Congo : Collinet Makosso ordonne l’annulation des suspensions au Port de Pointe-Noire

Le chef du gouvernement invoque une violation des textes régissant les nominations aux hautes fonctions publiques.

 

La crise à la tête du Port autonome de Pointe-Noire connaît un nouveau tournant. Moins de 48 heures après la suspension du directeur général, Séraphin Bhalat, et de trois autres responsables de l’établissement, le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, est intervenu pour remettre en cause les décisions prises par le ministre de tutelle.

Dans une correspondance adressée à Josué Rodrigue Ngouonimba, ministre des Transports, de l’Aviation civile et de la Marine marchande, le chef du gouvernement lui a intimé l’ordre de rapporter « sans délai » les notes de service relatives aux suspensions et à la désignation d’un directeur général par intérim. Il lui demande également de lui transmettre un rapport circonstancié sur cette affaire.

Pour justifier son intervention, Anatole Collinet Makosso pointe une irrégularité dans la procédure suivie par le ministre. Selon lui, les décisions prises seraient contraires aux textes en vigueur, notamment au regard des règles encadrant le pouvoir de nomination et les compétences de l’autorité habilitée à suspendre un haut responsable ou à désigner son remplaçant.

Le Premier ministre rappelle notamment que le pouvoir de suspension et de désignation d’un intérimaire appartient, en principe, à l’autorité investie du pouvoir de nomination. Or, la direction générale du Port autonome de Pointe-Noire relève des hautes fonctions civiles dont la nomination est effectuée par décret présidentiel en Conseil des ministres.

À l’appui de son argumentation, le chef du gouvernement invoque notamment la loi n° 2-2018 du 5 février 2018, déterminant les modalités de nomination aux hauts emplois et fonctions civiles et militaires, ainsi que le décret n° 2018-350 du 10 septembre 2018 portant délégation de pouvoir de nomination aux ministres.

Pour rappel, le 2 novembre dernier, le ministre avait prononcé la suspension de Séraphin Bhalat pour « faute grave », ainsi que celles de trois autres responsables : Émile Ngandzien, directeur financier et comptable, Léopold Vincent Mopita, directeur du contrôle et du budget, et Edmond Jean de Dieu Otsoa, secrétaire permanent de la Cellule de passation des marchés. Serges César Bouya, directeur général adjoint, avait parallèlement été désigné pour assurer l’intérim de la direction générale.

Coopération bilatérale : la Chine annule une partie de sa dette congolaise

L’acte d’annulation a été signé samedi 13 février à Brazzaville entre l’ambassadeur de Chine au Congo, Ma Fulin et le ministre des Finances et du Budget, Calixte Nganongo.

C’est officiel, la Chine vient de signer l’acte d’annulation d’une partie de sa dette congolaise sui s’élève à hauteur de 13 millions de dollars. Pour concrétiser l’engagement de la Chine l’ambassadeur de Chine au Congo, Ma Fulin et le ministre des Finances et du Budget, Calixte Nganongo, ont signé le 13 février à Brazzaville un accord de coopération y afférent.

Pour le diplomate chinois, cette annulation s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale qui lie les deux pays. Il faut noter que celle-ci apportera certainement une bouffée d’oxygène à l’économie congolaise confrontée aux difficultés diverses amplifiées par la pandémie du coronavirus.

Notons qu’en dehors de l’accord sur l’annulation de la dette, un autre accord de coopération portant sur les volets économique et technique a été également conclu entre les deux parties. Il porte notamment sur l’octroi, par la Chine, d’un nouveau don de 35 milliards de FCFA environ.

« Ce n’est pas la première fois que la Chine fasse un don aux pays en voie de développement, dont le Congo. Il est simplement question de renforcer la coopération entre nos deux pays à travers des projets qui soutiennent le développement du Congo. Avec la Covid-19, la communauté internationale doit renforcer la solidarité et la coopération dans le domaine sanitaire pour garantir la sécurité humaine. », a expliqué Ma Fulin

Congo-Coronavirus : des parlementaires demandent l’annulation de la dette des pays pauvres

Face aux conséquences économiques potentielles de la pandémie du Covid-19, plus de trois cents parlementaires d’une vingtaine de pays ont appelé le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale à annuler la dette des pays pauvres.

Pour ces parlementaires, il ne suffit pas de suspendre la dette des pays pauvres, mais plutôt de l’annuler tout simplement. « Annuler la dette, c’est la moindre des choses que peuvent faire la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et d’autres institutions financières internationales », affirment les parlementaires emmenés par le sénateur américain Bernie Sanders et la représentante démocrate Ilhan Omar.

Les signataires, originaires de tous les continents, jugent que le remboursement de la dette des pays les plus pauvres devrait être complètement annulé plutôt que simplement suspendu, comme l’a décidé le G20 en avril. Certes, affirment les signataires, « le G20 a décidé en avril dernier de suspendre la dette des pays les plus pauvres. Mais le but est d’empêcher un accroissement inimaginable de la pauvreté, de la faim et des maladies qui menace des centaines de millions de personnes. Il faut donc que le remboursement de la dette soit complètement annulé au lieu d’être simplement suspendu. Et pour ce faire, il faut augmenter les ressources de la Banque mondiale et du FMI ».

Parmi les signataires figurent aussi l’ancien leader travailliste, Jeremy Corbyn, ou encore l’ancien président de l’Argentine, Carlos Menem. Pour sa part, la Banque mondiale a déclaré qu’elle allait réfléchir aux moyens de renforcer son soutien aux pays les plus pauvres mais que l’annulation des dettes pourrait nuire à sa réputation de prêteur et affaiblirait ses capacités d’action dans le futur.