Congo : des élèves en situation de handicape visuel reçoivent des primes

Des élèves et une étudiante finaliste en master II en Sciences et techniques de la communication de l’Université Marien-Ngouabi, tous handicapés visuels, ont reçu le 23 décembre des récompenses au titre l’année 2020-2021.

 

Au total, trois lauréats ont été primés à cette occasion. Il s’agit de deux élèves admis au certificat d’études primaires élémentaires (CEPE) à l’Institut national des aveugles du Congo et Audrichelle Moukani Manomba, une étudiante non voyante finaliste en master II, à l’Université Marien-Ngouabi. Les prix ont été remis à l’occasion de la 6e édition de la Journée du mérite citoyen organisée par le bureau de l’Association nationale des aveugles et déficients visuels du Congo (ANADVC), en partenariat avec le Centre d’information des Nations unies.

Les admis au CEPE ont bénéficié des postes récepteurs, des cannes blanches et des papiers bulles pour la transcription de l’écriture braille. La lauréate en master II a reçu un tableau, un ordinateur portable et un trophée.

L’objectif de la Journée du mérite citoyen est de récompenser les élèves aveugles ayant réalisé le succès aux différents examens d’Etat. Cette année, la 6e édition est dédiée à la directrice générale de l’association Vue et vois. Elle est baptisée promotion « Marjorie Théodore » de nationalité canadienne, d’origine haïtienne. La cérémonie a été marquée par des allocutions, une communication sur la covid-19 et la distribution des cannes blanches. Le Dr Jean Claude Emeka a rappelé, dans sa communication, le mode de contamination à la covid-19, l’apparition des nouveaux variants ainsi que l’importance de la vaccination.

Au Congo, a-t-il poursuivi, plus de 748 400 personnes sont vaccinées, soit 9,93%. Selon lui, le pays n’est plus loin d’atteindre le taux estimé par l’Organisation mondiale de la santé.

Congo : Honoré Sayi revient sur les causes de la pénurie d’eau à Brazzaville

Le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique évoque que les causes endogène et exogènes sont à l’origine du manque d’eau dans la capitale congolaise.

 

Interpellé récemment par les députés au cours de la séance de questions orales au gouvernement avec débat, sur les difficultés rencontrées actuellement dans la fourniture en eau potable dans la ville capitale, le ministre de l’Energie et de l’Hydraulique, Honoré Sayi, a évoqué des causes endogènes et exogènes.

Sur le plan interne, le ministre a épinglé le Projet d’extension en zones périphériques et de renforcement du service public d’eau potable à Brazzaville (PEPS) comme étant l’une des causes principales de perturbations de la desserte d’eau dans la ville. Il a aussi évoqué la vétusté du réseau de distribution existant dans les vieux quartiers de la ville datant de 67 ans avec des canalisations en acier galvanisé et en fontes grises, à l’origine de la dégradation de la qualité de l’eau distribuée, bien qu’elle soit sortie potable de l’usine. Les difficultés d’approvisionnement en pièces dans le cadre des équipements de production et de distribution ; la mauvaise situation financière de la société opératrice sont autant des problèmes que rencontre La Congolaise des eaux (LCDE).

« En effet, la structure financière de la LCDE est déficitaire pour faire face aux différentes contraintes d’exploitation.  Cette situation est liée à plusieurs facteurs dont les tarifs et le non-paiement par l’Etat de ses factures », a expliqué Honoré Sayi.

S’agissant des causes exogènes, il a cité une alimentation en électricité très intermittente. « Nous savons tous que pour faire un pompage d’eau, il faut environ 7 h continues de distribution d’électricité sur les usines. Quand il n’y en a pas, en raison de la multitude des ruptures que nous avons constatées, il ne peut y avoir de l’eau », a-t-il répondu.

Les autres causes étant le ravinement érosif dans les quartiers périphériques qui met les canalisations à nu et les expose à des destructions surtout lors des passages des véhicules lourds ou par des actes inciviques de certains citoyens ; le défi majeur environnemental constitué actuellement par l’engorgement des prises d’eau des usines par les dépôts de sable  et autres déchets solides chargés  par les cours d’eau au Djoué et à Djiri. A cela, s’ajoute la forte dégradation de la qualité de l’eau brut suite aux pluies diluviennes occasionnant ainsi des arrêts techniques de production.

Concernant les solutions envisagées, le ministre a annoncé que la ville de Brazzaville bénéficie actuellement, dans le cadre du projet PEPS, de la pose, du renouvellement, de la densification et de l’intensification de plus de 500 km de canalisation dans les quartiers périphériques. Les zones impactées sont Mayanga, Madibou, Mfilou, Sadelmi, Moukondo, Nkombo, Massengo, Académie…Le gouvernement compte aussi sur la réhabilitation en cours de l’ancienne usine de Djoué qui date de 1954.

« Plus de 20 000 nouveaux branchements sont déjà installés chez les usagers dans la ville et la LCDE n’attend plus que le passage des bénéficiaires de ce projet auprès de ses agences pour les souscriptions des abonnements. Par ailleurs, le schéma directeur de l’eau préconise la construction pour le captage d’eau en amont des rivières Djoué et Loua dans la partie sud de Brazzaville », a conclu Honoré Sayi.

Congo : un sénégalais décède à Pointe-Noire

Abdou Salam, la victime, aurait été brutalisé par des agents de l’immigration et serait mort d’une crise cardiaque.

 

Abdou Salam, expatrié sénégalais, a perdu la vie en République du Congo. D’après Emedia, un média en ligne, le Sénégalais aurait été brutalisé par des agents de l’immigration et serait mort d’une crise cardiaque.

« Il a eu une vive altercation avec les agents de l’immigration », confirme Iba Anne, un Sénégalais établi sur place. Toujours d’après la source, « ce n’est pas la première fois qu’un tel drame se produit et ce, dans les mêmes circonstances ».

Cette mort vient alourdir le bilan dressé par Boubacar Sèye, président de Horizon sans frontières sur quelque 25 Sénégalais morts dans des circonstances troubles dans le monde en 2021.

Congo : le sénat ratifie la convention sur les accidents du travail

Le Sénat a ratifié, le 21 décembre, à Brazzaville, sous l’autorité de son président, Pierre Ngolo, trois conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) portant sur les droits d’un travailleur victime d’un accident de travail et/ou des maladies professionnelles.

 

Adoptée le 8 juillet 1964 à Genève, en Suisse, par l’OIT, la convention portant les prestations liées aux accidents et/ou maladies professionnelles s’applique à toutes les branches d’activités économiques, les services sociaux et les personnels. Elle donne la possibilité aux Etats membres d’exclure les gens de mer, les marins pêcheurs et les fonctionnaires lorsqu’ils sont protégés par des régimes spéciaux qui leur assurent des prestations équivalentes.

La convention entérinée fait obligation à chaque Etat membre de mentionner, dans sa législation nationale, les différentes prestations. Il s’agit de l’état morbide, l’incapacité de travail due à l’état morbide entraînant la suspension du gain ; la perte totale ou partielle de la capacité de gain, la perte des moyens d’existence du fait du décès ou du soutien de la famille. « En cas de décès du salarié, causé par un accident du travail ou par une maladie professionnelle, les prestations de service sont : les frais funéraires ainsi que les prestations en espèces au profit de la veuve, des enfants et d’autres membres de la famille à charge, conformément à la législation nationale », précise le rapport de la commission Santé, Affaires sociales, Famille, Genre et Développement durable.

Les sénateurs ont aussi approuvé une autre convention de l’OIT, sur les conditions de travail dans les hôtels et restaurants, adoptée le 25 juin 1991 à Genève. Celle-ci, quant à elle, s’applique aux travailleurs occupés dans les hôtels et établissements similaires qui offrent des repas et boissons ainsi qu’un hébergement. Les travailleurs, précise le texte, doivent bénéficier d’une durée de travail normale, disposer des périodes raisonnables de repos journalier et hebdomadaire et d’un congé annuel payé dont la durée sera déterminée par la négociation collective.

Les parlementaires de la chambre haute ont, en dernier ressort, entériné la convention de l’OIT sur la sécurité et la santé dans l’agriculture, adoptée le 21 juin 2001 à Genève. Celle-ci vise la couverture des accidents du travail et des maladies professionnelles des travailleurs relevant du secteur de l’agriculture, à l’instar des travailleurs relevant d’autres secteurs d’activités.

Congo : Melky Ndokomandji signe à l’AS Otohô

Le milieu de terrain centrafricain Melky Ndokomandji est la nouvelle recrue de l’AS Otohô. Il s’est engagé avec le club et va rejoindre le Congo dans les tout prochains jours.

 

Après un début de saison plutôt mitigé, l’AS Otohô a décidé de renforcer son équipe. Le club a jeté son dévolu sur un joueur centrafricain, Melky Ndokomandji. Le milieu de terrain et le club se sont mis d’accord pour une aventure prochaine. L’ancien joueur de l’Olympique Real Bangui est attendu à Brazzaville avant la fin du mois de décembre. Il sera officiellement présenté au club et intégré dans l’effectif.

Melky Ndokomandji a très peu joué en 2021 avec l’Olympique Real Bangui. Il a cependant participé à la campagne des éliminatoires pour la CAN avec la sélection nationale centrafricaine.

Semaine de la gastronomie : huit jours pour découvrir les divers mets

La ministre du tourisme et des loisirs, Destinée Hermella Doukaga a procédé mardi, à l’ouverture officielle de la première édition de la semaine de la gastronomie congolaise.

 

L’esplanade du Stade Massamba debat de Brazzaville accueille la première édition de la semaine de la gastronomie congolaise. Le lancement officiel de cet évènement a été présidé mardi 21 décembre, par la ministre du tourisme et des loisirs, Destinée Hermella Doukaga.

C’est une initiative du ministère du Tourisme et des Loisirs qui va s’étendre jusqu’au 28 décembre 2021. L’évènement vise à mettre en exergue la richesse et la diversité de la gastronomie. C’est aussi un moment d’échange, de partage, de convivialité et de découverte pour les acteurs de ce secteur et le public.

Cette semaine de la gastronomie congolaise va rassembler uniquement les restaurateurs, les hôteliers, les chefs cuisiniers et traiteurs de la capitale congolaise. Elle va permettre aussi de sensibiliser les consommateurs congolais au choix des produits, de la diversité des terroirs, des spécialités régionales.

Jean-Claude Gakosso : « La Turquie a une approche différente de celles des pays occidentaux »

Le ministre congolais des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger s’exprime à l’occasion du 3e Sommet de Partenariat Turquie-Afrique qui s’est tenu du 16 au 18 décembre 2021.

 

Le ministre congolais des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Jean-Claude Gakosso, a fait part de ses pensées sur les relations des pays africains avec leurs partenaires non-continentaux ainsi que de la coopération inter-africaine aux échelles continentale et régionale.

La Turquie n’a pas été une nation colonisatrice en Afrique

Le chef de la diplomatie congolaise a, d’abord, souligné la nécessité du dialogue entre les pays, les peuples et les cultures, ainsi que de combattre les préjugés.

« Vous savez, le drame, souvent, ce sont les préjugés. En fait, la méconnaissance mutuelle, donc les préjugés font que souvent, il y a de l’incompréhension entre les nations, entre les peuples. La Turquie n’a, fort heureusement, pas été une nation colonisatrice en Afrique », a expliqué le ministre des Affaires étrangères du Congo.

« La Turquie est héritière d’une vieille et grande civilisation byzantine […], ottomane […] qui a rayonné jusqu’au milieu du XIXe siècle parce que les Turcs, les Ottomans sont restés, par exemple, à Jérusalem jusqu’au milieu du XIXe siècle (…) Cette histoire est vraiment fascinante. Souvent les gens ne parlent que l’émergence économique de la Turquie. Cette émergence repose sur un passé glorieux, une histoire riche, un patrimoine culturel immense », a-t-il noté.

Et d’ajouter : « Être ici à Istanbul, c’est vraiment un privilège. Je suis allé visiter les mosquées que tout le monde connaît, la Mosquée Bleue, la Mosquée Sainte-Sophie notamment mais également d’autres sites touristiques du pays tels que la station balnéaire d’Antalya qui est très belle. Et ce qui m’a frappé, c’est la similitude avec la civilisation grecque. Il s’agit de deux pays voisins, certes, mais qui ont finalement beaucoup de choses en commun ».

La vraie coopération se fait entre les peuples et les cultures

Interrogé sur la coopération entre les nations africaines et le reste du monde, le chef de la diplomatie congolaise a estimé que la coopération doit se focaliser sur l’aspect humain et culturel des relations.

« Quand nous parlons de coopération, la propension est de voir les aspects purement économiques, mais la vraie coopération c’est entre les peuples, l’interpénétration des peuples, le partage des richesses culturelles. Pour moi, c’est un bel exemple que la Turquie est en train de donner : s’ouvrir à l’Afrique. Parce que l’Afrique n’a pas eu beaucoup de chance. Malheureusement, depuis le XVe siècle, l’Afrique est un continent qui a été traumatisé par des brutalités liées à l’ignorance humaine ; des brutalité telles que l’esclavage, et puis, un peu plus tard, la colonisation. Tout cela est lié à l’ignorance humaine. Maintenant que tout le monde a compris que nous ne sommes qu’une [seule] race humaine, (…). Je crois que des leaders comme Erdogan méritent notre respect. Il a ouvert son pays à l’Afrique. Il donne la chance aux Africains de regarder de l’avant, de prendre le pari du développement à l’exemple de son pays [la Turquie] », a-t-il souligné.

« À titre personnel, je considère que l’essentiel, ce sont les relations humaines, le partage des valeurs culturelles. Il faut la dimension humaine. Les choses matérielles viennent ensuite. Pour l’instant [dans ce type de rencontres], l’accent est mis sur les questions économiques, les échanges commerciaux », a indiqué le chef de la diplomatie congolaise, mettant en avant le besoin de tisser des liens culturels entre l’Afrique et la Turquie, notamment à travers la jeunesse étudiante des deux pays qui a vécu en immersion en Turquie et en Afrique et qui a eu l’occasion de se familiariser avec la langue et la culture de son pays d’accueil.

Coopération renforcée entre le Congo et la Turquie

À la question du journaliste de l’Agence Anadolu sur les échanges et la coopération entre les deux pays, rappelant également la présence de représentations diplomatiques de la Turquie au Congo et du Congo en Turquie, le chef de la diplomatie congolaise a, d’abord, établi que son pays, malgré son poids démographique de moindre importance en comparaison à celui de la Turquie, constitue un acteur dynamique de l’économie de sa sous-région africaine.

Jean-Claude Gakosso a, ensuite, rappelé la coopération renforcée entre les acteurs économiques turcs et le Congo, le ministre citant l’exemple de la compagnie turque Summa qui a réalisé divers projets d’infrastructures sur le continent africain, notamment au Congo.

« La société [turque] Summa a bonne réputation en matière d’implantation d’infrastructures, d’habitations [également]. J’ai vu par exemple à Malabo, toute une cité qui est sortie de la forêt qu’on appelle la forêt de Sipopo [en banlieue de la capitale de la Guinée équatoriale, NDLR] ; et dans mon pays, la même société a construit tout le centre international de conférences, au bord du fleuve Congo, avec une vue imprenable sur la métropole de Kinshasa. Nous avons donc cette société qui est implantée au Congo, mais nous avons également la société Aksa Energy qui est une société turque également et qui travaille dans la production d’énergie à base de gaz naturel, dans la ville portuaire de Pointe-Noire , a-t-il expliqué.

« Nous avons un projet important de construction d’une cité gouvernementale avec la Turquie [1] », a rappelé le ministre avant de souligner l’importance pour son pays du projet énergétique entrepris avec Aksa Enerji « parce que c’est un projet intégrateur. Nous avons l’intention de vendre une partie de cette énergie à l’Angola voisin et à la République démocratique du Congo et d’établir une connexion avec le barrage d’Inga qui génère pas mal d’électricité dans la sous-région où nous sommes ».

Congo-RDC : un seul et même peuple

Suite à la remarque du journaliste de l’Agence Anadolu sur l’absence d’un pont reliant les capitales du Congo Brazzaville et du Congo Kinshasa, séparées par le fleuve du Congo, le chef de la diplomatie congolaise a qualifié cette situation d’« aberration ».

Faisant référence aux frontières des États africains issus de la colonisation européenne, Jean-Claude Gakosso a rappelé que « la plupart des frontières africaines sont artificielles ». En référence aux populations habitant sur les deux rives du fleuve, le ministre a souligné la proximité culturelle les unissant : « Parce qu’ici on parle de « deux peuples », mais il s’agit en réalité d’un seul et même peuple. Il n’y a quasiment pas de différence entre les gens qui vivent à Kinshasa ou à Brazzaville. On parle les mêmes langues, on se marie de la même façon. On mange de la même manière. C’est vraiment le même peuple qui trouve ses origines dans les anciens royaumes de Congo, de Loango…[On retrouve toutes ces ] choses communes, y compris du nord de l’Angola ».

« Il y a un projet qui a le mérite d’exister, qui est en phase ascendante puisqu’il est pris en charge par la Banque africaine de développement (BAD), celui d’un pont route-rail qui serait le prolongement du chemin de fer Congo-Océan qui part de Pointe-Noire pour Brazzaville et finalement une connexion à Kinshasa. Cela veut dire que la grande métropole de Kinshasa qui compte environ 12 millions d’habitants sera approvisionnée en partie par le chemin de fer Congo-Océan. C’est donc une aubaine pour la République du Congo », a indiqué le ministre.

« Nous nous battons pour que ce pont et d’autres ponts voient le jour. Qu’on en construise plusieurs. Il en faut plusieurs, mais commençons d’abord par celui-là, qui sera pris en charge par la BAD, par les gouvernements des deux pays, mais également par le NEPAD », a expliqué le chef de la diplomatie congolaise en référence à l’Agence de Développement de l’Union Africaine – Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (AUDA-NEPAD).

Il faut libérer l’Afrique des frontières héritées du colonialisme

« Ce sera un pas en avant, parce qu’il faut briser ces barrières, il faut libéraliser l’Afrique. Il faut que les échanges soient libres, que les populations soient libres de circuler d’un pays à un autre, qu’il y ait toutes les facilités possibles, mais pour cela, il faut la sécurité et la paix », a-t-il, par ailleurs, noté.

Dans cet esprit, le chef de la diplomatie congolaise a rappelé que son pays était parmi les premiers du continent à ratifier l’accord de création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC, ZLECA ou Zlecaf).

« L’Afrique doit se libérer d’elle-même, se libérer des frontières étriquées qu’elle avait héritées de la colonisation. Ces frontières qui avaient été tracées par d’autres, à la Conférence de Berlin en 1885, qui ne correspondent pas à grand-chose, mais c’est le passé, on l’assume », a relevé Jean-claude Gakosso, précisant : « Mais il faut créer des entités beaucoup plus vastes, beaucoup plus viables pour pouvoir peser dans le monde de demain, Vous constaterez que la plupart des pays puissants [du monde] sont des fédérations d’États », tout en citant les exemples des États-Unis, de la Russie, du Brésil et de l’Allemagne.

« Nous expliquons à nos compatriotes africains que l’avenir du continent, c’est de créer des entités fédérées. Nous avons commencé par créer des communautés économiques régionales », a affirmé le ministre citant les exemples de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union du Maghreb arabe (UMA), et de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).

« Ces ensembles, de notre point de vue, devraient constituer des embryons d’États fédéraux », a estimé Jean-Claude Gakosso avant de poursuivre sa vision de l’avenir pour la région de l’Afrique centrale.

 

 

 

Pour une coopération renforcée en Afrique centrale

« Et en qui concerne notre région de l’Afrique centrale, on aurait la République Démocratique du Congo (RDC), la République du Congo, le Cameroun, l’Angola, la République centrafricaine (RCA), le Gabon, la Guinée équatoriale. Tous ces pays mis ensemble, constitueraient une vraie puissance », a estimé le ministre des Affaire étrangères du Congo.

Et de noter : « La RDC a les richesses que tout le monde connaît, l’Angola a la puissance que l’on connaît, nous et le Gabon avons un peu de pétrole, nous avons des bois précieux, nous avons du cuivre également, pas autant qu’en RDC, le Gabon a les mêmes choses, la République centrafricaine a les mêmes choses, elle a même de l’or. Donc tout cela mis ensemble, nous pensons que cela donnerait un État puissant et viable ».

Interrogé sur les obstacles à la libre circulation humaine et commerciale en Afrique centrale, le chef de la diplomatie congolaise a déploré « la vanité humaine », notamment des gouvernements réticents à ces évolutions pour diverses raisons, soulignant cependant que « le processus [d’interconnexion des pays d’Afrique centrale] me paraît inéluctable » et expliquant cela par le relais pris par la jeunesse de ces pays.

« Les nouvelles générations ont pris conscience qu’il faut absolument constituer de grands ensembles, sinon on n’a pas d’avenir. Les micro-États hérités de la colonisation n’ont pas grand avenir. Il faut se mettre ensemble pour peser demain sur le cours de l’histoire », a jugé Jean-Claude Gakosso.

Rôle positif de la Turquie en Libye et au Sahel

Interrogé sur la collaboration inter-africaine dans la lutte contre le terrorisme et la coopération dans le domaine de la sécurité, afin de stabiliser la région, le chef de la diplomatie congolaise a cité l’exemple de la guerre en Libye et de ses conséquences sur le Sahel et le reste de l’Afrique.

« Nous avons compris que ce qui s’est passé en Libye, la déstabilisation en Libye, a finalement un impact très préjudiciable à une bonne partie du continent. Les armes que ce pays avait amassé au temps de Mouammar Kadhafi, se sont disséminées sur l’ensemble du continent, déjà dans la zone du Sahel, et même au-delà. Des groupuscules de tous genres, se réclamant du « djihad » veulent porter le feu et le glaive partout », a-t-il noté.

Et d’affirmer : « Le terrorisme est arrivé en Côte d’Ivoire, loin pourtant de la Libye, au Bénin tout récemment, au Cameroun dans l’Afrique des grandes forêts : Boko Haram sévit au Nigeria et au Cameroun également (…) Nous nous organisons pour aider la Libye à se rétablir en tant qu’État parce que nous pensons que la source d’instabilité dans tous ces États, c’est la Libye. Et nous saluons la contribution qu’est celle de la Turquie dans ce dossier parce que sinon il y aurait peut-être eu un carnage à Tripoli il y a un an et demi ».

« On a pu constater que l’entrée de la Turquie dans ce dossier a équilibré les choses et essayé de créer une sorte de statu quo et donc « ni guerre ni paix « , En tous cas, il n’y a pas de guerre en ce moment en Libye, au-delà de petites escarmouches (…) Et donc, nous souhaitons que la Turquie continue à peser de tout son poids pour le retour de la paix dans ce pays, surtout que la Turquie a un passé dans ce pays. Il y a beaucoup de Libyens qui sont d’origine turque. Et donc la Turquie a un rôle à jouer », a déclaré le ministre évoquant également un rôle potentiel de la Russie aux côtés de la Turquie, en citant le renforcement des liens turco-russes, opéré au cours des années passées, surtout que la Turquie est devenue la destination touristique préférée des Russes.

« Donc, ce sont deux peuples qui s’aiment, qui sont voisins, et qui peuvent s’entendre pour le retour de la paix en Libye », a-t-il conclu sur la stabilisation des régions africaines souffrant d’instabilité.

L’approche de la Turquie en Afrique

Interrogé sur les enjeux potentiels de ce 3e Sommet de Partenariat Turquie-Afrique pour son pays, le chef de la diplomatie congolaise a, d’abord, rappelé les engagements pris par les États africains et la Turquie qui ont engagé cette coopération lors du Sommet Turquie Afrique en 2008 [2], alors que la même année l’Union Africaine (UA) reconnaissait la Turquie comme « Partenaire stratégique » de l’Afrique, ainsi que les engagements pris lors du deuxième Sommet Turquie-Afrique (en 2014 à Malabo).

« La Turquie a une approche différente des approches traditionnelles des pays occidentaux. Puis, c’est un pays qui est plus proche culturellement de l’Afrique, en tous cas pour nous, notamment à travers la religion aussi : c’est quelque chose que nous avons en partage. Beaucoup de pays africains sont musulmans, et ça compte aussi », a-t-noté.

« J’étais à Niamey [capitale du Niger], il n’y a pas longtemps. En arrivant à Niamey, vous êtes frappés par la beauté de l’aéroport construit par la société turque Summa. On ne change pas une équipe qui gagne, Je ne fais pas la publicité de cette compagnie, je ne suis pas au conseil d’administration de Summa. C’est un bel exemple de coopération. Il faut l’encourager », a estimé le chef de la diplomatie congolaise.

Interrogé sur les différences qu’il perçoit entre l’approche de la Turquie avec ses partenaires africains et celles des pays occidentaux, Jean-Claude Gakosso a cité l’exemple des prêts concessionnels faits par la Turquie, c’est-à-dire à des taux d’intérêts inférieurs aux taux en vigueur sur le marché.

« Toute la différence réside dans la philosophie, dans la philosophie même. Je ne vais pas faire le procès des nations occidentales, Vous connaissez le lourd passé en Afrique qui pèse sur leurs épaules, alors que la Turquie, c’est une autre approche qui n’a absolument rien à voir avec l’approche des Occidentaux », a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Congo qui a également salué l’arrivée prochaine du vaccin turc contre le coronavirus, soulignant toutefois la nécessité pour les Africains de pouvoir produire eux-mêmes leurs vaccins et rappelant que « nous sommes une seule humanité » et que si les Africains ne guérissent pas de la Covid-19, à défaut d’être suffisamment vaccinés, l’Europe qui a une plus grande proportion de sa population à avoir été vaccinée, ne guérira pas, non plus.

Les musulmans au Congo

Interrogé par le journaliste de l’Agence Anadolu sur la population musulmane de son pays, le ministre des Affaires étrangères du Congo a retracé brièvement l’histoire de l’islam au Congo.

« Dans mon pays par exemple, les premiers musulmans sont arrivés à la fin du XIXe siècle. Il s’agit de gens qui accompagnaient Pierre Savorgnan de Brazza, un jeune explorateur français. C’était des Sénégalais », a-t-il expliqué.

« La population n’a pas arrêté de croître, Aujourd’hui je crois que les musulmans représentent près de 15 % de la population. Des mosquées sont érigées, un islam très modéré, principalement sunnite, et nous avons quelques Libanais chiites, mais pas nombreux. Ils viennent du Sud du Liban (…) Avant les musulmans étaient principalement des expatriés. Aujourd’hui ce sont principalement des Congolais qui ont toujours vécu là et qui ont choisi l’islam », a relevé le ministre citant le recul du catholicisme notamment du fait des révélations concernant la pédophilie dans l’Église catholique.

« Donc des gens ont tourné le dos à l’Église catholique et se sont orientés vers les Églises dites « de réveil », les Églises protestantes et d’autres vers l’islam. Et tout cela se fait en toute liberté : chacun est libre de choisir la religion qu’il veut », a conclu le chef de la diplomatie congolaise.

Congo : Paulin Makaya s’est enfin rendu à Londres pour des soins

Le président du parti Unis pour le Congo (UPC) qui avait été interdit plusieurs fois de sortir du pays, a finalement quitté le Congo mardi 21 décembre pour la capitale britannique.

 

Après plusieurs tentatives de quitter le Congo, l’opposant Paulin Makaya, 52 ans, empêché à plusieurs reprises de sortir du pays, a pu finalement prendre hier l’avion pour Londres, où il va se faire soigner. C’est du moins ce que confirme un communiqué de presse signé mardi à Brazzaville par le porte-parole de l’UPC, Georges Goma Fouti.

Le chef du UPC, qui a la double nationalité congolaise et britannique est malade et affaibli depuis plus de 3 ans d’incarcération arbitraire. Le pouvoir de Brazzaville s’est opposé à deux reprises (le 28 septembre 2018 et le 12 décembre 2021) à sa sortie. Son épouse était d’ailleurs venu spécialement pour le ramener avec elle en Grande-Bretagne et a dû écrire au président Denis Sassou-Nguesso pour obtenir sa sortie.

Paulin Makaya va afin de bénéficier des soins médicaux à l’étranger. C’est un soulagement pour sa famille.

« C’est une joie immense […] Sa santé s’était détériorée il y a pratiquement trois mois, raison pour laquelle nous avions écrit au chef de l’État pour lui signaler que le président Paulin Makaya se portait très mal […] », soulagé son fils Russel Makaya

Congo-coronavirus : la sensibilisation se fait dans les écoles

Les psychologues du Centre national de prévention et de traitement des traumatismes psychiques organisent des sensibilisations dans les établissements scolaires.

 

Les psychologues du Centre national de prévention et de traitement des traumatismes psychiques jouent leur partition dans la lutte contre la covid-19. Cette structure du ministère des Affaires sociales et de l’Action humanitaire organise, en effet, des sensibilisations dans les établissements scolaires non seulement sur les mesures barrières et la vaccination mais aussi sur le soutien psychosocial.

L’objectif étant de réduire les comportements et les pratiques à risque liées à la pandémie et offrir une prise en charge psychologique des personnes affectées par les situations difficiles y relatives. Les élèves, les enseignants et autres personnels font partie des cibles de la sensibilisation. Ceux de l’école inclusive Case Dominique à Poto-Poto en ont fait l’expérience comme ceux de de l’Institut des jeunes sourds bien avant.

La sensibilisation à la prise en charge psychosociale qui a été entamée en début d’année dans les établissements spécialisés de Brazzaville et de Pointe-Noire va se poursuivre. L’activité bénéficie du soutien financier du Fonds des Nations unies pour l’enfance et de l’appui du Comité technique national de riposte à la pandémie de covid-19.

Congo-loi de finances 2022 : 15 milliards FCFA pour organiser les élections

Le Sénat a adopté, le 20 décembre en seconde lecture, le budget de l’Etat exercice 2022, arrêté en recettes à la somme de 1935 253 000 000 FCFA. Dans les dépenses qui s’élèvent à 1734 964 000 000 FCFA, 15 milliards sont prévus pour organiser les élections législatives et locales de l’année prochaine.

 

Le budget de l’Etat exercice 2022 a été approuvé, à l’unanimité, par les quarante-huit sénateurs présents à la plénière. Il est établi en recettes à la somme de 1935  253 000 000 FCFA. Dans le chapitre des dépenses, les parlementaires ont voulu savoir auprès du ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Rigobert Roger Andely, combien le gouvernement a prévu pour organiser les élections législatives et locales l’année prochaine, scrutins pour lesquels les états-majors politiques s’activent déjà. Cette période est décisive pour les acteurs politiques, mais engendre souvent des remous dans le pays, lorsque ces élections ne sont pas tenues dans les délais règlementaires.

Sur la question, le ministre en charge des Finances leur a fait savoir que l’organisation des élections faisait partie des dépenses majeures et prioritaires dans le budget 2022. Pour ce faire, une ligne budgétaire spéciale y a été inscrite pour tenir ces scrutins.

« En ce qui concerne l’organisation des élections, quinze milliards FCFA sont prévus dans la loi de finances adoptée. Les deux chambres parlementaires ont eu raison de s’interroger sur la tenue de ces élections, mais je vous avoue que celles-ci se tiendront comme prévu, parce que la démocratie a un prix. Partout ailleurs, les finances ont toujours été au service des objectifs politiques. La politique est une affaire trop sérieuse pour les citoyens, pour la laisser aux seuls politiciens », a souligné Rigobert Roger Andely.

Une manière pour l’argentier congolais de rassurer l’opinion nationale que sur le plan financier, des dispositions pratiques sont dorénavant prises pour que les deux scrutins, prévus en 2022, se tiennent comme les sénateurs l’ont souhaité.

Parlant toujours des dépenses, le ministre des Finances a précisé que quelques problèmes sociaux sont pris en compte dans la loi adoptée. Il a cité, entre autres, le paiement de douze mois des pensions des retraites à la Caisse de retraite des fonctionnaires, le paiement des indemnités des victimes des événements du 4 mars 2012, ainsi que la reconstruction des habitations détruites à cet effet.

Le budget de l’Etat exercice 2022, a indiqué Rigobert Roger Andely, prévoit aussi la relance des collectivités locales, notamment les conseils municipaux et départementaux dont la plupart sont aux arrêts faute de moyens financiers. Certains d’entre eux doivent jusqu’à plus de cinquante mois d’arriérés de salaires à leurs travailleurs.

Peu avant l’adoption de la nouvelle loi de finances, les sénateurs ont entériné deux projets de loi. L’un portant rattachement de de la gendarmerie nationale au ministère en charge de la Sécurité. Elle jouera désormais le même rôle que la police, avec qui elle formera un socle pour renforcer la sécurité publique dans le pays en général et dans les grandes agglomérations en particulier, lesquelles sont confrontées au grand banditisme dominé par le phénomène dit des « Bébés noirs ». L’autre concerne le projet de loi portant orientation sur le développement durable.