Congo : Chancelia Moulounda en liberté provisoire

Après 616 jours passé en détention 2021 à la maison d’arrêt de Brazzaville, l’étudiante congolaise a été provisoirement libérée le 14 octobre 2022.

 

Chancelia Delfry Moulounda a bénéficié d’une liberté provisoire après avoir passé 20 mois, soit 616 jours de détention, à la maison d’arrêt de Brazzaville. Cette liberté provisoire, elle l’a obtenu depuis le 14 octobre dernier.

L’étudiante congolaise de 27 ans détenue depuis février 2021, avait été accusée « d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat et détention illégale d’armes de guerre ». Après avoir passé 20 mois, soit 616 jours de détention, Chancelia Moulounda a enfin retrouvé sa liberté.

Notons tout de même que la jeune femme a toujours clamé son innocence.

« Les accusations sur une possible existence d’un plan à vouloir empêcher la tenue du scrutin présidentiel de mars 2021 et renverser les institutions de la République ne reposent sur aucun élément sérieux », indique un communiqué du Centre d’actions pour le développement (CAD), ONG qui a suivi de près cette affaire.

C’est un soulagement pour la famille de la jeune femme et également pour le CAD.

« Nous ne pouvons que jubiler. Certes, c’est une libération provisoire, mais elle marque tout de même une étape importante vers l’abandon des charges forgées de toutes pièces qui pèsent contre elle », a signifié Trésor Nzila, directeur exécutif du CAD interrogé par nos confrères de RFI.

Pour rappel, Chancelia Moulounda étudiante en Master de Langue et littérature française à l’Université Marien Ngouabi a été arrêtée le 5 février 2021 puis gardée à la Centrale d’intelligence et de Documentation jusqu’au 25 février 2021. C’est en cette date qu’elle sera déférée devant le Procureur de la République qui, a décidé de la procédure de crime flagrant et décerné un mandat de dépôt contre elle.

Affaire Chancelia Moulounda : la famille demande sa libération

Jean-Jaques Moulounda, le père de l’étudiante congolaise de 26 ans détenue depuis 14 mois a déposé une demande de liberté provisoire.

 

La famille d’une étudiante congolaise de 26 ans détenue depuis 14 mois, était en colère lundi 18 avril, après avoir échangé avec une ONG à qui elle demande de l’aider à libérer sa fille. Celle-ci est poursuivie pour des faits supposés d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat. Père de Chancelia Moulounda, Jean-Jaques Moulounda, a rendez-vous ce mardi au tribunal avec un juge d’instruction auprès de qui il doit déposer une demande de liberté provisoire.

« Quatorze mois de détention c’est trop pour une fille qui allait à l’école », s’indigne le père de Chancelia Moulounda. La famille dit avoir été abandonnée par l’avocate qui suivait le dossier de la jeune fille qui, depuis le 22 mars, n’a plus droit qu’aux visites d’une tante.

Les responsables de la maison d’arrêt ont restreint les visites, reprochant à Chancelia Moulounda d’avoir orchestré depuis la prison une « campagne de dénigrement contre l’administration de la prison » sur internet.

Faux rétorquent ses proches. « Ce sont des gens mal intentionnés qui ont critiqué les autorités pénitentiaires sur les réseaux sociaux. Ils n’ont aucun lien avec ma famille, ni avec ma fille », conteste le père.

Des organisations de droits humains comme le Centre d’action pour le développement (CAD), se mobilisent  aux côtés de la famille pour que l’étudiante recouvre la liberté.

« En tant que défenseur des droits de l’homme, nous demandons la libération immédiate et sans condition de Chancelia Moulounda. Le contraire indiquerait que la nôtre de liberté n’existe plus au Congo », exige Monica Ngalula, responsable des programmes d’assistance de l’ONG.

Avant son incarcération, Chancelia Moulounda était étudiante en Master de Langue et littérature française (LLF) à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville.

Congo : après 13 mois en prison, la date du procès de Chancelia Moulounda reste inconnue

L’étudiante de 26 ans qui est en prison depuis le 25 février 2021, est poursuivie pour « atteinte à la sûreté de l’Etat ».

 

Chancelia Moulounda, étudiante congolaise, est en prison depuis plus d’un an sans avoir été entendue par un juge. Elle est poursuivie pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Les parents de la jeune femme et la société civile appellent à sa libération.

Delmond Moulounda, le père de Chancelia, ne s’est toujours pas remis du malaise qu’il a fait, lorsqu’il a vu sa fille partir, menotté, à la maison d’arrêt de Brazzaville. Rejetant l’accusation d’atteinte à la sureté de l’Etat portée contre sa fille, Delmond Mounlounda décrit le vide que Chancelia a créé à la maison, depuis maintenant treize mois.

« Cette situation a porté un coup à ma santé, j’ai fait de l’hypoglycémie et j’ai été hospitalisé quand j’ai vu les gendarmes partir avec mon enfant à la maison d’arrêt, alors que je croyais qu’on allait tous rentrer ce jour-là. Ici, à la maison, elle manque à ses deux frères, sa petite sœur et sa mère » dit Delmond Mounlounda avant de lancer, « vous croyez qu’on peut faire un coup d’Etat avec 70.000 francs CFA, avec 40.000 francs CFA ? Et cela se serait passé deux ou trois fois ? Ma fille n’a rien à avoir avec ça. Je demande qu’on la libère ».

Son crime est d’avoir reçu des virements financiers de son oncle, résident en France, afin d’effectuer des travaux. La police estime en effet que Chancelia Moulounda serait en contact avec des personnes, non identifiées, qui voudraient renverser le pouvoir de Brazzaville.

Alors que l’instruction traîne à la quatrième chambre d’accusation, Monica Ngalula, chargée du programme assistance juridique au Centre d’actions pour le développement, appelle les autorités à relaxer l’étudiante.

« Son dossier est vide et nous ne comprenons pas pourquoi elle continue à croupir à la maison d’arrêt. Elle a tout un avenir devant elle et elle a déjà perdu une année académique. Depuis un moment, ce grief d’atteinte à la sureté de l’Etat est collé à tout le monde dans notre pays. L’étudiante n’a rien fait. Le juge ou le procureur doivent relaxer cette fille », estime Monica Ngalula.

Après treize mois de détention, Chancelia Moulounda n’a jamais été présentée devant un juge et la date de son procès n’est toujours pas connue.