La direction nationale de la Banque des États de l’Afrique centrale a officiellement donné le coup d’envoi de l’opération de collecte des données statistiques en vue de l’élaboration des balances des paiements trimestrielles pour l’année 2026.
Placée sous la supervision du directeur national de la BEAC, Serge Dino Daniel Ngassakys, cette opération rassemble des experts venus des administrations publiques, des établissements financiers ainsi que du secteur privé. Tous ont en commun un rôle clé : collecter, analyser et consolider les données du secteur extérieur.
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Durant plusieurs jours, ces techniciens vont s’atteler à un travail méthodique, consistant à recenser, secteur par secteur et produit par produit, les flux d’exportation des biens congolais vers les marchés internationaux. L’objectif est clair : produire une balance des paiements fiable, reflet fidèle des échanges économiques entre résidents et non-résidents.
Intervenant lors de la cérémonie de lancement, Sylvie Loubaki Mansiamina, cheffe de service des statistiques monétaires, financières et extérieures, a rappelé les composantes essentielles de cet outil macroéconomique. « La balance des paiements comprend le compte des biens et services, le compte du revenu primaire, le compte du revenu secondaire ainsi que les comptes capital et financier », a-t-elle expliqué, soulignant ainsi la complexité et l’importance de cet instrument.
Pour le directeur national de la BEAC, la balance des paiements constitue bien plus qu’un simple document statistique. « C’est un outil central d’analyse et de pilotage de l’économie », a insisté Serge Dino Daniel Ngassakys. Elle permet aux autorités publiques de définir des politiques économiques adaptées, aux institutions d’évaluer les équilibres extérieurs et aux investisseurs d’éclairer leurs décisions.
L’édition précédente de cet exercice avait enregistré des performances remarquables. En 2024, le taux de collecte avait atteint 98 % sur un échantillon de 136 déclarants, permettant la validation des données dans des conditions jugées satisfaisantes. Un résultat salué comme le fruit d’une collaboration efficace entre les différentes parties prenantes.
Toutefois, les perspectives pour 2025 appellent à davantage de vigilance. À ce jour, le taux de collecte plafonne à 41,81 %, un niveau jugé insuffisant par les responsables de la BEAC. « Cela doit nous interpeller collectivement », a averti le directeur national, insistant sur la nécessité de renforcer l’engagement de tous les acteurs impliqués.
Dans un contexte économique où la crédibilité des données est devenue un enjeu majeur, notamment vis-à-vis des partenaires techniques et financiers comme le Fonds monétaire international, cette opération apparaît comme un test de rigueur et de coordination. Au-delà des chiffres, c’est la fiabilité de l’image économique du Congo sur la scène internationale qui se joue.



