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Présidentielle: comme en 2016, les Russes à la manoeuvre pour aider Trump

On prend les mêmes et on recommence ? Exactement comme il y a quatre ans, les Russes sont à pied d’oeuvre, de façon souterraine, pour aider Donald Trump à remporter la présidentielle, assurent les renseignements américains.

Cette révélation, faite à des parlementaires du Congrès lors d’un briefing censé rester confidentiel, a vivement irrité le président, convaincu que l’opposition allait s’en emparer pour affirmer, comme en 2016, qu’il ne pouvait remporter la Maison Blanche que grâce à un coup de pouce de Moscou.

Selon le New York Times, le président a été particulièrement courroucé par la présence à ce briefing, remontant au 13 février, d’Adam Schiff, le démocrate qui a dirigé l’enquête parlementaire qui a déclenché sa mise en accusation au Congrès. Une procédure qui a finalement abouti à l’acquittement de M. Trump.

Le milliardaire républicain a dans la foulée annoncé mercredi le limogeage de son chef du renseignement par intérim, Joe Maguire, et son remplacement par un de ses fidèles. C’est en effet une collaboratrice de M. Maguire, Shelby Pierson, qui a informé les parlementaires, parmi lesquels M. Schiff.

Ce dernier a réagi jeudi soir en accusant Donald Trump de s’accommoder volontiers de cette aide russe illégale, tout comme le 45e président américain a toujours nié avoir bénéficié des piratages des services secrets russes qui avaient révélé des emails embarrassants du parti démocrate qui avaient plombé la campagne d’Hillary Clinton en 2016.

« Nous comptons sur les services de renseignement pour informer le Congrès de toute menace d’ingérence étrangère dans nos élections. Si les informations sont vraies et que le président interfère avec cela, alors il est de nouveau en train de mettre en péril nos efforts visant à arrêter toute ingérence étrangère. Exactement comme nous avions prévenu qu’il le ferait », a tweeté Adam Schiff.

– « Paranoïa » –

De son côté la Russie a mis vendredi sur le compte de la « paranoïa » les nouvelles accusations des responsables du renseignement américain, dont on ne connaît pas encore les détails.


« Cela n’a rien à voir avec la vérité », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, dénonçant « de nouveaux messages paranoïaques qui seront malheureusement de plus en plus fréquents à fur et à mesure que les élections approchent » aux Etats-Unis.

Moscou a toujours démenti toute implication dans l’élection présidentielle de 2016, à l’aide de hackers et de « trolls » russes sur les réseaux sociaux, malgré un consensus des agences fédérales américaines sur le sujet.

M. Trump a pour sa part toujours assuré ne pas avoir eu besoin de Moscou pour parvenir à la Maison Blanche.

« Le président est dans le déni concernant l’ingérence étrangère dans les élections depuis trois ans parce que son ego ne peut pas accepter que la Russie soit intervenue en sa faveur », a dénoncé le démocrate Bennie Thompson, président de la commission sur la Sécurité intérieure à la Chambre des représentants.

« En limogeant M. Maguire parce que son personnel a présenté les conclusions franches des services de renseignement au Congrès sur l’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2020, le président ne refuse pas seulement de défendre (le pays) contre les ingérences étrangères, il les encourage », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Pour remplacer M. Maguire, Donald Trump a choisi Richard Grenell, l’actuel ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne qui, selon les démocrates, manque de l’expérience nécessaire pour un poste où il supervisera 17 agences fédérales, dont la CIA. La Maison Blanche a assuré que M. Grenell aurait une « approche impartiale ».



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