Congo-lutte contre la corruption : signature d’un mémorandum d’entente entre la Halc et l’AFA

Le président de la Haute autorité de lutte contre la corruption (Halc), Emmanuel Ollita Ondongo, et le directeur de l’Agence française anticorruption (AFA) Charles Duchaine, ont signé samedi 7 janvier dernier un mémorandum d’entente visant à renforcer leur collaboration sur la lutte contre la corruption.

 

C’est dans le but de coordonner certains programmes afin de créer,  des synergies optimales permettant aux deux parties d’intensifier et de rendre plus efficace la lutte contre la corruption, que cette signature a été faite. En effet, par cette signature, les deux parties souhaitent renforcer la bonne gouvernance, la transparence, l’obligation de rendre compte et la démocratie participative.

Conscient des risques et conséquences de la corruption, les deux agences envisagent travailler pour la mise en place d’une collaboration multiforme, concourant à la lutte contre la corruption, à l’échange d’expériences entre les parties et à l’assistance mutuelle dans les questions techniques.

Rappelons que,  le chef de l’Etat Denis Sassou N’Guesso avait invité le gouvernement lors du 64ème anniversaire de la proclamation de la république le 28 novembre 2022,  à lutter contre la corruption en vue de rassurer les investisseurs étrangers.

Haute autorité de lutte contre la corruption : 413 dossiers de candidature reçus

Un mois et quatre jours après l’appel à candidature lancé par le gouvernement, le comité de sélection des dossiers à la Haute autorité de lutte contre la corruption a procédé, le 17 février à Brazzaville, à l’ouverture des plis sous la présidence du ministre de la Justice et vice-président dudit comité, Ange Aimé Wilfrid Bininga.

Au total quatre cent treize dossiers de candidature ont été reçus par le comité de sélection pour trente-cinq postes à pourvoir. Le vice-président de cette instance a indiqué, à la presse, qu’après cette étape, les dossiers de candidature vont être transmis au comité d’évaluation qui siègera, pendant environ quinze jours, pour examiner chaque dossier suivant les critères définis.

Par la suite, a-t-il poursuivi, on établira les listes restreintes par ordre de mérite des candidats aux différents postes. La commission d’évaluation retransmettra son rapport à la coordination générale qui procédera à l’identification des candidats aux différents postes, a-t-il dit.

Les candidatures retenues pour les postes de président et de secrétaire général seront soumises à la signature du chef de l’Etat, Denis Sassou N’Guesso, a-t-il précisé. Pour les autres postes, c’est le Premier ministre, chef du gouvernement qui actera par décret.

Dans son mot liminaire prononcé avant l’ouverture des plis, le vice-président du comité de sélection a rappelé l’importance de la Haute autorité de lutte contre la corruption. « Les attentes sont fortes aussi bien au niveau national qu’international voire de nos partenaires. La lutte contre la corruption est un grand défi pour les gouvernants qui militent actuellement pour l’assainissement des finances publiques », a déclaré Ange Aimé Wilfrid Bininga.

Notons que vingt-trois personnes ont postulé au poste de président de l’institution et quarante-deux à celui de secrétaire général. Les trois cent quarante-huit autres postes sont réservés aux chefs des départements et des divisions.

Congo : le nouvel organe de lutte contre la corruption toujours attendu

Depuis septembre 2018, les Congolais attendent la Haute autorité de lutte contre la corruption, le nouvel organe qui va traquer les corrupteurs et les corrompus.

Au Congo-Brazzaville, après la dissolution de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’Observatoire national anti-corruption, les populations attendent depuis six mois la mise en place de la nouvelle Haute autorité de lutte contre la corruption. La corruption est devenue une vraie gangrène dans ce pays.

Selon la nouvelle loi, la Haute autorité de lutte contre la corruption est dotée d’importants pouvoirs d’investigation et de saisine à la justice, et sera dirigée par une personnalité indépendante.

Pour Fortune Maixent Animbat, président du Forum pour la gouvernance et les droits de l’Homme, une ONG local, le retard peut s’expliquer par la prudence : « Si les gens sont prêts à aller vers cet outil de lutte contre la corruption qui va leur échapper et continuent à réfléchir à comment conserver la main sur cet outil, ils prendront le temps pour évaluer le risque ».

Pour l’économiste Augustin Benazo, la corruption fait du mal à l’économie nationale : « La corruption a un impact sur l’évolution des politiques publiques dans notre économie ».

L’opposition ne croit pas à la volonté du gouvernement de s’attaquer à la corruption. Elle estime que les dignitaires du pouvoir devraient être eux-mêmes la cible de la Haute Autorité de lutte contre la corruption.

Selon le professeur Charles Zacharie Bowao, porte-parole de la Fédération de l’opposition congolaise : « Nous n’y croyons pas. La Commission nationale de lutte contre la corruption s’est mise debout avec un certain nombre de dossiers rendus publics, au terme de dénonciations du système lui-même, cette commission a été dissoute au profit d’une hypothétique haute autorité en la matière. Le pouvoir actuel, dont les grands tenants sont impliqués dans ces dossiers, ne pourra jamais être juge et parti. Il n’y a rien de sérieux ».

L’ancien ministre Alain Akouala, qui est aussi membre du PCT, le parti présidentiel, affirme qu’il n’est plus question de majorité ou d’opposition, mais d’éradiquer une gangrène qui ronge le pays depuis bien longtemps : « C’est difficile de faire la chasse à tout le monde et nous savons tous dans quel système nous avons baigné et cette culture de corruption est liée au fait que depuis toujours, le Congolais associe une espèce de progression économique à un poste de l’administration ou un poste obtenu grâce à la politique. Cette culture ne date pas d’aujourd’hui, donc il va falloir extirper ce mal ».

Après l’adoption au parlement de la nouvelle loi sur la corruption, tous les acteurs attendent maintenant sa promulgation par le président de la République.

Congo : Sassou Nguesso crée la Haute autorité de lutte contre la corruption

La décision a été prise par le chef de l’Etat congolais lors du dernier conseil des ministres tenu au Palais du Peuple ce jeudi 20 septembre.

La commission nationale de lutte contre la corruption, ainsi que l’Observatoire anti-corruption n’existeront plus au Congo Brazzaville. C’est l’une des résolutions du dernier conseil des ministres qui s’est déroulé ce jeudi au Palais présidentiel sur la supervision de Denis Sassou Nguesso. Ces organes seront remplacés par la Haute autorité de lutte contre la corruption (HALC), une nouvelle institution chargée de traquer les criminels.

A en croire les sources bien introduites, l’objectif de cette reforme est de réprimer plus efficacement les actes de corruption, de concussion et de fraude. Elle aura entre autres des missions de prévention et des pouvoirs d’investigation accrus. La nouvelle institution sera composée d’un président et d’autres agents dont la nomenclature est rappelée dans le corps du texte en examen.

Concrètement, chaque poste sera ouvert à candidature publique. C’est-à-dire que tout Congolais, jouissant de ses droits civiques et non condamnés pour des crimes ou délits, ou à une sanction privative de liberté, pourra postuler. Les personnes retenues seront nommées par décret en Conseil des ministres ou décret du premier ministre, chef du gouvernement, en fonction du poste concerné. Il est ici question de garantir leur indépendance et leur donner une large de manœuvre dans l’exercice de leurs fonctions.

Le projet de loi portant création de la Haute autorité de lutte contre la corruption (HALC) sera présenté au parlement pour adoption.