Le Congo réussit une émission obligataire de 850 millions de dollars

Brazzaville a annoncé, jeudi 20 mai, le succès d’une émission obligataire internationale d’un montant de 850 millions de dollars américains, soit près de 480 milliards de FCFA, dans le cadre de sa stratégie de refinancement de la dette publique.

 

L’opération, assortie d’une maturité de 11 ans et d’un coupon fixé à 9,5 %, constitue une nouvelle étape dans la politique de gestion active de la dette engagée par les autorités congolaises depuis plusieurs mois. Selon les informations relayées par plusieurs médias économiques internationaux, cette émission vise principalement à restructurer certaines obligations existantes afin d’allonger les échéances de remboursement et réduire les pressions financières à court terme.

Ce nouvel emprunt intervient dans un contexte marqué par la volonté du Congo de restaurer progressivement la confiance des investisseurs après plusieurs années de tensions budgétaires et de difficultés liées à l’endettement. Le gouvernement présente cette opération comme « neutre » sur le niveau global de la dette, estimant qu’il s’agit avant tout d’un mécanisme de refinancement et non d’un endettement additionnel.

Depuis le début de l’année 2026, Brazzaville multiplie les initiatives destinées à réorganiser son portefeuille de dette souveraine. En février dernier, le pays avait déjà levé 700 millions de dollars sur les marchés internationaux, avant de procéder au rachat partiel de certaines obligations arrivant à échéance en 2032.

Malgré ce regain d’activité financière, les défis économiques demeurent importants. Le Congo reste l’un des pays les plus endettés de la sous-région CEMAC, avec un niveau d’endettement supérieur aux critères communautaires. Plusieurs agences de notation maintiennent d’ailleurs le pays dans la catégorie spéculative, reflétant les inquiétudes persistantes autour de la soutenabilité de la dette et de la dépendance aux revenus pétroliers.

Dans ce contexte, les autorités congolaises ont récemment sollicité un nouveau programme d’appui auprès du Fonds monétaire international (FMI). Des discussions devraient s’ouvrir prochainement avec l’institution financière internationale autour de nouvelles réformes économiques et budgétaires destinées à consolider les équilibres macroéconomiques du pays.

Pour Brazzaville, cette opération obligataire apparaît ainsi comme un signal adressé aux investisseurs internationaux, traduisant la volonté du pays de renouer durablement avec les marchés financiers tout en poursuivant ses efforts de restructuration économique.

Gestion de la dette publique : le Congo lève 700 millions de dollars sur les marchés internationaux

L’annonce du directeur du cabinet du ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille, Paul MALIE, est contenue dans un communiqué de presse en date du 11 février 2026.

Pour sa première offre publique d’obligations internationales, la République du Congo a réussi l’émission d’obligations d’un montant de 700 millions de dollars américains, soit 382 milliards 900 millions de FCFA. Le montant est assorti d’un coupon de 9,5% et remboursable sur une échéance fixée au mois de janvier 2035 selon un amortissement progressif en cinq tranches égales à partir de 2031. D’après le gouvernement, la transaction confirme, le retour de l’État congolais sur le marché des capitaux et matérialise la confiance des investisseurs internationaux vis-à-vis de la stratégie économique et financière.

L’enveloppe issue de l’émission est destinée au financement du rachat partiel de l’obligation internationale qui arrive à échéance en 2032. Une autre partie servira à rembourser les lignes de dettes de marché sous-régional dont l’échéance est fixée en mars 2026. Selon le ministre des Finances, Christian YOKA, les produits de cette transaction aident le gouvernement à renforcer le profil de la dette publique en allongeant la maturité moyenne du portefeuille de ladite dette.

L’État congolais procède à la levée de ces fonds après les émissions de novembre et décembre 2025 et se félicite d’avoir bénéficié de la plus longue échéance jamais atteinte ainsi que de la baisse de 200 points par rapport aux précédentes opérations. L’émission a été possible grâce à la mobilisation de 60 investisseurs. L’opération marque « le passage du Congo à une nouvelle étape de sa stratégie de financement. L’intérêt manifesté par une base diversifiée d’investisseurs internationaux constitue un nouveau vote de confiance confirmant la pertinence d’une politique fondée sur la discipline, la crédibilité et la transparence », a déclaré le ministre des Finances au terme de la transaction.

L’intégralité du communiqué de presse disponible ICI

Congo : baisse de la dette publique

Selon le récent rapport de la Banque mondiale, les réformes budgétaires engagées par l’État ont entrainé une baisse du volume de la dette à 93,8% du Produit intérieur brut (PIB) à la fin de 2022.

 

Les réformes budgétaires engagées par l’État ont entrainé une baisse du volume de la dette à 93,8% du Produit intérieur brut (PIB) à la fin de 2022. Cette tendance baissière est due principalement à l’amélioration de la gestion de la dette, à la discipline budgétaire et l’augmentation des recettes pétrolières.

La dette publique extérieure représentait 44,4% du PIB à la même période, selon le récent rapport de la Banque mondiale sur le suivi de la situation économique et financière de la République du Congo. La dette bilatérale avec la Chine, d’après le même document, représentait un quart de la dette totale du pays, tandis que la dette commerciale évaluée à près d’un cinquième du total et les obligations multilatérales moins de 10% de la dette totale.

L’étude a noté une chute de 11,5% à 3,7% du PIB de l’encours des arriérés extérieurs, suite aux accords de restructuration de la dette avec un négociant en pétrole et avec deux créanciers commerciaux chinois. Selon les estimations, les arriérés intérieurs audités représentaient 12,1% du PIB, ajout que le gouvernement a remboursé 431 milliards FCFA d’arriérés intérieurs, au cours de la période étudiée.

Les experts de la Banque mondiale considèrent que la dette publique du Congo reste élevée en dépit de la nette amélioration observée. « Le Congo reste surendetté en raison des arriérés extérieurs impayés et de l’incertitude persistante quant à l’ampleur des arriérés intérieurs valides. Selon la dernière analyse de viabilité de la dette du FMI et de la Banque mondiale de février 2023, la dette extérieure est jugée soutenable », précise le rapport.

Par ailleurs, les experts ont observé une augmentation des dépenses sociales ciblant les pauvres en 2022, même si leur taux d’exécution est resté inférieur à celui du budget global. Celles-ci sont passées de 3,3% du PIB en 2021 à 3,9% en 2022. Les autorités ont alors promis d’augmenter les dépenses sociales dans le cadre d’une stratégie gouvernementale.

Congo : la dette publique reste insoutenable

C’est ce qu’a rappelle le Fond monétaire international, mercredi 14 novembre, après qu’une délégation de cet établissement se soit rendu au Congo pour une séance de travail.

Le Congo a fait des progrès mais la dette publique reste tout de même lourde. C’est ce qu’on retient après le passage d’une délégation du FMI à Brazzaville, le mercredi 14 novembre 2018. Même si le pays de Sassou N’Guesso a fait des progrès, aucun n’accord n’a été annoncée pour l’appui financier de ce pays.

Le chef de la mission du FMI, Alex Segura-Ubiergo, a promis un rapport positif de retour à Washington.

Au cours de la visite de travail de la délégation du FMI, il s’est agi pour les membres qui la constituaient de se faire expliquer en détail ce que l’on appelle le cadrage macroéconomique, à savoir les projections en termes de budget, d’inflation et de croissance. Le Congo ayant entamé l’assainissement de ses finances publiques et pris un certain nombre de mesures allant dans le sens de la bonne gouvernance.

Le FMI rappelle tout de même que la dette publique reste insoutenable et qu’en l’absence d’accord avec ses créanciers extérieurs, Brazzaville ne peut espérer d’aide financière.