Congo-présidentielle de mars : des ONG dénoncent des menaces contre les libertés publiques

À l’approche de l’élection présidentielle prévue le 22 mars, des déclarations du directeur général de la sécurité présidentielle, le général Serge Oboa, suscitent une vive inquiétude au sein de la société civile.

 

Il y a quelques jours, le haut-gradé a tenu des propos fermes à l’encontre de toute personne qui envisagerait de manifester dans le cadre du contentieux électoral. « Ceux qui veulent organiser des manifestations le fassent chez eux, dans leur parcelle ou leur maison. Dehors, dans la rue, ils croiseront les forces de l’ordre. Ils seront punis sans état d’âme », a-t-il déclaré.

Ces propos ont provoqué une levée de boucliers de la part de cinq organisations non gouvernementales, qui ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme des menaces graves contre les libertés civiles et politiques. Lors d’un point de presse tenu au siège de l’Observatoire congolais des droits de l’homme, les ONG ont exprimé leur préoccupation face à ce qu’elles qualifient de dérive sécuritaire en période électorale.

« Nous sommes inquiets par les propos tenus par le directeur général de la sécurité présidentielle, qui a proféré des menaces à l’encontre de citoyens susceptibles de manifester pacifiquement. Il est avant tout le garde du corps de l’un des candidats en lice. À ce titre, il est très mal placé pour intervenir dans la régulation du jeu électoral, surtout dans une période aussi sensible de l’histoire de notre pays », a déclaré Maixent Fortunin Agnimbat Emeka, coordonnateur du Forum pour la gouvernance et les droits de l’homme (FGDH).

Les ONG appellent le chef de l’État à intervenir afin de mettre un terme à ces prises de position qu’elles estiment incompatibles avec les principes démocratiques. « Nous demandons au président de la République de rappeler à l’ordre les responsables de sa sécurité et de leur rappeler qu’ils ne peuvent s’ingérer dans les questions électorales, pour lesquelles ils ne disposent ni de mandat ni de compétence », a ajouté Agnimbat Emeka.

Contactée, une source gouvernementale n’a pas souhaité commenter ni les propos du général Serge Oboa, ni les dénonciations formulées par les organisations de défense des droits de l’homme.

Pour rappel, les électeurs congolais sont appelés aux urnes le 22 mars 2026 pour élire leur président. Denis Sassou Nguesso, âgé de 82 ans et cumulant plus de quarante années au pouvoir, a été désigné à l’unanimité candidat de son parti, le Parti congolais du travail (PCT), lors d’un congrès tenu le 30 décembre 2025.

Congo : inquiétude autour de la reprise du trafic fluvial

Cette crainte est dû au fait que les moyens mis à la disposition de l’opérateur en charge d’entretien des voies navigables soient limités.

Le trafic sur le corridor Bangui-Brazzaville devrait reprendre à partir du 10 juin prochain. Mais, les moyens mis à disposition de l’opérateur en charge d’entretien des voies navigables sont limités cette année pour assurer la fluidité et la sécurité de la navigation fluviale.

Les opérations de balisage sur les voies navigables ont commencé cette année avec un léger retard. Un baliseur a quitté Brazzaville, le 21 avril, pour Ouesso via le fleuve Congo et la rivière Sangha. Après cette étape, il va remonter sur le fleuve Oubangui jusqu’en Bangui en République centrafricaine (RCA), a indiqué le coordonnateur du Groupement d’intérêt économique et du service commun d’entretien des voies navigables (GIE-SCEVN), Alexis Dekoïsset.

Le corridor fleuve Congo-Oubangui est un axe vital pour les échanges commerciaux entre la République du Congo et la RCA. Plus de la moitié des besoins en carburant de la RCA et d’autres produits de première nécessité transitent par le fleuve.

Avec la crise sanitaire de coronavirus (Covid-19) et la baisse des subventions destinées à l’opérateur d’entretien, les mois et années venir seront difficiles pour ce secteur.