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PCT : incompréhension entre les membres du parti

La huitième session ordinaire du comité central du Parti Congolais du Travail, consacrant la fin de l’année 2018 aurait fait apparaître de profondes dissensions au sein du parti de Marien Ngouabi, tant les membres du comité central n’ont pu s’accorder sur des questions de principes, notamment le cas des ‘’cumulards’’ qui versent dans les antivaleurs, telles que fustigées dans le discours sur l’état de la Nation, du président Denis Sassou Nguesso, le 29 décembre dernier.

Alors qu’il aurait pu assurer le ‘’service après-vente’’ du dernier discours du chef de l’État et en faire un document-programme dans la lutte contre les antivaleurs, en « donnant le ton, en imprimant le rythme et en marquant la cadence », le PCT ou tout au moins, certains de ses membres dirigeants, semble se détourner des prescrits de Denis Sassou N’Guesso.

La dernière session du comité central a fait apparaître des schismes dans la manière de conduire l’action du parti dans la lutte contre les antivaleurs, sur fond d’arrière-goût ‘’d’autoritarisme’’ dans la conduite des débats, tant les questions de fond de l’heure, ont été renvoyées aux calendes grecques, au prochain congrès dont la tenue n’est même pas actée, alors que, agissant statutairement en l’intervalle des congrès, le comité central du parti eût été habileté à les solutionner.

Les débats houleux ont achoppé autour des cumulards, ceux qui, additionnant des fonctions institutionnelles et politiques aux émoluments faramineux, refusent d’être déchargés, alors que le PCT aurait pu briller par l’exemple.

Des « camarades » ont évoqué le cas de chef d’institution, cumulant deux salaires de ministre d’État, soit 15 millions de francs CFA, fois 2. Comment dans ces conditions, lutter contre les antivaleurs, quand on en est quasiment l’exemple patent. Des nostalgiques ont évoqué le cas d’Ambroise Édouard Noumazalaye, oubliant allègrement qu’autres temps, autres mœurs et que les conditions économiques actuelles ne l’édictent plus.


Sur ce débat aux fondements idéologiques et moraux, le secrétaire général aurait renvoyé l’examen de la question au congrès, comme si le président du comité central, Denis Sassou N’Guesso s’entend, avait prêché dans le désert, car dans son propre parti, certains cadres tout au moins sont réfractaires au changement de cap qu’il veut impulser.

Un autre problème qui aurait laissé pantois de nombreux membres du comité central, c’est la promotion à des échelons du parti, de camarade en délicatesse avec la justice.

Même si le sacro-saint principe de la présomption d’innocence reste la règle pour des personnes, citées dans des affaires judiciaires, fussent-elles de hauts cadres du parti, l’exception aurait été que celles-ci fussent exemptées à titre conservatoire de toute promotion, même au sein du parti, le temps que la justice passe. À moins que leur promotion ne s’apparente à une espèce d’immunité de fait ayant pour but de retarder l’action de la justice.

Quoi qu’il en soit, même si la tranche de dirigeants réfractaires au changement de cap reste marginale, il n’en demeure pas moins, qu’ainsi que le dénonçait en son temps le président Marien Ngouabi, il y a bien une résurgence de « tortues à double carapaces » dans les rangs du parti. Le peuple qui les a à l’œil, les attend au tournant.

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