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Le Congo veut améliorer sa performance sur le marché de capitaux

Le montant total levé par le Trésor public au 3ème trimestre a déjà atteint vingt et un milliards FCFA, contre vingt-deux milliards pour toute l’année 2017. Malgré cette légère hausse, la participation des investisseurs aux opérations d’adjudication demeure faible.

Un an après son entrée dans le marché des titres publics de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), la République du Congo est en quête de nouvelles pistes de solution pour renforcer sa politique de gestion de la dette publique. Le pays devrait très vite remédier au manque de transparence sur l’utilisation des fonds levés sur le marché financier.

À cette première mesure s’ajoute la nécessité de réduire l’impact négatif qu’entraîne la dégradation de ses critères de convergence sur les ratios de pondération des risques ; de rassurer les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), en général les banques locales, et d’améliorer son mécanisme d’évaluation du risque souverain.

Sur les treize SVT agréés par le Congo, à peine deux ou trois participent aux séances de souscription lancées par le Trésor public. C’est ainsi que la BEAC a été désignée pour réguler les opérations au Congo et dans le reste de la sous-région. Une réunion de concertation réunit, à ce sujet, depuis le 11 septembre à Brazzaville, des cadres du Trésor, les représentants des SVT et experts de la BEAC.

« Emission et gestion des valeurs du trésor », c’est le sujet central de la concertation. La stratégie de la partie congolaise est claire. A en croire le directeur de cabinet du ministre des Finances et du budget, Henri Loundou, elle consiste à diversifier les sources de financement de l’Etat par un recours accru au marché sous- régional.

« Durant ces douze derniers mois, nous avons adopté et mis en œuvre une batterie d’actions visant à améliorer la perception sur la destination Congo ainsi que nos performances sur le marché. Les négociations en cours avec le Fonds monétaire international sont l’illustration parfaite d’une démarche visant à améliorer à la fois la transparence et la discipline dans la gestion des Finances publiques », a indiqué Henri Loundou.


Dans les prochains jours, une campagne de sensibilisation pourrait être menée à l’endroit des SVT ou investisseurs locaux, y compris des entrepreneurs individuels. Elle portera sur le mécanisme de souscription libre et les bénéfices en lien avec la nouvelle réglementation de la Banque centrale.

La tendance au niveau sous-régional

Entre mai 2017 et mai 2018, les six Etats de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale ont pu lever plus d’un milliard deux cent seize millions FCFA par émissions de titres publics sur le marché de la BEAC.  En cette période de crise financière, ces chiffres font de l’institut d’émission commune au Cameroun, au Congo, au Gabon, à la Centrafrique, au Tchad et à la Guinée équatoriale, un important pourvoyeur de fonds pour ses Etats-membres.

Lancé depuis 2011, avec pour principal animateur le Cameroun, ce marché des titres est désormais très sollicité. D’après un expert de la BEAC, Gatien Ondaye Obili, le marché commun est largement dominé par les titres de créance de court terme appelés bons du Trésor assimilables. Les émissions de ces titres ont permis de mobiliser une enveloppe totale de 1 142,7 milliards FCFA, contre seulement 73,8 milliards pour les obligations du Trésor assimilables, qui sont des titres de créance de long terme.

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