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Congo : le gouvernement veut mettre fin à la prostitution des filles mineures

Comment « sortir » de la prostitution et se « (ré)insérer » ? Les notions d’intégration et d’insertion (et donc d’exclusion) sont au cœur de nombreux débats au Congo.

La ministre de la Promotion de la femme et de l’Intégration de la femme au développement, Inès Nefer Bertille Ingani, a échangé à Brazzaville, avec les filles prostituées arrêtées par la police pour prostitution juvénile. La ministre a décidé prendre en charge des filles mineures dans des centres de rééducation et des filles majeures dans les centres de formation qualifiante.

Il s’agit des filles dont l’âge varie entre 12 et 20 ans qui se livrent à la prostitution dans les grandes villes du pays, notamment Brazzaville et Pointe-Noire.

Au Congo-Brazzaville, la pauvreté a un visage féminin. Les filles économiquement faibles sont obligées de jouer les maîtresses des hommes mariés pour s’en sortir.

La prostitution, considérée comme le plus vieux métier du monde, est une profession libérale exercée par bon nombre des filles et des femmes à Brazzaville ou à Pointe-Noire et dont l’âge varie très souvent entre 13 ans et 42 ans et qui trouvent par là l’occasion de gagner d’une manière ou d’une autre leur vie, comme tout individu qui peut être libre de choisir tel ou tel travail ou métier en fonction des avantages ou bénéfices qu’il pense tirer dans celui-ci.

A Brazzaville ou à Pointe-Noire, les travailleuses ou professionnelles du sexe sont répandues dans plusieurs quartiers en des lieux et zones précis. Ce qui explique la catégorisation des travailleuses du sexe en fonction des lieux et conditions où on les retrouve.

Le phénomène a atteint des proportions très élevées depuis les conflits socio-politiques (guerre civile) entre 1993 et 2002 sans oublier la crise économique ou financière qui frappe le pays depuis 2014.


Pour arrondir les fins de mois ou accéder à un mode de vie supérieure, les jeunes filles échangent leurs charmes contre de petites sommes d’argent pour acheter des pacotilles, perruques et vêtements coûteux.

Les jeunes filles qui se livrent à ce commerce devant des hôtels et night-clubs les plus fréquentés, sont souvent très naïves. Leur seul plaisir est de se faire de l’argent sans vraiment souffrir. Elles déambulent dans les rues, presque nues, dos et cuisses exposés, vêtements très «soft» et qui ne peuvent qu’être facteur d’excitation.

D’autres ont en outre des habits qui font ressortir les seins, éléments et «objets» par excellence de vive convoitise. Tout cet accoutrement léger et libéral, ne peut qu’attirer l’abeille qu’est la gent masculine.

Une fois excités, les hommes se jettent sur elles et bonjour les dégâts. Les assoiffés munis d’une puissance verbale remarquable, vont sans vergogne assouvir leurs désirs. Le plus triste dans cette situation est le sort réservé aux jeunes filles mineures. Elles vont d’homme en homme en quête du pain quotidien.

Beaucoup d’entre elles s’impliquent dans des activités sexuelles prématurées, qui éventuellement posent des menaces non seulement à leur bien-être, mais aussi au développement de leurs communautés par extension. C’est un défi majeur car ce phénomène affaiblit les efforts du gouvernement dans son combat d’assurer un service de santé publique de qualité aux populations.

La question au Congo est un véritable coup de poing pour la société. Elle passe par plusieurs formes : on observe la prostitution professionnelle pratiquée par des femmes qui y ont dédié leur vie entière et la prostitution occasionnelle souvent pratiquée par des jeunes âgées de 13 à 18 ans.

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