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Transport de Bois : 846 km de tronçons supplémentaires pour assurer la fluidité

Le projet de construction de la « route des forestiers », avec des liaisons nord-sud, est en discussion entre le gouvernement et les sociétés forestières. Les deux parties n’ont pas encore trouvé un accord sur les sources de financement.

L’ouverture de la discussion intervient trois mois après la publication de la note circulaire n°0010/PM-CAB du 3 novembre 2017, prise par le Premier ministre, Clément Mouamba, limitant le tonnage en charge sur certains tronçons du réseau routier national bitumé. Une mesure très vite contestée par les opérateurs du secteur forestier en raison des coûts qu’elle impose.

Dans ce contexte, le comité interministériel chargé de la question a réuni depuis le 14 février à Brazzaville, les dirigeants des sociétés forestières pour tenter de trouver une réponse définitive. Il ressort la proposition de construire, sur financement des forestiers, la « route des forestiers », qui va offrir une souplesse d’usage et la capacité d’acheminer cinquante tonnes directement depuis les lieux d’exploitation jusqu’au port autonome de Pointe-Noire.

Selon les autorités, cette nouvelle route permettra d’assurer, toute l’année, un transport régulier depuis la Likouala, la Sangha, la Cuvette et la Cuvette ouest, la Lékoumou, le Niari forestier et le Kouilou forestier. « Le Congo pourra ainsi se réapproprier le transport et le transit de plus d’un million et demi de tonnes de bois transformés (85%) et en grumes (15%) qui, jusqu’ici, profitaient au Trésor camerounais », souligne le comité interministériel.


Mobiliser les financements auprès des opérateurs économiques demeure une autre paire de manches pour les autorités congolaises, surtout que la réalisation d’un tel projet nécessite un important investissement. La concertation entre les parties se poursuit néanmoins, et sera bientôt élargie aux transporteurs routiers des produits pétroliers (vracs liquides et gazeux), des produits métallurgiques et de matériaux de construction.

Notons qu’à cause de l’ensablement, l’option de la voie fluviale a été écartée, de même que le transit par le Cameroun ou par le Gabon. Dans un contexte économique difficile, les parties en discussion pourront choisir l’option la moins coûteuse entre financer les opérations de dragage sur l’axe fluvial Sangha-Oubangui-Congo et mobiliser les ressources pour la construction d’environ 846 km de route.

Les quatre ministres concernés par ce dossier, Rosalie Matondo en charge de l’Economie forestière, Emile Ouosso de l’Equipement et de l’entretien routier, Charles Ngamfouomo de l’Intérieur et de la décentralisation et Fidèle Dimou des Transports, sauront conduire les négociations vers une issue favorable, afin de sauver la filière, les emplois et le milieu rural.

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