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La cocotte artisanale, « je l’ai hérité de ma grand-mère »

Cet ustensile fabriqué localement et utilisé pour la cuisson des mets, même si les avis sont divers en ce qui concerne son importance, il a encore des meilleurs jours.

« Ma mère me la donnée », « Je l’ai hérité de ma grand-mère », « J’ai acheté la cocotte artisanale parce qu’elle est solide », chaque femmes a son histoire autour de la cocotte artisanale. Tant de belles histoires qui renvoient à une culture.

Comment arrive-t-on à ce résultat ?

C’est une fabrication locale faite aux mains. Il faut faire fondre l’aluminium, utiliser des carcasses de moteurs de véhicules, des appareils électroménagers, des bouteilles à gaz et biens d’autres… Seuls ceux qui les fabriquent peuvent mieux expliquer les différentes étapes.

« Nous utilisons de l’argile que nous mélangeons avec du sable dans un moule. Avec parfois quelques touches fantaisistes en dehors de celles exigées par la belle-famille lors d’une dot, nous la mettons au feu ayant un degré très élevé pour la cuire. Après cela, nous la laissons refroidir et enfin un coup de lime pour rendre la marmite lisse », explique Banzouzi, fils d’un ancien chef chaudronnier.

C’est avec passion que Banzouzi fait son travail au quotidien, le chant de cloche est le même pour la majorité de ces artisans. Mais il faut tout de même relever qu’il y a des risques auxquels ces fabricants de cocottes artisanales font face.

« Le plus grand risque dans ce métier est la préparation car, sans le savoir, nous utilisons parfois des bouteilles à gaz qui, une fois près du feu, éclatent et l’on se brûle », nous dit-il.


Fabriquée selon une méthode héritée de génération en génération, la cocotte séduit par sa durée de vie et aussi par son prix accessible à toutes les bourses. « Nous fabriquons jusqu’à cinquante pièces la journée et les prix vont de 1500 à 18 000 F CFA. Mais ce n’est qu’au mois de décembre où la vente est en hausse car les acheteurs ne manquent pas », souligne Jérôme, un autre fabriquant rencontré à Ouenzé, le cinquième arrondissement de Brazzaville.

La clientèle, précise-t-il, est composée des restaurateurs, des grossistes, des étrangers et des femmes au foyer. Même si les produits venant d’ailleurs ont envahi les commerces et sont vendus moins cher, plusieurs femmes, comme Nelly, rencontrée devant un étalage de vente d’ustensiles de cuisine, estime que la marmite cocote est plus durable. « Je préfère l’utiliser, car elle permet de bien faire cuire les aliments et puis c’est une marmite très résistante et durable par rapport aux autres. Vous utilisez aujourd’hui et demain ce sera vos enfants », assure-t-elle.

Dans la cuisine congolaise, en effet, la cocotte occupe une place importante. Lors des mariages traditionnels, elle est parfois exigée. Un bémol tout de même car certains de ses détracteurs n’hésitent pas à pointer du doigt quelques risques de santé que courent les consommateurs. Ces ustensiles comporteraient des éléments susceptibles de favoriser des maladies dont certaines seraient cancérigènes.

Selon des scientifiques, ces marmites présentent un risque majeur d’intoxication aux métaux. Les réactions chimiques seraient observées sur les parois de ces marmites après un contact prolongé avec certains aliments. Ces derniers déconseillent l’usage de ces ustensiles pour la cuisson et la préservation des produits alimentaires jusqu’à ce que les preuves scientifiques soient prouvées ou apportées par les fabricants.

Une théorie que boudent les fabricants, argumentant sur le fait que tous les ustensiles de cuisine de ce type sont fabriqués à base des métaux. « Si cette théorie est vraie, donc nos ancêtres et nos mamans dans les villages, et aussi la moitié des ménages congolais qui utilisent ces marmites artisanales sont donc malades. C’est une manière pour ces industries de décourager notre marché », se défend Banzouzi.


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