Coup d’Etat au Gabon : les militaires renversent le pouvoir en place

Des officiers de l’armée sont apparus à la télévision nationale gabonaise pour annoncer qu’ils avaient pris le pouvoir.

 

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Un groupe d’une douzaine de militaires et de policiers gabonais a annoncé, mercredi 30 août, dans un communiqué lu sur la chaîne de télévision Gabon 24 abritée au sein de la présidence, l’annulation des élections au Gabon, la dissolution de « toutes les institutions de la République » et la « fin du régime ».

Une annonce qui est arrivée juste après la proclamation par La commission électorale, la victoire du président sortant Ali Bongo avec 64.27% contre 30.77% pour son principal challenger l’opposant Albert Ondo Ossa.

Notons que le président sortant briguait un troisième mandat aux élections de samedi 26 août qui ont regroupé trois scrutins, présidentiel, législatif et municipaux, tous sur un seul tour.

Congo : un émissaire d’Ali Bongo chez Sassou Nguesso

Pacôme Moubelet Boubeya, ministre des Affaires étrangères du Gabon s’est rendu en République du Congo le 19 octobre 2020.

Il était transporteur d’un message du président d’Ali Bongo, le ministre des Affaires étrangères du Gabon, Pacôme Moubelet Boubeya, s’est rendu, le 19 octobre, à Brazzaville au Congo. Il a remis au président Denis Sassou N’guesso un message du président Ali Bongo Ondimba. Il  a également été question de présenter officiellement le président de la Commission de la CEEAC et de le consulter pour la tenue du 18e Sommet ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, prévue en novembre 2020.

Le chef de la diplomatie gabonaise a annoncé, au sortir de l’audience avec le président congolais, Denis Sassou N’guesso, que le 18e sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) est prévu en novembre prochain, par visioconférence.

« La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement doit se tenir en principe au mois de novembre et son Excellence monsieur le président de la République du Congo a été élu par ses pairs pour prendre la présidence de la CEEAC. C’est dans ce cadre qu’il a bien voulu nous recevoir pour qu’on lui porte le message pour la date à venir de cette conférence qui se tiendra à la dernière semaine du mois de novembre », a déclaré Pacôme Moubelet Boubeya.

Ali Bongo de retour au Gabon

Le président, absent de son pays depuis le 24 octobre dernier suite à un accident vasculaire cérébral (AVC), a interrompu sa convalescence à Rabat, au Maroc.

Dans la nuit du 14 au 15 janvier 2019, en toute discrétion, Ali Bongo est arrivé au Gabon, une semaine après la tentative de coup d’Etat du 7 janvier. Le président, absent de son pays depuis le 24 octobre dernier suite à un accident vasculaire cérébral (AVC), a interrompu sa convalescence à Rabat, au Maroc. La télévision nationale a confirmé que la cérémonie de prestation de serment des 38 membres du nouveau gouvernement aurait lieu ce mardi au palais présidentiel de Libreville.

Le protocole présidentiel gabonais a visiblement choisi un retour discret pour le président. Après deux mois et demi d’incertitudes, de rumeurs les plus folles et de polémiques, Ali Bongo est de retour au Palais du bord de mer. Les Gabonais vont maintenant scruter la capacité de leur chef d’Etat à tenir la cérémonie de prestation de serment prévue ce mardi. Ce sera la première apparition publique d’Ali Bongo devant ses concitoyens.

Pour la présidence, ce retour est placé sous le signe de « la normalisation », après la nomination du nouveau gouvernement et l’entrée en fonction de la nouvelle Assemblée nationale, qui avait été dissoute en avril dernier par la Cour constitutionnelle, ses pouvoirs étant transférés au Sénat.

Depuis le 24 octobre, un seul Conseil des ministres s’est tenu à Libreville, aucune loi n’a été promulguée. Selon une source proche du pouvoir, « ce retour est une réponse à tous ceux qui avaient l’impression que le pays était en pilotage automatique ».

L’objet de ce retour, c’est d’abord la prestation de serment du gouvernement

Reste une question : M. Bongo va-t-il rester au Gabon, ou va-t-il repartir à Rabat y poursuivre sa convalescence ? Les informations sont contradictoires pour le moment. Pour Marc Ona, coordinateur de Tournons la page, « si le chef de l’Etat retourne au Maroc, cela n’a aucun sens ».

« S’il ne peut pas assumer ses fonctions à Libreville, ils n’ont qu’à déclarer la vacance du pouvoir », s’exclame-t-il. « J’arrête pour ma part de me poser des questions et je regarde où tout cela va nous mener », confie un opposant. « Tout est fait à l’envers et en dépit du bon sens », ajoute-t-il.

Du côté du pouvoir, on rappelle que l’objet de ce retour, c’est d’abord et avant tout cette cérémonie de prestation de serment afin de permettre au nouveau gouvernement d’entrer en fonction, comme le prévoit l’article 15 de la Constitution.