Les pharmaciens du Congo face aux défis actuels

La deuxième édition de la journée de l’Ordre national des pharmaciens du Congo (ONPC) a eu lieu le 22 mars, à Brazzaville, sur le thème « La législation pharmaceutique, enjeux et perspectives ».

Les participants aux assises ont été édifiés sur la profession du pharmacien à travers des communications riches et variées présentées par des spécialistes.

Elles ont porté notamment sur « Les missions, les attributions et le fonctionnement de l’Ordre national des pharmaciens du Congo » ; « La législation pharmaceutique » et « La gestion et l’économie de l’officine en période de crise ».

En effet, présentant la leçon inaugurale de ces travaux, le président de l’ONPC, Jean Charles Claude Ongoli, a fait le point des activités menées par cette institution, une année après sa prise de fonction.

Il s’agit notamment de  la mise en place et la présentation des différents conseils ; de la sensibilisation des pharmaciens aux missions et attributions de l’Institution ainsi que des modalités pour y  adhérer ;  de l’organisation et de  la participation à la formation continue ; de la représentation de l’institution auprès des pouvoirs publics ; de  la participation aux opérations de lutte contre la vente illicite des médicaments et de  la reconnaissance de l’ONPC au niveau des instances internationales.

Parlant des perspectives, Jean Charles Claude Ongoli a annoncé le plaidoyer que les pharmaciens devraient mener, au cours de cette année, auprès des pouvoirs publics pour que le code de déontologie soit publié sous forme de texte administratif.

Par ailleurs, le président de l’ONPC a mis l’accent sur des décisions administratives prises par le conseil national, relatives à la gestion du tableau des pharmaciens et au contrôle de l’examen de la capacité à exercer la pharmacie. Il a étayé son argumentaire par des cas précis contraires aux dispositions légales et règlementaires.

De son côté, le directeur de cabinet de la ministre de la Santé et de la population, Florent Balandamio, a fait comprendre aux pharmaciens que leur profession fait face actuellement à plusieurs défis dont il importe de relever. Il les a assurés de la volonté des pouvoirs publics de les accompagner dans cette lancinante et difficile mission.

En témoigne, a-t-il indiqué, entre autres, la signature par le Congo de l’Appel de Cotonou sur la lutte contre les faux médicaments. Florent Balandamio a, en outre, rappelé aux participants les missions assignées à l’ONPC, parmi lesquelles respecter les devoirs professionnels ; exercer la défense, l’honneur et l’indépendance de la profession et contrôler l’accès dans l’exercice de la profession.

Notons que l’évolution démographique pharmaceutique sur l’étendue du territoire national se présente comme suit : Brazzaville (zone nord) : cent trente-sept officines, huit grossistes-répartiteurs, une centrale d’achat étatique, deux cents pharmaciens ; Pointe-Noire (zone sud) : quatre-vingt-quinze officines, trois grossistes-répartiteurs, un laboratoire d’analyse médicales, cent trente pharmaciens ; Dolisie : trois officines ; Nkayi : trois officines ; Mouyondzi : une officine.

Les pharmaciens du Congo interpellent les autorités 

Dans la déclaration prise en assemblée générale, les pharmaciens ont demandé au ministre de la Santé et de la population l’annulation de la note de service et la circulaire du directeur des pharmacies et du médicament.

Le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens du Congo, Hyacinthe Ingani, a déclaré, le 22 février à Brazzaville, au cours d’une assemblée générale, que le ministère de la Santé et de la population devrait observer les missions dévolues à l’ordre telles que définies par les leurs textes organiques.

Dans la déclaration prise en assemblée générale, les pharmaciens ont demandé au ministre de la Santé et de la population l’annulation de la note de service et la circulaire du directeur des pharmacies et du médicament. Ils ont aussi exigé l’annulation de la note de service qui met en place la commission d’organisation des élections du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, l’arrêt du processus électoral au niveau des Instances ordinales engagé par le DPM. Les pharmaciens ont aussi demandé que soit mis en application le respect strict des textes régissant la profession de pharmacien.

Hyacinthe Ingani a fait savoir que de nombreux conflits ont été enregistrés dans la sphère de la santé, opposant le Conseil national au ministère de la Santé. Parmi ces conflits, Hyacinthe Ingani a épinglé la question du contrôle de l’accès à la profession de pharmacien qui est l’apanage des pharmaciens, comme l’indique les textes régissant l’Ordre.

Selon lui, il revient exclusivement aux garants des médicaments pharmaceutiques d’assurer le contrôle de l’accès à la profession de pharmacien, seule procédure pour épargner la désorganisation de l’exercice de la pharmacie qui est un des maillons essentiels du système sanitaire du pays. « Les prérogatives des uns et des autres devraient être respectées afin de mettre les populations à l’abris de tout danger », a expliqué Hyacinthe Ingani.

L’Ordre national, a rappelé Hyacinthe Ingani, est une institution indépendante qui regroupe tous les pharmaciens exerçant leur métier dans le pays. Il a ajouté que cette institution agit uniquement par délégation du pouvoir circoncit par une loi. La loi étant structurante, elle s’impose donc à tous. Il a fait savoir que les pharmaciens demeurent les seuls acteurs régulateurs de la santé publique.

Le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens s’est porté garant à organiser lesdites élections dans les brefs délais.