Cybersécurité : le Congo accueille la première conférence régionale stratégique

Le Salon OSIANE, en partenariat avec l’ANSSI Congo annonce l’organisation de la toute première conférence régionale dédiée à la cybersécurité en Afrique centrale.

 

Prévue pour le mois de juin 2026 à Brazzaville, l’initiative apparaît comme une réponse structurée au besoin urgent de coopération entre les États d’Afrique centrale. La conférence vise à réunir institutions publiques, experts, entreprises et partenaires techniques autour d’un objectif commun : mutualiser les expériences, harmoniser les cadres réglementaires et renforcer les capacités de riposte face aux cyberattaques.

En favorisant le dialogue entre les agences nationales de cybersécurité, les opérateurs télécoms et les organisations régionales, OSIANE et l’ANSSI Congo entendent jeter les bases d’une stratégie concertée. Cette synergie pourrait, à terme, permettre la mise en place de mécanismes d’alerte précoce, de partage d’informations sensibles et de formation conjointe des spécialistes.

Au-delà de la dimension sécuritaire, cette conférence constitue une vitrine pour le Congo. En accueillant un événement régional de cette envergure, le pays affirme son ambition de devenir un hub numérique en Afrique centrale. Cette visibilité accrue attire l’attention des investisseurs, des startups et des partenaires internationaux intéressés par le développement du digital dans la sous-région.

Le Congo se positionne ainsi comme un terrain favorable à l’innovation technologique, tout en montrant sa volonté d’encadrer et de sécuriser son écosystème numérique. Cette double approche – attractivité économique et rigueur sécuritaire – est aujourd’hui essentielle pour bâtir une économie numérique crédible et durable.

Longtemps perçue comme une problématique technique ou institutionnelle, la cybersécurité s’impose désormais comme une priorité pour les entreprises, y compris en Afrique centrale. Les attaques informatiques, les vols de données et les fraudes numériques ont des impacts directs sur la performance, la réputation et la survie même des organisations.

La conférence OSIANE-ANSSI ambitionne ainsi de sensibiliser les acteurs économiques à ces risques, tout en leur proposant des solutions concrètes. Notamment la mise en conformité, la protection des infrastructures, la formation du personnel et l’adoption de bonnes pratiques. Pour les PME comme pour les grandes entreprises, il ne s’agit plus d’anticiper un risque hypothétique, mais de répondre à une menace bien réelle.

Congo : validation du projet de Référentiel national de cybersécurité

Les représentants des institutions publiques et privées, experts et techniciens ont pris part, mardi 21 avril à Brazzaville, à un atelier de restitution consacré au projet de Référentiel général de sécurité des systèmes d’information (Rgssi).

 

Organisé par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi), l’atelier avait pour objectif de présenter, examiner et consolider ce futur outil stratégique au service de la cybersécurité nationale. Les travaux ont permis un examen approfondi du document, l’intégration des observations formulées par les participants et l’émergence d’un consensus autour du texte final, en vue de son appropriation par l’ensemble des parties prenantes.

Dans son allocution, le directeur général de l’Anssi, Conrad-Onésime Oboulhas, a insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre rigoureuse, fondée sur la coordination des acteurs, la formation et la sensibilisation. Car au-delà de son élaboration technique, le Rgssi est appelé à devenir un document structurant dans la gouvernance de la sécurité des systèmes d’information au Congo.

Véritable cadre normatif, le Rgssi définira les exigences auxquelles devront se conformer les infrastructures numériques publiques et privées. Il permettra de mesurer les écarts à la conformité, de renforcer les mécanismes d’audit, de contrôle et d’évaluation des dispositifs existants. Son adoption vise à garantir la sécurité et la résilience des systèmes d’information, harmoniser les pratiques à l’échelle nationale, renforcer la responsabilité des acteurs et consolider la confiance numérique.

À l’issue des travaux, les participants ont salué la qualité du document et sa conformité aux standards internationaux en matière de cybersécurité. Ils ont validé le projet, sous réserve de l’intégration des amendements formulés, en prélude à son adoption par l’Anssi.

Plusieurs recommandations ont été émises, notamment la finalisation des observations techniques, la mise en place d’un plan de vulgarisation et de formation, ainsi qu’un délai d’appropriation permettant aux structures concernées de se conformer progressivement aux exigences du référentiel avant son entrée en vigueur. Un mécanisme de suivi et d’évaluation de sa mise en œuvre a également été préconisé afin d’assurer son efficacité et sa pérennité.

À travers le Rgssi, le Congo ambitionne d’instaurer un socle commun de règles et d’accompagner les structures publiques et privées dans la sécurisation de leurs systèmes d’information. Enjeu stratégique majeur, ce référentiel contribue à la souveraineté numérique du pays, à la protection des institutions et au renforcement de la confiance des citoyens dans les services numériques.

Brazza : le DG de l’Agence des systèmes d’information prend fonctions

Oboulhas Tsahat Conrad Onésime, a été installé dans ses fonctions le 20 février 2025 à Brazzaville.

Le ministre, secrétaire général de la Présidence de la République, Stevie Pea Ondongo a procédé ce 20 février 2025 à l’installation d’Oboulhas Tsahat Conrad Onésime, directeur général de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI). C’était en présence du ministre, secrétaire général du Conseil national de sécurité (CNS), Jean Dominique Okemba.

Jean Dominique Okemba a souligné que « la création de l’ANSSI placée sous l’autorité du CNS s’inscrit dans la vision et la volonté ferme du chef de l’Etat de doter notre pays d’une structure dédiée à la protection et à la résilience du cyber espace congolais ». Pour lui, la cyber sécurité n’est plus une option mais une nécessité absolue et requiert la mobilisation de tous. « Le CNS assumera pleinement son rôle de supervision et de coordination afin de garantir le bon fonctionnement et la montée en puissance de l’ANSSI »

« Je mesure avec humilité le poids de la charge et de la responsabilité. Je mettrai toute mon énergie, mon engagement et mon expertise au sein de cette noble cause qui est la protection et la sécurisation de notre cyber espace », a déclaré pour sa part Oboulhas Tsahat Conrad Onésime après son installation.

« Je m’engage à œuvrer avec vous dans un esprit d’ouverture, d’écoute et de responsabilité, car la cyber sécurité est l’affaire de tous et nécessite une approche collective et concertée », a-t-il ajouté.

Rappelons que, l’ANSSI a pour, entre autres, missions de superviser et de coordonner la cyber sécurité nationale, gérer les incidents et menaces de sécurité, répondre aux cyber attaques, promouvoir la collaboration entre les acteurs publics et privés, protéger les infrastructures numériques nationales, renforcer les capacités nationales de riposte aux cyber attaques, émettre des alertes en la matière.