Congo : la ministre de l’environnement suspend les activités de Metssa

Depuis des années, les habitants de Vindoulou, à Loandjili, se plaignaient des fumées nocives émanant de cette usine de recyclage.

 

La nouvelle est tombée lundi 17 juin dernier. La ministre de l’Environnement, Arlette Soudan-Nonault dans une note a demandé l’arrêt des activités de la société Metssa Congo, situé à Vindoulou dans le 4ème arrondissement de Pointe-Noire.

« Faisant référence au rapport de la visite technique de vos installations classées, et considérant la situation de risque majeur avéré de l’impact de vos activités pour la santé de l’homme et pour l’environnement ainsi que l’urgence des mesures qu’elle impose, j’ai décidé de la mesure de suspension totale de vos activités jusqu’à nouvel ordre, conformément aux textes en vigueur., peut-on lire sur la note officielle de la ministre

Cette décision est une réponse aux plaintes des populations de Vindoulou, à Loandjili des fumées nocives émanant de cette usine, située à seulement 50 mètres d’une école. L’usine produit des barres de plomb destinées à l’exportation.

La décision de la ministre de l’environnement a été bien accueillie par Amnesty International, qui avait publié un rapport le 4 juin dernier détaillant les effets néfastes des activités de Metssa Congo sur l’environnement et la santé des populations locales.

Congo : Amnesty international dénonce l’accroissement de la répression du gouvernement

C’est ce qui ressort du rapport publié organisation non gouvernementale internationale ce lundi 19 avril 2021, quelques jours après la prestation de serment de Sassou N’Guesso.

Amnesty International vient de publier son rapport dans lequel cette organisation dénonce l’intensification de la répression du gouvernement congolais.

Depuis 2014 et la chute du prix du pétrole, le pays connait de graves problèmes économiques. Et la crise du coronavirus n’a rien arrangé. Face à cette situation, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer la mauvaise gestion de la crise par le gouvernement de Denis Sassou-Nguesso, réélu pour un quatrième mandat le 21 mars dernier et qui vient de prêter serment. Et le pouvoir congolais tente de les faire taire, selon Amnesty International.

« La répression est multiforme. On est d’abord dans un pays où, de façon générale, la liberté d’expression, le droit de manifester, ne sont pas respectés…On a eu plusieurs cas de défenseurs des droits humains, tout récemment, avant l’élection présidentielle, qui ont été détenus arbitrairement et qui sont toujours aujourd’hui en prison.

On a eu des syndicalistes étudiants qui ont même été arrêtés en dehors du Congo, pour être ramenés au Congo, et qui auraient, selon toute vraisemblance, subi des tortures.

On a des journalistes, également, qui ont été mis à pied, après avoir posé certaines questions dérangeantes à des ministres concernant la gestion de la crise du Covid-19…

Donc c’est un ensemble de choses qui fait que, non seulement les Congolais se sont retrouvés dans une situation socioéconomique extrêmement compliquée, du fait de la crise, mais aussi du fait du manquement au droit international des autorités congolaises. Et ces mêmes autorités, non seulement n’ont pas forcément pu résoudre ces problèmes, mais ont, en plus, exercé une répression sur ceux qui exprimaient des critiques envers cette situation », explique Fabien Offner, porte-parole de l’ONG et chercheur sur l’Afrique centrale, joint par RFI.

Congo : Amnesty demande une enquête sur la mort de Servais Magloire Babissat

Cette organisation appelle les autorités congolaises à ouvrir sans délai une enquête indépendante et impartiale sur les circonstances de la mort de cet officier supérieur de l’armée.

Ça fait déjà un mois que la nouvelle sur la mort du commandant Servais Magloire Babissat a été annoncée. Une nouvelle qui a été difficile à accepter au sein de la famille du défunt qui réside à Pointe-Noire, capitale économique du Congo.

L’on se souvient que c’est en février 2016,  que l’officier Babissat avait été arrêté et conduit dans une base militaire de la ville de Pointe-Noire. Il serait resté trois en prison sans aucun contact avec ni sa famille encore moins son avocat. Pendant ces années passées en détention, il n’aurait jamais été présenté à un juge.

D’après Tity Agbahey, chargée de campagne pour l’Afrique centrale à Amnesty International, « cet officier militaire a subi plusieurs injustices. Il a été arrêté arbitrairement, et a passé trois ans en détention sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. C’est une violation flagrante des droits humains les plus élémentaires,»

«Les autorités doivent faire la lumière sur sa mort, afin de traduire en justice dans le cadre de procès équitables, toutes les personnes suspectées d’y avoir joué un rôle.», a-t-il dit

Le corps du Commandant Servais Magloire Babissat a été déposé à la morgue de Pointe-Noire le 20 janvier dernier. La famille a fait un recours auprès du Procureur de la République pour une autopsie mais ce recours reste sans suite.