Les travaux du comité technique en charge de l’élaboration de la stratégie nationale de l’intelligence artificielle ont été lancés mercredi 6 mai 2026, à Brazzaville.
Le gouvernement ambitionne de faire du pays un acteur majeur de l’économie de la connaissance à l’horizon 2030. Brazzaville a accueilli le 6 mai, le lancement des travaux du comité technique chargé de l’élaboration de la stratégie nationale de l’IA.
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Cette réunion inaugurale marque le début d’un vaste chantier destiné à intégrer l’intelligence artificielle comme levier de compétitivité, d’innovation et de souveraineté technologique. L’initiative est soutenue techniquement et financièrement par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).
Le processus de déploiement sera articulé autour de trois principales phases. La première concernera le cadrage et le diagnostic de l’écosystème numérique national, notamment à travers la mise en place de groupes de travail spécialisés et l’évaluation des capacités existantes. La deuxième phase portera sur les consultations sectorielles et le benchmarking international afin de s’inspirer des meilleures pratiques mondiales. Enfin, la dernière étape sera consacrée à la rédaction finale de la stratégie ainsi qu’à l’élaboration d’un corpus linguistique destiné à être soumis au gouvernement.
Pour garantir la réussite de cette initiative nationale, les autorités estiment nécessaire de mobiliser un budget compris entre 150 et 200 millions de FCFA. Cette enveloppe devra permettre d’assurer la logistique, les consultations techniques et les activités de coordination indispensables à la mise en œuvre du projet.
Le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Frédéric Nzé, qui présidait les travaux, a insisté sur les enjeux stratégiques liés à l’intelligence artificielle. Selon lui, cette technologie représente à la fois « une opportunité et une menace », dans un contexte où les nations se livrent une compétition accrue autour de la maîtrise des outils numériques.
Le membre du gouvernement a notamment souligné le potentiel de l’IA dans la valorisation du génie créatif de la jeunesse congolaise, la modernisation des services publics ainsi que la création d’emplois qualifiés. Il a également rappelé le retard de l’Afrique subsaharienne dans ce domaine, la région représentant actuellement moins de 3 % des brevets mondiaux liés à l’intelligence artificielle.
Face à ce constat, le Congo entend se doter d’un cadre stratégique reposant sur des principes éthiques, réglementaires et inclusifs afin d’encadrer le développement et l’utilisation de ces technologies émergentes.
De son côté, la représentante résidente du Pnud au Congo, Adama-Dian Barry, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner le pays dans cette dynamique de transformation numérique.
Le comité technique dispose désormais d’un délai de six mois pour produire onze livrables stratégiques devant servir de socle à la future politique nationale de l’intelligence artificielle.



