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Le « poète » Simaro Masiya est mort

L'artiste musicien congolais Lutumba Simaro, lors d'une production à Kinshasa, 4/12/2009.

Cet artiste musicien est décédé samedi 30 mars dans un hôpital de Paris où il se soignait depuis près de deux mois.

La nouvelle de sa mort a été confirmée par son manager Willy Taffar. De son vrai nom Simon Lutumba Ndomanueno, était l’un des auteurs compositeurs les plus prolifiques de la musique congolaise.

L’auteur compositeur de « Mabelé » ou de « Maya », ancien sociétaire du TP OK Jazz de Luambo Makiadi et leader du Groupe Bana OK est né le 19 mars 1938 (81 ans) à Kinshasa. C’est aussi le 19 mars 2018 dans la même ville qu’il a décidé de raccrocher définitivement avec l’art d’Orphée.

Ancien employé de la SEDEC (Société d’entreprise commerciale du Congo belge), il a été le bras de LUAMBO Makiadi Franco qu’il a servi et dont il était l’ami.

Il s’initie auprès de Kalonji, un guitariste congolais adepte du « zebola » (un possédé), un rythme et une danse des cérémonies d’exorcisme du peuple Nkundu de l’Equateur (Congo).

En 1958, il débute professionnellement à la guitare rythmique dans l’Orchestre Micra Jazz. Un an plus tard, il rejoint le Congo Jazz de Gérard Madiata, groupe avec laquel il enregistre « Simarocca » (label Esengo), un titre passé inaperçu. Il s’illustrera avec « Muana etike » et « Lisolo ya ndaku », deux compositions teintées de spiritualité.

Sa popularité naissante arrive bientôt aux oreilles de Franco & l’OK Jazz qu’il rejoint en 1961. Simaro Lutumba y apporte sa touche personnelle : une technique de guitare inspirée du zebola, de la rumba, du jazz et de l’afro cubain et des chansons poétiques, éducatives et pleines de spiritualité.


A la sortie de « Okokoma mokristo » (1969) et « Ma Hélé » (1970), deux chansons moralisatrices sur l’amour déçu, la stérilité et le divorce, les talents d’auteur, compositeur, guitariste et chanteur de cet intellectuel reconvertit dans la musique sont enfin reconnus par ses pairs.

S‘ensuivent plusieurs morceaux écrits entre 1971 et 1973 ; mais il faut attendre 1974 et la composition de « Mabele » (Ntoto) qui veut dire la terre, une rumba mélancolique aux variations jazz interprétée par Sam Mangwana, pour qu’il connaisse une réelle popularité. Mais ce franc succès provoque l’ère de Franco qui décrète, de peur qu’on lui fasse de l’ombre, de jouer uniquement ses propres compositions en concert.

Les années de vache maigre de Simaro Lutumba prennent fin en 1984 avec la parution de « Maya », un album rumba / soukouss interprété par le jeune Carlito Lassa qui le remet aussitôt sur le devant de la scène. En 1986, il écrit « Cœur artificiel », un thème sur les relations humaines chanté en duo par Pépé Kallé et Carlyto Lassa. S’ensuit « Testament ya Bowule », etc.

Le 30 janvier 1994, il fonde l’orchestre Bana OK – entendez les “enfants de l’OK (Jazz)- en compagnie de Josky Kiambukuta et Ndombe Opetum. Leur premier disque, Bakitani, est une reconnaissance de l’héritage de Franco et du TP OK Jazz.

En presque 63 ans, Lutumba Simaro Masiya a connu des hauts et des bas, mais il a également signé des tubes. Mais c’est son lien avec le public qui restera, au côté de ses plus belles chansons, comme sa plus grande réussite artistique.

Lutumba Simaro Masiya laisse derrière lui une œuvre gigantesque et des millions de fans éplorés.

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