La commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale a auditionné, les 31 août et 1er septembre, les ministres chargés de la Défense et de l’Intérieur sur les événements survenus à Makotimpoko, dans le département de la Nkéni-Alima.
Deux jours d’auditions pour faire la lumière sur les événements de Makotimpoko. Les membres de la commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale ont entendu successivement le ministre de la Défense nationale, Raymond Zéphirin Mboulou, et le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jean Olessongo Ondaye.
Au cœur des échanges : les circonstances de l’attaque des agents de la force publique par des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (RDC), le déroulement des événements et leur bilan. Les députés ont également cherché à obtenir des éclaircissements sur le statut juridique des territoires concernés ainsi que sur le dispositif de surveillance déployé aux frontières.
Face aux parlementaires, Raymond Zéphirin Mboulou a notamment apporté des précisions sur les zones faisant l’objet de contestations, en particulier l’île de Mokoloko. Le ministre de la Défense s’est appuyé sur des textes coloniaux datant de 1908 pour réaffirmer l’appartenance de ces territoires au Congo.
« Ces îles, comme l’île Mbamou et plusieurs aux larges de Brazzaville, conformément aux textes, appartiennent au Congo », a-t-il déclaré.
Le ministre a toutefois relevé une particularité de ces territoires, dont certaines populations sont originaires de la RDC. Une situation de cohabitation que les autorités congolaises disent accepter dans le cadre des relations de bon voisinage entre les deux pays.
Revenant sur les incidents de Makotimpoko, Raymond Zéphirin Mboulou les a qualifiés d’« incident regrettable », tout en condamnant fermement la diffusion d’images qu’il a jugées « humiliantes ».
Malgré la tension suscitée par les événements, le gouvernement congolais entend privilégier la voie diplomatique. « Le Congo n’est pas l’ennemi de la RDC, nous sommes des frères. Nous devons régler tous nos problèmes par le dialogue », a insisté le ministre.
Il a également indiqué que le chef de l’État suivait personnellement l’évolution du dossier et que des contacts avaient déjà été établis entre les autorités congolaises et leurs homologues de la RDC.
Auditionné à son tour, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Jean Olessongo Ondaye, a salué la démarche de la commission parlementaire, estimant qu’elle permet de lever les incompréhensions autour des événements et de mieux éclairer le rôle de la force publique.
Selon lui, les députés ont été informés du déroulement des faits « du début à la fin ». Une démarche qui devrait permettre de poursuivre les investigations et d’apporter les réponses attendues sur les circonstances de cet incident frontalier.
« Le processus continue », a assuré le ministre de l’Intérieur, laissant entendre que les autorités entendent poursuivre les démarches engagées pour parvenir à une meilleure compréhension de la situation et préserver la paix entre les deux pays voisins.

