Tourbières du Bassin du Congo : cap sur le suivi opérationnel

Réunis à Brazzaville du 8 au 12 juin, des experts de plusieurs pays d’Afrique centrale et partenaires internationaux renforcent la surveillance des tourbières afin de mieux protéger ces écosystèmes stratégiques pour le climat mondial.

 

La République du Congo accueille depuis le 8 juin à Brazzaville un atelier technique international consacré au suivi des tourbières, à l’intégration des données et aux applications climatiques. Organisée conjointement par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le ministère de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo, cette rencontre se poursuivra jusqu’au 12 juin.

L’atelier marque une étape importante dans la mise en œuvre du projet, avec le passage de la phase théorique, lancée en février 2025, à l’opérationnalisation des systèmes de mesure sur le terrain. Il rassemble des experts de la République du Congo, de la République démocratique du Congo, du Gabon ainsi que plusieurs spécialistes internationaux, sous l’égide de la Global Forest Observations Initiative.

Les travaux visent à renforcer les capacités de suivi des tourbières, des écosystèmes essentiels pour la préservation de la biodiversité, la régulation des ressources en eau et le stockage du carbone. Ces zones humides du Bassin du Congo sont reconnues comme l’un des plus importants réservoirs de carbone tropical au monde et jouent un rôle majeur dans la lutte contre les changements climatiques.

À travers cet atelier, les participants entendent harmoniser les méthodes de collecte et d’analyse des données afin d’améliorer la connaissance scientifique des tourbières et de soutenir les politiques de conservation à l’échelle régionale.

Le projet bénéficie du soutien financier du gouvernement de la République fédérale d’Allemagne, à travers l’Initiative internationale pour le climat, ainsi que de l’accompagnement technique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Greenpeace Afrique accuse Brazzaville et Kinshasa de détruire les tourbières du bassin du Congo

Les tourbières du Bassin du Congo contiennent 30 milliards de tonnes de carbone soit un tiers du stock mondial de carbone de tourbières tropicales.

L’Organisation Greenpeace Afrique reproche aux gouvernements du Congo et de la RDC de détruire les tourbières du bassin du Congo. Pour cette organisation, les deux pays approuvent les exploitations du pétrole et du bois dans les zones concernées.

“L’intégrité de cet écosystème est aujourd’hui menacée par les exploitations du pétrole et du bois, approuvées par les gouvernements de la République du Congo et la République Démocratique du Congo. Il est donc crucial de protéger ces tourbières (…) Motivés par l’intérêt économique au détriment de l’environnement, ces gouvernements ne tiennent pas compte de la nature fragile des tourbières et, encore moins, de ces impacts telles que celles situées dans le parc national de la Salonga”, rapporte un communiqué de Greenpeace Afrique.

Il faut le dire, les tourbières du Bassin du Congo contiennent 30 milliards de tonnes de carbone soit un tiers du stock mondial de carbone de tourbières tropicales. Pour l’ONG, leurs destructions pour des raisons économiques pourraient déclencher des gaz carboniques dans l’atmosphère, ce qui va aggraver le changement climatique.

Greenpeace Afrique recommande à Kinshasa et Brazzaville de renoncer aux projets pouvant favoriser la destruction des tourbières.

Tenue en mars à Brazzaville d’une conférence sur les tourbières du Bassin du Congo

La conférence se tiendra du 21 au 23 mars prochain à Brazzaville, avec la participation de l’ONU, des ONG et d’experts venus du monde entier.

Une conférence internationale sur les tourbières du bassin du Congo, premier puits de captation de carbone au monde, se tiendra du 21 au 23 mars prochain à Brazzaville, avec la participation de l’ONU, des ONG et d’experts venus du monde entier, a annoncé récemment le président congolais, M. Denis Sassou-N’Guesso.Dans une interview accordée au journal en ligne de «Jeune Afrique» et publiée le 15 janvier dernier, M. Sassou-N’Guesso qui est également président de la Commission climat du bassin du Congo, a souligné que «plus que jamais, c’est une part du destin de la planète qui se joue au cœur de notre continent. A nous de nous montrer dignes de cette immense responsabilité».

Il a rappelé qu’en décembre dernier, à Paris, en France le premier sommet de la planète a débouché sur 12 engagements, afin de mobiliser les ressources financières en vue d’assurer la transition vers une économie bas carbone.

Le Président Sassou-N’Guesso a également annoncé la tenue du 28 au 29 janvier prochain à Addis-Abeba en Ethiopie de la 30ème session ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA), au cours de laquelle un point sera fait sur les initiatives prises en commun contre les effets dévastateurs du réchauffement climatique.

Au sujet des effets engendrés par les changements climatiques au niveau mondial, il a dit que «le Congo prend toute sa part dans cette stratégie régionale commune, et cela depuis plus de vingt ans déjà, même lorsque la prise de conscience écologique n’en était, sur le continent, qu’à ses balbutiements».

Il a rappelé que La COP22, qui s’est tenue à Marrakech au Maroc en 2016, a constitué une étape décisive dans l’appropriation par l’Afrique des enjeux du réchauffement climatique, et 2017 aura été l’année de la mise en œuvre de cette volonté commune.