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Daouda Senga : « Le Congo va entrer dans l’histoire du tennis africain »

L’ancien tennisman entend organiser en septembre, au Complexe sportif de Kintélé, un Open  de tennis féminin qui mettra aux prises cinquante à soixante joueuses venant d’Europe, des Etats-Unis d’Amérique, de Russie et d’Afrique, classées entre la cent cinquantième et huit centième places mondiales.

Daouda Senga a-t-il une histoire avec  le Congo et son tennis?

Je suis né au Congo et y ai grandi. J’ai joué dans le circuit ATP mondial durant dix ans.  J’ai été n°1 de Hawaii, n° 3 de l’Etat de New York et n°1 au Sénégal. J’ai remporté plus de vingt tournois dans le circuit africain. J’ai eu l’honneur de jouer la coupe Davis pour le Congo et le Sénégal.  J’ai vécu en France et treize ans aux Etats-Unis, dont quatre à Hawaii, où j’ai obtenu mon diplôme en relations internationales et communication et j’y ai remporté deux fois le championnat universitaire NCAA. Je suis entraîneur de tennis ITF Level I et II.  Je suis aussi préparateur mental certifié pour athlètes. Je réside en Belgique. J’ai créé, depuis trois ans l’Open international de tennis féminin de Dakar.

Après Dakar, vous avez décidé de tenter l’expérience à Brazzaville sur quel signe ?

Cette compétition est une première en Afrique centrale, c’est donc une innovation. Je tiens à remercier le président de la Fédération congolaise de tennis, ainsi que le ministre des Sports pour leur soutien.  Nous avons le privilège d’accueillir des joueuses de calibre mondial au Congo, durant deux semaines, et par effet de conséquence, mettre le Congo au-devant de la scène sportive mondiale.

Derrière le projet qui vous tient à cœur se cachent certainement des objectifs. Lesquels ?

Le tennis est le quatrième sport le plus regardé au monde avec plus d’un milliard de téléspectateurs. Nous pensons qu’il y a un public qui viendra nombreux voir un total de cent vingt-huit matches. Nous voulons permettre aux joueuses africaines de se frotter à des joueuses de haut niveau, susciter des vocations chez les jeunes congolaises et que notre pays ait un tournoi annuel.

Quel est le caractère inédit de cette compétition ?

Il n’y a jamais eu une telle compétition en Afrique centrale. Le Congo va entrer dans l’histoire du tennis africain. C’est énorme ! Nous en sommes fiers et ne ménagerons aucun effort pour que celle-ci soit une réussite totale.

Sur le plan technique, comment va se dérouler la compétition ?

Ce sont deux tournois d’une semaine chacun doté de vingt-cinq mille dollars américains, organisés selon le cahier des charges de la Fédération internationale de tennis (ITF). Donc deux finales.

Quels sont les athlètes attendus ?

Nous attendons entre cinquante et soixante joueuses pour la plupart venant d’Europe, des Etats-Unis d’Amérique, de Russie et d’Afrique classées entre la cent cinquantième et la huit centième place mondiale. Les moins bien classées devront passer par des qualifications pour entrer dans le tableau final et gagner les précieux points WTA qui vont leur permettre de progresser au classement mondial.


Quels sont les challenges ?

Ils sont multiples et inhérents à toute première entreprise. Nous sommes certes ambitieux mais prudents. Déjà réussir notre plan de communication qui va commencer en août. Nous voulons que le plus grand nombre de Brazzavillois soit informé et enfin, boucler notre budget organisationnel.

La réussite d’un tel événement nécessite énormément des moyens. Quelles sont vos sources de financement ?

100 % du financement vient des sponsors et partenaires qui veulent associer leurs images à notre événement. Autant que les moyens financiers, il faut un groupe engagé, une bonne préparation et beaucoup de sérieux. J’ai espoir que le gouvernement, à travers le président Denis Sassou N’Guesso, qui est un amateur et fan de tennis, ou la première dame qui fait aussi autant pour les femmes et les enfants, nous soutiennent même symboliquement.  Ce serait un message fort envoyé à l’opinion publique. Mon rêve est que le couple présidentiel donne le coup d’envoi de la compétition, le  16 septembre, et qu’il remette les coupes le 21 du même mois.

C’est vrai que l’apport de partenaires est si nécessaire, mais qu’est-ce que vous attendez de la fédération et du ministère des sports ?

La Fédération nous aide sur le plan administratif et fait le lien entre nous et la Fédération internationale de Tennis et je tiens à remercier le président Germain Ickonga pour son soutien et sa volonté de nous aider à réussir ce pari. En termes de logistique, nous souhaitons que le ministère des Sports mette à notre disposition des bus pour le transport des spectateurs. C’est un challenge, mais nous pouvons le relever en travaillant tous ensemble.

Qu’est-ce que le Congo gagnerait en organisant ce tournoi ?

Cette compétition est positive pour le tourisme, donc positive pour les hôtels liés au tournoi, création d’emplois (temporaires), une image positive du Congo au plan international, divertissement local, valorisation des jeunes et des femmes. Le tournoi sera médiatisé sur les chaînes internationales, donc une bonne pub pour notre pays.

Selon vous, quelles sont les difficultés rencontrées par le tennis féminin en Afrique ?

Sans donner de leçons à personne, je pense qu’il y a un manque de volonté politique et de formation des entraîneurs. L’Afrique doit s’inspirer du Canada qui, il y a quinze ans, est parti de zéro et maintenant à plusieurs jeunes joueurs et joueuses dans les meilleurs mondiaux juniors et séniors. Il faut aussi plus de compétitions. La Tunisie, l’Egypte et le Maroc se partagent soixante-treize des soixante-seize tournois de tennis en Afrique, puis vient le Nigeria avec deux et le Sénégal un, le fossé est grand.

Vos perspectives à court et long terme ?

Boucler notre budget, réussir le plan de communication, avoir la satisfaction des joueuses et des partenaires à la fin du tournoi, pérenniser le tournoi en augmentant la dotation et en ajoutant un tableau messieurs, ce qui deviendrait un petit Roland Garros africain chez nous au Congo, c’est notre rêve…



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