Congo-projet BaCaSi : le départ de TotalEnergies laisse des agriculteurs sans compensation claire

Avec seulement 12% des plantations réalisés, le retrait de TotalEnergies du projet BaCaSi fragilise des agriculteurs congolais privés de leurs moyens de subsistance.

 

Le désengagement de TotalEnergies du projet de crédits-carbone BaCaSi, dans le département des Plateaux, suscite une vive inquiétude parmi les communautés locales. Lancé en 2021 à Ngo, ce projet de reboisement devait symboliser l’engagement climatique de la multinationale, avec l’ambition de restaurer 40.000 hectares de savanes et de capter jusqu’à 500.000 tonnes de CO₂ par an sur une période de vingt ans.

Quatre ans plus tard, le constat est amer. À peine 12 % des plantations prévues ont été réalisées, soit environ 5.000 hectares. Pire encore, TotalEnergies a annoncé son retrait du projet, invoquant des performances agronomiques jugées insuffisantes et un coût des crédits-carbone devenu non rentable. Une décision qui laisse de nombreux agriculteurs sans terres et sans perspectives claires.

Dès le lancement du projet, les terres ciblées pour le reboisement étaient pourtant déjà exploitées par des paysans locaux. Progressivement, ces derniers ont été privés de leurs champs, dans l’espoir de compensations promises par les contrats signés en 2024. Ceux-ci prévoyaient notamment l’attribution de nouvelles terres agricoles. Mais dans les faits, les parcelles proposées se situent à plus de 35 kilomètres des villages, sans moyens de transport adéquats, et présentent de faibles rendements agricoles.

« Les résultats obtenus au niveau agronomique sont en-deçà des attentes et le coût des crédits-carbone qui pourrait en résulter ne répond plus aux critères d’investissement de TotalEnergies », a expliqué le service de communication du groupe.

Sur le terrain, la colère monte. « On ne connaît que TotalEnergies. Ils doivent régler ce problème avant de partir. Qu’ils honorent les contrats de sept ans, qu’ils nous donnent l’argent et nous pourrons acheter des terres ailleurs pour continuer nos activités agricoles », témoigne un agriculteur affecté par le projet.

Face à cette situation tendue, la Commission Justice et Paix, une ONG proche de l’Église catholique, tente de jouer un rôle de médiation. Elle appelle à un dialogue constructif entre l’entreprise, les autorités et les communautés concernées, afin de trouver une solution durable et respectueuse des droits des populations locales.

Avec seulement 5.000 hectares plantés sur les 40.000 initialement annoncés, le projet BaCaSi met en lumière les limites des grands engagements climatiques lorsqu’ils ne tiennent pas suffisamment compte des réalités sociales et économiques locales. Pour les paysans congolais, l’avenir demeure incertain, suspendu à des promesses de compensation qui tardent encore à se concrétiser.

Congo : 500.000 dollars pour soutenir l’agriculture

Cet appui est destiné aux agriculteurs victimes d’inondations dans les cinq départements de la Cuvette, de la Cuvette-Ouest, du Pool, des Plateaux et de la Likouala.

 

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’engage à donner un montant de 500.000 dollars au Congo. C’est un appui qui sera affecté aux agriculteurs victimes d’inondations dans les départements de la Cuvette, de la Cuvette-Ouest, du Pool, des Plateaux et de la Likouala.

Un accord de coopération technique relatif à ce financement a été signé le 9 juillet à Brazzaville entre la représentante résidente de cette agence onusienne, Yannick Ariane Rasoarimanana et la ministre des Affaires sociales, de la Solidarité et de l’Action humanitaire, Irène Mboukou-Kimbatsa.

Notons que cette aide de la FAO s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’appui d’urgence initié par le gouvernement à la suite d’inondations survenues en décembre dernier dans plusieurs départements au Congo. Ces agriculteurs avaient perdu des hectares de plantations.

Congo : l’Union européenne entend apporter son appui aux agriculteurs

L’ambassadeur chef de délégation de l’Union européenne au Congo, Raul Mateus Paula, a promis le 4 décembre dernier l’appui de son institution au programme de renforcement des capacités des chaînes de valeurs agricoles nationales.

L’Union européenne entend soutenir les agriculteurs congolais. L’ambassadeur chef de délégation de l’Union européenne au Congo, Raul Mateus Paula a exprimé cette volonté de son institution en présence du coordonnateur national des réseaux et associations de la société civile œuvrant sur la gouvernance démocratique et électorale (Coraged), Céphas Germain Ewangui.

Le diplomate européen s’est félicité de l’amélioration du climat des affaires au Congo. Il a assuré que son institution va mobiliser un fonds de quinze millions d’euros pour soutenir la filière manioc en République du Congo.

« Nous travaillons sur le renforcement des capacités dissipées sur les nouveaux projets qui seront lancés. Nous avons des programmes de renforcement des capacités entrepreneuriales, pour soutenir la chaîne de valeurs dans l’amélioration du climat des affaires », a indiqué Raul Mateus Paula.

Après avoir visité la Maison de la société civile, l’ambassadeur chef de la délégation de l’Union européenne a fait savoir que beaucoup de travail restait à faire pour reformer le secteur de la société civile.

Il a souligné la nécessité d’une formation adéquate pour les membres de la société civile congolais et insisté sur la mobilisation des jeunes pour améliorer l’éducation, adapter les jeunes aux nouvelles réformes pour assurer la diversification de l’économie congolaise.

« Améliorer les capacités des organisations de la société civile, soutenir les ONG et la société civile fait partie des sujets auxquels l’union européenne travaille. Bien que la société civile connait des avancées significatives, elle a encore de nombreux défis à relever », a-t-il dit.

Congo : un projet met 5 milliards de FCFA à la disposition des agriculteurs

Une campagne de sensibilisation a été lancée auprès des associations, groupements agricoles et petits agriculteurs du pays, pour leurs permettre de bénéficier.

Le Projet d’appui à l’agriculture commerciale (PDAC), est financé par le gouvernement congolais et la Banque mondiale à hauteur de 60 milliards f cfa pour une durée de cinq ans (2017-2022).  C’est une enveloppe de 5 milliards de FCFA qui sera mis à la disposition des associations, groupements agricoles et petits agriculteurs du Congo.

L’annonce a été faite lundi 29 juillet,  le coordonnateur du projet, Isidore Andoki. Il l’a déclaré lors du lancement de la campagne de sensibilisation à l’endroit de ces associations, des groupements et des petits agriculteurs congolais.

« Tous les dossiers sélectionnés seront transmis à un bureau indépendant pour examen et validation », a expliqué Isidore Andoki, soulignant que l’objectif est d’atteindre  près de 500 mille bénéficiaires.