Congo : le Parlement ouvre la voie à l’avortement médicalisé dans des cas exceptionnels

Le Senat et l’Assemblée nationale ont adopté une proposition de loi qui autorise cette pratique dans des cas de viol ou d’inceste ou lorsque la grossesse menace la vie de la mère.

 

Après son adoption par l’Assemblée nationale et le Sénat, la proposition de loi relative à la santé sexuelle et reproductive ouvre la voie à un encadrement légal de l’interruption volontaire de grossesse dans des circonstances strictement définies. Le texte a été porté par le député Exaucé Ngambili Ibam.

Loin d’instaurer un droit général à l’avortement, la réforme prévoit des situations précises dans lesquelles une interruption médicalisée de grossesse pourrait être pratiquée. Il s’agit notamment des grossesses consécutives à un viol ou à un inceste, ainsi que des situations où la grossesse constitue une menace pour la vie de la mère.

Une traduction du Protocole de Maputo

Pour ses promoteurs, cette réforme s’inscrit dans la mise en œuvre des engagements pris par le Congo au niveau continental. Elle s’inspire notamment du Protocole de Maputo, instrument africain relatif aux droits des femmes et à leur santé reproductive.

Son article 14 prévoit notamment l’accès à l’avortement médicalisé dans certaines circonstances, parmi lesquelles les agressions sexuelles, le viol, l’inceste et les situations où la grossesse met en danger la santé ou la vie de la femme.

La proposition de loi vise ainsi à intégrer ces principes dans le cadre juridique national et à renforcer les mécanismes de protection des femmes et des jeunes filles victimes de violences sexuelles.

Derrière cette évolution législative se trouve également une préoccupation de santé publique à savoir les conséquences des avortements pratiqués dans la clandestinité et dans des conditions médicales précaires.

Pour les défenseurs de la réforme, mieux encadrer les situations dans lesquelles une interruption de grossesse peut être réalisée doit permettre aux femmes concernées d’avoir accès à des soins médicaux sécurisés, plutôt que de recourir à des pratiques clandestines susceptibles d’entraîner de graves complications.

Le texte entend donc agir sur un double front, protéger les femmes confrontées à des grossesses issues de violences sexuelles et réduire les risques sanitaires liés aux interruptions de grossesse pratiquées hors du système de soins.

Congo : le Sénat adopte la loi sur la procréation médicalement assistée

Cette proposition de loi, initiée par le Sénateur Julien Ignace Matété Mounoi, médecin de formation a été votée avec amendements.

 

Les sénateurs ont adopté avec amendement vendredi 15 novembre la proposition de loi sur la procréation médicalement assistée (PMA). Cette loi a été initié par le Sénateur Julien Ignace Matété Mounoi, médecin de formation et rapporteur de la Commission Santé, Affaires sociales, Famille et Genre.

La PMA est pratiquée en République du Congo, mais de façon non officielle. C’est du moins ce qu’a affirmé le président de la Commission Santé, Affaires sociales, Famille et Genre, Jean Roger Ekoundzola. « La prise d’une loi pour encadrer cette méthode était devenue une impérieuse nécessité », a-t-il souligné lors de la présentation de la proposition de loi.

En République du Congo, le coût de la PMA varie entre 150.000 FCFA et 3.000.000 F CFA en fonction des techniques utilisées.

Congo : la proposition de loi sur le statut de l’artiste renvoyée à la Commission éducation

L’auteur de la proposition de loi et les membres de la commission ne s’entendent pas sur un ensemble d’amendements selon Pierre Ngolo, président du Sénat.

 

Le Sénat a renvoyé la proposition de loi portant statut de l’artiste, du spectacle, des arts visuels, graphiques et plastiques, de la mode, de la publicité, du technicien et de l’entrepreneur culturel et artistique à la Commission éducation, culture, science, information et technologie. Ce renvoie a pour but de dissiper  les divergences avec l’auteur de ladite proposition, Léonidas Carel Mottom Mamoni et la Commission.

« Apparemment, l’auteur de la proposition de loi et les membres de la commission ne s’entendent pas sur un ensemble de points. Il n’est pas donc utile de faire examiner cette proposition de loi par la plénière. Il est préférable que la proposition de loi soit renvoyée en commission pour mieux s’accorder avec son auteur », a dit, Pierre Ngolo, lors de la plénière qui devait adopter la proposition de loi.

Notons que, la Commission éducation, culture, science, information et technologie et l’auteur de la proposition de loi portant statut de l’artiste du spectacle, des arts visuels, graphiques et plastiques, de la mode, de la publicité, du technicien et de l’entrepreneur culturel et artistique ne sont pas tombés d’accord sur les amendements apportés dans la loi par les membres de la commission. Il s’agit du déplacement d’un alinéa de la loi et de la suppression d’un autre, proposé par l’auteur que les membres de la commission ont refusé d’acter.

« Nous avons assez d’arguments pour faire adopter cette proposition de loi. Nous allons simplement harmoniser nos violents à notre prochaine rencontre avec la commission du Sénat », est confiant Carel Mottom Mamoni.

La proposition de loi portant statut de l’artiste du spectacle, des arts visuels, graphiques et plastiques, de la mode, de la publicité, du technicien et de l’entrepreneur culturel et artistique consacre la reconnaissance de ce secteur par les lois en vigueur au Congo.

Elle reconnaît les travailleurs et entrepreneurs du secteur culturel et artistique et met en place le droit du travail applicable à cette catégorie d’acteurs qui ne sont pas pris en compte ni par le code du travail actuel, ni par le code de sécurité sociale et le régime fiscal.

Rappelons que cette proposition de loi a déjà été adoptée par l’Assemblée nationale le 18 décembre 2019 à sa plénière lors  de la 7e session.