Congo : les députés lèvent l’immunité parlementaire de Aimé Hydevert Mouagni

Cette décision permettra à la justice de poursuivre son instruction sur l’affaire contre le député de la première circonscription électorale de Moungali.

 

Levée de l’immunité parlementaire du député Aimé Hydevert Mouagni. Le président de la Commission affaires juridiques et administratives, de la décentralisation et du contrôle de l’exécution des lois, Benoît Bâti a indiqué le 3 avril à Brazzaville que la décision permettra à leur collègue de préparer sa défense.

« L’assemblée nationale ne peut pas constituer un blocage de la justice dans la poursuite de la procédure contre le député Aimé Hydevert Mouagni. Cela permettra aussi à notre collègue d’avoir la possibilité de construire sa défense. Nous ne sommes pas dans la phase d’une condamnation mais dans la procédure, car notre collègue est encore présumé innocent », a dit Benoît Bâti lors de la plénière de l’assemblée nationale qui a levé l’immunité parlementaire de Aimé Hydevert Mouagni.

104 députés sur un total de 107, ont acté la levée de l’immunité de Aimé Hydevert Mouagni, , deux se sont abstenus et un a voté contre.

Pour le ministre de la justice, Ange Aimé Wilfrid Bininga la levée de l’immunité parlementaire permet à la Haute cour de justice de juger le député Mouagni comme un citoyen ordinaire.

« La levée de l’immunité ne veux pas dire qu’il n’est plus député. Il pourra toujours revenir parmi nous », a précisé Isidore Mvouba, président de l’Assemblée nationale,

Pour Claudine Munari cette levée n’était pas nécessaire. « J’ai écouté les audios et je n’ai pas entendu des propos susceptibles de permettre la levée son immunité. Nous nous plaignons tous des difficultés que nous rencontrons dans ce pays. Ce sont des problèmes que nous connaissons tous. C’est une personne qui parlait avec une de ses connaissances »

L’Assemblée nationale a été saisie par le procureur général près la haute cour de justice pour solliciter l’autorisation d’exercer des poursuites à l’encontre du député Aimé Hydevert Mouagni.

Rappelons qu’il est reproché à Aimé Hydevert Mouagni d’avoir tenu des propos pouvant constituer des infractions d’atteinte à la sécurité nationale par la divulgation des renseignements devant être tenus secrets, de détention illégale d’armes de guerre et de diffusion de fausses nouvelles contenant des imputations diffamatoires.

Congo : un député arrêté après sa vidéo dans laquelle il critique le pouvoir

Aimé Hydevert Mouagni qui est détenu dans les locaux de la Centrale d’intelligence et de la documentation (Cid), ne serait pas encore formellement inculpé.

 

C’est la troisième nuit que passe le député de la majorité Aimé Hydevert Mouagni dans les services de renseignements. Il y est pour répondre aux questions au sujet d’une vidéo qu’il a publié sur les réseaux sociaux. Dans celle-ci, le parlementaire aurait dénigré les services de sécurité du pays.

Selon RFI, Aimé Hydevert Mouagni ne serait pas encore formellement inculpé mais il reste retenu dans les locaux de la Centrale d’intelligence et de la documentation (Cid), l’ex- Direction générale de la surveillance du territoire (DGST).

RFI précise que Aimé Hydevert Mouagni, a déjà été interrogé à deux reprises pour « flagrance », sans autres précisions. Son domicile a été perquisitionné par les services de police et dans la semaine, il sera présenté au procureur de la République.

Le média poursuit en disant que dans un échange téléphonique authentifié par les services de police sur les réseaux sociaux, on entend Aimé Hydevert Mouagni critiquer vertement la gestion du pays, notamment les détournements des fonds publics, le non-paiement des émoluments dus aux parlementaires. Il y pointe du doigt également l’insécurité dans les grandes villes du pays, indexant clairement le ministre de l’Intérieur et les services de sécurité : d’après lui, ces derniers ne sont pas en mesure d’éradiquer cette insécurité.

Michel Maléla quitte le Club perspectives et réalités

Le secrétaire général du parti que dirige Aimé Hydevert Mouagni a fait part de sa démission, le 16 avril, dans un entretien exclusif aux Dépêches de Brazzaville.

Michel Maléla a parlé de son départ du Club perspectives et réalités (CPR), signifiant qu' »il n’y a pas eu de raisons particulières, c’est simplement une accumulation des faits qui ont présidé à cette réflexion ». Le désormais ex-secrétaire général de ce parti a poursuivi: « C’est depuis le dialogue de Sibiti de 2016 que les choses ont commencé à se détériorer suite à certaines décisions prises là-bas et auxquelles je n’étais pas d’accord. Malgré cela, je me suis remis au travail ».

Outre ces raisons, Michel Maléla a indiqué qu’il avait été, auparavant, rendu responsable sans raison de la contre-performance du CPR, lors des élections locales de 2014. Des rumeurs qui ont refait surface, a-t-il rappelé, après la publication, le 31 juillet 2017, des résultats des élections législatives.

 Le soir, nous nous sommes retrouvés tous dans la rue Djambala avec près de cinq cents personnes. Je croyais que c’était le moment de voir les faiblesses du parti ou de lire un mot qui serait dans le sens du redémarrage du parti. Bien au contraire, tout était concentré sur ma personne et j’étais livré à la vindicte populaire. Pour la plupart, c’est moi qui étais à l’origine de l’échec du parti à ces élections. A ce moment, la coupe était pleine et il me fallait donc partir. Voilà les raisons qui ont fait que je quitte le CPR », a-t-il expliqué.

Membre du Parti congolais du travail (PCT) aujourd’hui, Michel Maléla a donné là aussi ses raisons.  « J’ai adhéré au Parti congolais du travail, parce que c’est un parti national qui a formé tant de gens et, j’avais aussi, depuis fort longtemps, des sentiments pour ce parti », s’est-il justifié.

Parlant des relations entre le CPR et le PCT, il a laissé entendre que ce sont certes des partis de la majorité présidentielle avec la social-démocratie comme fondement idéologique, cependant, la différence se situe au niveau de la pédagogie.