Congo : les financements pour la nature doivent être multipliés par deux d’ici à 2025

Le rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions précise que pour limiter…

journaldebrazza.com

Le rapport sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions précise que pour limiter le réchauffement climatique à moins de 1,5 °C, il faut mettre un terme à la perte de biodiversité, atteindre la neutralité en matière de dégradation des sols et les objectifs de développement durable. Il est également urgent de prendre des mesures radicales en matière de réduction des émissions, de conservation de la nature et de consommation et de production durables. Pour cela, précise le rapport, il faut multiplier les flux financiers par deux et les orienter vers des solutions fondées sur la nature d’ici à 2025 pour faire face aux changements climatiques.

Les objectifs en matière de climat, de protection de la biodiversité et de dégradation des sols seront hors de portée si les investissements dans les solutions fondées sur la nature ne s’intensifient pas rapidement pour atteindre 384 milliards de dollars par an d’ici à 2025, soit plus du double des 154 milliards de dollars par an alloués actuellement. Les flux financiers néfastes à la nature provenant de sources publiques, qui sont 3 à 7 fois plus importants que les investissements dans des solutions fondées sur la nature, doivent être progressivement supprimés, réaffectés ou réformés. Les capitaux privés représentent seulement 17 % du total des investissements dans les solutions fondées sur la nature. Ce pourcentage devra augmenter de plusieurs ordres de grandeur dans les années à venir pour pouvoir commencer à exploiter la capacité de la nature à réduire et éliminer les émissions, à restaurer les terres et les paysages marins dégradés et à inverser la tendance à la perte de biodiversité. Les acteurs du secteur privé devront combiner « zéro émission nette » et « nature positive ».

Alors que le monde est confronté à des multiples crises, ce rapport fournit des éclaircissements et montre qu’en augmentant de manière significative les investissements publics et privés dans les solutions fondées sur la nature, il est possible de s’attaquer aux changements climatiques, à la perte de biodiversité et à la dégradation des sols, et de tirer en même temps de nombreux avantages sociétaux et économiques.

Les solutions aux défis sociétaux doivent se concentrer sur la transition de l’activité économique vers des pratiques qui s’attaquent aux principaux moteurs de la perte de biodiversité, de la dégradation des terres et de la dégradation du climat. Si la protection de 30 % des terres et des océans d’ici à 2030, promise par les pays du G7, est un objectif important, pour lequel le déficit de financement est estimé à 17-22 milliards de dollars par an d’ici à 2030, ce rapport montre que davantage de fonds doivent être consacrés à la restauration de la végétation naturelle et au boisement. Les flux nuisibles provenant de sources publiques doivent être réaffectés et l’impératif d’une « nature positive » doit être placé au cœur des politiques économiques, des entreprises et des décisions d’investissement. Les subventions néfastes sont les plus élevées dans le secteur de l’énergie, estimées entre 340 et 530 milliards de dollars par an, et dans le secteur de l’agriculture, estimé à environ 500 milliards de dollars par an.

La science n’a jamais été aussi claire. A l’heure où les effets des changements climatiques se manifestent sous la forme d’incendies, des sécheresses et des inondations sans précédent, les solutions fondées sur la nature contribuent à atténuer ces effets et à réduire le coût de la riposte à ces catastrophes d’origine climatique. Investir dans la nature est l’investissement le plus judicieux pour renforcer la résilience économique et le bien-être humain. C’est un signal d’alarme pour multiplier les financements pour la nature par deux d’ici à 2025.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne