordre public, la police a pris possession des lieux ( avenue pointe-hollandaise), à hauteur du parc automobile national. Les policiers ont tenté de calmer le jeu en faisant office de facilitateurs entre les manifestants et les responsables d’Averda disposés à écouter les réclamations de ceux-ci. Sous l’œil vigilant de la police, les pourparlers ont alors débuté entre la direction et une dizaine d’employés représentant les manifestants.

L’autre son de cloche

Ce ne sont pas tous les employés d’Averda qui sont concernés par cette situation. Pendant que les uns manifestaient, les autres s’attelaient à leurs tâches professionnelles quotidiennes. Un chef d’équipe que nous avons approché pense, d’ailleurs, que certains manœuvres manifestent dans l’ignorance. Ils sont intoxiqués, selon lui, par l’instabilité des salaires qu’ils évoquent. « Nous avons vingt-six jours de travail par mois, 7 h de travail par jour. Ceux du service de collecte font des heures supplémentaires. Le salaire est donc calculé au prorata. Si un employé s’absente pendant une semaine, il est bien évident qu’à la fin du mois, en fonction de ses absences, son dû est réduit. », a-t-il expliqué.  Pour ce chef de service, certains manœuvres qui ont connu cette situation se sont rapprochés de l’administration pour des réclamations. Ils ont eu gain de cause. La manifestation de la matinée, pour lui, n’avait pas sa raison d’être.

En début d’après-midi, les véhicules qui assurent la collecte ont commencé à arpenter les rues et avenues de Brazzaville, notamment au centre-ville. Signe qu’un compromis a été trouvé et les choses devraient rentrer dans l’ordre ce jeudi 1er février.