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En Ouganda, les victimes d’attaques à l’acide réclament justice

Linette Kirungi se rendait à l’université un matin de 2012 quand elle a entendu des pas accélérer dans son dos. En faisant volte-face, cette Ougandaise a senti le liquide éclabousser sa figure et l’acide ronger sa chair.

« J’ai crié et je suis tombée pendant que l’agresseur prenait la fuite. La douleur était trop forte. La peau se détachait », raconte à l’AFP la jeune femme, désormais âgée de 27 ans.

Elle a découvert plus tard l’identité de son agresseur. Les jours précédant cette attaque à l’acide, son ex-petit ami l’avait harcelée, exigeant des explications sur son refus de l’épouser. Le matin même, il avait appelé pour savoir à quelle heure elle allait en cours.

L’acide est à la fois bon marché et facilement accessible en Ouganda. Certains utilisent même celui contenu dans des batteries de voiture.

En 2018, 42 attaques ont été répertoriées en Ouganda selon l’ONG locale Mettre fin à la violence à l’acide. Les mobiles sont principalement la jalousie, les ruptures de mariage, les différends relationnels ou les conflits au travail.

De nombreuses attaques ne seraient pas rapportées et les victimes se battent pour que le gouvernement durcisse la législation en la matière et qualifie ces attaques de « crime grave ».

Ephraim Kamuntu, le ministre ougandais de la Justice, affirme à l’AFP que le gouvernement travaille sur un projet de loi.

« Le gouvernement a pris note du grave danger de l’acide et de son usage abusif par des criminels. Nous travaillons avec d’autres acteurs, dont des survivants à l’acide, pour nous assurer de la mise en place d’une nouvelle loi contre ce crime », dit-il.


A l’heure actuelle, peu de victimes signalent ces agressions à la police, et quand elles le font, les arrestations mènent rarement à des condamnations.

Fred Enanga, porte-parole de la police ougandaise, ne se rappelle qu’une seule affaire s’étant soldée par une peine de prison, en 2017.

« Le défi, c’est que les victimes d’attaques à l’acide, et même leurs proches, signalent les cas mais après, (…) n’assurent pas de suivi pour aider la police à conclure les enquêtes », assure-t-il.

Mais Linette Kirungi, dont l’ex-petit ami n’a jamais été arrêté, déplore de son côté un manque de compréhension de la part de la police.

« Vous signalez le cas à la police, et ils s’attendent à ce que vous veniez au poste alors que vous êtes aux soins intensifs. A certains moments vous ne savez même pas ce qu’il se passe. Vous êtes sous assistance respiratoire… » précise-t-elle.

« Et si vous ne vous présentez pas (au poste de police), ils classent l’affaire ».


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Publié le 01.09.2020

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