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Congo-Brazzaville: la patience des habitants de Mpila, six ans après l’explosion

Des messes en mémoire des victimes des explosions du 4 mars 2012 ont été organisées ce dimanche dans certaines églises de Brazzaville à l’occasion de la commémoration du sixième anniversaire de ce drame qui avait fait près de 300 morts et plus de 17 000 sans-abris. Ces derniers qui dénoncent l’attitude des autorités, continuent à revendiquer la reconstruction de leurs habitations soufflées par ces explosions d’un dépôt d’armes et de munitions de l’armée.

A un jet de pierre de la place Docteur-Blanchet, des jeunes et des vieux attablés devant des bouteilles de bière sous un manguier ont le regard tourné vers les nouvelles maisons construites par le gouvernement, mais pas encore occupées, le long de la principale avenue qui traverse Mpila.

Au loin, ils voient deux tours jumelles en construction qui surplombent le fleuve. Tout ce beau décor contraste avec leurs maisons soufflées par les explosions qui attendent toujours d’être réparées.

« Je vis à Mpila depuis 1959, témoigne un sinistré, mais les explosions ont détruit nos maisons. Jusqu’à présent, on ne peut pas nous donner une réponse valable par les autorités. On vient nous promettre en disant qu’on va nous réparer nos maisons, mais jusqu’à présent on ne répare jamais. »


« Aujourd’hui, poursuit un autre, on est restés orphelins de nos biens, orphelins de nos chers frères [tués par les explosions]. Le drame remonte à six ans, mais nos toits suintent encore jusqu’aujourd’hui. »

A Mpila, il y a quelques sinistrés qui vivent d’espoir. « Nous vivons dans des conditions très difficiles. C’est difficile de s’adapter. Mais une chose est vraie, si l’Etat vous a promis, il finit par réaliser. Il faut savoir patienter. Nous avons espoir qu’il va faire quelque chose un jour. »

Au moins 17 000 personnes avaient perdu leurs habitations à cause des explosions.


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