Congo : un député arrêté après sa vidéo dans laquelle il critique le pouvoir

Aimé Hydevert Mouagni qui est détenu dans les locaux de la Centrale d’intelligence et de la documentation (Cid), ne serait pas encore formellement inculpé.

 

C’est la troisième nuit que passe le député de la majorité Aimé Hydevert Mouagni dans les services de renseignements. Il y est pour répondre aux questions au sujet d’une vidéo qu’il a publié sur les réseaux sociaux. Dans celle-ci, le parlementaire aurait dénigré les services de sécurité du pays.

Selon RFI, Aimé Hydevert Mouagni ne serait pas encore formellement inculpé mais il reste retenu dans les locaux de la Centrale d’intelligence et de la documentation (Cid), l’ex- Direction générale de la surveillance du territoire (DGST).

RFI précise que Aimé Hydevert Mouagni, a déjà été interrogé à deux reprises pour « flagrance », sans autres précisions. Son domicile a été perquisitionné par les services de police et dans la semaine, il sera présenté au procureur de la République.

Le média poursuit en disant que dans un échange téléphonique authentifié par les services de police sur les réseaux sociaux, on entend Aimé Hydevert Mouagni critiquer vertement la gestion du pays, notamment les détournements des fonds publics, le non-paiement des émoluments dus aux parlementaires. Il y pointe du doigt également l’insécurité dans les grandes villes du pays, indexant clairement le ministre de l’Intérieur et les services de sécurité : d’après lui, ces derniers ne sont pas en mesure d’éradiquer cette insécurité.

Congo : la concertation de Madingou s’ouvre le mercredi 25 novembre

Cette concertation politique portera sur le thème : « Consolidons les acquis de la démocratie par les élections libres, transparentes et apaisées ».

Initialement prévue pour ce lundi 23 novembre, la concertation politique pouvoir-opposition, voulue par le gouvernement congolais, à quatre mois de la présidentielle de 2021, va finalement commencer ce mercredi à Madingou dans le département de la Bouenza (sud).

Les participants vont débattre de la gouvernance électorale et des derniers développements de l’actualité politique nationale, dans la perspective des préparatifs de l’élection présidentielle de l’année prochaine.

Evoquant la question sur l’élection présidentielle de mars 2021 samedi avec le Président de la République, Denis Sassou N’Guesso, le secrétaire général de l’UPADS également patron de l’opposition congolaise, Pascal Tsaty Mabiala a suggéré au numéro un congolais, que toutes les conditions soient réunies pour une élection crédible, transparente, démocratique et apaisée.

Pascal Tsaty Mabiala a souhaité également que la concertation politique de Madingou examine toutes les questions de transparence électorale pour maintenir le pays dans la paix et éviter les crises post électorales et des affrontements entre partisans de l’opposition et de la majorité présidentielle.

Cependant, quelques leaders de l’opposition très dubitatifs ont émis de sérieux doutes quant à la qualité et à l’issue de cette concertation politique de Madingou.

«Ça ne sera que la cinquième concertation pour des élections qui se terminent toujours de la même manière, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas crédibles et contestées. C’est plus un rituel qu’une concertation. En fait, c’est le rituel avant élection », a déclaré récemment Claudine Munari, présidente de la fédération de l’opposition congolaise.

Pour sa part, Anatole Limbongo Ngoka, leader du Parti africain pour un développement intégral et solidaire ne s’attend pas à grand-chose.

«Je suppose que même s’il y a des conclusions, elles n’auront pas une grande portée institutionnelle. Les concertations ! Il y en a eu pas mal, mais en général, ça n’aboutit à pas grand-chose », a expliqué Anatole Limbongo Ngoka.

Pour Paulin Makaya dont le parti (UPC) a été exclu de la liste des 45 partis agréés au Congo-Brazzaville et son siège de Madingou vandalisé par les hommes non identifiés, cette concertation est un « non-événement ».