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L’écho amer d’une rive à l’autre : Bakambu avance, Brazzaville regarde

Par temps clair, depuis la corniche de Brazzaville, on entend presque la rumeur du Stade des Martyrs. Deux capitales séparées…

Par temps clair, depuis la corniche de Brazzaville, on entend presque la rumeur du Stade des Martyrs. Deux capitales séparées par quatre kilomètres de fleuve, deux destins footballistiques qui n’ont jamais été aussi éloignés. Pendant que Kinshasa rêve de Mondial avec Cédric Bakambu en tête de gondole, notre rive, elle, compte ses blessures.

Bakambu : la leçon d’un professionnel

À 34 ans, Cédric Bakambu joue encore en Liga. Son contrat avec le Real Betis expire en juin 2026 dans quelques semaines, au moment précis où la grande fête du Mondial commencera sans nous. Cette coïncidence-là fait mal.

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Sur le terrain, il ne faiblit pas. 13 matchs en Liga, 3 buts. 5 matchs en Ligue Europa, 1 but, 1 passe décisive et les Andalous en huitièmes de finale contre le Panathinaïkos. À la  CAN 2025, il a encore porté les Léopards, inscrit son but, guidé les jeunes. Dans le groupe B des éliminatoires du Mondial, la RDC a terminé à une solide deuxième place, suffisante pour décrocher son billet pour les barrages, la RDC s’est même qualifiée à la Coupe du Monde 2026. Bakambu y a mis sa signature.

Ce que représente cet homme dépasse les statistiques. C’est la preuve vivante qu’un talent africain, avec de la discipline, peut durer au sommet. Pendant que nos propres pépites s’éteignent avant même d’atteindre l’Europe, lui est encore là, professionnel jusqu’au bout. Les supporters qui suivent ses matchs via 1xbet cd apk le savent mieux que quiconque — à chaque apparition de Bakambu, les cotes bougent. Parce que son nom, ça compte encore.

Les Diables Rouges : chronique d’une capitulation

Pendant ce temps, de notre côté du fleuve, les chiffres donnent le vertige. 8 matchs dans le groupe E des éliminatoires. 0 victoire. 1 nul. 7 défaites. 4 buts marqués, 24 encaissés.

Ce n’est pas une contre-performance. C’est une dissolution. Les Diables Rouges n’ont pas simplement raté leur qualification — ils ont confirmé ce que beaucoup refusaient d’admettre : il n’existe plus vraiment de sélection nationale fonctionnelle à Brazzaville.

Le symbole le plus brutal ? L’équipe U-17, retirée du tournoi de qualification du CAN en février 2026. Non pas à cause d’une blessure collective ou d’un adversaire trop fort. Mais parce que la fédération n’a pas été capable de préparer les documents administratifs à temps pour confirmer l’âge des joueurs. Des enfants privés de compétition par l’incompétence de ceux qui sont censés les protéger.

FECOFOOT : la tête coupée

Pour comprendre l’effondrement, il faut regarder en haut. En mars 2026, Jean-Guy Blaise Mayolas, ancien président de la FECOFOOT, a été condamné à la réclusion à perpétuité — par contumace — pour détournement d’environ 1,3 million de dollars de fonds FIFA. Sa femme et son fils figurent parmi les condamnés.

C’est une sentence historique. Et une honte nationale.

Depuis deux ans, le championnat congolais tourne au ralenti. Les sanctions de la FIFA pour ingérence gouvernementale en 2025, les suspensions partielles, le chaos institutionnel — tout cela a produit un résultat simple et brutal : il n’y a plus de vivier. Les jeunes joueurs n’ont pas de compétition régulière, pas de structure, pas de perspective. La pyramide s’est effondrée par la base, pendant que les dirigeants se servaient par le haut.

Le CAN 2027 : déjà trop tard ?

Le prochain cycle de qualification pour le CAN 2027 commence dans un désert. Sans championnat national digne de ce nom, sans fédération crédible, sans génération formée — les Diables Rouges aborderont cette nouvelle campagne avec les mains vides.

La comparaison avec la rive d’en face est cruelle mais nécessaire. La RDC construit des académies, signe des partenariats, attire des investisseurs. Nous, nous sortons à peine d’un procès pénal qui a éclaboussé toute notre institution sportive.

Ce qu’il faut maintenant, ce n’est pas un nouveau sélectionneur. C’est une refondation complète — des structures de base jusqu’aux instances dirigeantes. L’effet Bakambu dont nous avons besoin ne se joue pas sur un terrain. Il se joue dans les bureaux, dans les académies, dans la transparence des comptes.

Pendant que Cédric Bakambu s’apprête à disputer la Coupe du Monde, Brazzaville, elle, doit décider si elle veut continuer à regarder le Mondial depuis sa rive — ou si elle est enfin prête à traverser le fleuve.

 

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