Congo : reprise des discussions avec le FMI

Les négociations entre la République du Congo et le Fonds monétaire international (FMI) viennent d’être relancées lundi 05 juillet 2021.

 

Une mission du Fonds monétaire international est l’arrivée à Brazzaville le week-end. L’annonce a été faite par le gouvernement congolais. Les discussions ont été entamées lundi entre le gouvernement et l’institution de Bretton Woods s’inscrivent dans le cadre de l’engagement pris par les autorités congolaises à poursuivre les réformes enclenchées en vue de rétablir les grands équilibres macro-économiques. La mission échangera tour à tour avec les ministres de l’Economie, des Finances, de la Coopération internationale, ainsi que celui de l’Aménagement du territoire, avent de s’achever par une rencontre avec le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso.

« Il est nécessaire de poursuivre les négociations avec le FMi. A cet égard, nous devons commencer à envoyer des signaux forts à nos partenaires et créanciers, notamment en matière d’amélioration de la gouvernance d’une part et en prenant des engagements pour une stricte application du programme qui résultera des négociations avec le FMI, d’autre part », avait insisté, le 21 juin, le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, lors de la présentation du programme d’action du gouvernement devant le Parlement.

Les discussions portent sur des sujets tels que la gestion de la dette que les partenaires souhaitent soutenable ; les réformes des finances de l’Etat à travers l’optimisation des recettes et des dépenses ; l’amélioration de la gouvernance à travers la structure de lutte contre la corruption et l’investissement dans le social. C’est du moins ce qu’a affirmé une source de la représentation u FMI au Congo.

Congo : Bétou a son système d’électrification et d’adduction d’eau

La centrale thermique de 1100 KVA a été mise en service le 2 juillet, par le 02 juillet 2021 par Anatole Collinet Makosso, Premier ministre.

 

Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, a mis en service le 2 juillet couplée d’un réseau basse tension de 7 km, et un forage profond de 67 m, équipé d’une pompe hydrique, destinés à desservir Bétou, dans le département de la Likouala.

Ces deux réalisations permettront, entre autres, d’améliorer les conditions de vie de plus de trente-deux mille personnes ; de créer une plus-value dans l’économie locale mais également d’accroître la création d’emplois.

Le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique, Honoré Sayi, a rappelé que la mise en service du système d’adduction d’eau et d’électrification de Bétou s’inscrit dans le cadre de la poursuite de la politique gouvernementale de maillage du territoire national en infrastructures de base. Dans le cas d’espèce, il s’agit de l’intensification des opérations d’électrification rurales et d’assurer une meilleure gouvernance des services publics pour l’électricité.

« C’est dans cette perspective que la sous-préfecture de Bétou, dans le département de la Likouala, bénéficie ce jour de cette dynamique avec la construction d’une centrale thermique de 1100 KVA et d’un réseau basse tension de 7 km », a déclaré le ministre.

S’agissant de l’eau, Honoré Sayi a souligné que Bétou faisait partie des dix localités bénéficiaires du projet national d’hydraulique rurale. « La localité de Bétou a bénéficié d’un forage profond de 67 m, équipé d’une pompe hydrique posée à 65 m de profondeur dont la puissance est de 1,5 KW pour un débit de 7m3/ heure, d’un ensemble de douze panneaux solaires de 100 W… », a-t-il détaillé.

Se félicitant des efforts consentis par le chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso, et le gouvernement dans la modernisation des infrastructures de base, le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique a invité la population au civisme. Afin, dit-il, de conserver jalousement ces bijoux pour éviter le cycle infernal de construction, destruction, reconstruction.

Notons qu’après l’inauguration de ces installations, le chef du gouvernement a visité la société Likouala Timber, basée à Bétou.

Congo-Matériels électroniques : vers le respect des normes

Le sujet était au centre des échanges des experts du Comité électrotechnique national (CEN) se réunis à Brazzaville le 30 juin 2021.

 

Les experts du CEN au cours de leur rencontre se sont engagés à militer en faveur des normes sur les équipements électrotechniques, dans un pays où les matériels commercialisés échappent à tout contrôle.

Il le dire, le Comité électrotechnique national (CEN), groupement d’experts, a pour mission de s’assurer que les équipements électriques et électroniques destinés à l’usage au Congo soient de qualité, sans risque pour les consommateurs.

Selon Jean Jacques Ngoko Mouyabi, directeur général de l’Agence congolaise de normalisation et de la qualité (Aconoq), le CEN est un comité stratégique, qui aide à identifier des secteurs d’intérêt pour le pays, à formuler des observations à la Commission électrotechnique internationale (IEC) et des besoins de formation des groupes d’experts spécialisés en électrotechnique, y compris à inciter des industries locales à s’engager dans les activités d’élaboration des normes IEC.

Les membres du CEN (créé en 2016 au Congo) ont mis en place un bureau exécutif, pour ainsi exprimer leur volonté de participer à l’édification d’un système national de normalisation et de gestion d’éfficace qualité. Le présidium du CEN est composé de : Renald Ludovic Thierry Goma (président); Gildas Mfouo (Vice-président) et Jean Jacques Ngoko Mouyabi (secrétaire général).

Congo : les changements climatiques ont un impact sur les ressources en eau

Deux organismes ont adopté l’étude sur les impacts des mutations climatiques des ressources en eau en République Congo.

 

Le Partenariat national de l’eau (PNE) du Congo et le Global Water Partership (Gwp) ont validé, le 30 juin à Brazzaville, l’étude sur les impacts des changements climatiques sur les ressources en eau. Cette étude a été validée selon une perspective genre et identification des bassins versants vulnérables en République du Congo.

L’étude a été financée par le Global Water Partership Afrique centrale. Au cours de la présentation de cette dernière, il a été notifié dans les secteurs géographiques bien ciblés : la modification des lits de fleuve, l’augmentation des bancs de sable, difficultés de navigation des bateaux, érosion des zones littorales, inondations et ensablements des villages littoraux, inondations et destruction des points d’eau, détérioration des terres cultivables.

Plusieurs données sur la gestion des eaux usées et des excrétas dans les villages inondés ont aussi été présentées. L’usage de l’eau contaminée et les mauvaises conditions sanitaires des communautés entraînent une vulnérabilité aux maladies d’origine hydrique telles que la diarrhée, le choléra et la fièvre typhoïde. Cela peut engendrer des coûts humains et économiques importants et potentiellement affecter la paix et la sécurité.

Ladite étude suggère aussi l’impérieuse nécessité de former des techniciens, chercheurs et cadres supérieurs congolais dans l’option des changements climatiques, la gestion des vulnérabilités des bassins versants et une prise en compte de la vulnérabilité des femmes face aux bouleversements écologiques.

Au regard de ces bouleversements dangereux, le président du PNE du Congo, Didas Amboulou, rappelle que : « la décision des ministres africains de l’Eau sur les perspectives d’investissement dans le secteur de l’eau en Afrique, l’unité de coordination africaine du Gwp et ses partenaires ont élaboré le programme africain d’investissement (Aip) pour accélérer la préparation d’investissements résilients au climat dans le secteur de l’eau en Afrique ».

Le programme africain d’investissement a pour objectif de transformer et d’améliorer les perspectives d’investissement pour la sécurité de l’eau et l’assainissement durable pour une société prospère, pacifique et équitable.

Festival Afropolitain Nomade : cinq artistes congolais à la 7e édition

Freddy Massamba, Fanie Fayar, Mariusca Moukengue, Oupta et Hendry Massamba seront sous les projecteurs de ce rendez-vous.

 

Le Rwanda abrite la 7e  édition du Festival Afropolitain Nomade du 6 au 10 juillet en mode virtuel pour des raisons sanitaires. Une cinquantaine d’artistes de trois continents dont les Congolais Freddy Massamba, Fanie Fayar, Mariusca Moukengue, Oupta et Hendry Massamba seront sous les projecteurs de ce rendez-vous.

Le Festival Afropolitain Nomade est un paysage des festivals d’art citoyens qui prend naissance au Québec et fait le tour des capitales d’Afrique. Chaque année, il est question de susciter des projets pluridisciplinaires inédits et de rassembler les grands noms de la scène internationale, régionale et locale, devant un public jeune et dynamique.

Malgré les interdictions de spectacles et manifestations culturelles liées à la pandémie de coronavirus, l’Afropolitain qui avait annulé ses festivités en 2020 a trouvé une formule pour poursuivre son voyage à la rencontre des mélomanes d’Afrique. La saison 7 du festival qui se tiendra en ligne et en présentiel aura de nombreuses activités au programme.

En effet, le spectacle nomade prévoit de déplier sa scène dans plusieurs Instituts français du continent, pour offrir des shows uniques au public. Mais les absents pourront suivre les concerts sur les pages officielles de l’Afropolitain sur Internet. Cette année, le festival comptera sur le talent artistique congolais.  Freddy Massamba, qui se démarque dans l’univers de l’afro soul ; la médaillée d’or des 8es jeux de la Francophonie, l’artiste Fanie Fayar ; la légende du slam congolais Mariusca Moukengue ; l’harmonieuse Oupta, médaillée de bronze au concours culturel chanson de la 5e édition des Jeux de la Francophonie et le talentueux Hendry Massamba.

Depuis 2012, cette initiative promeut le dialogue et la valorisation des valeurs de l’inclusion et du vivre-ensemble. Ainsi, après une première édition au Cameroun en 2012, une deuxième au Gabon en 2015, le festival s’est déporté en 2016 pendant cinq jours à Cotonou, à Pointe-Noire au Congo en 2017, Dakar en 2018 et Abidjan en 2019.

L’édition 2021 compte plusieurs activités : conférences-débats du 6, 7 et 8 juillet sur la chaîne Youtube du festival ; Série Nomades autour de sept Instituts français de six pays africains ; soirées musicales à partir du 6, 7, 8 et 9 juillet sur la page Facebook du Festival ; Fil rouge de la parole RFI les 8 et 9 juillet sur la page Facebook du festival ; deux soirées spéciales les 9 et 10 juillet. Le festival prévoit une restitution de la résidence en création en musique du Conseil des arts de Montréal avec l’artiste Lauréat Simon 16, le 10 juillet.

Le festival compte poursuivre son objectif de favoriser le rapprochement interculturel entre les artistes du Nord et du Sud en faisant le tour des grandes capitales culturelles africaines.

Congo : une mission du FMI séjourne à Brazzaville

Arrivée en République le 03 juillet dernier, la délégation du Fonds monétaire international (FMI) est en visite de travail jusqu’au 08 juillet 2021.

 

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) séjourne à Brazzaville. Celle-ci est conduite par son administrateur désigné pour le Congo. Au cours de son séjour dans la capitale congolaise, elle devra avoir une rencontre avec le Premier ministre le 8 juillet. Elle va aussi avoir des échanges avec les ministres de l’Economie, des Finances, de la Coopération internationale, ainsi que celui de l’Aménagement du territoire.

La dernière revue du FMI au Congo date du 21 février 2021 à l’issue de laquelle l’agence financière onusienne avait constaté que des progrès significatifs ont été accomplis dans les discussions avec les autorités congolaises sur les politiques économiques et financières qui pourraient faciliter la conclusion de la première revue de l’accord de la Facilité élargie de crédit.

Rappelons que le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, au cours de la présentation le 21 juin de son programme gouvernemental, avait relevé la nécessité pour le Congo de relancer les discussions avec le FMI dans le but de négocier le rétablissement des équilibres macroéconomiques.

Congo-indépendance : les Etats-Unis réaffirment leur soutien

A l’occasion de la célébration, le 1er juillet à Brazzaville, du 245ème anniversaire de l’indépendance de la République du Congo.

 

En dépit de la pandémie de Covid-19 ayant causé tant de pertes en vies humaines à toutes les nations du monde, le gouvernement américain entend poursuivre ses engagements d’aider le Congo  dans le cadre de l’amélioration du bien-être de ses  populations et le soutien de ses efforts dans divers domaines.

A l’occasion de la célébration, le 1er juillet à Brazzaville, du 245ème anniversaire de l’indépendance de son pays, la chargée d’Affaires à l’Ambassade des Etats Unis au Congo, Ellen B. Thorburn a rappelé les différentes actions menées durant les moments fort de  la crise sanitaire due au Covid-19.

« Malgré tous ces défis, Covid-19 inclus, nous avons pu accomplir beaucoup de choses cette année. Entre autres, je suis très fière du soutien financier du gouvernement américain au programme argent contre nourriture qui a permis d’aider les personnes les plus touchées par la pandémie », a-t-elle indiqué.

Dans le cadre de l’appui de son pays à la République du Congo, le gouvernement américain a également financé le programme de cantines scolaires qui a nourri, pendant cette année scolaire, 75 mille écoliers permettant ainsi à plusieurs enfants issus des familles démunies de poursuivre leurs  études.

Aussi, a poursuivi la chargée d’Affaires, son gouvernement a permis, courant cette année, le lancement d’un projet de grande envergure d’expansion du tourisme au parc national de Nouabalé-Ndoki. « Ce projet créera des emplois, favorisera la formation aux métiers du tourisme et redynamisera l’économie locale pour le bien -être des communautés locales », a rappelé Ellen Thorburn.

Par ailleurs, en vue d’accompagner le gouvernement congolais dans le processus de réconciliation dans le Pool, le gouvernement américain a construit et réhabilité, à travers son agence de développement USAID, les habitations et les points d’eau pour les personnes ayant regagné ce département meurtris par des conflits armés.

Pour soutenir les efforts du Haut-commissariat à la réinsertion des ex-combattants, un accord d’un montant de 1,2 millions de dollars a été récemment signé entre l’Ambassade des Etats-Unis et cette institution. Ce financement vise à soutenir les efforts de relèvements économiques des populations affectées par les conflits armés dans le Pool.

La chargée d’Affaires a salué les efforts du Congo dans la lutte contre la traite des personnes pour laquelle le pays est passé au niveau 2 du rapport sur la traite des personnes. En outre,  Ellen Thorburn a précisé que la volonté du président congolais, Denis Sassou N’Guesso rejoint celle de son homologue américain, Joe Biden à apporter une réponse durable au problème du changement climatique.

Alors que la pandémie de Covid-19 continue de battre son plein avec l’apparition des variants, la chargée d’Affaires a invité les Congolais à se faire vacciner.  « Je vous exhorte à vous faire vacciner dès que possible. Plus nous serons tous vaccinés, mieux ce sera pour nous tous une manière  de  repartir  plus vite à la vie normale », a-t-elle lancé.

Congo mining a perdu son permis exploitation

L’annonce du retrait de permis de Congo mining a été faite jeudi 01er juillet 2021, par ministre de la Communication, Thierry Moungalla.

 

Le gouvernement de la République du Congo a prononcé le retrait d’un permis d’exploitation pour le fer à la société Congo mining Ltd, a-t-on appris jeudi du ministre congolais de la Communication, Thierry Moungalla.

« Sept ans après, la société peine à développer son projet minier en dépit des potentialités existantes et des avantages fiscalo-douaniers offerts par la convention d’exploitation minière signée avec le Congo », a déclaré M. Moungalla, qui est également porte-parole du gouvernement congolais.

Selon lui, ces difficultés ont été matérialisées par une absence prolongée d’activités liées au développement de la mine ainsi que par le non-respect du contenu local convenu entre les parties, « ce qui caractérise un cas de défaut irrémédiable ».

Moungalla a précisé qu’une mise en demeure adressée à Congo Mining Ltd aux fins d’effectuer les travaux relatifs au développement du projet minier était restée infructueuse.

Pour lui, l’attitude de cette société porte « un lourd préjudice » à l’Etat congolais et constitue une violation du code minier.

L’article 62 du code minier dispose que le titulaire d’un permis d’exploitation « qui au bout de douze mois à compter de la date d’attribution n’a pas commencé les travaux de développement du champ minier, peut se voir retirer ledit permis par décision du conseil des ministres sur proposition du ministre chargé des mines, sans droit à indemnisation », a expliqué le ministre congolais de la Communication.

Dénommé permis « Mayoko Moussondji », ce permis est situé dans le département du Niari (sud-ouest). La société Congo mining Ltd avait obtenu ce permis d’exploitation minière en 2014. Au cours d’un conseil des ministres tenu mercredi à Brazzaville, le gouvernement congolais a décidé de retirer ce permis.

Congo-CEPE : plus de 17000 candidats sont face aux épreuves

Mathématiques, Dictée, questions de cours, l’art plastique sont entre autres les matières sur lesquelles les candidats sont évalués.

 

En République du Congo, 17899 élèves passent depuis ce jeudi 1er juillet, les épreuves du Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE). Le ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, Jean-Luc Mouthou, a lancé les épreuves du Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE) le 1er juillet à Brazzaville.

Sur toute l’étendue du territoire national y compris les écoles consulaires à Luanda, au Cabinda (Angola) et en Chine, il y a 17899 élèves qui passent le CEPE. Brazzaville a présenté 51.120 candidats pour 132 centres tandis que Pointe-Noire compte 27.500 répartis dans 92 centres.

« Nous sommes confiants parce que nous nous sommes préparés », ont répondu les élèves du centre de l’école des Trois francs à Bacongo où le ministre de l’Enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation a lancé les épreuves avant d’aller à l’école primaire de la Poste à Poto-Poto.

Mathématiques, Dictée, questions de cours, l’art plastique font partie des matières sur lesquelles les candidats sont évalués. Pour ceux qui vont s’admettre, le CEPE leur ouvrira les portes du collège l’année scolaire prochaine.

Le ministre Jean-Luc Mouthou s’est dit satisfait de ce que les délais ont été respectés, aucune perturbation n’est observée sur toute l’étendue du territoire. « Donnez le meilleur de vous-mêmes parce que c’est vous qui allez assurer la relève demain », a-t-il dit s’adressant aux candidats.

Au moment où les candidats au CEPE passent les épreuves, les candidats aux autres examens d’Etat qui débuteront dans les prochains jours se préparent. Les épreuves écrites du baccalauréat général, en effet, auront lieu du 13 au 16 juillet. Le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) est prévu du 27 au 30 juillet tandis que le concours national d’entrée en classe de sixième aux lycées d’excellence de Mbounda et d’Oyo se déroulera le 20 août.

Congo : les artistes peintres font face à la crise économique

De nombreux artistes congolais disent peiner à écouler leurs tableaux en raison de la double crise économique et sanitaire que traverse le pays.

 

Alors que l’école de peinture de Poto-Poto à Brazzaville célèbre ses 70 ans, les artistes, eux, peinent à écouler leurs tableaux en raison de la double crise économique et sanitaire. Ils n’ont pas de subvention. Les dirigeants de l’établissement ambitionnent de créer une galerie virtuelle pour leur ouvrir plus de portes.

Vieille bâtisse en forme d’obélisque recouverte de tôles qui ont remplacé la paille et les tuiles, l’école de peinture de Poto-Poto est un fleuron de la culture congolaise. Pourtant, les œuvres et tableaux proposés à la vente peinent à trouver un marché.

« L’artiste vit toujours de la vente de ses œuvres, mais depuis la crise du pétrole (à partir de 2014), on a de multiples difficultés. À cela il faut ajouter le coronavirus. C’est comme si la crise du pétrole est venue nous tuer et le coronavirus est venu nous enterrer. On ne vend plus. Il faut avoir un nom pour qu’on te demande de faire ceci ou cela. S’il faut attendre sur place, c’est vraiment difficile », se plaint Jacques Iloki, vice-président de l’Association des peintres.

Des toilées prisées à l’étranger

En 70 ans l’établissement a formé de milliers d’artistes. Certains d’entre eux ont préféré s’installer à l’étranger. C’est bien à l’étranger que les œuvres sont mieux appréciées et vendues, selon les explications de Maître Adam Opou. « C’est maintenant que le Congolais lambda commence à avoir le goût d’avoir une toile chez soi. Sinon ce sont les étrangers qui achètent. Le Congolais c’est quand il s’agit des mariages. Comme on a une cuisine pleine de marmites et des assiettes, on est obligés de créer. Il faut avoir une toile, si c’est pas ça, rien », affirme-t-il.

Cyrille Bokotaka évolue dans cette école depuis 40 ans. Il estime que les nouveaux élèves n’ont pas la même vision que les premiers. « Quand nous sommes arrivés dans les années 1980, on voulait juste avoir un métier. On ne savait pas qu’il y avait des ventes et des voyages. Les élèves d’aujourd’hui savent qu’il y a du succès dans la peinture. Ils viennent pour chercher des débouchés et sortir du pays », explique-t-il.

Un financement de l’État qui ne parvient pas jusqu’à l’école

Cyrille Bokotaka ne comprend pas pourquoi une subvention annuelle de 20 millions de francs CFA accordée par l’État n’atterrit jamais dans la tirelire de l’école. « C’est notre propriété, notre bijou. Quand je parle de propriété, c’est pour le Congo. Ce n’est pas le privé ici, ce n’est pas pour un individu. La chose est pour l’État », tempête-t-il.

Grâce à un financement de l’Unesco il va être monté une galerie virtuelle. Parfait Mbon est directeur de l’école. « Aujourd’hui le marché devient tellement étroit. Pour permettre aux artistes de vendre à distance, il faut mettre en place cette galerie virtuelle. C’est une bonne initiative », se félicite M. Mbon

À l’école de peinture de Poto-Poto, on peut trouver des toiles à 50 000 francs CFA. Les tableaux les plus chers reviennent à 3,5 millions de francs CFA.